Chapitre 429
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 428 : Une famille distinguée (4)
──────
- Han Ga-in
La maison de campagne sombra bientôt dans le chaos.
A-ri ne semblait même pas avoir l’intention de cacher qu’elle avait crevé les pneus de la voiture.
Naturellement, les adultes, sous le choc, se mirent à crier. Mes parents durent s’excuser à plusieurs reprises et promettre de payer les réparations.
A-ri et moi nous fîmes réprimander ensemble.
…
Pourquoi me faisait-on la morale, à moi aussi ?
Parce que je n’avais pas su tenir ma petite sœur ?
Ça avait du sens, ça ?
J’expliquai qu’A-ri avait soudain bougé comme si elle maîtrisait le muay-thaï, puis m’avait envoyé valser dans la poussière, mais personne ne me crut. C’était tellement injuste.
Ce qui transforma cette situation absurde en véritable comédie, ce fut l’attitude d’A-ri.
Loin de regretter ses actes, elle présenta des excuses sans conviction, d’un ton qui disait : « Allez, que le temps passe. »
Papa finit par perdre patience et, devant tous les proches, ordonna à A-ri de retrousser son pantalon.
A-ri bâilla, marmonna une énormité du genre : « Je devrais commencer à faire ce que je veux », puis détala !
« H-Han A-ri ! Reviens ici ! »
« Adieu, tout le monde ! Je me libère de toutes mes chaînes et je pars chercher le bonheur ! »
« C-Cette petite folle… ! »
Et sur ces mots, A-ri disparut comme le vent.
Il ne resta que les adultes, qui regardaient autour d’eux sans comprendre ce qui venait de se passer, et mon arrière-grand-père, qui riait comme un dément.
« Bwahaha ! Celui qui a élevé cette gamine a fait du bon boulot ! Hé, arrêtez de lui courir après ! Les enfants, ça doit faire des bêtises. Et vous allez accuser qui ? Elle reviendra quand ce sera l’heure de manger ! »
* * *
Vers l’heure du déjeuner, les adultes se remirent à se disputer.
Il paraissait que mon arrière-grand-père avait donné une somme assez importante à mon grand-oncle, il y a longtemps, et que cela posait maintenant problème.
« Bande de salauds ! Vous n’en avez pas fait toute une histoire à l’époque… »
« C’est parce qu’on ne savait pas combien il avait reçu ! On nous a dit qu’il s’agissait d’un milliard et demi de wons, alors pourquoi… »
« Il avait dit qu’il avait reçu huit cents millions ! »
« Encore des mensonges ! Il ne sort que des mensonges de ta bouche ! »
« Chang-sik, espèce de morveux ! Montre un peu de respect quand tu t’adresses à tes aînés… »
Comme tout le monde recommençait à hausser le ton, j’emmenai mes cadets dans le jardin.
Nous tuions le temps dehors en éparpillant des miettes de biscuits pour les carpes, quand quelqu’un soupira à côté de moi.
« Ga-in, toi aussi, tu en as bavé. »
Surpris, je me tournai vers lui et vis que mon arrière-grand-père nous avait rejoints entre-temps.
« Papi ? »
« Ils ne sont pas infects, ces salauds ? »
« … »
« Ga-in, où est A-ri ? »
« J’en sais rien, moi non plus. »
« Où peut-elle bien traîner sans même avoir déjeuné ? »
« Si on la retrouve, elle va avoir de gros ennuis… »
« Les enfants abîment des voitures, parfois. Pourquoi les punir pour si peu ? »
« … »
Papi, franchement, je ne trouvais pas ça normal.
Si une fille crevait soudain une quinzaine de pneus avec une barre de fer, tous les parents du monde n’iraient-ils pas chercher une baguette ?
« Je vais bientôt me débarrasser de ces salauds. Dis à A-ri de venir manger. »
« Quoi ? »
Se débarrasser d’eux ?
Il parlait des adultes ?
Je compris rapidement ce qu’il voulait dire.
Mon arrière-grand-père fit venir un camion, puis envoya soudain tous les adultes dans une serre voisine.
Une fois les choses réglées ainsi, A-ri réapparut.
