Chapitre 458
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 457 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui renaît après cent jours, Re (19)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 500
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui renaît après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
- Han Ga-in
J’avais mal.
La vie de l’homme devant moi était d’une tristesse insoutenable.
« Argh… Seigneur Kadyrov… »
Je serrai la main du vieil homme, qui haletait sur un lit d’hôpital humide.
Je ressentais naturellement le poids de sa vie.
Malgré sa peau ridée, il n’avait qu’un peu plus de quarante ans.
Il avait simplement vieilli à toute vitesse après avoir travaillé dès l’enfance dans la fabrique de chaussures du Paradis.
Il n’avait jamais vu le ciel, encore moins la mer ou un lac. Il n’avait jamais goûté à un morceau de viande fraîche.
Il n’avait pas vraiment vécu comme un être humain : il avait été le rouage d’une machine, jusqu’à s’épuiser complètement au fil des ans.
Quand il était finalement devenu trop faible pour travailler, tout ce que le Paradis avait trouvé à lui offrir, c’était ce vieux lit.
« … »
Une vie sans rêves ni espoir.
Voilà pourquoi j’avais mal, moi aussi.
« Seigneur Kadyrov… C’est… un honneur… de vous rencontrer… »
« … »
À cet instant, la porte de la chambre d’hôpital s’ouvrit.
« Ga-in, les photos sont terminées. On y va ! »
« … Oui. »
En tant qu’héritier de Kadyrov, je faisais une sorte de bénévolat.
Dans le monde réel aussi, les politiciens se barbouillaient de suie de temps en temps et transportaient des briquettes de charbon.
Les citoyens savaient que c’était une mise en scène évidente, et moi aussi, mais la politique était par nature une mise en scène.
« Elena m’a contactée hier. Elle m’a dit qu’ils partaient. »
Elena, A-ri, Seung-yeop et Jin-cheol avaient donc pris la route du Paradis des Profondeurs.
« Tant mieux. Mais on dirait quand même qu’on a perdu pas mal de forces ici. »
« On n’y peut rien. Trouver une issue de secours passe avant tout. »
Elle avait raison, mais dans les faits, la moitié de nos combattants était partie.
« Toujours aucune nouvelle de monsieur Sang-hyeon ? »
« … Monsieur ? »
Eun-sol sembla un peu déconcertée, alors je m’expliquai.
« Ça fait un bon moment qu’on est ensemble, mais je trouve toujours bizarre de continuer à l’appeler professeur. »
« … Demande-lui plus tard. Je trouve que professeur, c’est mieux que monsieur. »
« Toujours pas de nouvelles ? »
Après que monsieur Sang-hyeon eut pénétré dans ce lieu étrange qu’était le Domaine sacré du Culte, A-ri était partie pour le Paradis des Profondeurs une fois sa tâche accomplie.
Comme tous les membres de l’équipe de l’hôtel qui faisaient autrefois partie du Culte du Roi démon s’étaient retirés, Song-i et Eun-sol avaient envoyé un autre agent dans le Culte.
« Eh bien… On n’a reçu aucun rapport. »
« C’est étrange. Raymond, c’est ça ? L’ancien du Culte disait que les gens ressortaient généralement en une semaine. »
Plus de deux semaines s’étaient déjà écoulées.
Sans la fenêtre de statut, on aurait eu largement le temps de conclure que monsieur Sang-hyeon était mort là-dedans.
« Sang-hyeon est toujours en vie, pas vrai ? »
« Oui. »
« Alors, on attend. Il ressortira quand le moment sera venu. »
« Hmm… »
Comme lors de la précédente tentative, mon rôle me paraissait assez flou, cette fois encore.
Enquêter sur le Culte du Roi démon, s’infiltrer dans le Paradis des Profondeurs pour trouver une issue de secours, prendre le contrôle de la ville.
C’étaient les tâches en cours, et mes autres compagnons s’en acquittaient tous avec sérieux.
Moi, je me concentrais uniquement sur la charge de mon Héritage.
Personne ne me l’avait jamais reproché.
