Chapitre 426
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 425 : Une famille de distinction (1)
──────
- Han Ga-in
« C’est une histoire de mon enfance, si lointaine que mes souvenirs en sont devenus flous.
À l’époque, mon grand-père et mon arrière-grand-père étaient encore en vie. Mon arrière-grand-père s’appelait Han Jin-seong.
Mon arrière-grand-père était incroyablement riche. J’avais entendu dire qu’il avait vendu les vastes terres agricoles héritées de ses ancêtres avant que leur valeur ne baisse.
Il avait même utilisé cet argent pour acheter des terrains à Gangnam, à Séoul, avant que leur valeur ne grimpe. Il avait donc apparemment un don pour l’investissement immobilier.
Bref, comme il était ce genre d’homme, les gens s’étaient soi-disant agglutinés autour de lui comme des abeilles dans ses vieux jours, tous attirés par son héritage.
Ma famille ne faisait pas exception. »
… Qui était en train de se remémorer ce « savoir » ?
* * *
— Frouu !
Une douce brise me caressa la joue, et les feuilles de bambou frémirent dans le bosquet voisin.
J’eus à peine le temps de respirer le parfum de terre qui me chatouillait les narines que le gamin devant moi tendit la main vers un insecte qui gigotait…
« Hé ! »
« Hein ? G-Ga-in, grand frère… »
« Min-seok, je t’ai dit de ne pas toucher aux insectes. »
Un cousin ? Non, peut-être un parent plus éloigné ?
Quoi qu’il en soit, après avoir empêché Min-seok d’essayer d’avaler l’insecte, je vis Min-a, derrière moi, se mettre à faire un caprice.
« Ouuiiiin ! »
« Quoi ? Pourquoi tu pleures ? »
« Aaah ! Aahgkiaeaargh ! »
« Essaie de faire des bruits humains, s’il te plaît ! »
Min-a était tombée dans la terre et faisait maintenant tout ce raffut parce qu’elle s’était écorché le genou.
Alors que je nettoyais la plaie à la va-vite avec un chiffon, une voix surexcitée retentit soudain à côté de moi.
« Poisson ! Poisson ! »
Mon cœur s’arrêta à l’instant où je l’entendis.
Un poisson ?
Ça voulait dire que ce petit morveux était allé dans l’eau tout seul ?
Je me retournai, alarmé, et découvris Cheol-min déjà dans le ruisseau, sans même avoir retroussé son pantalon.
L’eau était peu profonde et le courant faible, donc il n’y avait pas vraiment de danger. Mais, à cet âge-là, les enfants pouvaient se faire mal même dans leur lit.
« Allez ! Tu ne m’écoutes donc jamais ? Je t’avais dit de ne pas bouger ! »
Je parvins à ramener mes jeunes cousins sur la terre ferme et à reprendre mon souffle quand ma petite sœur se mit à son tour à se plaindre.
« Grand frère… J’ai mal aux jambes. »
« … »
« Je veux rentrer ! Je veux rentrer ! »
Ce n’était pas un si gros problème.
Hee-gang était encore petite. Jouer dans un ruisseau peu profond avec des cousins qu’elle connaissait à peine, ça pouvait être ennuyeux.
Le problème, c’était que les adultes nous avaient confié les enfants et envoyés dehors parce qu’il se passait quelque chose d’« inapproprié pour des enfants » dans la maison de campagne.
« Attendons encore trente minutes, puis on rentrera. »
« … D’accord. »
Depuis trois jours, les adultes se disputaient nuit et jour.
Ils ne voulaient sans doute pas non plus que les enfants les voient se comporter ainsi.
* * *
Vers l’heure du déjeuner, je rentrai à la maison de campagne avec les enfants.
Lorsque nous ouvrîmes l’antique portail d’entrée, une vaste cour s’étendit devant nous.
Des pins bien entretenus se dressaient un peu partout, entourés de murs blancs immaculés.
De luxueuses fenêtres conçues pour laisser entrer la lumière et l’air, une salle en bois au contraste noir et blanc saisissant, de coûteux paravents en papier hanji souple et de délicates peintures qui les ornaient.
C’était un élégant hanok, assez impressionnant pour figurer dans un drama.