« Hmm… »
« Arrête avec tes “hmm” ! Pourquoi as-tu crevé ces pneus tout à l’heure ? À cause de toi, je me suis fait… »
« Il semblerait qu’il ait été inévitable, dans le cours des choses, d’éloigner les adultes. »
« Quoi ? »
« Que j’aie abîmé les pneus ou non, ça n’avait pas vraiment d’importance. Vu la situation, envoyer les adultes à la serre n’était pas une décision prise sur un coup de tête. »
« … »
« Han Jin-seong en avait assez de voir ses descendants se rassembler ici et se disputer son héritage. Alors il n’a cessé de leur mettre des bâtons dans les roues et, quand il n’en a plus supporté davantage, il les a tout simplement chassés. »
Je ne comprenais pas ce qu’A-ri racontait.
Et pourtant…
Une autre partie de moi comprenait parfaitement ses paroles.
« A-ri… »
« Écoute bien. »
« … »
« En ce moment, tu es en gros dans l’état où tu étais au collège, mais tu ne viens pas entièrement de cette époque non plus. Au fond de toi, tu comprends ce qui se passe. »
« … »
« Toi aussi, tu sens quelque chose, pas vrai ? C’est pour ça que tu ne dis rien. »
« … »
« Allons voir Han Jin-seong ensemble. Je dois éclaircir un point avec lui. »
* * *
« Oh là là ! Ma chérie, où étais-tu cachée tout ce temps ? »
« … »
« Hahaha ! Ne t’inquiète pas, Papi ne va pas te gronder juste parce que tu as crevé quelques pneus. Tu as aussi sauté le déjeuner, pas vrai ? Mange bien, surtout… »
Peut-être parce que j’avais entendu ce qu’A-ri avait dit plus tôt, je percevais l’inquiétude bienveillante de mon arrière-grand-père pour le repas de son arrière-petite-fille.
Il ne restait plus rien de l’homme malveillant qui avait tourmenté les adultes.
La vue de ses descendants réunis autour de lui, dans sa vieillesse, tous avides de son héritage, avait-elle été si éprouvante pour lui ?
Quoi qu’il en soit, A-ri releva la tête et le fixa droit dans les yeux.
« … »
« … »
Papi et moi gardâmes tous deux le silence, mal à l’aise, mais A-ri ne s’arrêta pas.
« Hum, qu’est-ce qu’il y a de si intéressant sur mon vieux visage… »
« Non. »
« Quoi ? »
« Non, ce n’est pas ça. »
« Qu’est-ce qui n’est pas ça ? »
« Papi, est-ce que je peux vous poser quelques questions ? »
« Bien sûr. »
Papi semblait curieux de savoir ce que cette petite-fille amusante allait lui demander.
« Les proches de Ga-in, hum… Les disputes des adultes dans la maison de campagne vous mettent mal à l’aise, pas vrai ? »
« … »
« Je me trompe ? »
« Ouf… Entendre de telles paroles dans la bouche d’une si jeune enfant… Au lieu de te faire gronder pour avoir crevé quelques pneus, ces salauds devraient être envoyés faire des exercices sous un soleil de plomb… »
« Papi, vous savez pourquoi les adultes se comportent comme ça. »
« … »
« Je ne comprends pas. Vous avez beaucoup de biens et un avocat à vos côtés. Vous auriez forcément pu les répartir mieux que ça, au moins. »
A-ri avait-elle toujours été aussi réfléchie ?
Décontenancé, j’étais pourtant curieux, moi aussi, alors je ne l’interrompis pas.
« Ouf… C’est une histoire étrange. Je ne sais pas si vous, les enfants, allez me croire. »
« On vous croira, alors racontez-nous. »
Papi se mit alors à parler d’une mystérieuse jarre.
Un objet venu du Japon, dont l’origine exacte était inconnue. La prospérité matérielle qui l’avait trouvé après qu’il eut mis la main dessus.
Contrairement à moi, qui l’écoutais avec attention parce que cette histoire m’intéressait, A-ri agita la main comme si elle la connaissait déjà et posa une autre question.
