Chapitre 437
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 436 : Chambre 206, Salle maudite — Le Roi démon qui ressuscite après cent jours, deuxième partie (1)
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Un après-midi paisible au Paradis, baigné d’une douce lumière chaude.
La directrice Lee Eun-sol, citoyenne de deuxième classe, se débattait avec une pile de documents assez haute pour lui cacher le haut du corps.
Toc, toc !
« Directrice, l’ordre du jour de la réunion de ce soir est… »
« Dehors. »
« Ça ne prendra pas longtemps… Aaaah ! »
« J’ai dit que j’étais occupée ! »
« J-je suis désolé. »
Pour avoir osé interrompre le travail de la directrice, le secrétaire James eut la rare expérience de se faire frapper à la tête par un dossier rigide qui volait comme un avion en papier.
Les témoins en conclurent que la directrice Lee Eun-sol était d’une humeur particulièrement massacrante et qu’il valait mieux ne pas la provoquer.
Bien sûr, Eun-sol avait ses raisons.
Le travail dont elle s’occupait était bien plus important que la paperasse inutile du Paradis, et il devait être mené dans le plus grand secret.
Si ses compagnons étaient les pièces d’échecs du plan qui allait se mettre en branle, Eun-sol, elle, les disposait sur l’échiquier.
Voilà pourquoi elle devait tenir les gens à distance, quitte à jouer les supérieures acariâtres.
« Ajuster l’emploi du temps de Sang-hyeon est plus compliqué que prévu… »
Adossée à son fauteuil, Eun-sol réfléchit au plan.
Comment s’y prendre pour leur deuxième tentative dans la chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours » ?
La chambre 206 se déroulait dans une cité-État dystopique appelée Paradis.
Chaque citoyen était classé dans une catégorie allant des citoyens de première classe, presque des membres de la famille royale, aux citoyens de quatrième classe, qui n’étaient pas mieux lotis que des esclaves.
Sous la ville était scellée une créature terrifiante appelée le Roi démon, maintenue sous contrôle par ce que l’on croyait être l’Héritage de la chambre 206 : la Raison indomptable.
La Raison indomptable était un objet terrifiant qui ne fonctionnait qu’au prix de sacrifices humains réguliers. Celui qui en assurait le fonctionnement était le dictateur de la ville, le maire Leon Kadyrov.
« Voilà pour les grandes lignes. »
Qu’avait appris le groupe de l’Hôtel au cours de sa première tentative ?
Divers éléments lui revinrent à l’esprit.
La personne touchée par le Scellement était Mi-ro, mais ils n’avaient pas réussi à découvrir son identité au cours du scénario.
Si les sacrifices humains nécessaires au fonctionnement de la Raison indomptable cessaient, le Roi démon ressusciterait.
« C’est important aussi, mais l’information suivante est celle qui a le plus de valeur. »
Le monde extérieur au Paradis était intact, et une autre ville existait.
« On devrait aussi aller voir cette autre ville ? »
Une fois le Roi démon pleinement ressuscité, il était impossible de l’arrêter.
Pourtant, s’ils parvenaient à le maîtriser, ne serait-ce qu’un bref instant au début de sa résurrection, ils pourraient s’échapper en utilisant simultanément la Raison indomptable et Encore une chance.
Le plus difficile serait de réunir la puissance nécessaire pour réprimer le Roi démon éveillé, même un instant. Sans la Descente, ce ne serait pas simple.
Un autre fait déconcertant lui revint en mémoire.
Personne ne savait où se trouvait Pero dans la chambre 206.
Même Pero était incapable de dire à Song-i où il se trouvait.
« Et si l’emplacement de Pero était en soi un indice, comme dans la chambre 201 ? »
En mettant les informations en ordre, Eun-sol poussa un long soupir.
Ils avaient clairement fait de leur mieux lors de leur première tentative, mais il leur restait encore beaucoup trop de choses à découvrir, et la voie à suivre demeurait plongée dans les ténèbres.
Il leur fallait davantage d’informations.
Heureusement, ils avaient découvert qui détenait les secrets de la chambre 206 et où se trouvaient ces personnes.
Le maire Leon Kadyrov partageait son temps entre le Manoir flottant et son bureau en ville.
Le Progéniteur May dissimulait son identité et séjournait à l’orphelinat où Seung-yeop avait commencé.
Toc, toc !
« D-directrice ! »
« … »
« Vous n’avez pas oublié la réunion de ce soir, hein ? Cette fois, le maire… Aaaah ! J-je m’en vais ! »
Après avoir chassé une autre personne venue l’interrompre, Eun-sol peaufina son plan avec soin.
