Chapitre 439
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 438 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite après 100 jours (3)
──────
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 384
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après 100 jours »
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
La mine souterraine était plongée dans le noir, ses lumières éteintes.
Je conduisis les mineurs à un rythme tranquille, sans me presser.
Ils travaillaient tous ici depuis longtemps ; même dans l’obscurité, personne ne se cognait contre les murs.
Peut-être les cris qui résonnaient dans la mine ravivaient-ils leur peur.
Les mineurs commencèrent à perdre patience.
« Haletant ! J-jeune homme ! On ne devrait pas courir ? »
« J-je suis d’accord ! »
« Si on court tout droit pendant trois minutes environ, puis qu’on tourne à droite, on trouvera le chariot ! »
Je répondis calmement, comme si de rien n’était.
« Vous n’êtes pas fatigués après avoir travaillé toute la matinée dans la mine ? Courir va vous épuiser. »
Certains mineurs avaient alors l’air au bord des larmes.
« Hnnng… Ce n’est pas le problème ! On entend des bruits horribles de partout… »
« Je ne vous ai pas dit que tout irait bien ? »
« Mais… »
« Roy. Si tu doutes de ma parole, va-t’en tout seul. »
« … »
Les mineurs se turent.
« Est-ce que je vous ai forcés ? Est-ce que quelqu’un vous a mis un collier explosif autour du cou ? »
« … »
« C’est votre choix. Vous pouvez partir chacun de votre côté ou me faire confiance. »
— Boum !
À cet instant, une nouvelle vibration tonitruante résonna quelque part dans la mine.
Les mineurs terrifiés reculèrent comme des enfants, mais ils n’arrivaient toujours pas à me quitter.
Peu à peu, la « Foi » commençait à s’enraciner en eux.
« Croyez. La Foi vous sauvera… »
Sans tenir compte du rôle que je jouais devant les mineurs, ces grondements et ces vibrations qui revenaient régulièrement me semblaient suspects.
On aurait dit qu’un être immense et puissant secouait le sol, mais rien dans le plan n’était censé produire de tels bruits.
— Floc !
« … »
« Qu’y a-t-il, jeune homme ? Pourquoi vous êtes-vous arrêté ? »
« Il y a un problème ? V-vous avez eu une nouvelle révélation ? »
« … Non. Allons-y. »
Je marchai sur un cadavre, et une flaque de sang m’imbiba le pied.
Ce n’était pas la brutalité qui me faisait soudain trembler.
L’hôtel était le genre d’endroit où l’on voyait plus souvent de la chair humaine que du bœuf.
J’avais simplement pensé à une compagne qui n’avait pas hésité à se salir les mains pour donner une performance sanglante.
« Nous devrions bientôt voir le chariot. Rassurez-vous. »
« O-oui ! Le Grand Être vous a peut-être dit quelque chose… »
« Ne vous inquiétez pas. Vous ne risquez rien. »
Laissons de côté les pensées inutiles.
Le but était de recruter quelques mineurs afin de commencer à bâtir sérieusement une force.
Pour transformer en fanatiques des gens qui, jusqu’à la veille, n’étaient que de simples mineurs, il leur fallait vivre une expérience inoubliable.
Par exemple, que se passerait-il si des mineurs mouraient sous les coups d’un démon inconnu, avant d’être sauvés par un élu ?
À un moment, les mineurs avaient commencé à s’adresser à moi avec respect.
« L-le chariot ! De la lumière ! Je vois la sortie ! »
Enfin, le passage qui menait hors de la mine apparut.
Dès qu’ils aperçurent la faible lueur qui filtrait du passage, l’espoir s’alluma dans leurs yeux terrifiés.
Et puis…
— Boum !
Le mur à gauche du passage s’effondra, et l’auteur de la terreur qui régnait dans la mine apparut.
Une immense Combinaison d’amélioration, presque rouge tant elle était couverte de sang.
Une odeur âcre de chair et d’organes s’accrochait à toute sa surface.
Et même cette lueur rouge qui jaillissait du centre de son casque !
C’était A-ri dans une combinaison de protection.
Je devais bien l’admettre : quand je vis cette chose devant nous, j’en faillis moi-même tomber à la renverse, sans même parler des mineurs.
Même moi, qui connaissais déjà le plan, fus saisi en voyant A-ri dans cette combinaison de protection, comme une créature sortie tout droit des enfers. Comment des gens qui n’étaient que de simples mineurs la veille pouvaient-ils supporter ça ?
Certains hurlèrent comme s’ils avaient perdu la raison. D’autres, incapables même de crier, s’effondrèrent au sol pour prier.
