Chapitre 428
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 427 : Une famille de distinction (3)
──────
— Han Ga-in
Une corde épaisse et solide se resserra autour de mon cou.
Dès que je relâchais ma prise, j’avais l’impression de perdre connaissance. J’étais incapable de faire quoi que ce soit, encore moins de résister.
« Argh ! Hngh ! Hngh ! »
Quand j’ouvris les yeux malgré la douleur, mes jeunes cousins pleuraient devant moi.
« Hngh ! M-mais qu’est-ce qui se passe, bon sang ? Gah ! »
Min-seok, Min-a, Suzy et Cheol-min, tous les enfants restés à la maison de campagne, étaient plaqués contre le mur, terrorisés.
Quelques-uns s’étaient déjà fait dessus. En si peu de temps, une créature inconnue semblait leur avoir écrasé le corps et l’esprit.
« Gah ! »
Je tournai lentement la tête et regardai devant moi.
Qui diable était en train de m’étrangler ?
« … »
C’était Hee-gang.
Ma seule petite sœur.
Quand nos regards se croisèrent, elle me sourit tendrement.
« Grand frère, tu m’aimes, hein ? »
« Mmph ! »
Une étiquette portant le nom « Han Min-sang » était accrochée à la poitrine de ma sœur.
Qu’est-ce que c’était, cette étiquette ?
Et Han Min-sang ? Pas Han Hee-gang ?
« Gah ! »
On me traîna sans que je puisse rien faire.
La corde autour de mon cou était déjà assez terrible, mais cette chose était beaucoup trop forte !
Après m’avoir traîné à travers deux pièces dans d’atroces souffrances, elle s’arrêta devant une jarre.
Son couvercle était ouvert.
« S’il vous plaît… S’il vous plaît… Min-sang… »
Une voix ancienne, épuisée.
C’était mon arrière-grand-père.
« Hahaha ! Mon frère, qu’est-ce qui te prend tout à coup ? »
« Min-sang… Je t’en prie. C-cet enfant n’a rien fait de mal… »
« Rien fait de mal ? »
« Je t’en prie, prends mon corps… »
« Kyahaha ! »
La chose répondit par le rire d’une jeune fille.
« Mon frère, ton corps n’est pas vraiment une option, tu sais. Qu’est-ce que je ferais d’un corps aussi vieux ? Tu crois qu’il vaut autant que celui que j’avais enfant ? »
« … Min-sang. »
« Ne t’inquiète pas. J’ai aussi pitié de cet enfant ! »
D’une main, elle me traîna par la corde autour du cou en s’approchant de mon arrière-grand-père. De l’autre, elle lui arracha l’étiquette « Han Jin-seong » de la poitrine.
Dès que l’étiquette se détacha, mon arrière-grand-père s’effondra comme une marionnette dont on aurait coupé les fils.
« Mon frère… Mon cher frère Jin-seong. Comment aurais-je pu te regarder mourir d’une mort aussi vaine ? Je ne le pouvais pas. Je vais t’offrir l’immortalité. »
— Clac !
L’étiquette tomba dans la jarre ouverte.
Puis la chose qui avait volé le corps de ma sœur me regarda.
« Alors ? »
« … »
« C’est dur, hein ? Tu as du mal à respirer ? Tout ton corps tremble et tu n’arrives même pas à bouger, pas vrai ? »
« … »
« Ne t’inquiète pas. Je vais bientôt te soulager ! »
« … »
Sans que je m’en aperçoive, des étiquettes étaient apparues sur la poitrine de tout le monde.
J’en avais une aussi, un morceau de tissu où était écrit « Han Ga-in ».
Cette chose, probablement Han Min-sang, me sourit radieusement en décollant mon étiquette, alors que je ne pouvais même pas bouger le petit doigt.
Ma conscience s’embruma.
À cet instant, je fus terrifié.
Pas parce que j’ignorais ce qui allait se passer, mais parce que je le devinais vaguement.
…
…
…
La première chose que je sentis fut le poids.
La douleur m’écrasait de tout son poids, comme si quelqu’un m’avait sanglé de lourds blocs de fer.
