Chapitre 442
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 441 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite après cent jours (6)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 394
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
- Han Ga-in
« Merci de nous avoir donné notre pain quotidien aujourd’hui. »
« … »
Au petit matin, je me réveillai dans un lit blanc, doux et immaculé.
Un luxe auquel un citoyen de quatrième classe n’aurait jamais pu goûter, mais qui ne signifiait plus rien pour moi.
Parce que j’étais un dieu !
« … »
Je racontais vraiment n’importe quoi dès le réveil.
Je n’étais pas tout à fait un dieu, mais je jouais les prophètes de Dieu.
Officiellement, j’étais toujours un citoyen de quatrième classe, mais le Culte du Roi démon — enfin, le « Culte de Han Ga-in » — comptait de nombreux citoyens de troisième et de deuxième classe.
Grâce à ça, j’avais quitté les mines quelques jours plus tôt et j’avais même trouvé une maison convenable.
Évidemment, la fidélité des croyants ne m’était pas acquise gratuitement.
« Patrick, s’il te plaît, fais que ce salaud soit frappé par la foudre et crève en pleine rue ! »
« … C’est une prière plutôt féroce. »
À bien des égards, j’étais devenu un demi-dieu.
* * *
Une berline de luxe m’attendait dehors.
J’ouvris la portière et retrouvai deux visages familiers.
« Bonjour, Elena. Professeur. »
« Bonjour ! »
Après quelques salutations, le professeur démarra et prit la parole.
« Hier, les agents ont reçu un ordre officiel. Ils ne doivent plus surveiller le Culte. Le prétexte, c’est la liberté de religion. »
Article 20, paragraphe 1, de la Constitution de la République de Corée : tous les citoyens jouissent de la liberté de religion.
La chambre 206 était une version déformée du futur de la Terre ; il était donc normal qu’on y trouve des concepts comme la liberté de religion.
« Faites que le professeur attrape la grippe et annule son cours ! Qu’il attrape la grippe et annule son cours ! »
« … Le professeur qui attrape la grippe ? C’est une prière ou une malédiction ? »
« Ga-in ? »
« Non. »
Du moins, le concept existait.
Mais si quelqu’un se mettait sérieusement à parler des droits de l’homme, les Agents de l’ordre le traîneraient simplement jusqu’à la Raison indomptable pour l’y jeter.
Si les persécutions contre le « Culte de Han Ga-in » avaient cessé, ce n’était donc pas grâce aux droits de l’homme, mais parce que Song-i, qui détenait le véritable pouvoir dans la ville, l’avait ordonné.
Le Culte pouvait désormais se réunir au grand jour.
« C’est bien, ça va nous aider à développer le Culte. Mais il n’y a personne qui s’y oppose ? »
« Bien sûr que si. Certains protestent en disant que la ville est condamnée parce qu’une gamine folle a pris le pouvoir. »
« … Je vois. »
« Ce serait plus étonnant que les gens se rallient soudainement à mademoiselle Song-i alors qu’elle n’a pas préparé la succession depuis longtemps. »
Elena parut décontenancée.
« M-mais qu’est-ce qu’on fait ? Et s’ils se révoltent contre Song-i ? »
Le professeur ricana.
« Et alors ? »
« Pardon ? »
« Elena, on ne va pas gouverner cette ville pendant dix ou vingt ans. Ça fait quoi, quatorze jours ? »
Le titre de la salle était Le Roi démon qui ressuscite après cent jours.
Autrement dit, tout serait réglé au plus tard dans trois mois.
Alors, que la ville sombre dans le chaos, ça n’avait pas d’importance.
Une rébellion ? Des effets secondaires ? Tant que ça n’arrivait pas dans les deux prochains mois, ce n’était pas vraiment un problème.
Voilà comment raisonnait le Régresseur.
« Ga-in, tu te souviens de ce que tu as dit il y a quelques jours ? Que la chambre 206 avait peut-être aussi un Bureau de gestion, ou une organisation du même genre ? »
C’était la conclusion à laquelle était parvenue l’« équipe chargée de contrôler la ville », composée notamment d’Eun-sol et de Song-i.