« Donc, vous n’avez pas acquis votre richesse naturellement. Vous l’avez obtenue grâce à un objet étrange. »
« … C’est exact. »
« Vous ne voulez peut-être pas léguer vos biens à vos descendants ? »
Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ?
« Vous pensez qu’une sorte de malédiction est liée à vos biens, puisqu’ils n’ont pas été acquis naturellement ? »
Mon arrière-grand-père eut l’air de se sentir visé. Il se tint debout, un sourire gêné aux lèvres.
« Haha, A-ri. Papi t’a raconté cette histoire pour rire. Pourquoi la prends-tu tellement au sérieux ? Allons déjeuner… »
« Je veux voir la jarre. »
« … Va déjeuner. »
Sur ces mots, Papi s’en alla.
Une fois seuls, A-ri me regarda d’un air entendu.
« Nous avons résolu une énigme : pourquoi Han Jin-seong faisait des choses bizarres avec ses biens. Il ne voulait pas les transmettre. Il pense que si ses descendants héritent de ses biens, ils risquent aussi d’hériter de la malédiction liée à la jarre. »
« … »
« Bien sûr, même s’il leur expliquait cette histoire occulte autant qu’il le voulait, ses descendants n’allaient pas dire : “Oui, nous renonçons à cent milliards de wons !” Alors il s’est rongé les sangs tout seul. »
« … »
« Je vais aller voir la réserve souterraine. »
« Quoi ? Tu vas dans la réserve ? »
« Cette voie est probablement différente de ce qui s’est réellement passé dans ton passé. Pourtant, je suis la première à tenter le coup. Même si je sais que ça va échouer, je dois essayer plusieurs choses et voir ce qui se passe. »
« … C’est bizarre. Je ne comprends rien à ce que tu racontes, mais j’ai l’impression de comprendre. »
« C’est suffisant. »
« Pourquoi tu m’expliques tout ça ? »
A-ri sourit légèrement et posa une main sur mon épaule.
« Je te préviens, parce que les choses risquent de se compliquer à partir de maintenant. Allez, allons à la réserve. »
* * *
--- Crac !
Une assiette qui se brisait.
--- Clang !
Un chandelier en argent qui roulait sans façon sur le sol.
--- Crrr !
Une armoire qu’on ouvrait à la volée.
Dix minutes à peine après l’arrivée dans la réserve de la tyranne nommée A-ri, l’endroit était devenu un véritable champ de bataille.
Alerté par le vacarme, un employé chargé de gérer le hanok vint voir ce qui se passait. En découvrant l’arrière-petite-fille du propriétaire en train de tout saccager, il repartit, déconcerté.
« … C-C’est vraiment permis ? »
« Ce n’est pas important, aide-moi plutôt à chercher la jarre. Où diable l’a-t-il cachée ? »
« T-Tu peux vraiment mettre la réserve sens dessus dessous comme ça ? »
A-ri ne me prêta aucune attention.
« A-ri, le gardien a eu peur et s’est enfui ! Je crois qu’ils vont bientôt amener Papi ici. »
« Ce n’est pas important. »
Peu après, mon arrière-grand-père apparut, soutenu par un homme robuste.
« Oh là là ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ? »
« Papi… »
« Ga-in, A-ri. Si vous voulez quelque chose, vous n’avez qu’à le demander à Papi. Pourquoi fouillez-vous la réserve comme ça ? »
« … »
« Seung-chan, emmène les enfants dehors et… »
Alors que Papi s’apprêtait à donner ses instructions à l’employé, A-ri prit la parole d’un ton glacial.
« Han Jin-seong. Faites sortir l’employé. »
« … »
« … »
Personne ne s’attendrait à ce qu’une arrière-petite-fille s’adresse ainsi à son arrière-grand-père.
Pourtant, personne ne reprocha à A-ri son impolitesse.
Sa présence, son ton, tout chez elle dégageait une pression indescriptible.