L’Héritage du Soleil sacré exigeait bien plus que les autres et avait des effets secondaires plus importants ; son pouvoir devait donc être immense, lui aussi.
Pour résoudre la plupart des problèmes, il suffisait d’avoir assez de puissance.
« Alors, ça avance, la charge ? Il y a un nombre incroyable de fidèles, cette fois ! C’est déjà terminé ? »
Eun-sol m’adressa un petit sourire plein d’espoir. Je lui rendis son sourire.
« Ça va beaucoup plus vite. La charge sera terminée pendant cette tentative. Peut-être même qu’elle l’est déjà… »
« Déjà ? »
Je me rappelai soudain la faible sensation que j’avais éprouvée un peu plus tôt.
Un vieil homme épuisé par toute une vie de labeur.
Une vie sans rêves ni espoir.
Un rouage du Paradis.
La compassion que j’éprouvais pour lui emplit mon cœur, et une lumière pâle jaillit de mon corps.
Je ne pouvais pas lui rendre le temps qu’il avait perdu, mais je voulais au moins guérir une partie de son corps malade.
Pour qu’il puisse vivre le temps qu’il lui restait en paix.
« … »
Mais je n’allai pas plus loin.
Une force incompréhensible saisit la lumière qui s’écoulait et la déchira.
La Raison indomptable.
Si elle possédait vraiment une raison, elle semblait m’avertir qu’elle ne me laisserait pas aller plus loin.
« … Les pouvoirs qui en mettent plein la vue, c’est encore trop pour moi. »
Je soupirai doucement, puis remarquai qu’Eun-sol me regardait, les yeux écarquillés comme ceux d’un lapin.
« Q-Qu’est-ce que tu viens de faire ? »
« Rien. J’ai essayé, mais ça n’a pas marché. La Raison indomptable… »
« M-Mais quand même ! De la lumière est sortie de ton corps ! T-Tu as repoussé la Raison indomptable grâce à ton pouvoir ? »
« J’ai essayé de la repousser, mais j’ai échoué. »
Eun-sol ne m’écoutait pas du tout.
« C’est incroyable ! Même le Roi démon n’a pas réussi à faire bouger la Raison indomptable… »
« … »
On ne pouvait pas comparer ça au Roi démon. À cause du Maître du Temps, le Roi démon était écrasé par une Raison indomptable des centaines, voire des milliers de fois plus puissante que d’habitude, alors que ce n’était pas mon cas.
Si le Roi démon se trouvait à ma place, il balayerait cette Raison indomptable comme une feuille de papier, avant de dévorer le monde.
« La Progénitrice serait choquée si elle voyait ça ! »
« La Progénitrice utilise très bien ses pouvoirs. »
« Il s’est avéré qu’elle utilisait une astuce. »
« Ce n’était pas une astuce. C’était plutôt une autorité d’administratrice sur la Raison indomptable. »
La méthode de la Progénitrice n’était pas à notre portée.
Cela dit, il était vrai que j’avais à moitié réussi à accomplir un miracle dans le champ d’action de la Raison indomptable.
Après cette mystérieuse déclaration de l’autre jour, c’était la deuxième fois.
« … »
Qu’est-ce qui se passerait si la charge était complètement terminée ?
Mon cœur se mit à battre plus vite, tout comme celui d’Eun-sol.
Puis elle pencha la tête sur le côté.
« Mais qu’est-ce que tu essayais de faire ? »
Je lui expliquai brièvement.
Je lui racontai combien la vie de l’homme que j’avais rencontré pendant mon bénévolat était douloureuse, et ce que j’avais ressenti pour lui.
Eun-sol eut l’air encore plus choquée que lorsque j’avais utilisé mon pouvoir surnaturel.
« Waouh… »
« Eun-sol ? »
« Toi, tu… »
« Qu’est-ce qui te prend, tout à coup ? »
« Je n’aurais jamais cru t’entendre dire ça, Ga-in. Je m’y serais attendue de ma part ou de celle de Jin-cheol, mais pas de toi. »
« … »
« D’habitude, tu sors plutôt un truc du genre : “Toi, pauvre petit être insignifiant. La vie des humains ne vaut pas plus qu’une plume, et la valeur de ta souffrance n’est guère supérieure à la poussière collée dessus.” »
« C’est quoi, cette façon de parler ? »
« Celle que tu aimes. Franchement, c’est assez proche, non ? »
Sans même m’en rendre compte, je me cachai le visage, qui me brûlait.