« Eh bien… Même s’il y en a un, je doute qu’il fonctionne correctement aujourd’hui. »
Si ça avait été le cas, l’organisation aurait dû intervenir d’une manière ou d’une autre lors de la première tentative de descente du Roi démon.
« C’est vrai. L’organisation elle-même s’est probablement effondrée. Il n’en reste peut-être qu’une poignée de survivants, chacun de son côté. »
« Quelques noms me viennent à l’esprit : Pero, Mi-ro, le Progéniteur, entre autres. »
« Peut-être que, dans le scénario, Mi-ro était un membre haut placé d’une organisation secrète ? »
« Dans ce cas, le Progéniteur en était peut-être un simple employé. »
Ça expliquerait pourquoi Mi-ro, bien qu’étant un être scellé, avait une présence étrangement faible, et pourquoi le Progéniteur ne le connaissait pas.
Bien sûr, la réalité pouvait être complètement différente.
« Tu as consulté la Compréhension du scénario ? »
« Oui. »
Prendre le contrôle du Culte du Roi démon nous avait aussi permis d’ouvrir une voie vers l’extérieur de la ville.
Grâce à ça, je pouvais utiliser ma bénédiction et consulter régulièrement le scénario.
Le scénario avait cessé de se mettre à jour quelques jours plus tôt.
Je l’avais assez bien mémorisé pour pouvoir m’en rappeler dans son intégralité.
「Scénario : Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Le pouvoir du maire sur la ville est désormais entre les mains de la participante Song-i.
Les âmes des classes inférieures qui soutiennent la ville sont sur le point de devenir les jouets du participant Han Ga-in.
Enfin, le groupe de l’hôtel a commencé à dévorer les étages supérieurs et inférieurs du Paradis !
Et pourtant, même après avoir percé les secrets du maire et du Culte, les mystères de la chambre 206 sont loin d’être résolus.
Le groupe de l’hôtel tente finalement de prendre contact avec le Progéniteur…」
« Le scénario a cessé de se mettre à jour. Il dit qu’on devrait rencontrer le Progéniteur. Tu en as parlé à Song-i, pas vrai ? »
« Bien sûr. Mademoiselle Song-i doit déjà prendre des dispositions. »
« Hmm. »
« Qu’y a-t-il ? »
« La formulation me déplaît un peu. »
« La formulation ? »
« Laisse tomber. »
Non, Song-i était simplement décrite comme ayant « pris le pouvoir du maire ».
Pourquoi, moi qui avais fondé un Culte, étais-je décrit comme étant « sur le point de jouer avec l’âme des classes inférieures » ?
La description me concernant avait quelque chose de malveillant.
Alors que je commençais à m’énerver, une prière qui mit de l’huile sur le feu me parvint.
« S-seigneur, je m’appelle O’Brien. A-aujourd’hui, je compte avouer mes sentiments à mademoiselle Elena. Faites que ma déclaration soit acceptée… »
« Ah ! E-Elena ! »
« Ga-in ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
Ce n’était quand même pas quelqu’un d’autre qui portait le même nom, si ?
« Elena, tu connais quelqu’un qui s’appelle O’Brien ? »
« Pardon ? O’Brien est l’un des producteurs de la chaîne de télévision, mais comment tu le connais… »
« Tu as une émission prévue aujourd’hui ? »
« Oui, je dois participer à une petite émission de variétés ce soir. »
« Annule. Dis que tu as attrapé la grippe. »
« Pardon ? »
« Une bombe risque d’exploser à la chaîne ce soir. Je viens de voir l’avenir. »
« Une bombe ?! Comme ça, tout d’un coup ? »
Je décidai de virer ce prétentieux O’Brien du Culte.
« Ga-in, nous sommes arrivés. Ah, je devrais peut-être commencer à t’appeler “Seigneur” ? »
Le professeur sourit, comme si toute cette situation l’amusait.
* * *
« Ainsi, le Seigneur a parlé. Vous êtes ses brebis les plus fidèles ; une gloire et une félicité sans fin vous attendent ! »
— Ouaiiiis !