Le Progéniteur May utilisait librement ses pouvoirs surnaturels au Paradis, où tous les autres vivaient comme de simples humains.
S’en prendre au maire serait au moins un peu plus facile que de s’occuper de lui.
Le problème, c’était que Leon Kadyrov ne serait pas facile à gérer non plus.
C’était pour cette raison qu’Eun-sol et les autres avaient passé la nuit précédente à échafauder plan après plan, jusqu’à en avoir l’esprit engourdi.
« Terminé ! »
Toc, toc !
« Directrice, ce soir… »
« Oui, oui ! Dehors, maintenant ! »
« M-merci ! Je croyais que j’allais encore me prendre quelque chose… »
« … »
* * *
Pendant le dîner au Manoir flottant, Song-i Kadyrov, citoyenne de première classe, fixa son steak de surlonge tendre avant de prendre prudemment la parole.
« Papa. »
« Hum ? Tu voulais me dire quelque chose ? »
La poitrine de Song-i se serra légèrement lorsqu’elle vit Leon Kadyrov lui sourire avec chaleur.
Cet amour paternel n’était rien d’autre qu’une émotion artificielle créée par l’Être aimé.
« Tu ne te sens pas bien, ces derniers temps ? »
« Quoi ? Hahaha ! La princesse s’inquiète encore pour moi… »
« Papa, je suis sérieuse. Tu n’as pas bonne mine, et on dirait que tu as parfois des vertiges… »
Leon ne put cacher sa surprise devant les paroles inattendues de sa fille.
« Ah bon ? Hum, tu as dû te tromper, Song-i. »
« Papa, tu crois que je mentirais sur un sujet pareil ? »
« N-non, je ne dis pas que tu mens… »
Finalement, Song-i réussit à faire annuler une bonne partie de l’emploi du temps chargé de Leon Kadyrov et à lui organiser un bilan de santé complet.
Leon Kadyrov était un homme profondément méfiant.
Il se méfiait des gens de rang inférieur, car ils pouvaient être mécontents de la société, et de ceux de rang supérieur, car ils risquaient d’être avides.
Même les Hauts Agents de l’ordre chargés de la sécurité du maire n’étaient pas entièrement dignes de confiance. Les seuls en qui il avait confiance étaient Encore une chance et Song-i Kadyrov.
C’était pourquoi le maire ne se rendait jamais dans un hôpital ordinaire du Paradis.
Confier sa vie à des médecins en qui il n’avait pas confiance alors qu’il était sous anesthésie ne lui disait rien, et ses gardes ne pouvaient pas se déplacer librement dans un hôpital bondé.
Surtout, la Raison indomptable empêchait d’utiliser Encore une chance au Paradis.
Malgré tout, le maire restait humain. Il avait toujours besoin d’examens et de soins médicaux.
Leon Kadyrov préférait donc faire venir des médecins et la plupart des équipements nécessaires au Manoir flottant.
Un luxe possible uniquement parce qu’il était le maire, le dirigeant de la ville.
C’était aussi la faille que le groupe de l’Hôtel comptait exploiter.
Dans le Manoir flottant, le groupe de l’Hôtel redeviendrait surhumain.
* * *
Le bilan de santé du maire dura une demi-journée.
Les meilleurs médecins du Paradis entrèrent et sortirent donc à plusieurs reprises du Manoir flottant, munis d’équipements médicaux délicats, tandis que les gardes restaient sur leurs gardes.
À l’approche du soir, un autre médecin se présenta en poussant un appareil médical équipé de seringues et de divers tuyaux.
« Votre nom ! »
« Kim Sang-hyeon. »
« Hum ? Kim Sang-hyeon ? Vous n’êtes pas le médecin qui figure sur la liste. »
« Ah, Adrian s’est blessé au dos au travail hier, alors je le remplace. Voici mes justificatifs. »
Kim Sang-hyeon tendit ses justificatifs avec assurance.
Les documents ne contenaient pas le moindre mensonge.
Le seul problème, c’était que Kim Sang-hyeon avait discrètement donné quelques coups dans le dos d’Adrian. Mais comme Adrian ignorait qui l’avait fait, ce n’était pas bien grave.
L’Agent de l’ordre parcourut le curriculum vitae impressionnant de Sang-hyeon et laissa échapper un sifflement admiratif.
Kim Sang-hyeon avait vu cette réaction un nombre incalculable de fois dans sa vie.
« Vous avez un parcours impressionnant. »
« Les choses se sont enchaînées comme ça. »
« Très bien. Vous pouvez passer. Et cette personne ? »
Au moment où le garde tourna les yeux vers la personne qui l’accompagnait, une sueur froide perla sur la joue de Kim Sang-hyeon.