Pourtant, les autres enfants et moi n’arrivions pas à nous concentrer sur sa beauté raffinée.
Les adultes, nos parents, continuaient à se disputer bruyamment à l’intérieur.
« Jeong-ho ! Tu n’avais jamais mis les pieds chez grand-père, et maintenant… »
« En quoi es-tu différent, mon oncle ? On te prendrait pour un fils dévoué ! »
« C’est quoi, cette façon de parler, espèce de salaud ? Min-seung a vraiment raté l’éducation de son gosse ! »
« Bon sang ! Occupe-toi de ton propre morveux, mon frère ! »
« Espèce de petit… »
« Non, on a la même mère, toi et moi. Si je suis un bâtard, alors qu’est-ce que ça fait de toi… »
— Crac !
« Aïe ! P-Père, je vous en prie, calmez-vous ! »
« Pourquoi vous comportez-vous comme ça, tout à coup ? »
Le vacarme assourdissant qui venait du hanok nous pétrifia, les enfants et moi.
« Hum ! Les enfants, si on allait jouer dans la montagne derrière la maison avec votre grand frère ? »
« … D’accord. »
Quel genre d’héritage mon arrière-grand-père pouvait-il bien laisser pour que tout le monde fasse un tel cirque ?
« Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? Une somme astronomique, dont une personne ordinaire ne pourrait même pas amasser un pour cent en toute une vie. »
« … »
« Grand frère ? »
« Grand frère ? »
« Hee-gang. Tu n’as pas entendu quelque chose de bizarre, à l’instant ? »
« Hein ? »
« Laisse tomber. »
Il fallut un bon moment aux adultes pour se calmer.
* * *
Ça me faisait un peu bizarre de le dire en tant que son fils, mais je trouvais mon père, Han Min-seok, plutôt honnête et admirable.
Quand mon arrière-grand-père, soi-disant richissime, avait semblé près de mourir, papa était venu jusqu’à la campagne avec ses jeunes enfants, juste pour faire bonne impression.
C’était clairement de la cupidité envers l’héritage, et cela montrait le côté humain de papa.
Il y avait tout de même un point positif.
Au moins, papa était davantage spectateur qu’acteur dans les vilaines querelles de la maison de campagne.
Malgré tout, ce qui s’était passé ces derniers jours semblait avoir sérieusement usé sa patience.
« Ga-in. Toi aussi, tu as dû en baver. »
« … »
« Les enfants ne t’écoutent pas, hein ? »
« Si, ils m’écoutent. »
« Tu parles ! Les adultes sont tellement cupides que seuls les enfants en pâtissent… »
« … »
« Jeong-ho, c’est ton oncle Jeong-ho, n’est-ce pas ? C’est aujourd’hui que j’ai compris à quel point ce salaud était cupide. »
« Ça ne me semble pas être le genre de chose qu’on dit à un collégien de première année. »
« Ha… Mon oncle exagère aussi. Comment a-t-il pu nous dire une chose pareille… »
« … »
« Et Seok-hyeon aussi, à bien y réfléchir… »
« … »
« Hum ! »
Papa se mit à médire sur nos proches devant moi, et maman, qui l’écoutait, toussa légèrement.
Au début, je crus qu’elle le rappelait à l’ordre parce que son jeune fils était là.
Mais ce n’était pas ça.
« Hum ! Moi aussi, j’ai quelque chose à dire. À votre avis, qui est le vrai problème ? »
« … »
« Ton oncle ? Ton cousin aîné ? Non, non. Le vrai problème, c’est quelqu’un d’autre. »
« … »
« Ce vieux salaud ! »
« C-Chérie ! »
« Le vrai problème, c’est ton grand-père ! Il a plus de quatre-vingt-dix ans et n’a même pas rédigé de testament en bonne et due forme. Et qu’est-ce qu’il a dit ? Qu’il donnerait tous ses biens à celui d’entre vous qui en serait digne ? »
« Ouf… »
« Quand quelqu’un qui a amassé plus de cent milliards de wons réunit tout le monde pour débiter une pareille absurdité, comment veux-tu que les gens ne se disputent pas ? »
Même à moi, qui étais au collège, les paroles de maman semblaient sensées.