« Aaah ! Aaaaah… ! »
« Urrgh ! Kweeeek ! »
« Tout-puissant Progéniteur, pardonnez au pécheur Roy… »
Les grondements qu’on entendait depuis tout à l’heure venaient d’A-ri, qui défonçait les tunnels avec le poids et la puissance de sa combinaison de protection ?
La Raison indomptable ne pouvait pas réprimer la combinaison de protection ?
Mais elle réprimait les bottes ailées ?
Ce n’était pas ce qu’on avait prévu dehors.
À l’origine, A-ri devait attirer les adorateurs du Roi démon dans la mine…
« … »
Je me calmai et m’efforçai de garder mon sang-froid.
Les mineurs terrifiés me regardaient tous.
Si je paniquais maintenant, tout le charisme que j’avais bâti s’effondrerait en un instant.
Un prophète envoyé par Dieu pouvait-il se laisser effrayer par une chose pareille ?
J’avançai calmement.
Comme si j’avais prévu ce qui allait arriver depuis le début, comme si un être supérieur m’avait tout révélé.
« Toi… née des ténèbres de la cité. »
Je lançai les premiers mots qui me vinrent à l’esprit.
Née des ténèbres de la cité. Quels autres mots impressionnants pouvais-je ajouter ?
« Pourquoi me barres-tu la route et étales-tu devant moi ta puissance grossière ? »
Je distinguai vaguement le visage d’A-ri à travers le casque maculé de sang.
« Écarte-toi ! La Foi nous sauvera, et même le plus corrompu des démons ne peut faire de mal aux brebis qui obéissent sans douter. »
Sur ces mots, je tendis les deux mains devant moi.
Comme si une mystérieuse décharge de paume allait jaillir de mes mains !
« … »
A-ri affichait une expression parfaitement vide qui semblait dire : « C’est quoi, ce bordel ? »
« Écarte-toi ! »
Cette fois, je tendis les mains avec encore plus de théâtralité.
« … »
Non, qu’est-ce qu’A-ri fichait ?
A-ri ne savait pas ce qu’était une décharge de paume ? Une décharge de paume ?
Comment pouvions-nous être à ce point décalés ?
Quand l’apôtre de Dieu tendait les mains comme ça !
A-ri aurait dû rouler en arrière, comme si une rafale invisible l’avait soufflée !
« … Ah. »
— Boum ! Clang !
« Kyaaaaaah ! »
A-ri roula enfin en arrière en poussant un cri étrange.
Le passage hors de la mine était dégagé.
« Le passage est libre ! »
« Oh ! Q-quel genre de miracle était-ce, à l’instant… »
« On en parlera dehors. Suivez-moi, tout le monde ! »
En regardant les mineurs, à moitié fous et ravis d’être encore en vie, je me fis une réflexion.
Heureusement, personne n’avait l’air d’avoir remarqué quoi que ce soit d’étrange dans notre piètre mise en scène.
Ils devenaient peu à peu des brebis qui obéissaient sans douter.
* * *
Le chaos régnait déjà à l’extérieur de la mine.
Les mineurs qui avaient eu la chance de se trouver près d’une sortie avaient répandu la nouvelle de ce qui s’était passé sous terre.
Le directeur de la mine et les Agents de l’ordre interrogèrent ceux qui avaient réussi à remonter, mais ils n’en tirèrent pas grand-chose.
Après tout, j’étais le seul mineur à connaître la vérité.
Les autres, terrorisés, racontaient à tort et à travers ce qu’ils avaient vu du démon souterrain, semant encore plus la confusion chez le directeur et les Agents de l’ordre.
Puis, en quelques heures à peine, les fidèles, qui étaient devenus des personnes complètement différentes, vinrent me voir.
« Ga-in-nim, que devons-nous faire maintenant ? »
« Ne vous inquiétez pas. Vous avez fait preuve d’une Foi inébranlable, le Seigneur vous guidera bientôt. »
Confusion, curiosité, peur et impatience.
Je plongeai mon regard dans celui de mes disciples, où se mêlaient des émotions complexes.
Je pris la main de l’un d’eux, Robert.
« P-pourquoi tout à coup… »
« Robert. Comment s’est déroulée ta vie jusqu’ici ? »
« Pardon ? M-ma vie ? Eh bien, je… »
Je fixai Robert comme si je pouvais lire en lui.
« Tu ne sais pas qui étaient tes parents et tu as grandi dans un orphelinat du district 7 jusqu’à tes onze ans. Ton premier travail n’était pas à la mine. Tu travaillais dans une conserverie. Après quelques erreurs, on t’a envoyé dans une mine plus dure. »
À mesure que je racontais un passé dont Robert ne m’avait jamais parlé, il restait là, la bouche entrouverte, la bave lui coulant des lèvres.
