Chapitre 443
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 442 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite après cent jours, Re (7)
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— Yoo Song-i
« Une volonté pure ? May, je ne suis pas sûre de comprendre… »
Quoi ? Quoi ? Quoi ?!
« C’est une intuition, je suppose ? Leon, je ne crois pas que ton état mental soit normal. »
J’avais beau lutter pour ne pas perdre pied tandis que mon esprit menaçait de se vider, je me hâtai d’appeler mes compagnons !
Yoo Song-i : Grand-père ! Jin-cheol ! Venez, tout de suite !
Kim Mook-seong : Quoi ? Il y a un instant, tu nous as dit de ne pas entrer à la légère…
Yoo Song-i : J’ai dit, tout de suite !
Kim Mook-seong : Il fallait que ça tombe maintenant… Jin-cheol n’est pas là !
J’essayai de garder mon calme, mais c’était déjà peine perdue. La sueur me coulait à flots sur le visage !
« Q-Qu’est-ce que vous voulez dire ? »
Le Progéniteur m’observait d’un air avide.
« Tu l’ignores peut-être, mais je connais Leon depuis avant ta naissance. Le Leon d’aujourd’hui est… enfin, il est très différent de celui que je connais. Serait-ce le pouvoir du bracelet ? »
À cet instant, j’acceptai la réalité.
Le Progéniteur avait compris que j’avais bouleversé l’esprit de Leon.
En revanche, elle ne semblait pas connaître le pouvoir appelé Être aimé. Elle pensait que j’avais manipulé Leon grâce à Perspectives diverses.
Ironiquement, ce fut le maire qui prit ma défense et contredit le Progéniteur.
« Je passe plus de la moitié de chaque journée dans mon bureau, au Paradis, et les illusions du bracelet y disparaissent. Tu le sais, n’est-ce pas ? On dirait que May a mal compris quelque chose. »
Il avait raison.
Le contrôle sensoriel du bracelet ne fonctionnait pas au Paradis, et le maire s’y rendait tous les jours.
Le Progéniteur ne se laissa pas convaincre.
« Je le sais. Mais il ne fait aucun doute que quelque chose cloche chez Leon. Ta fille possède peut-être un autre pouvoir, sans rapport avec le bracelet. »
Quelque chose n’allait pas.
Sa certitude était trop grande pour s’expliquer par le simple fait que le maire s’était pris d’amitié pour moi.
Avait-elle détecté d’une manière ou d’une autre que l’esprit du maire avait été altéré par des moyens surnaturels ?
Tandis que mes pensées s’embrouillaient, la situation empira encore.
« Leon, ne bouge pas. Ne ferme pas les yeux. Je vais te remettre les idées en place, tout de suite. »
« Pardon ? »
Leon était aussi déconcerté que moi. Tandis qu’il hésitait, le Progéniteur s’approcha de lui et croisa son regard.
Je le sentis.
Ma puissante bénédiction, l’essence de l’Affinité, Être aimé, était en train d’être annulée !
Bientôt, la partie figée de l’esprit du maire se réveilla.
Leon Kadyrov comprit ce qui s’était passé et me lança un regard glacial.
— Clic !
Le canon froid d’un pistolet se pointa sur le maire.
« Bon sang… On dirait que les choses ont pris une tournure bien étrange, tout à coup… »
Grand-père Mook-seong avait entendu mon appel à l’aide et fait irruption dans mon dîner privé avec le Progéniteur !
Kim Mook-seong : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Yoo Song-i : Être aimé a été percé à jour.
Kim Mook-seong : Oh là là !
C’était bien pire qu’un simple « oh là là ».
Je sombrai dans une confusion indescriptible.
Qu’est-ce que ça signifiait, Être aimé avait été annulé ?
Leon Kadyrov ne m’aimait plus et, à ses yeux, tout ce que j’avais fait jusque-là n’était que rébellion ou usurpation.
Je repensai naturellement à ce qui s’était passé lors de la première tentative.
À l’époque, quand le pouvoir d’Encore une chance avait réveillé le maire de son amour, il m’avait abattue sans la moindre hésitation.
Un autre incident similaire me revint en tête.
Quand les anciens collègues du médecin étaient sortis de l’hypnose du Mi-ro, n’avaient-ils pas ressenti une trahison accablante ?
Leon ne ressentirait-il pas la même chose ?
Le Progéniteur prit alors la parole.
« Ton subordonné ? Tu n’as même pas l’air d’utiliser un téléphone. Comment l’as-tu appelé ? »
« Ne bouge pas. Chaque fois que tu t’agites, mon doigt tremble. »
« Toi ! Espèce d’ordure… »
Le Progéniteur possédait elle-même la téléportation ; pointer une arme sur elle ne servirait à rien. Leon, lui, ne disposait pas d’un tel pouvoir.