« Ma chérie. »
« Je ne veux pas vous entendre m’appeler “ma chérie”, alors faites sortir le domestique. »
« … Seung-chan. Va nettoyer le jardin un moment. »
« M-Monsieur, vous êtes sûr ? »
« Pourquoi tu n’y vas pas ? »
« Bien compris ! »
La réserve était en ruines et les trois personnes qui s’y trouvaient demeurèrent silencieuses, dans une atmosphère étrange.
A-ri finit par rompre le silence.
« Papi, vous avez dit que vous travailliez pour le Bureau de gestion, pas vrai ? »
« … »
« Alors vous comprendrez ce que je vais dire. Je vais être directe. Je suis un agent. »
Au lieu de nier ou de rire, Papi s’approcha d’A-ri et l’examina attentivement.
Les gens du Bureau de gestion pouvaient-ils deviner quelque chose en se regardant ?
« C’est étrange… Très étrange. Il n’y a certainement personne du Bureau de gestion dans notre famille… A-ri, si tu as entendu une histoire bizarre quelque part… »
« Récemment. »
« … »
« J’ai récemment franchi la Frontière. »
« … »
« Vous ne comprenez pas si je le formule comme ça ? Je pourrais dire que j’ai franchi les limites de l’infini… »
« Je comprends, ça suffit. »
« … »
Le ton de Papi changea.
« … Je trouvais que tu te comportais bizarrement depuis ce matin. Qu’est-ce qui se passe donc… »
« Où est la jarre ? Et vous, Han Jin-seong… »
« … »
« Vous n’êtes pas un agent. Je me demandais ce que ça voulait dire, quand j’ai entendu que vous étiez une sorte d’agent. »
« … »
« Puisque c’est un objet que vous ne pouvez pas gérer, donnez-le-moi. »
« Ouf… Comment se fait-il que vous soyez toujours exactement les mêmes, après tout ce temps ? »
« Les mêmes ? »
« Qu’est-ce que tu feras une fois la jarre en ta possession ? Tu vas enlever des civils innocents et les broyer pour découvrir quel prix exige la jarre ? »
« … »
« Ah, enlever et broyer des citoyens ordinaires, c’est un peu dur. Alors cette fois, vous allez rassembler des condamnés à mort pour essayer sur eux ? »
A-ri eut un petit rire.
« Alors, c’est comme ça que les choses se passaient autrefois. »
« Qu’est-ce que tu as dit ? »
« Cet endroit se trouve très, très loin dans le passé. C’est peut-être pour ça que les choses semblent un peu différentes. »
« De quoi tu parles… »
« Donnez-la-moi, c’est tout. Ne compliquons pas les choses. Si vous vous en mêlez, je contacterai le Quartier général. »
Le visage de Papi se durcit. Puis, comme s’il avait renoncé, il s’enfonça dans la réserve.
Il était allé dans un endroit qu’A-ri et moi aurions eu du mal à trouver, même après des heures de recherche.
« Bien. Maintenant, je sais où est la jarre. »
« … »
Mon arrière-grand-père remit la jarre à A-ri, le visage défait.
« Tu vas sûrement faire quelque chose de cruel, mais l’enjeu est bien plus important que tu ne le crois… »
« Vous vous trompez. »
« Quoi ? »
« J’ai une vague idée de ce que vous pensez, mais ce que je compte faire n’a rien à voir avec ce que vous imaginez. »
« Qu’est-ce que tu veux dire… »
« Et désolée. Ce que je vais faire n’a rien à voir avec le Bureau de gestion. »
« Qu’est-ce que tu racontes depuis tout à l’heure… »
A-ri, qui n’avait fait que dire ce qu’elle voulait, me regarda.
« Ga-in. »
« Hein ? Quoi ? »
« Tu m’as parfois parlé de ta famille, mais je n’ai jamais eu l’impression que tu avais hérité de dizaines de milliards de wons. »
« … »
« Ça veut dire que les biens de Han Jin-seong, qui dépassaient les cent milliards de wons, ont disparu quelque part dans l’histoire réelle. Le chemin juste, ce serait donc que ces biens disparaissent, non ? »
J’étais perdu.
Une partie de moi ne comprenait rien à A-ri, tandis qu’une autre en saisissait vaguement le sens.
Grâce à cette dernière, je compris ce qu’A-ri allait faire.