« Hum ! Arrête de te moquer de moi. »
« Ce n’est pas si mal. Ça pourrait même être bien. »
« … Qu’est-ce que tu vois en moi, là, tout de suite ? »
« Voyons… Tu as l’air plus détendu qu’avant. Ton Sponsor t’a dit de te recouvrir de “peinture blanche”, non ? »
« Oui. »
« Je crois que je comprends ce que ça voulait dire. Je pense que ça va. »
« D’accord… »
Le Grimoire et le Soleil sacré fonctionnaient manifestement de manière radicalement différente.
Le premier donnait plutôt l’impression de dire : « Ton corps est mon outil », tandis que le second semblait dire : « Tu es moi. »
Si l’on me demandait ce que ça signifiait, je répondrais que le second prenait davantage les gens au sérieux que le premier.
Ça ne voulait pas dire que prendre quelqu’un au sérieux était toujours une bonne chose.
Moi, je prenais toujours le bœuf au sérieux.
Eun-sol avait probablement cru qu’A-ri ou moi étions sans cœur.
De ce point de vue, il était tout à fait naturel qu’elle se réjouisse de me voir changer après que j’avais éprouvé de la compassion pour un PNJ en souffrance.
Elle ne savait pas ce que j’avais fait lors de la précédente tentative, après avoir été consumé par le Soleil sacré.
Ce souvenir me fit penser à autre chose d’étrange.
« Ma bénédiction me protège en permanence. »
« Quoi ? »
Si la fenêtre de statut et ma Bénédiction de la Sagesse disparaissaient, je ne pourrais pas maîtriser l’influence extrême du Soleil sacré.
À l’inverse, tant que j’avais la fenêtre de statut, je pouvais en contrôler les effets dans une certaine mesure, même si ce n’était pas complètement.
Comme maintenant, où mes compagnons pouvaient me voir comme plus humain qu’avant.
« … »
A-ri m’avait dit quelque chose, il y a longtemps.
Il existait plusieurs façons de quitter l’Hôtel Pionnier et, selon la méthode choisie, on pouvait perdre sa bénédiction ou son Héritage.
Cette information s’était révélée exacte quand nous étions sortis temporairement grâce à l’événement Le Songe d’une nuit d’été.
À l’époque, j’avais failli perdre la Bénédiction de la Sagesse.
…
À présent, pour moi, toute évasion qui ferait disparaître ma bénédiction était dangereuse.
Cela signifiait que je dépendais davantage de la fenêtre de statut.
« Ah… »
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
C’était la Chouette qui m’avait conseillé d’acquérir un nouvel Héritage, après que j’avais compris les effets secondaires du Grimoire.
En suivant son conseil, je n’avais fait que devenir encore plus dépendant de la Chouette.
La Chouette pouvait-elle vraiment ne pas avoir prévu cet avenir ?
« Il n’y a pas une seule personne en qui on puisse avoir confiance dans ce monde. »
« Ça n’a jamais été le cas ? Tu parles comme si ça avait changé. »
« Ha ha ! Eun-sol, merci de me dire ça. »
« Ça te prend comme ça ? »
Pour la première fois depuis longtemps, je trouvai qu’Eun-sol avait l’air adulte.
Elle avait raison.
Il n’y avait jamais eu personne en qui avoir confiance dans ce monde.
« Je me suis fixé un petit objectif. »
« Lequel ? »
« Il me faut une autre façon de protéger mon esprit. »
* * *
- Kim Sang-hyeon
— Vroum, vroum, vroum… !
Sentant le sol trembler sous mes pieds, je grimpai dans un arbre. Un instant plus tard, un sanglier gros comme une maison apparut en grognant bruyamment.
Sur son dos était assis un adorable garçon que je connaissais bien trop.