Quand je bougeai la main, désespéré, mes articulations claquèrent désagréablement, telles de vieux engrenages.
Il m’était même difficile d’ouvrir les yeux, et chaque respiration faisait douloureusement haleter mes poumons.
Moi, Han Ga-in, élève en première année de collège…
J’étais prisonnier du corps d’un vieillard qui approchait des quatre-vingt-dix ans.
C’était la prison la plus douloureuse du monde.
« Arghlurk ! »
Je n’arrivais pas à parler correctement.
Le flegme qui m’encombrait la gorge m’empêchait de parler.
Comment mon arrière-grand-père avait-il pu bouger et parler dans un corps pareil ?
Quand j’ouvris les yeux, désespéré, je vis un garçon qui me souriait devant moi.
C’était moi.
Le monstre qui avait pris mon corps.
« Waouh ! Le corps d’un garçon, c’est vraiment agréable. »
« Grrk ! »
« Désolé ! Les autres enfants étaient du mauvais sexe ou trop jeunes. C’était gênant aussi. Toi, tu avais l’âge idéal. »
« Gah… Espèce de… salaud ! »
« Hein ? Hein ? Papi ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as mal ? »
J’étais en colère.
La rage monta du fond de mon cœur et fit trembler tout mon corps.
« Calme-toi. Tu sais que ce n’est pas bon de te mettre trop en colère à ton âge, pas vrai ? »
« … »
J’étais assez furieux pour devenir fou.
Et en même temps, j’étais tellement terrifié que j’avais l’impression que mon souffle allait s’arrêter.
Comment pouvais-je réintégrer mon corps ?
C’est alors que je vis l’étiquette « Han Min-sang » accrochée à la poitrine de Han Ga-in.
L’étiquette ! C’était elle, la source de tout ce bazar.
Les étiquettes étaient-elles des âmes ? En les échangeant, les âmes changeaient-elles de corps ?
Alors, si je retirais l’étiquette « Han Ga-in », qui devait être accrochée à la poitrine de ce vieil homme, et que je la remettais sur mon corps…
« Je vois ce que tu mijotes. Tu crois que tu peux simplement échanger les étiquettes, pas vrai ? »
« … »
« Ah, je vois. Tu vas demander aux adultes de le faire quand ils reviendront demain ? »
« Toi… »
« Mais qu’est-ce que tu vas faire ? »
La créature, qui avait maintenant l’apparence d’un garçon, ricana en marchant vers la jarre ouverte.
— Clac !
Le couvercle de la jarre se referma.
L’étiquette disparut dans les ténèbres.
« C’est fini ! Ahaha ! Regarde ta tête ! Tu croyais vraiment que tu aurais ta chance, toi aussi ? »
« … »
« Quel idiot ! J’ai perdu contre mon frère, mais tu crois que je vais perdre contre un gamin comme toi ? Ah, tu n’es plus vraiment un gamin. Papi ! Profite tranquillement du reste de ta vie ! »
Désespoir, terreur, douleur, peur.
Je sombrai dans un gouffre sans fond d’émotions négatives, trop profond pour être décrit, et hurlai encore et encore là où personne ne pouvait m’entendre.
Plutôt que de vivre le reste de ma vie dans le corps d’un homme de quatre-vingt-dix ans pour finir par mourir, je voulais supplier quelqu’un de me tuer sur-le-champ.
Alors que j’étais sur le point de m’effondrer…
— Fchhh !
Le monde se transforma en film noir et blanc, puis se fendit en deux.
Des cheveux noirs qui lui tombaient dans le dos.
Des yeux rouge rubis.
Des traits si délicats qu’elle semblait être une poupée vivante.
Dès que je la vis, la digue qui obstruait une partie de mon esprit disparut comme si elle n’avait jamais existé.
C’était A-ri.
Ma véritable compagne.
Les yeux de la chose s’écarquillèrent face à ce changement soudain, et A-ri balança la main sans hésiter.
— Fchlak !
La tête de la chose — ou plutôt, ma tête — tournoya dans les airs avant de tomber au sol.