Chacun était libre de gérer ses biens comme il l’entendait, mais…
Un vieux magnat possédant des dizaines de milliards de wons rassemble tous ses descendants et leur annonce : « Je donnerai tous mes biens à celui d’entre vous qui en sera digne ! »
Bien sûr que ça allait semer le chaos.
Je n’avais aucune idée de ce que mon arrière-grand-père avait en tête.
« Il aurait mieux fait d’appeler un avocat et de rédiger un testament qui s’écarte le moins possible des parts légales d’héritage.
S’il avait discrètement récompensé de son vivant ceux qui l’avaient aidé, il n’y aurait sans doute eu aucune raison de se quereller. »
* * *
Le lendemain matin, le chaos éclata dès le réveil.
« A-Arrière-grand-père ! Qu’est-ce que vous racontez ? Faire un don, comme ça, tout à coup ? »
« Jun-seok… Si tu fais autant de bruit, mes oreilles vont se mettre à siffler. »
« Grand-père ! »
« Jeong-ho. Regarde cet arbre. »
« J-Je regarde. »
« Le tronc s’amincit un peu, tu ne trouves pas ? »
« Je vais m’en occuper ! »
Peu après, oncle Jeong-ho, un parent au crâne dégarni, prit un sécateur et se mit au travail.
Le vieil homme qui l’observait éclata soudain de rire.
« Lent ! Mais qu’est-ce que tu es lent ! Comment veux-tu accomplir quoi que ce soit d’important si tu traînes autant ? Jeong-ho, tu ne feras pas l’affaire. »
« Grand-père ! N-Non ! Je vais appeler quelqu’un pour… »
« Appeler quelqu’un ? Si c’était ça, je l’aurais appelé moi-même. Pourquoi est-ce que je te demanderais de le faire ? Bon sang… Bon sang… »
Même un enfant aurait compris.
Ce vieil homme, mon arrière-grand-père Han Jin-seong, se servait de l’héritage comme d’un otage et s’amusait avec ses descendants comme avec des jouets.
Un jour, il effrayait tout le monde en annonçant qu’il donnerait ses biens. Le lendemain, il leur faisait soudain accomplir des tâches insignifiantes, puis s’en servait comme prétexte pour juger s’ils en étaient dignes.
Ses intentions étaient évidentes, et il ne prenait même pas la peine de les cacher. Plus d’un adulte pâlit puis rougit de colère.
Mais qu’auraient-ils pu faire ?
C’était un magnat qui valait plus de cent milliards de wons, il ne lui restait pas longtemps à vivre et il avait annoncé depuis belle lurette qu’il distribuerait ses biens comme bon lui semblerait.
Tout le monde n’avait d’autre choix que de se laisser entraîner par les caprices tyranniques de ce vieux gamin.
« Mon arrière-grand-père était vraiment comme ça ? Je ne me rappelle de rien… C’est parce que j’étais petit ? »
« Je ne supporte plus de voir vos sales fainéants ! Allez cueillir des feuilles de thé, tout de suite ! »
« P-Père ! Des feuilles de thé, comme ça, tout à coup… Nous sommes tous des citadins. Même si vous dites une chose pareille… »
« Espèce de petit imbécile ! Qu’est-ce que ça peut faire que vous soyez des citadins ? Quand j’étais jeune, je faisais sécher du thé jusqu’à m’en briser le dos. Tu prétends que tu ne peux pas le faire ? »
« C-Ce n’est pas ce que je voulais dire… »
« Tu ne pourrais pas le faire même si je te payais dix millions de wons le kilo ? »
Dix millions de wons le kilo de feuilles de thé.
Au moment où tout le monde ouvrit de grands yeux devant cette somme absurde, mon arrière-grand-père fit soudain venir l’avocat qui le servait depuis des années et se mit à écrire sur une feuille.
Au bout du compte, moins de dix minutes plus tard, les adultes partirent cueillir des feuilles de thé en riant jaune.
— Vrooooum !
Quelle qu’en fût la raison, une fois les adultes partis, la paix revint dans la maison de campagne.
« Hé hé ! Héhéhé ! Bouahahaha ! »
« … »
« Les enfants. Vous avez vu ? Vous avez vu ? »
Le vieux hanok ressemblait à un décor de drama.