Les rassemblements du Culte n’avaient plus lieu dans des sous-sols sombres et miteux.
Nous louions un immense terrain et nous nous réunissions en plein jour, sous les lumières qui éclairaient la ville.
Évidemment, des Agents de l’ordre rôdaient un peu partout, affichant ouvertement leur mécontentement. Mais alors ?
Le maire leur avait ordonné de ne pas intervenir. Qu’est-ce qu’ils pouvaient faire ?
« Eh bien, si ça vous déplaît tant, devenez maire vous-mêmes ! »
« Ga-in. Tu viens de dire tout haut ce que tu pensais ? »
« Ah ! Je me suis un peu relâché une fois le sermon terminé. »
« … Dans ces moments-là, tu as l’air d’une personne ordinaire. »
« Pardon ? »
« Rien. Monte. »
Le professeur sourit doucement et m’ouvrit la portière, comme un chauffeur au service d’un chef de secte.
« Tu ne trouves pas que tu te montres un peu trop ? Euh… L’Inspection directe du maire ? Cette organisation ne se méfie pas de toi ? »
« Ils croient que je me suis infiltré comme ton chauffeur pour te surveiller, Ga-in. »
« Ha ! »
Song-i leur avait ordonné de cesser de surveiller le Culte, mais l’Inspection pensait que la jeune maire avait perdu la tête. Elle avait donc ignoré ses ordres et envoyé un agent malgré tout.
Cet agent, c’était le professeur. Autant confier à un chat la garde d’une poissonnerie.
La situation était tellement absurde que j’éclatai de rire.
« Seigneur, le rassemblement d’aujourd’hui m’a profondément ému. Voir le Culte enfin marcher sur la voie de la gloire m’a mis les larmes aux yeux. »
« Les croyants ont l’air de bien réagir. »
« … Tu as dit que tu pouvais entendre leurs prières ? »
« Oui. »
« Qu’est-ce que ça fait, exactement ? En tant que vieux compagnon, j’aimerais que tu me racontes tout sans rien omettre. »
Le professeur prit soudain un air sérieux, ce qui me prit un peu au dépourvu.
Je n’avais pas eu l’intention de lui cacher quoi que ce soit au sujet de l’Héritage.
« B-bien sûr. Alors… »
« Ah, mon Dieu. Ce prophète de pacotille a l’air d’un imposteur. C’est vraiment le vrai ? Je pourrais faire un discours bien meilleur que ce salaud ! »
« Alors vas-y, espèce de salaud ! »
« Ga-in ? »
« … Ce n’est rien. »
Depuis que le Soleil sacré avait commencé à recueillir la foi et les prières, j’entendais constamment les voix des croyants.
Je disais « voix » par commodité, mais je les entendais même en me bouchant les oreilles.
La plupart ne contenaient rien de particulier, à part des choses comme : « Merci de m’avoir accordé une nouvelle journée. »
Mais certaines prières renfermaient des souhaits désespérés.
Évidemment, ces souhaits n’étaient pas toujours souhaitables.
Après m’avoir écouté, le professeur demanda avec précaution : « Qu’est-ce que tu ressens quand tu entends ces souhaits ? »
« Pardon ? »
« … »
« … »
« Je t’ai observé pendant tout le rassemblement, Ga-in. À force de te regarder, j’ai fini par distinguer ce qui relevait du jeu et ce qui était sincère. »
« Je suppose que ça se tient. »
« Tu as communiqué avec les croyants pendant tout le rassemblement et tu leur as raconté des détails de leur passé qu’ils ne t’avaient jamais confiés. C’est aussi un pouvoir du Soleil sacré ? »
« Quelque chose comme ça. »
« C’était incroyablement mystérieux. Même en sachant que c’était le pouvoir d’un Héritage, j’ai été impressionné. Tout le monde te prendra pour le messie, sans la moindre hésitation. »
« … Pourtant, certains se demandaient si j’étais un imposteur. »
Le professeur parut légèrement embarrassé.
Bien sûr, il y avait toutes sortes de gens dans le monde ; inutile de s’attarder sur une ou deux exceptions.
