Chapitre 447
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 446 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui renaît après cent jours (11)
──────
— Lee Eun-sol
Plus nous avancions le long des rails, plus la ville ressemblait à un cauchemar vivant.
Les monstres grouillants, les gémissements qui résonnaient sans fin on ne savait d’où et les bâtiments encore éclairés nous apprenaient plusieurs choses.
— Petit et faible.
Quand nous en étions-nous rendu compte ?
Nous avions naturellement découvert le plus grand secret de la ville souterraine.
Le temps s’écoulait différemment au Paradis des Profondeurs et à la surface.
À partir de là, toutes les questions trouvaient facilement leur réponse.
Pourquoi les cadavres avaient-ils encore de la chair ?
Pourquoi les plans imprimés des lignes étaient-ils toujours intacts ?
Pourquoi des légendes urbaines vieilles de plusieurs siècles étaient-elles apparues si tard ?
C’était simple. Il ne s’était pas encore écoulé beaucoup de temps sous terre.
L’avertissement de la Révélation des secrets célestes, qui nous avait recommandé de vérifier la date, ne concernait pas uniquement la régression du maire.
— Vil, comme un insecte.
Une autre question trouvait une réponse tout aussi simple.
Elle concernait Pero, qui frottait en ce moment ses plumes douces contre mon épaule.
Est-ce que j’étais un peu sa mère parce que Song-i n’était pas là ?
L’idée qu’il me prenne pour un substitut de Song-i me déplaisait bizarrement.
La raison pour laquelle ce petit oiseau mignon et intelligent ne pouvait pas expliquer où il se trouvait était tout aussi simple.
Nous n’avions tous appris l’existence du Paradis des Profondeurs qu’après être revenus dans la chambre 206. Pero non plus ne savait donc pas où il se trouvait.
— Une vie misérable.
Assez parlé des détails secondaires. Il y avait des choses plus importantes auxquelles penser.
D’abord, aussi absurde que cela paraisse, la ville souterraine n’avait pas encore été détruite. Sa destruction était toujours en cours.
Ensuite, mon esprit s’abîmait peu à peu.
* * *
— Clac !
Le son désagréable d’ailes qui s’entrechoquaient.
C’était le bruit que faisaient les créatures étranges qui tournaient autour de nous, les Bouchers silencieux, pour communiquer entre elles.
D’après les explications précipitées d’A-ri, c’étaient des monstres aveugles qui chassaient grâce à leur ouïe extrêmement fine.
Elle aurait pu me le dire avant que l’un d’eux ne m’arrache le bras.
Cela dit, il avait fondu sur moi comme l’éclair depuis le ciel. Je ne pouvais pas en vouloir à A-ri.
Sans Jin-cheol, il m’aurait pris la tête plutôt que le bras.
Grâce aux soins d’urgence de Yumi, le saignement avait cessé et même la douleur avait disparu. Mais elle s’était volatilisée pour avoir utilisé trop de magie.
Et à cause de ces monstres, je n’avais pas pu utiliser la Flûte. J’avais dû continuer à explorer la ville sans elle.
Était-ce pour ça ?
Des mots étranges apparaissaient au bord de mon champ de vision.
— Un idéal inaccessible.
A-ri articula silencieusement : « Ils sont combien ? »
Dommage que Grand-père se soit effondré et que la fenêtre de discussion ait disparu juste au mauvais moment.
Je levai l’index, le majeur et l’annulaire. A-ri hocha la tête.
— Clac !
Un autre venait déjà d’apparaître ; je levai donc aussi l’auriculaire.
Était-ce censé être une bonne nouvelle ?
Ils n’avaient pas d’yeux, inutile donc d’éteindre nos lampes frontales.
Je passai la tête par une brèche dans le mur extérieur à moitié effondré, près des rails, et regardai dehors.
Un immense bâtiment émettait une faible lueur et d’étranges vibrations.
Curieusement, j’étais le seul à voir cette lumière.
D’après le plan des lignes, c’était le laboratoire de recherche.
Notre destination finale.
Puis, à cet instant précis !
— Ooooooh !
Un cri immense, qui fit trembler le ciel et la terre, retentit, accompagné d’une impulsion d’une puissance indescriptible.
— Un rêve avorté.
Le désespoir, la douleur, le chagrin, les regrets, l’anxiété, la peur, la confusion, la rage, l’inquiétude, le doute, l’effroi, le dégoût, la haine, le vide, la misère, la dépression.
Toutes les émotions négatives que l’esprit humain pouvait engendrer s’abattirent sur mes pensées comme une bombe.
Je voulais mourir.
Des efforts sans récompense, une vie misérable, faible…
Ça allait être difficile.
Je ne pouvais pas résister à une impulsion aussi forte sans l’aide de la Flûte.
Il n’y avait qu’un problème…
La Flûte faisait du bruit.
Alors, je souris.
« Ahahaha ! »
J’avais pris ma décision. Inutile de garder le silence plus longtemps.
Seung-yeop et Jin-cheol étaient sur le point de s’évanouir, les yeux révulsés. Seule A-ri avait compris ce qui se passait.