Il ne restait que le personnel chargé de la maison, qui avait quelque chose de majordomes, les enfants qu’on avait laissés là parce que personne n’avait voulu se donner la peine de les emmener, et un vieux fou.
« Grand-père… »
« Ga-in, tu l’as vu aussi, pas vrai ? Chang-sik, ce morveux, qui essayait de crever le pneu de la voiture de ton père ? »
Bien sûr que je l’avais vu.
Han Chang-sik, le cousin cadet de papa, était apparemment directeur d’une assez grande école d’anglais à Séoul.
Il devait vivre dignement à Séoul, à entendre les gens l’appeler « monsieur le directeur » à tout bout de champ.
Et pourtant, il avait essayé en douce de crever le pneu de la voiture de papa avec un fil de fer pour l’empêcher de partir. Papa l’avait même frappé après l’avoir surpris.
…
L’héritage de mon arrière-grand-père, qui valait bien plus de cent milliards de wons, avait rendu cet homme abject.
Alors…
Je n’y tins plus et posai la question.
« Grand-père. Arrière-grand-père. »
« Hum ? Tu as une question ? »
« Pourquoi vous faites ça ? »
« J’ai fait quelque chose de bizarre ? Tout ça, c’est pour vous donner mon argent. Où est le problème ? »
« … »
Je me mis en colère.
Peu importaient sa richesse ou son grand âge, ce qu’il faisait n’était pas acceptable.
Héritage ou pas, j’avais juste envie de lui flanquer une raclée.
« Hé hé… Regardez-moi ces petits yeux. »
« … »
« Tu es contrarié ? »
« … »
« On dirait que tu as envie de me frapper. »
« … »
« Ha ha ! Ces yeux mignons sont amusants à regarder aussi. Mon garçon, suis-moi. »
Han Jin-seong partit d’un rire caverneux et m’entraîna dans le débarras de la maison de campagne.
« C’était étrange. Si mon arrière-grand-père avait été aussi excentrique, je n’aurais pas pu l’oublier. Pourtant, je ne me souvenais pas du tout de lui. »
* * *
Le débarras de mon arrière-grand-père, dans la maison de campagne.
Papa m’avait dit un jour qu’il était rempli de toutes sortes d’œuvres d’art coûteuses que mon arrière-grand-père collectionnait depuis sa jeunesse.
C’était peut-être pour ça que je restais immobile, de peur de toucher quelque chose par inadvertance.
« Qu’est-ce que tu fais ? »
« … »
« Viens ici. Tu sais ce que c’est ? »
L’objet que Han Jin-seong me montrait ressemblait à un poignard acéré, dont le manche était gravé de motifs étranges.
« Non. »
« Il vaut trois milliards de wons. »
Comme ça, tout à coup ? Dans le débarras d’une maison de campagne ? Un poignard qui vaut trois milliards de wons ?
Alors que je commençais à vaciller sous le coup de la surprise, un rire moqueur retentit au-dessus de moi.
« C’est un mensonge. »
« … »
« Réfléchis un peu. Pourquoi est-ce que je laisserais un objet qui vaut trois milliards de wons dans un endroit pareil ? »
N’y tenant plus, je répondis : « Quelqu’un de sain d’esprit ne le ferait pas, mais vous, vous en seriez capable. »
« Tu veux dire que ce vieux fou en serait capable parce qu’il a perdu la tête ? »
« Bien sûr. »
Soyons clairs.
Mon arrière-grand-père était un original.
« Hé hé ! Héhéhé ! Bon sang, les enfants sont vraiment honnêtes. »
« … »
« Ga-in. Tu veux que grand-père te raconte une histoire intéressante ? »
« Laquelle ? »
« Tu sais ce que grand-père faisait quand il était jeune ? »
« J’en ai entendu parler. Vous avez hérité de terres agricoles à la campagne, puis… »
« Tout ça, c’était un mensonge. »
« Quoi ? »
« Tout était inventé. Les terres agricoles qu’on m’aurait données, les terrains de Gangnam et tout le reste… J’ai tout fabriqué. »
Qu’est-ce qu’il voulait dire ? Il plaisantait encore ?
« Ga-in. »
« Oui ? »
« Tu as déjà entendu parler du Bureau de gestion ? »
À ces mots, mon souffle se bloqua dans ma gorge.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>