--- Crac !
À l’instant où la jarre heurta le sol de pierre et se brisa, le visage de mon arrière-grand-père devint livide.
« T-T-Tu es complètement folle ! Qu’est-ce que tu as fait… »
« Ne vous mettez pas à jurer comme ça. Et ai-je fait quelque chose de mal ? Je n’ai fait que briser une jarre hantée. »
« La briser ?! Si ça avait pu régler le problème aussi facilement, je l’aurais fait depuis longtemps… »
« Je sais. Quelque chose d’étrange arrivera si vous la brisez. C’est pour ça que vous tremblez sans avoir osé y toucher. »
« Quoi ? »
Mon arrière-grand-père s’effondra sur le sol, l’air complètement perdu, et A-ri sourit légèrement.
« Parfois, il faut vérifier, même quand on s’attend à une mauvaise fin. Qu’est-ce qui se passera si je brise ça ? Je vais le découvrir. »
« Espèce de folle… Espèce de folle… ! »
« Jin-seong, vous êtes vraiment doué pour mettre les gens mal à l’aise. »
Puis le temps passa.
…
…
…
* * *
Peu après l’incident, mon arrière-grand-père mourut.
Comme il n’avait pas laissé de testament, les biens furent répartis selon les parts prévues par la loi. Naturellement, cela provoqua de nombreux conflits.
Bien des choses se produisirent ensuite.
Je n’avais pas envie de tout raconter en détail, mais en résumé, Papa perdit la vue d’un œil et son emploi.
Il ouvrit un café avec ses indemnités de départ et, bien que ma sœur et moi fussions au collège, nous dûmes l’aider tous les jours.
Puis, un jour, A-ri esquissa un sourire amer en manipulant la machine à expresso.
« Désolée. »
« … Hein ? »
« Je m’y attendais, mais on dirait que briser la jarre a un prix. »
« … »
« On ne peut pas la briser à la légère, après avoir obtenu des biens par des moyens surnaturels et profité de la prospérité. »
« … »
« Tous ceux qui ont reçu un héritage ont été maudits. On devrait y renoncer ? »
« … »
« Ou alors, c’est peut-être toute cette démarche qui était mauvaise. Ce rêve était ton “pire souvenir”, pas vrai ? On dirait que le Jeu d’arrachage d’étiquettes nominatives doit avoir lieu d’une façon ou d’une autre. »
« … »
« Une fin comme ça, ce n’est pas bien ? »
« Une fin comme ça ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« La famille fait complètement faillite, mais une petite sœur mignonne et jolie aide son grand frère à la reconstruire ? »
« … »
« Ça te paraît étonnamment plausible, non ? Regarde derrière toi. »
Le café marchait incroyablement bien.
Dans le quartier, il était très connu grâce à la beauté de son employée à temps partiel.
Si bien que les clients devaient prendre un numéro pour pouvoir entrer.
À ce moment-là, un autre étudiant malchanceux vint commander un café.
« E-Excusez-moi ! »
« Oui. »
« Le n-numéro… »
« Commandez d’abord. »
« O-Oui ! Un grand americano glacé ! Euh, le numéro… »
« Ce n’est pas possible. »
« Pardon ? »
« Vous ne pouvez prendre un numéro qu’en commandant un café et un gâteau. »
« … »
« Un americano glacé ? »
« … Non. L-Le plus cher ! »
« Un frappuccino moka chocolat-menthe grand format, avec deux doses d’expresso en plus ? Et un cheesecake aux myrtilles et au chocolat ? »
« … Oui. »
« Ça fera dix-neuf mille cinq cents wons. »
Tout tremblant, le garçon commanda un café et un gâteau qu’il ne pourrait probablement pas finir seul, tandis qu’A-ri inscrivait « mon numéro de téléphone » sur un bout de papier.
« Ce n’est pas ton numéro. C’est le mien. »
« En tant que grand frère, tu devrais empêcher les types bizarres de draguer ta petite sœur. »
« … »
« Plus important, qu’en penses-tu ? Ça ne suffit pas pour reconstruire la famille ? »
J’eus soudain la tête qui tournait.
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