Chapitre 464
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Traducteur/Éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 463 : Jour de repos — La deuxième phrase (2)
──────
- Han Ga-in
--- Crac !
La foudre me frappa.
Je sentis la puissance de la Deuxième Phrase m’entraîner vers un royaume inconnu.
Un avatar était un prolongement de moi, une partie de moi !
Une chose que j’avais entendue il y a longtemps me revint à l’esprit comme un coup de marteau.
« Qu’est-ce que… »
Puis d’innombrables miroirs apparurent tout autour de moi.
Moi, qui lançais des blagues bien senties et faisais rire mes compagnons.
Moi, qui engloutissais un steak avec voracité, tenaillé par la faim.
Moi, qui dirigeais des réunions et proposais des idées.
Moi, qui me roulais dans mon lit en disant que j’étais fatigué.
Moi, qui me faisais frapper après avoir taquiné A-ri.
Moi, qui me retenais de dire à Elena qu’elle était encore jolie aujourd’hui.
Moi, avec Mi-ro…
« … »
Tout cela faisait partie de moi.
Ce n’étaient que des images de ce que j’avais fait, de ce que je faisais et de ce que je pouvais faire !
Alors que je me faisais cette promesse et réprimais l’angoisse indescriptible qui m’habitait, la phrase brilla de nouveau.
「Si ce qui appartient à autrui peut devenir tien, ne pourrais-tu pas, toi aussi, devenir quelqu’un d’autre ?」
Au même instant, ces images tournèrent les yeux vers moi.
Alors, on en était enfin là.
Aurais-je dû me douter que quelque chose clochait quand je m’étais dit : « C’est l’heure de charger Soleil sacré~ » ?
Je ressentis une répugnance difficile à décrire.
Non, « répugnance » ne suffisait pas à exprimer pleinement ce que je ressentais à cet instant.
C’était une autre direction.
Une voie différente de celle que je voulais prendre, de celle sur laquelle j’avançais déjà !
« Taisez-vous ! Tout cela fait partie de moi. Vous n’êtes que les traces laissées par la vie que j’ai vécue. Pourquoi ne comprenez-vous pas que vous n’êtes même pas des personnes avec qui je peux discuter ? »
Il y a une contradiction dans ce que tu dis, non ?
Si nous ne sommes pas des interlocuteurs, alors qu’est-ce que « ça », ce que « nous » faisons en ce moment ?
« Le cœur humain est plus profond que la mer et plus vaste que le ciel. On ne peut donc pas n’avoir qu’une seule pensée. Ces choses ne sont que des illusions passagères. »
Un être qui bouillonnait comme de l’écume murmura.
Oh ? Nous sommes des illusions passagères, et toi, tu es le moi durable ?
Tu ne serais pas un peu trop arrogant ?
« Les faibles ne peuvent pas accepter la vérité. »
Même l’eau froide a un ordre de priorité. Et si l’on parle d’ordre, tu es le dernier venu et moi, le premier, non ?
On dit que les vrais arrogants ne se rendent jamais compte de leur arrogance. Ce n’est qu’aujourd’hui que je compris ce que cela signifiait.
« Quelle absurdité ! Vous n’êtes que des miroirs qui me reflètent. Quel sens l’ordre pourrait-il bien avoir… »
À cet instant précis, tous les miroirs autour de moi éclatèrent de rire.
Comme s’ils ne pouvaient supporter de me voir, ridicule, prisonnier d’une obsession incompréhensible.
Hé, tu ne devrais pas commencer par te regarder toi-même avant de dire ça ?
Ah.
Ah.
Ah.
Je compris.
J’acceptai une vérité que je n’avais jamais reconnue, une douloureuse sagesse que j’avais été incapable d’accepter !
Moi aussi, j’étais un miroir.
Le plus stupide de tous, celui qui ignorait jusqu’au fait d’être un miroir.
Je croyais que les miroirs me renvoyaient mon reflet, mais j’étais moi-même un miroir depuis le début.
Aucun mot ne pouvait s’établir.
Un Éveil au-delà des mots, empli de désespoir, s’abattit sur moi.
L’image formée dans un miroir se reflétait dans un autre, puis dans un autre encore.
Si d’innombrables versions de moi avaient ainsi vu le jour…
Qui était le premier moi, celui qui avait formé une image dans un miroir ? Un tel être avait-il seulement existé ?
Ou bien tout cela n’avait-il été que l’illusion d’un être fini ?
--- Crac !
Tandis que je regardais la foudre briser la chose la plus solide au monde — autrement dit, « moi » —, je pensai :
Quel soulagement.
Au moins, après aujourd’hui, je ne ressentirais plus jamais une telle douleur.