« Hum, e-enfin, il y a toujours des gens comme ça. Bref, cette partie-là allait, mais certains moments m’ont troublé. »
« Troublé ? »
« Je te le redemande : qu’est-ce que tu ressens quand tu entends les souhaits des croyants ? »
« … »
Il y avait un croyant que je n’avais pas aidé, mais qui se réjouissait tout de même du succès qu’il avait obtenu grâce à Dieu.
Je bénis sincèrement sa réussite, moi aussi.
Une femme pleurait à chaudes larmes parce que son fils souffrait d’une maladie incurable et qu’elle n’avait pas les moyens de payer son traitement.
Je lui pris la main, partageai sa peine, puis lui promis de réunir des dons parmi les croyants fortunés pour l’aider.
« Si mes yeux ne m’ont pas trompé, Ga-in, tu as semblé très sincère en lisant dans le cœur des croyants. »
« … »
« Si ça avait été Eun-sol ou Jin-cheol, j’aurais compris. Ils sont naturellement sensibles. Mais toi… »
« … »
« D’habitude, tu aurais plutôt répondu quelque chose comme : “Madame, vous mourrez quand la Salle maudite disparaîtra, bien avant que votre fils succombe à sa maladie. Alors arrêtez de dire des choses inutiles !” »
« N-non ! Ça ferait de moi un vrai connard ! Je ne crois pas être un salaud à ce point ! »
« C’était un exemple. Je veux dire que tu n’étais pas du genre à te laisser absorber par les histoires des PNJ. »
Je compris ce que le professeur voulait dire.
Je me rappelai l’analogie de la Chouette sur la peinture blanche et la peinture noire.
Le Soleil sacré me guidait dans une direction « différente » de celle du Grimoire.
« Tu devrais y réfléchir. »
« Pourriez-vous tuer Patrick, s’il vous plaît ? »
« … Au fait, professeur. »
« Je t’écoute. »
« Qui est Patrick ? Euh… À force d’entendre les prières d’une même personne, j’arrive parfois à deviner qui elle est. »
« Ah oui ? »
« Depuis ce matin, Elena prie sans arrêt pour que Patrick meure. »
« … »
* * *
- Yoo Song-i
Un jardin rempli d’arbres bleus, rares au Paradis.
Une douce musique classique venait de loin et un tendre steak de filet reposait sur une élégante table.
Un luxe que les citoyens de quatrième classe, encore condamnés à trimer dans les mines, ne pouvaient même pas imaginer.
À cet instant, avalant ma salive avec une nervosité extrême…
Gloups !
Les deux autres, eux, ne bronchaient pas.
« Le steak est plutôt bon. Pourquoi ne pas en reprendre ? »
« … Non, merci. »
Une fille au visage mignon, avec de courts cheveux bruns.
Malgré son apparence, c’était la personne la plus âgée du Paradis.
Certains l’appelaient le Progéniteur. D’autres, l’Héroïne.
Le repas touchait à sa fin lorsqu’elle posa sur Leon et moi un regard curieux.
« Alors, Leon. Tu vas transmettre ta fonction de maire à cette fille ? »
« Oui. »
« Ce n’est pas un peu tôt ? Elle a l’air très jeune. »
« Je ne t’ai pas déjà expliqué pourquoi ? »
« Parce qu’il ne te reste plus longtemps à vivre ? Et cette fille est la seule à avoir hérité de l’Autorité des Kadyrov ? »
« Tu es bien informée. »
Comme toujours, Leon ne mentionna que les raisons nécessaires, sans s’étendre sur le fait que j’étais exceptionnelle pour mon âge.
« Hmm… »
Le Progéniteur examina le maire d’un regard impénétrable, puis tourna les yeux vers moi.
« Quoi ? Ce n’est pas la première fois que la famille Kadyrov connaît une succession. »
« C’est vrai. Mais, Leon, il y a une chose qui m’intrigue. »
« Je vous en prie, demandez. »
« As-tu vraiment pris cette décision de ton plein gré ? »
Notes de bas de page :
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