« C-comment tu sais ça ?! »
Comment, à ton avis ? Tu avais bu et tu m’avais tout raconté lors de la boucle précédente.
« Quelle vie minable. »
Le visage de Robert se durcit devant cette insulte soudaine.
« Une vie typique de citoyen de quatrième classe, pas différente de celle d’un rouage d’usine. Tu n’as jamais décidé de la direction que prendrait ta vie. Tu as vécu comme un animal, obéissant aux ordres de tes supérieurs et gâchant tes jours. »
« H-hey ! Je sais que tu es quelqu’un d’important, mais… »
Je relevai la tête et croisai le regard des autres mineurs, l’un après l’autre.
« Le rang le plus bas du Paradis. Un labeur sans fin et brutal. Vous travaillez jusqu’à l’épuisement plus de dix heures par jour, et pourtant vous n’avez jamais goûté un seul morceau de viande de qualité ni dormi dans un lit moelleux. Voilà votre vie. »
Beaucoup de gens vivaient ainsi, même en dehors de la Salle maudite.
Le monde où j’avais vécu n’était pas différent.
« Tout cela décrit la personne que vous étiez jusqu’à hier. »
Pour la première fois, une lueur ténue s’alluma dans les yeux des indigents affamés.
« Le Seigneur vous a envoyé une révélation hier. Vous l’avez vue, n’est-ce pas ? Vous avez vu la puissance qui vous a sauvés des griffes du démon. »
Les gens hochèrent la tête à plusieurs reprises, le regard vide.
Une vie de souffrance quotidienne sans fin ni récompense.
La douleur de se faire broyer sans pitié pour le confort des classes supérieures des pays développés.
Peut-être était-ce un destin inévitable, puisqu’ils étaient nés dans la classe la plus basse…
Même les gens comme eux avaient des rêves au fond du cœur.
Ils aspiraient à voir un miracle se produire un jour, à voir leurs souffrances interminables prendre fin.
« Obéissez. La Foi vous sauvera. »
C’était pour cela que les gens croyaient en la religion.
* * *
Tard dans la nuit, avec l’aide de mes fidèles petits agneaux, je quittai discrètement les logements.
Quand j’arrivai au lieu de rendez-vous, A-ri était adossée à une structure en béton, près d’une ouverture.
« Tu es en retard. »
Lors de la boucle précédente comme dans celle-ci, A-ri s’était déplacée librement dans le secteur de la mine, comme si elle se téléportait.
« Tu ne peux pas utiliser tes pouvoirs surnaturels, en ce moment ? »
« Non. »
« Comment tu fais pour apparaître partout comme ça ? »
« Le Culte du Roi démon connaît le terrain sous le Paradis mieux que les Agents de l’ordre eux-mêmes. »
« Ce passage mène aussi à la mine ? »
« Disons que oui. »
L’explication s’annonçait compliquée.
« D’accord. A-ri, pour le prochain plan… »
« Hé. C’était quoi, ce truc, tout à l’heure ? »
A-ri m’interrompit soudain et mima le geste de battre l’air des deux mains.
C’était le mouvement que j’avais fait pendant mon numéro de miracle dans la mine.
« Tu ne connais pas ? C’était une décharge de paume ! Une décharge de paume ! »
« … Une décharge de paume ? »
« Quand tu projettes les mains dans l’air comme ça ! Une bourrasque invisible jaillit et envoie valser un être maléfique… »
« Non, pourquoi faire un geste aussi ridicule ? »
« Ridicule ? »
« Tu n’aimes pas d’habitude réciter des phrases qui ressemblent à des incantations ? J’attendais un truc du genre : “Ainsi parle le Seigneur : être corrompu, retourne dans les ténèbres !” »
« Ça ferait trop enfantin. »
A-ri réagit comme si c’était absurde.
« Mais les décharges de paume, ce n’est pas enfantin ? »
« À partir de maintenant, mettons-nous d’accord sur des gestes précis. »
« … »
« Quand je tends les deux mains devant moi, c’est une décharge de paume ! Tu roules en arrière. »
« … »
« Les incantations, ça marche aussi. Si je dis : “Être corrompu, surgissant des ténèbres ! Retourne aussitôt dans les gouffres de l’enfer !”, alors tu t’écroules et tu t’évanouis. »
« … »
« Ah, ça marche aussi. Si je tourne une fois sur moi-même en disant : “Père céleste !”, alors… »
« Pourquoi c’est moi qui me tape tout le boulot difficile pendant que toi, tu as droit aux moments héroïques, Ga-in ? »
« … »
Ma rencontre avec A-ri se prolongea jusque tard dans la nuit.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>