— Une mort inéluctable.
« Je sais, je sais ! »
Je repris la Flûte.
— Laaaaa !
Je ne pouvais pas aller plus loin.
* * *
— Kim A-ri
— Boum !
Une explosion assourdissante fit trembler le ciel.
Eun-sol, que l’un des Bouchers silencieux avait emportée parce qu’elle avait fait du bruit avec la Flûte, venait de faire exploser une grenade en plein vol.
On aurait dit une scène de film.
« Merde ! Grande sœur est vraiment partie en beauté ! »
La remarque délirante de Cha Jin-cheol me fit me demander un instant s’il avait perdu la tête.
Depuis quelque temps, Cha Jin-cheol affichait une obsession étrangement intense pour le combat, mais même pour lui, c’était vraiment dingue.
Était-ce l’influence du Commanditaire, qui exaltait l’esprit combatif ?
Ou bien l’Hôtel ne faisait-il que révéler sa vraie nature ?
Dans les deux cas, inutile de s’attarder là-dessus.
C’était mille fois mieux que de le voir trembler à l’arrière parce qu’il avait peur des monstres.
« Courez ! »
Bien sûr, nous courions déjà avant même que je le dise.
Nous n’aurions pas pu nous enfuir aussi facilement si Eun-sol n’était pas morte en attirant l’attention des monstres.
« Hé ! A-ri ! »
Cha Jin-cheol parla en portant Seung-yeop sous un bras.
« Depuis qu’on a compris que le temps s’écoule bizarrement sous terre, j’y réfléchis ! Là-dessous ! »
Là-dessous ?
« C’est la vitesse qui compte ! On ne peut pas perdre du temps à se battre contre les monstres comme ça ! »
« Je sais. »
« La prochaine fois qu’on reviendra ! »
« On parlera de la prochaine fois quand on sera sortis. »
Je savais ce que Cha Jin-cheol voulait dire.
Si le temps s’écoulait différemment dans la ville souterraine, nous devions y régler toutes nos affaires le plus vite possible.
Au lieu d’affronter les monstres un à un, nous devions les ignorer et rejoindre notre destination au plus vite.
Mais qu’est-ce qu’on pouvait y faire maintenant que nous le savions ?
Eun-sol et Seung-yeop manquaient de mobilité, tandis que Cha Jin-cheol restait limité par le terrain tant qu’il se déplaçait au sol. Il ne pouvait pas non plus éviter les combats contre les monstres qui nous barraient ouvertement la route.
Si nous retournions sous terre…
« Il nous faut quelqu’un qui sache voler ! »
« Je sais ! »
Il nous fallait quelqu’un capable de voler.
Quelqu’un qui puisse éviter les terrains compliqués et la plupart des monstres en passant par les airs !
« Tu ne peux pas voler ? »
Ga-in, après avoir chargé le Soleil sacré.
Elena, qui pouvait créer des monstres volants.
Et moi, qui savais manier les Bottes ailées sans difficulté.
Même maintenant, je pouvais voler.
« Tu ne vois pas qu’il y a aussi des monstres dans le ciel ? »
« Eun-sol en a fait exploser un paquet avec sa grenade. »
« Il en reste encore plein. »
Je n’étais simplement pas sûre de pouvoir me battre en volant.
Cha Jin-cheol prit un air perplexe pendant un instant.
Une idée semblait lui être venue, mais il n’en était pas certain lui-même.
— Crac ! Boum !
« Yohoho ! Quelle fête, aujourd’hui ! »
Comme s’il nous avait attendus, le capitaine squelettique défonça le mur extérieur.
Il tenait un énorme cimeterre qui semblait capable de fendre un immeuble en béton d’un seul coup.
« Salut, mes petits poussins ! »
Encore. Encore. Encore.
Le temps déformé nous pressait déjà, et voilà qu’un monstre nous barrait la route.
Comment étions-nous censés…
« Ça ne va pas. Je ne suis pas sûr, mais tentons le coup. »
Cha Jin-cheol esquissa soudain un sourire amer et me poussa Seung-yeop dans les bras.
« Quoi ? Qu’est-ce que tu… »
« Prends Seung-yeop et envole-toi avec lui. »
« … »
« Les Bottes ailées ne peuvent pas porter deux personnes ? »
« À l’origine, c’est un outil d’évasion pour une seule personne, mais Seung-yeop et moi sommes légers. À deux, ça pourrait peut-être passer. »
« Parfait. Je vais vous lancer. Seung-yeop, accroche-toi à A-ri. »
« Hein ? Hein ? G-Grande sœur, ça va aller ? »
« Pero, toi aussi, tu y vas. »
— Crîî !
Après avoir fait s’agripper Seung-yeop, paniqué, à mon dos, je regardai Cha Jin-cheol.
« Yohoho ! Mes petits poussins ! On ne peut pas ignorer le capitaine aussi ouvertement ! »
Cha Jin-cheol nous souleva, Seung-yeop et moi, comme un lanceur de poids, puis…
« Hyaaa ! »
Nous nous envolâmes, propulsés à près de vingt mètres de haut par la seule force de Cha Jin-cheol, sans la moindre aide des Bottes ailées !