Kim Sang-hyeon n’avait eu aucun mal à arriver jusque-là, même sans l’aide d’Eun-sol.
Dès le départ, l’Hôtel lui avait attribué le rôle de citoyen de deuxième classe et d’agent spécial.
L’Hôtel ne désignait pas n’importe qui comme agent spécial.
L’identité de Kim Sang-hyeon avait déjà été vérifiée dans la chambre 206.
Le problème, c’était la personne qui l’accompagnait.
« Voici mon assistante, Mademoiselle Yumi. C’est une citoyenne de troisième classe et… »
« Je ne vous ai pas demandé son nom. Je vous ai dit de me montrer ses papiers. »
« Quoi ? Les Agents de l’ordre du rez-de-chaussée ont pris les documents de Mademoiselle Yumi… »
« Qu’est-ce que vous racontez ? Hé ! Ça ne tient pas debout ! »
Yumi ne pouvait pas avoir d’identité en règle dans la chambre 206.
La directrice Lee Eun-sol avait usé de tous les stratagèmes possibles pour les mener jusque-là, mais leurs compagnons du rez-de-chaussée devaient encore finir le travail.
« S-si vous pensez que je mens, pourquoi ne pas contacter le rez-de-chaussée ? »
À ces mots, les gardes froncèrent les sourcils et contactèrent Cha Jin-cheol et Kim Mook-seong, les Agents de l’ordre du Paradis chargés du contrôle initial.
…
…
…
Un instant plus tard, les Hauts Agents de l’ordre revinrent après avoir raccroché, en grommelant.
« Bon sang. On a vérifié, mais c’est à nous de valider les papiers en dernier ressort. »
« Ah bon ? »
« Ah… Ce sacré Kim Mook-seong est assez vieux pour savoir ce qu’il fait, et il commet une erreur pareille ? Cha Jin-cheol a toujours été un idiot, mais quand même ! Voilà pourquoi les citoyens de troisième classe ne valent rien. »
À cet instant, Kim Sang-hyeon ne put que sourire d’un air gêné.
On aurait dit que les compagnons qu’Eun-sol avait soigneusement placés au rez-de-chaussée savaient très bien passer pour des idiots.
« On retourne au rez-de-chaussée ? »
« … Laissez tomber. Inutile de faire perdre trop de temps au maire. Entrez. »
Dans le Manoir flottant, transformé en clinique provisoire, le maire, l’air épuisé, se trouvait avec ses gardes imposants.
Kim Sang-hyeon et Yumi examinèrent soigneusement la santé de Leon Kadyrov, comme un médecin et une infirmière chevronnés.
Tous deux étaient de véritables professionnels de la santé à plus d’un titre, et jouer la comédie ne leur posa donc aucun problème.
De temps à autre, Yumi guettait un signe de Sang-hyeon.
… Mais Sang-hyeon ne lui fit aucun signe avant la fin de l’examen.
« C’est terminé. »
Quand Sang-hyeon annonça que l’examen était fini, Yumi eut toutes les peines du monde à garder son calme.
Ils n’avaient pas encore fait ce qu’ils étaient venus faire. Qu’est-ce qu’il fabriquait ?
Que Yumi soit déconcertée ou non, Sang-hyeon salua brièvement le maire épuisé et les Agents de l’ordre, puis quitta le Manoir flottant.
…
« M-mais qu’est-ce que tu fais ? T’es fou ? Le plan… »
« Silence. »
« Quoi… »
« Les Agents de l’ordre sont encore dans les parages. »
« … »
« Mademoiselle Yumi, je vous expliquerai tout ce soir. Je vois Seung-yeop là-bas. Retournez avec lui. »
« … D’accord. »
* * *
À l’approche du soir, plusieurs personnes se réunirent dans la vaste demeure d’Elena, l’actrice la plus populaire du Paradis.
Lee Eun-sol, Elena et Kim Sang-hyeon s’y trouvaient déjà lorsque Cha Jin-cheol arriva avec Park Seung-yeop, un sourire amer aux lèvres.
Eun-sol pencha la tête.
« Jin-cheol ? Pourquoi n’y a-t-il que toi et Seung-yeop ? Où est Grand-père ? »
« Il a été sanctionné et enfermé après une faute liée à la sécurité… »
Cha Jin-cheol et Kim Mook-seong avaient créé une ouverture pour permettre à Yumi, dont l’identité était incertaine, d’approcher le maire. Mook-seong avait endossé la faute au passage.