Cela voulait dire que mon corps était bel et bien mort…
« Aaah ! »
« … »
« Q-quoi ? Tu as complètement tué mon corps ? Alors, il n’y a aucun moyen de revenir… »
« Tu n’as pas encore complètement repris tes esprits, on dirait. »
« Quoi ? »
« À ce stade, tu as déjà perdu. »
« Qu’est-ce que tu… »
« Je n’ai pas le temps de t’expliquer. Tu as déjà échoué plusieurs fois. On dirait que tu ne peux pas t’en sortir tout seul… »
« Qu’est-ce que tu as dit ? »
« C’est étrange. Il s’agit clairement d’une reconstitution d’un événement réel. Comment Ga-in, au collège, a-t-il surmonté cette situation, autrefois ? »
Je ne comprenais même pas la moitié de ce que disait A-ri.
Est-ce que je n’étais vraiment pas encore tout à fait réveillé, comme elle le disait ?
« Il doit y avoir quelque chose que tu n’as pas encore compris. J’allais te laisser te débrouiller encore un peu pour voir quoi… »
« … »
« Mais ce n’est pas facile de rester là sans rien faire non plus. Alors… »
La jolie fille esquissa un sourire et s’approcha de moi.
Sa main douce caressa la tête du vieil homme mourant.
Mes lèvres tremblantes bougèrent au hasard.
« Je… Je… »
« … »
« Je suis devenu vieux d’un coup. À-cause de cet étrange monstre, je me suis transformé en papi… »
« Ça va. Tu n’es pas si vieux. »
« Hein ? »
« Même en comptant l’âge de ton corps, tu es un bébé qui n’a pas encore cent ans. Pourquoi tu n’arrêtes pas de dire que tu es vieux ? »
« … »
« Ga-in, ne t’inquiète pas. Nous allons bientôt te réveiller. Essaie le prochain rêve avec moi. Si ça échoue, quelqu’un d’autre t’aidera la prochaine fois. »
— Fchlak !
Un éclair figé fendit l’air.
Ce fut mon dernier souvenir.
* * *
…
…
…
— Froufrou !
Une brise légère effleura ma joue et j’entendis les feuilles de bambou bruire dans le bosquet voisin.
Je n’eus qu’un instant pour sentir l’odeur de terre me chatouiller le nez avant que le petit devant moi tende la main vers un insecte qui se tortillait…
« Hé ! »
« Hein ? G-Ga-in, grand frère… »
« Min-seok, je t’ai dit de ne pas toucher aux insectes. »
Mon cousin, ou peut-être le fils de mon cousin germain ?
Bref, après avoir empêché Min-seok d’essayer d’avaler un insecte, j’entendis Min-a derrière moi se mettre à faire toute une histoire.
« Ouuiiin ! »
« P-pourquoi tu pleures ? »
« Aaah ! Aahkkeeaaahrrk ! »
« Parle comme un être humain, s’il te plaît ! »
Min-a était tombée dans la terre et piquait maintenant une crise parce qu’elle s’était écorché le genou.
Tandis que je le nettoyais avec un morceau de tissu, une voix ravie retentit soudain à côté de moi.
« Poisson, poisson ! »
Mon cœur rata un battement en l’entendant.
Poisson ? Des poissons ? Ça voulait dire que ce petit morveux était allé dans l’eau tout seul ?
Je me retournai, alarmé, et découvris que Cheol-min était déjà descendu dans le ruisseau sans même retrousser son pantalon.
L’eau était peu profonde et le courant faible, il n’y avait donc pas de danger particulier. Mais des enfants de cet âge pouvaient avoir un accident même en restant couchés dans leur lit.
« Sérieusement ! Tu n’écoutes jamais ton grand frère ? Je t’ai dit de rester tranquille ! »
Franchement, c’était pour ça que les enfants…
« C’est pour ça que les enfants sont insupportables. »
?
« Je déteste perdre mon temps dans des endroits pareils. »
Quand je me retournai, ma petite sœur A-ri me regardait d’un air légèrement agacé.
Elle ne reniflait pas à l’instant en disant qu’elle avait mal aux jambes ?