« Où es-tu ? S-Sors de ta cachette ! »
C’était Park Seung-yeop, créé par l’Imagination sinistre.
Un être impossible et, évidemment, une copie.
« Hup ! »
Je retins même mon souffle et attendis, encore et encore.
Enfin, quand le sanglier arriva près de l’arbre…
— Fwoosh !
« Argh… ! »
Il ne me fallut pas une seconde pour briser la nuque du faux Seung-yeop d’un coup de main.
Peu après, le sanglier disparut lui aussi en poussière.
« Ouf… Encore un ? Ce n’est vraiment pas facile. »
Combien de jours s’étaient écoulés à l’extérieur ?
Le temps s’écoulait souvent bizarrement dans la chambre 206, et, dans cet endroit étrange créé par le Roi démon, il était difficile de savoir combien de temps avait passé.
J’avais l’impression que plus de dix jours s’étaient écoulés.
« Roi démon, là, je suis en colère, alors je vais arrêter les politesses. Espèce d’ordure ! Pourquoi tu as créé un endroit aussi con ? »
Le premier endroit où j’étais arrivé était une ville en ruine infestée de zombies.
Elle était remplie d’autres versions de moi, qui avaient reçu une bénédiction étrange à la place de la Diligence. Ces salauds s’étaient jetés sur moi pour me tuer, sur ordre du Roi démon.
Après en avoir tué une bonne quatre, j’avais fini par trouver une porte étrange.
… Derrière cette porte se trouvait une autre Salle maudite.
Un hôtel dans un hôtel.
Une Salle maudite dans une Salle maudite dans une Salle maudite dans une…
« C’est quoi, ce bordel ? Où est-ce que tu as dégoté le terme “structure fractale” ? »
La salle suivante était un village isolé balayé par une tempête de neige, et cette fois, c’était un faux Cha Jin-cheol qui m’avait attaqué.
À lui seul, son physique était celui d’un athlète ; j’avais failli y laisser la peau.
Ensuite, il y avait eu un bâtiment sans entrée et un faux Eun-sol.
Désolé, mais Eun-sol étant mauvaise au combat, cette salle avait été beaucoup plus facile que la précédente.
…
Ça n’en finissait pas.
L’ancien du Culte m’avait clairement dit que ça prendrait une semaine, mais ce délai était dépassé depuis longtemps.
« O-Où es-tu ? Sors de ta cachette ! »
Alors que j’étranglais un autre faux Seung-yeop, le garçon gémit.
« Maman… ! A-ri ! Ga-in ! »
« … »
— Crac !
Ces copies avaient aussi des souvenirs semblables aux nôtres.
Cette vérité me faisait souffrir.
« Je t’en prie, Roi démon. Je vais redevenir poli, alors sors, s’il te plaît. Pourquoi tu fais des trucs aussi pervers ? »
Je prétendais ne rien savoir, mais au fond, je pensais autrement.
Je ne savais pas exactement quand ça avait commencé, mais, à un moment, j’avais commencé à le sentir, faiblement.
Moi, Kim Sang-hyeon, je me rapprochais du Roi démon à chaque instant.
Mon esprit fragile se faisait aspirer par un monde vide, par un abîme lointain.
« … »
Depuis quelque temps, je sentais le Roi démon chaque fois que je fermais les yeux.
Je voyais une multitude infinie d’impulsions sans limites, qui se tordaient et s’agitaient sans fin.
Je sentais ces impulsions tendre lentement le bout de leurs doigts vers moi.
« Tu es en train de me façonner ? Tu essaies de faire de moi ce que tu veux ? »
Une porte menant à la salle suivante apparut une fois de plus.
Comme possédé, je l’ouvris et me dirigeai vers le prochain endroit.
C’était une immense salle.
Des murs rouge sombre m’entouraient de tous côtés, sans aucun passage menant ailleurs.
Même la porte par laquelle je venais d’entrer disparut comme une illusion.
Au milieu de la salle se tenait le jeune homme que je vénérais le plus.
« Monsieur, bien joué ! »
« … Monsieur ? »
Ses tout premiers mots me déplurent.
Notes :
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