Le changement était irréversible.
Aujourd’hui, j’avais perdu mon unicité.
* * *
- Mi-ro
Le silence retomba sur la table que Ga-in avait quittée en se plaignant d’avoir mal à la tête.
Tout le monde gardait le silence, comme s’ils s’étaient mis d’accord en secret. Tandis qu’une angoisse inconnue me rongeait, je continuais à pincer l’épaule d’A-ri…
« … Mi-ro, reste tranquille, s’il te plaît. »
« L’ambiance est devenue bizarre d’un coup ! »
« … »
A-ri finit par regarder autour d’elle, puis prit la parole avec précaution.
« Tout à l’heure… Vous l’avez senti aussi, pas vrai ? »
« Senti quoi ? »
« Mi-ro, tais-toi. »
« D-de quoi tu parles ? »
« … Seung-yeop, toi aussi, tais-toi. »
C’était pas de la discrimination liée à l’âge, ça ?
Étrangement, tout le monde sauf Seung-yeop et moi hocha lentement la tête.
Bientôt, Grand-père marmonna dans sa barbe.
« Ga-in était particulièrement catégorique, aujourd’hui. »
Catégorique ?
Il n’était pas toujours comme ça ?
Même Song-i, qui pouvait être méchante en douce, ajouta :
« Il était un peu comme ça, aujourd’hui. Moins prévenant, peut-être ? »
Elena prit elle aussi la parole avec prudence.
« Il avait l’air un peu en colère… Plus précisément, euh, contre A-ri et le docteur ? »
Il était en colère contre A-ri et le docteur ?
Étrangement, ils hochèrent tous les deux la tête en même temps.
« Oui. Chaque fois que je prenais la parole, son expression se durcissait légèrement. »
« Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais après avoir discuté plus d’une heure, j’ai fini par le remarquer. »
Je ne comprenais pas, alors je dis franchement ce que j’en pensais.
« Euh… Ça pouvait arriver, non ? Il était peut-être de mauvaise humeur ! Il aurait pu s’énerver contre A-ri ou le docteur pour une broutille. Par exemple, si A-ri avait mangé son œuf sans demander à Ga-in. »
« Tu crois que je suis comme toi ? »
« … »
« Non. Ce n’était pas juste un changement d’humeur. Il était fondamentalement un peu différent de d’habitude. Plus que tout le reste. »
Après avoir dit « plus que tout le reste », A-ri regarda chacun des autres compagnons.
Comprenant ce qu’A-ri voulait dire, Eun-sol prit la parole.
« Si une seule personne avait senti que quelque chose clochait, on aurait pu croire que c’était son imagination. Mais plusieurs d’entre nous l’ont ressenti en même temps ; il faut donc supposer qu’il s’est vraiment passé quelque chose. »
« … »
« Si on avait été dans une Salle maudite, j’aurais pensé qu’un être inconnu avait pris possession de Ga-in. »
« Possession… »
« Ou alors, j’ai pensé que Ga-in avait déclenché un événement étrange dans l’hôtel sans qu’on le sache. »
« … C’est pour ça que tu as utilisé la Flûte ? »
« Oui. »
A-ri répondit d’un ton légèrement réprobateur :
« Tu n’as pas trouvé ça un peu maladroit ? Tu as soudain prétendu avoir mal à la tête et vouloir utiliser la Flûte. Normalement, la Flûte n’a aucun effet sur les maux de tête. »
« Aïe ! Je n’ai pas trouvé de meilleure excuse pour sortir la Flûte d’un coup. »
« Enfin, Ga-in n’a pas eu l’air de remarquer, alors ce n’est pas grave. »
Grand-père regarda Eun-sol et lui demanda :
« Eun-sol, j’ai entendu dire que Ga-in te paraissait étrange ? »
« … C’est vrai. La plupart du temps, il a l’air d’être le Ga-in habituel, mais parfois, j’aperçois quelque chose de grotesque. »
« Et maintenant, comment est-ce qu’il te paraît ? »
Eun-sol prit un air perplexe à cette question.
« Franchement, il me paraît plus normal maintenant qu’avant. »
« Il a meilleure mine qu’avant ? »
« Avant, j’apercevais parfois quelque chose de complètement monstrueux. Ce n’est plus le cas. »
« Hmm… »
Le silence retomba dans la pièce.
Mais tout le monde ne venait pas de parler dans le dos de Ga-in ?
À peine Ga-in parti, ils s’étaient mis à dire qu’il était plus méchant ou moins prévenant que d’habitude !
Ils avaient même dit qu’il ressemblait à un monstre ?
C’était de la pure calomnie.
Je compris alors une chose.
Je ne devais jamais être la première à partir !