« Oh… On n’y peut rien. Beau travail, tout le monde ! Sang-hyeon, comment ça s’est passé ? »
« Le maire recevra les résultats d’ici trois jours. Sténose de l’artère carotide, cardiopathie ischémique, maladie coronarienne, entre autres… »
« D’accord ! Donc Leon va apprendre qu’il risque de mourir bientôt ? »
« En gros. »
Tous se détendirent en comprenant que l’opération s’était bien déroulée.
Eun-sol afficha bientôt un grand sourire et leur résuma l’objectif du plan ainsi que la situation actuelle.
« On en a parlé hier, mais je vais tout reprendre une fois encore. Dans la chambre 206, notre problème, c’est le manque d’informations. Pourquoi le Paradis a-t-il été créé ? Qu’y a-t-il exactement dans cette autre ville, au-dehors ? Comment empêcher la résurrection du Roi démon ? Les questions ne manquent pas. »
Ses compagnons acquiescèrent.
« Le maire Leon Kadyrov et le Progéniteur May connaissent probablement les réponses à bon nombre de ces questions. Nous devons en tirer des réponses, au moins de l’un d’eux. »
Jin-cheol répondit :
« Comme on l’a dit hier, ce ne sera pas facile d’obtenir quoi que ce soit de cette femme, May. »
« Le Progéniteur ignore la Raison indomptable et utilise toutes sortes de pouvoirs surnaturels. Il est difficile à approcher à bien des égards. C’est pour ça qu’on a décidé de commencer par le maire. Le problème, c’est que lui non plus ne sera pas facile à gérer. »
Tous se rappelèrent ce qui s’était passé lors de leur précédente tentative.
Quand les mineurs avaient lancé une vaste manifestation, le maire avait remonté le temps grâce à Encore une chance et avait tenté de tuer Ga-in avec acharnement.
Ga-in, A-ri et les autres avaient fini par tuer le maire pour survivre. Mais sa mort avait perturbé le fonctionnement de la Raison indomptable, et le Roi démon avait ressuscité.
« Quand on accule le maire, il remonte le temps pour régler la situation. »
C’était pourquoi le groupe de l’Hôtel avait utilisé le pouvoir de Yumi pour rendre le maire incurablement malade.
Comme Song-i l’avait confirmé lors de leur précédente tentative, Encore une chance pouvait remonter le temps de son utilisateur si nécessaire.
Mais d’après ce que Han Ga-in avait appris la fois précédente, Encore une chance ne pouvait remonter le temps que d’un mois environ, tout au plus.
Les maladies chroniques n’apparaissaient pas du jour au lendemain. Elles se développaient au fil des ans, et remonter le temps d’un mois ne suffirait pas à les guérir.
En temps normal, les maladies apparues naturellement fonctionnaient ainsi.
Le maire ne soupçonnerait pas Yumi d’avoir provoqué sa maladie.
« Le maire croira qu’Encore une chance ne peut même pas guérir sa maladie chronique. Que fera-t-il alors ? »
La famille Kadyrov se transmettait depuis des générations des pouvoirs ou des objets particuliers.
Le maire avait une fille qui, comme lui, héritait d’un objet particulier.
Eun-sol sourit d’un air entendu.
« Il ne va pas se préparer à tout transmettre à son héritière ? »
Naturellement, « tout » comprendrait les secrets transmis au sein de la famille Kadyrov.
* * *
Alors qu’Eun-sol achevait son exposé, Yumi, qui avait surgi on ne savait comment à côté de Seung-yeop et s’était installée, prit la parole, l’air perplexe.
« Attendez. »
« Hum ? »
« Lee Eun-sol. Il y a un gros problème dans ton plan. »
Eun-sol eut l’air très alarmée à l’évocation d’un problème de taille.
« Hein ? Un problème ? Lequel ? »
« Je n’ai pas pu toucher au maire. »
« Quoi ? Non, attends ! »
D’après le plan, Yumi devait utiliser son sinistre pouvoir pour rendre le maire incurablement malade dans le Manoir flottant, où les pouvoirs surnaturels pouvaient être utilisés.
« Mais si, je t’ai dit de le faire en secret quand Sang-hyeon te ferait signe… »
« Il ne m’a fait aucun signe. »
« Quoi ? »
« N’oublie pas. Je jouais le rôle de l’assistante. Si le médecin ne me faisait pas signe, je devais rester à côté de machines que je ne comprenais même pas. »
Tous regardèrent Kim Sang-hyeon, alarmés.
Alors, le seul « docteur » présent se leva.
« Il n’y avait pas besoin d’intervenir. »
Kim Sang-hyeon s’adressa calmement à ses compagnons déconcertés.
« Leon Kadyrov est réellement atteint d’une maladie en phase terminale. Mademoiselle Yumi n’avait pas besoin d’intervenir. »
Notes :
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