Kim Mook-seong : Le Progéniteur n’a aucun moyen de m’arrêter à distance. Du calme.
En lisant le message calme de Grand-père, je sentis mon cœur affolé ralentir peu à peu.
Il avait raison. Malgré tous ses pouvoirs surnaturels, le Progéniteur n’avait aucun moyen de neutraliser Grand-père sur-le-champ.
Sinon, elle l’aurait déjà maîtrisé et aurait réglé la situation.
Le Progéniteur finit par lancer d’une voix acerbe :
« Tu crois que tu survivras à ma colère après un coup pareil ? »
« … »
Cette femme était le vrai problème.
Si Leon Kadyrov avait été le seul souci, j’aurais pu prendre mon courage à deux mains et lui tirer dessus.
Mais comment aurais-je pu gérer la colère du Progéniteur ensuite ?
Nous ne pouvions pas nous permettre d’entrer en conflit avec le Progéniteur aussi tôt.
Elle connaissait plusieurs secrets de la chambre 206 que le maire lui-même ignorait.
La Compréhension du scénario de Ga-in nous avait aussi conseillé de contacter le Progéniteur pour lui soutirer des informations.
Elle possédait tout un éventail de pouvoirs surnaturels ; je n’étais même pas sûre de pouvoir la tuer.
Si je laissais le maire en vie, il risquait de me tuer. Si je tuais le maire, le Progéniteur risquait de me tuer.
Yoo Song-i : Qu’est-ce que je fais ?
Grand-père ne put que sourire avec amertume, incapable de répondre.
Puis Leon prit la parole au milieu de cette tension meurtrière.
« Song-i. »
« … »
« Song-i. »
« Oui. »
« Il y a quelques jours, lors de cet examen médical, j’ai appris que plusieurs Agents de l’ordre du premier étage avaient commis d’étranges erreurs. Je me demandais ce que ça signifiait. Tu étais déjà mêlée à tout ça ? »
« … »
« Tu as falsifié les résultats ? C’est étrange. Je les ai vérifiés deux fois, trois fois ensuite, et ils étaient toujours identiques… »
La question de Leon était simple.
Une fois revenu à lui, il avait trouvé suspect l’examen médical qui avait déclenché mon accession au poste de maire. Pourtant, les résultats eux-mêmes étaient exacts.
Tous les autres examens que Leon avait passés lui-même avaient donné les mêmes résultats.
« Je n’ai rien falsifié. Tu es vraiment malade. »
Leon était en phase terminale bien avant que nous agissions.
« Tu comptais falsifier les résultats, mais tu n’en as pas eu besoin puisque j’étais réellement condamné ? »
Pas loin.
Plus exactement, nous n’avions pas prévu de falsifier les résultats. Nous voulions provoquer la maladie.
Leon eut un sourire amer, puis se tourna vers le Progéniteur.
« May, je t’en prie, pars. »
« Quoi ? C-Comment ça ? Si je pars, cette fille va te tuer ! Tu comprends ? »
Le maire poursuivit d’un ton ferme :
« Pour maintenir le Paradis, quelqu’un doit être maire et gérer la Raison indomptable. Ce n’est pas un travail que n’importe qui peut faire. Il faut des pouvoirs spéciaux. »
Quelqu’un capable de remonter le temps, ou de contrôler l’esprit d’autrui.
« Il n’y a que deux personnes qualifiées, et l’une d’elles est en phase terminale. »
« Toi… ! »
Le Progéniteur laissa échapper un faible grognement.
« Donc, tu ne peux pas tuer Song-i. Qui dirigera la ville, sinon ? Le Progéniteur va-t-il prendre les choses en main à partir de maintenant ? »
Ce n’est qu’alors qu’une question me vint à l’esprit.
Pourquoi le Progéniteur avait-elle établi la famille Kadyrov à la tête de la ville, au départ ?
Y avait-il une raison pour laquelle elle ne pouvait pas s’en charger elle-même ?
« Leon ! Toi… »
« Adieu. »
May sembla un instant à court de mots. Finalement, elle poussa un long soupir et disparut.
Quand le Progéniteur eut disparu, le silence retomba sur les lieux.
— Cling !
Une fourchette heurta une assiette.
« … »
« … »
Leon Kadyrov coupa lentement un morceau de filet de bœuf.
Comme s’il ne voyait pas ce qui se passait autour de lui, il en mangea encore deux morceaux avant de parler.
« Song-i. »
« … Oui. »
« Je ne savais pas que tu avais des manières aussi déplorables à table. Qui aurait cru que tu apporterais une odeur de poudre à canon à un repas ? »
« … »
« Ne t’inquiète pas. »
« … De quoi devrais-je m’inquiéter ? »
« Tu ne te disais pas que May pourrait se retourner contre toi après ça ? »
« … »
Le maire s’était-il mis à lire dans les pensées ?