« Ga-in. »
« Quoi ? »
Pourquoi me parlait-elle aussi familièrement, tout à coup ?
Non, même pour boire de l’eau froide, on respecte l’ordre d’ancienneté. Comment une petite sœur pouvait-elle parler comme ça à son grand frère…
« Hia ! »
Avant que je puisse dire quoi que ce soit, A-ri bondit comme l’éclair et flanqua une bonne claque sur la tête de mes jeunes cousins.
« H-hé ! A-ri ? »
« Ouuiiin ! »
« Si vous pleurez encore une fois devant moi, je vous arrache les dents. »
« … Snif ! »
A-ri fit pleurer les quatre jeunes cousins de la même façon, puis les calma d’un seul regard.
« … »
Après avoir assisté à cette scène incroyable, le fait qu’elle me tutoie ne me parut plus si grave.
« Ga-in. On rentre. »
« T-tu devrais quand même m’appeler grand frère… Et il y a nos proches à la maison… »
« Ne t’en fais pas pour eux et rentre. Je ne veux pas gaspiller mon énergie dans un endroit bizarre, alors bouge ! »
Ma sœur était particulièrement autoritaire aujourd’hui.
* * *
Dès notre retour à la maison de campagne, des voix fortes retentirent.
« Jeong-ho ! Tu ne viens jamais chez Grand-père en temps normal, et maintenant… »
« Et mon oncle, alors ? On croirait que tu es le fils le plus dévoué du monde ! »
« C’est quoi, cette façon de parler ? Min-seung a vraiment mal élevé ses enfants ! »
« Bon sang ! Occupe-toi de tes putains de gosses, grand frère ! »
« Petit salaud… »
« Non, grand frère et moi avons la même mère. Si je suis un salaud, alors qu’est-ce que tu es… »
— Crac !
Tandis que je souriais maladroitement et tentais d’emmener les petits vers la montagne derrière la maison, A-ri ricana.
« Grand frèèère ! »
« … »
« Ah, c’est un peu difficile. Quand même : grand frèèère ! »
Pourquoi ça sonnait si bizarre ?
« Q-qu’est-ce qu’il y a ? »
« Va tout de suite au parking. »
En parlant, A-ri ramassa un morceau de métal tranchant et l’aiguisa contre une pierre.
« Je ne peux pas utiliser le sang pour l’instant… Il me faut quelque chose comme ça. »
Elle ne pouvait pas utiliser le sang ? Quelque chose comme ça ?
« P-pourquoi le parking, tout à coup ? Et c’est quoi, ce morceau de métal ? »
« Grand frèèère ! »
« Ugh ! D’accord, d’accord ! On y va ! »
Sans rire, chaque fois que je l’entendais, j’avais envie de vomir.
* * *
Le parking, à droite de la maison de campagne, était rempli des voitures de mes parents et de nos proches. Il y avait même pas mal de voitures étrangères coûteuses.
« A-ri, pourquoi tu as voulu venir au parking tout à coup ? Tu voulais voir quelque chose… Hé ! T’es folle ? »
« Aaah ! »
Avant même que j’aie le temps de reprendre mon souffle, A-ri bondit comme l’éclair et se mit à crever les pneus avec son morceau de métal !
Je me précipitai pour l’arrêter, mais A-ri pivota avec légèreté et me repoussa.
Elle n’avait rien fait de particulièrement impressionnant, pourtant, avant même que je comprenne ce qui m’arrivait, je roulais déjà dans la poussière.
Ma petite sœur avait-elle appris le muay-thaï en secret ou quoi ?
« Non ! Oublie le muay-thaï, qu’est-ce qui te prend tout à coup ? Si tu démolis toutes les voitures comme ça… »
Contrairement à moi, blême de peur, A-ri avait l’air parfaitement calme.
« Hmm… Si je démolis les voitures, est-ce que je peux faire sortir seulement les adultes ? Il faut que je vérifie. »
« V-vérifier quoi ? »
« Ga-in, on y va. »
« Vérifier quoi ! »
« Grand frè… »
Je finis par me boucher les oreilles.
Notes :
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