Le capitaine squelettique, surpris, tendit son épée, mais Cha Jin-cheol se rua sur lui le premier.
« Aaargh ! »
Le cri de Seung-yeop me transperça les oreilles.
« Chance céleste ! »
« Aaargh ! »
L’accélération soudaine avait dû être trop violente : Seung-yeop avait déjà perdu connaissance à moitié.
La Chance céleste s’activait d’elle-même en cas de besoin. Ça devrait aller, non ?
C’est ce que je me dis et je pris mon envol.
— Crîî !
J’ignorai les monstres volants qui fondaient sur nous en poussant des cris stridents.
J’étais équipée d’un bouclier de chance en forme humaine, alors ça finirait bien par s’arranger !
* * *
— Paf !
Notre vol chaotique s’acheva par une collision.
Les Bottes ailées étaient bien un outil d’évasion pour une seule personne, me rappelai-je une fois de plus.
Même si Seung-yeop et moi étions légers, les utiliser à deux avait été un pari insensé.
La preuve était toujours sur mon dos.
« Haa ! »
— Clic !
Tandis que je reprenais péniblement mon souffle et me redressais, j’entendis le cliquetis froid du métal.
« Qui va là ? Déclinez votre identité ! »
Sous terre, le temps s’écoulait différemment. La destruction n’appartenait pas au passé. Elle était encore en cours.
C’est pourquoi, en arrivant au centre de la ville, nous y trouvâmes encore des soldats.
« Q-Qu’est-ce que c’est que ce cadavre sur votre dos ?! »
« … »
Après notre pénible voyage, je déposai le corps de mon compagnon au sol.
— Cui-cui !
Pero, qui avait volé avec nous, poussa un cri désolé et arracha une mèche des cheveux de Seung-yeop.
Que fallait-il que je dise pour qu’ils me laissent entrer dans le laboratoire de recherche ?
« Airavata. »
Airavata était le nom qu’avait autrefois porté le Progéniteur, ou Héroïne, qui se faisait désormais appeler May.
Elle était en réalité membre de l’Ordre de la Raison, qui avait protégé le monde avant la Fin des Temps.
« Je suis l’héritière d’Airavata. »
« Une preuve… »
Avant que le soldat ait pu terminer, un vortex rouge jaillit du bout de mes doigts et enveloppa les environs comme de la fumée.
Parfois, les pouvoirs surnaturels constituaient une preuve d’identité plus fiable que n’importe quoi d’autre.
« … Entrez. »
* * *
« Lancez la procédure de fermeture du district 23 ! Tout de suite ! »
« Le confinement du district 17 a échoué ! »
« Infection par le Roi démon confirmée dans le district 4 ! »
Des voix semblables à des cris retentissaient de partout.
Fermeture, échec du confinement, infection confirmée.
Ces mots suffisaient à me faire comprendre.
Le laboratoire de recherche courait à sa perte.
Tandis que des siècles s’écoulaient à la surface à cause du décalage extrême du temps, ces événements terribles se déroulaient sous terre.
Les soldats me conduisirent dans une immense salle, au centre du laboratoire de recherche.
Là, je rencontrai enfin quelqu’un que je voulais voir depuis longtemps.
« … Maman. »
« Quoi ? »
Elle ne me reconnut pas.
Était-ce parce que le Sceau n’avait pas encore été levé et qu’elle conservait la personnalité du scénario ?
« Laisse tomber. C’est toi qui diriges ici ? »
« Mi-ro » hocha la tête.
« Exact. Je suis Maegas, neuvième rang dans la hiérarchie de l’Ordre, un Cadre supérieur. Appelle-moi Directrice. Et toi ? Airavata t’a tout transmis ? »
Une phrase importante était ressortie de ce bref échange : « Airavata t’a tout transmis ? »
On aurait dit qu’elle pensait qu’Airavata était peut-être morte à présent.
« … Le temps ne s’écoule pas de la même façon ici et à la surface. »
« Je sais. Combien de temps s’est écoulé à la surface ? Environ cent cinquante ans ? »
« Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ? »
Mi-ro eut un petit ricanement.
« À cause de ça. »
Dans la direction qu’elle indiquait, une masse dorée brillait d’une lumière blanche pure.
On aurait dit une pièce.
« … Encore une chance ? »
« Encore une chance ? C’est comme ça qu’on l’appelle à la surface ? Vous offrir une chance de plus… Ça lui va bien. »
La Directrice affichait un air assuré.
« Ce qu’il y a dehors n’est qu’une pâle imitation de l’original. Sa portée est très limitée, n’est-ce pas ? »
Le temps qu’elle pouvait remonter ne dépassait pas un mois.
Son rayon d’action spatial se limitait au Paradis.
« Ça, c’est l’original. Et… »
Le regard inébranlable, elle poursuivit :
« Nous pouvons sauver le monde. J’en suis certaine. »
« … »
Je savais que les espoirs de la Directrice seraient déçus.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>