Comme Leon venait de le dire, je craignais que le Progéniteur ne s’oppose désormais à moi.
J’avais encore besoin d’obtenir beaucoup d’informations auprès d’elle.
« May est humaine, alors elle a des émotions. Mais, au fond, elle est capable d’accepter des sacrifices au nom d’une cause supérieure. »
« … »
« Tu es sa seule autre option. Si elle te tue, il n’y aura plus aucun moyen de faire fonctionner la ville. »
« … »
« Depuis quand as-tu recruté l’Agent de l’ordre ? »
« Depuis longtemps. »
Grand-père était de mon côté depuis avant même notre entrée dans la chambre 206.
« Tu as utilisé sur les Agents de l’ordre un pouvoir semblable à celui dont tu t’es servie contre moi ? »
« … »
Être aimé était un pouvoir qui ne pouvait s’utiliser que sur une seule personne.
Bien sûr, je n’avais aucune intention de révéler à la légère une telle faiblesse.
« Tu ne comptes pas demander à cet Agent de l’ordre arrogant d’abaisser son arme ? »
« Je suis une lâche. »
« Alors, plutôt que de te faire tuer par ton père, tu vas choisir de le tuer ? »
« J’y réfléchis. »
« Eh bien, j’ai vraiment élevé une sacrée fille. »
« Pas vrai ? »
J’avais vraiment du mal à comprendre Leon Kadyrov.
Avec la rupture d’Être aimé, la confiance entre cet homme et moi s’était elle aussi brisée.
Je n’avais gardé Leon en vie que pour une seule raison : je ne pouvais pas gérer le conflit qui en résulterait avec le Progéniteur.
Pourtant, Leon lui-même avait convaincu le Progéniteur.
Quoi qu’il arrive désormais, elle devait partir sans s’en mêler.
Song-i Kadyrov était la seule personne capable de maintenir la ville ; elle ne devait donc jamais être blessée.
Le Progéniteur s’était laissé convaincre par ces paroles.
Et maintenant, je n’avais plus aucune raison de garder le maire en vie.
« Le steak est délicieux. Je peux au moins finir mon repas, non ? »
« … »
Essayons de voir les choses sous un autre angle.
Étais-je vraiment obligée de tuer cet homme ?
Leon Kadyrov était extrêmement intelligent et compétent.
Et puisqu’il avait réglé son différend avec le Progéniteur d’une manière qui m’avantageait, il ne semblait pas m’être très hostile.
Alors…
« Tu as moins envie de tuer, à voir tes yeux. »
« Quoi ? »
« Tu te dis quelque chose comme : “Je pourrais peut-être laisser papa en vie.” »
« … »
« Il a l’air malin, il a aussi convaincu May et il semble être de ton côté. »
« … Papa. »
« Et si on faisait ça ? »
— Bang !
« Urgh ! »
Au coup de feu, le corps de Grand-père se mit à s’affaisser.
En un instant, une foule de pensées me traversèrent l’esprit.
Comment ?
Le maire n’avait pas bougé le moindre doigt.
Leon possédait-il un pouvoir surnaturel que j’ignorais ?
Ou avait-il contrôlé les tourelles installées dans tout le Manoir flottant ?
Ce n’était pas le moment de réfléchir à ça.
Le maire pouvait me faire du mal sans même lever le petit doigt !
Bientôt, le bracelet émit une lueur bleutée.
Pris de douleur par ses sens altérés, Leon s’effondra sous sa chaise. Je ramassai le pistolet de Grand-père sur le sol.
— Clic !
Les mains tremblantes, je braquai le canon sur mon père.
Je… enfin…
« Tu devrais viser un peu plus haut. »
« Papa, qu’est-ce que tu… ? »
Je ne comprenais pas.
Je ne comprenais absolument pas cet homme, Leon Kadyrov !
S’il pouvait tuer quelqu’un sans même le toucher, il aurait aussi pu me tuer !
Il m’avait bel et bien tuée sans hésiter lors de la première tentative !
Pourquoi ne m’avait-il pas tuée ?
Parce qu’il était en phase terminale ?
Parce qu’il n’avait pas le temps de se trouver un autre successeur ?
S’il ne comptait pas me tuer, pourquoi diable faisait-il ça…
« Tu te demandes pourquoi ? »
« … »
« Je ne peux pas me faire confiance. »
« Qu’est-ce que ça… »
« Et aujourd’hui, j’ai enfin compris quelque chose. »
« Quoi ? »
« Ma fille est une sacrée garce. »
Les grossièretés, si déplacées dans la bouche du maire, me laissèrent sans voix.
« Quoi ? »
« Tant mieux, alors. Cette ville n’a jamais été un endroit qu’une personne honnête pouvait diriger. »
« … »
« Deviens impitoyable. »
— Bang !
Un coup de feu retentit.
Il ne restait plus qu’un seul Kadyrov dans la pièce.
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