A-ri se leva alors et déclara :
« On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Ga-in n’a pas l’air de revenir, et demain, c’est jour de repos. Mi-ro, viens avec moi un instant. »
Sans même regarder A-ri, qui venait de poser la main sur mon épaule, je répondis :
« Non. »
« … Qu’est-ce qui te prend, maintenant ? »
« Tu ne le sais pas, A-ri, mais je ne peux pas quitter cette chaise ! »
« … »
Nos compagnons nous fixèrent sans comprendre ce qui se passait, tandis qu’A-ri me regardait comme pour dire : « Qu’est-ce qui lui prend, à présent ? »
« Je ne me lèverai pas avant que quelqu’un d’autre parte ! »
« … »
Un peu plus tard, A-ri poussa un profond soupir.
« Chaque fois que je te vois, Mi-ro, je me demande quelle sorte d’organisation était le Bureau de gestion, ce lieu où tu as passé toute ta vie. »
« Qu’est-ce que tu veux dire, hein ? »
« Ils ont transformé une petite fille aussi ridicule en agente au cœur de glace ! »
A-ri me souleva alors de force !
« Hé ! Hé ! Aaah ! A-A-ri m’enlève ! »
« Tais-toi ! »
* * *
--- Clic !
Où suis-je ?
C’était une pièce au sous-sol de l’hôtel, mais comme je m’étais débattue pendant qu’A-ri m’y portait, je n’avais pas vu de quelle pièce il s’agissait.
« Aïe ! »
« Calme-toi. »
« Une cabane en rondins ? »
« “Tranquillité de midi”. C’est un endroit reposant, avec un lac et un chalet. Tu n’y es jamais venue, pas vrai ? »
A-ri me déposa bientôt sur un lit moelleux, dans la cabane.
« Dors. »
« … »
« Ferme les yeux et dors. »
« … »
C’était beaucoup trop évident.
« Tu veux encore utiliser un tableau é-étrange, comme la dernière fois, pour entrer dans mon rêve ! »
« Tu me connais bien. Ga-in a pris le tableau, mais je peux l’imiter même sans lui. »
« Pas question ! »
« Si. »
« Pas que… Mmph ! »
« Mi-ro, maman, s’il te plaît, dors. J’ai quelque chose à demander à “Dame Mi-ro” dans ton rêve. »
« Mmmph ! »
« … »
« … »
Une dizaine de minutes passa.
« Je n’arrive pas à dormir. »
« … »
« J-je n’arrive pas à dormir parce qu’A-ri me regarde. »
« … Je vais me retourner. »
« À la place, euh, chante-moi une chanson. »
« … »
« Je crois que je pourrais dormir si tu me chantais une berceuse. »
« … Ça me rappelle le bon vieux temps. »
Le bon vieux temps ?
Maintenant que j’y pensais, j’avais entendu dire qu’une autre Mi-ro, encore plus enfantine que moi aujourd’hui, avait élevé A-ri !
« Oh ! Est-ce que… est-ce que mon autre moi chantait des berceuses à A-ri ? »
« … »
« Mm, mm. A-ri s’endormait donc en écoutant les berceuses de sa maman, à une époque. »
J’en eus le cœur tout chaud.
Je ne m’en souvenais pas, mais il nous était arrivé quelque chose de si beau !
« … C’est à toi que je les chantais. »
« Hein ? »
« À partir du troisième jour après ta naissance, je te chantais des berceuses pour t’endormir. »
« … »
Bientôt, une chanson qui me chatouillait les oreilles emplit la cabane.
Dors, dors, mon tout petit bébé
Dans la cour de devant, sur la colline derrière la maison~
Grâce à cela, je fis un rêve. Un très long rêve.
Étrangement, j’eus l’impression d’y rencontrer quelqu’un d’autre qu’A-ri.
* * *
« Je ne pensais pas te rencontrer dans un endroit pareil. »
« C’est plutôt à moi de dire ça. Le rêve de Mi-ro, c’est une sorte de métro où n’importe qui peut se promener ? Je t’avais dit de ne pas venir. »
« … J’ai une question. »
« Tu sais seulement qui se trouve là-bas ? »
« J’ai eu l’impression de le savoir, moi aussi. »
« … »
* * *
Le lendemain matin, tout le monde se rassembla comme si rien ne s’était passé.
Heureusement, mes compagnons ne parlèrent plus de Ga-in dans son dos.
« Bon ! Et si nous partagions tous nos idées pour résoudre l’énigme de la salle 206, aujourd’hui ? »
« E-excusez-moi ! »
« Seung-yeop ? »
« J’ai eu une idée géniale après y avoir réfléchi toute la nuit ! »
Notes de bas de page :
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