Chapitre 423
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 422 : C’est la fête (2) — Rêve d’éternité
──────
— Han Ga-in
Dans un monde glacé où tout avait gelé, je devins une pierre dérivant dans l’espace.
…
Le saviez-vous ?
Le temps est véritablement relatif.
Tout comme la durée de vie d’un éphémère diffère de celle d’un humain, une vie humaine peut ne représenter qu’un instant aux yeux d’un autre être.
Pour certains, c’est l’éternité. Pour d’autres, cela ne dure que le temps d’un battement de cils.
Je ne savais plus si j’étais une personne ou une pierre.
…
Après avoir nagé sans fin à travers l’espace et le temps, j’aperçus une lumière. Il était l’être le plus arrogant du ciel et de la terre.
« Mon fils fidèle, je t’ai autrefois accordé la lumière de l’Ascension. Pourquoi as-tu erré si longtemps ? »
Je répondis que je n’avais jamais erré. J’étais simplement revenu pour acquérir la force nécessaire à surmonter l’épreuve.
Il rit, puis rit encore, avant de me saisir d’une main brûlante.
« Tu es petit et faible. Rien de plus qu’un grain de sable sur le rivage, une goutte d’eau dans la mer. Comment quelqu’un comme toi pourrait-il surmonter l’épreuve imposée par Celui qui pleure pour les trois mille mondes ? »
Un marteau brûlant s’abattit sur moi.
— Boum ! Boum ! Boum !
Le saviez-vous ?
La majeure partie du volume occupé par la matière est constituée de vide.
Ainsi, avec une force suffisante, on peut la comprimer à un degré absurde.
On dit qu’un centimètre cube de matière d’étoile à neutrons pèse cent millions de tonnes.
Après que ce marteau, assez puissant pour écraser même l’étoile Polaire, se fut abattu trois fois, je ne tardai pas à devenir un point plutôt qu’une personne.
Un nombre inconcevable de points m’entouraient. Chacun d’eux était un pitoyable réfugié, tombé hors du cycle de l’univers.
…
Pendant les cent premières années, je ne fis que hurler de douleur.
J’étais comme un oisillon qui piaillait, le bec grand ouvert, dès qu’il apercevait sa mère.
« Renaître ! Renaître ! La pensée n’est qu’une illusion. Apprends que la douleur peut devenir douceur. »
Pendant les cent années suivantes, je lui demandai comment il pouvait faire une telle chose à un humain.
C’était comme reprocher aux étoiles un tremblement de terre.
« Renaître ! Renaître ! Ne regarde pas le processus, mais son but. Accepte le principe de l’évolution. »
Enfin, enfin, à l’aube du troisième ciel, je compris qu’un démon se trouvait en moi.
Le démon s’arracha du point et projeta dans toutes les directions un liquide noir semblable à du goudron. Il parla en riant.
« Mon fils, ta véritable nature s’est enfin révélée. Quelle est cette ruse enfantine ? Est-ce tout ce que tu possèdes, la sagesse créée par un ver ignorant, incapable même de naître ? »
Je répondis que j’avais abandonné ces attachements encombrants, que le Livre n’était qu’un outil et que je ne désirais qu’expansion.
À cet instant, un miracle se produisit.
Celui qui siégeait sur le trône élevé descendit en personne pour m’examiner. Son visage ressemblait vraiment à celui d’un père miséricordieux.
« Tu commences enfin à comprendre. Je n’ai désormais plus aucun regret. Développe-toi, encore et encore. Comprends que la vie a évolué d’organismes unicellulaires en organismes pluricellulaires. »
Je dis que je n’avais pas besoin d’aller chercher au loin la voie de l’expansion. Je me développerais en arrachant et en dévorant la chair et le sang de mon père.
Il sourit, puis sourit encore, ravi.
« Fais donc. Je t’offrirai non seulement ma chair et mon sang, mais aussi ma moelle et mes entrailles. Avale-les avec plaisir. »
Alors que ma bouche, désormais semblable à celle d’une chenille, s’ouvrait assez grand pour engloutir l’océan Pacifique, une plume tomba du ciel.
Je comptais me contenter d’observer, mais tes ruses sont allées trop loin.
Tu croyais être le Créateur parce que tu te tenais devant un tout petit enfant ?
« Oh ! Tu devrais plutôt te dire ça à toi-même. Comment un moineau incapable d’essuyer la poussière qui lui voile les yeux ose-t-il se prétendre Sagesse ? »
Sois humble, et humilie-toi encore.
Ce plateau a été conçu par Celui qui pleure pour les trois mille mondes.
Sache que tu n’es qu’un pion sur ce plateau.
« Vous tous qui observez, soyez attentifs. Celui dont il est question garde le silence, et pourtant ce moineau se comporte comme s’il était son messager. »
Chacun a son propre rôle.
Accepte que le seul rôle qui te reste est celui d’un outil.
Je ne permettrai plus de telles ruses après aujourd’hui.
Bientôt, le sage oiseau déploya des ailes assez vastes pour couvrir le ciel.
D’un battement d’ailes, mes membres apparurent et je retrouvai ma liberté.
D’un deuxième battement, mes yeux, mon nez et ma bouche se formèrent, et mes sens s’éveillèrent.
D’un troisième battement, le point devint une chenille, puis enfin une personne.
M’accrochant de toutes mes forces à la conscience, je saisis les pattes de la Chouette.
La douleur et la terreur de mon corps et de mon âme semblaient prêtes à me dévorer. Je la suppliai de me montrer la voie.
La Chouette me dit que ce qui s’était passé aujourd’hui était un Cauchemar qui ne se reproduirait jamais et que je devais tout oublier.
Elle ajouta que ce salaud rusé m’avait appris la voie permettant de se dépouiller de sa carapace et de transcender.
Devais-je oublier ?
Ou devais-je me souvenir ?
Cette réponse déroutante ébranla mon esprit, mais je compris bientôt que toutes ces inquiétudes étaient vaines.
Car l’aube s’était levée.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 376
Emplacement actuel : Niveau 1, chambre 105 — « Salle de repos »
Conseil du Sage : 0]
— Han Ga-in
C’était le matin du deuxième jour de C’est la fête.
« … »
J’avais un mal de crâne atroce.
J’avais l’impression d’avoir fait un rêve incroyable la nuit dernière, mais j’arrivais à peine à m’en souvenir.
Je crois bien que la Chouette était apparue vers la fin de ce rêve bizarre.
« … »
Je venais de me réveiller, donc je n’avais encore utilisé aucun Conseil. Pourtant, le nombre affiché était zéro.
Cela signifiait que la Chouette avait utilisé son pouvoir d’une manière ou d’une autre.
Je me préparai machinalement, me changeai, puis sortis pour aller prendre le petit-déjeuner.
* * *
« Jin-cheol, tu manges de la poitrine de porc au petit-déjeuner ? »
« Grande sœur, tu ne sais pas que les Américains mangent du bacon au petit-déjeuner ? »
« Quand même… »
« Ha ha ! Jin-cheol a un estomac solide, ça ne lui pose aucun problème. Le petit-déjeuner anglais est le plus… »
Pendant que les autres bavardaient joyeusement, Song-i demanda à A-ri : « Mi-ro ne s’est toujours pas réveillée ? »
« Ça ne fait pas encore vingt-quatre heures. »
« Ah bon ? »
La veille, au matin du premier jour de C’est la fête, nous étions allés au Sanctuaire des Bénédictions.
A-ri s’attendait à ce que les bénédictions deviennent plus difficiles à renforcer, puisque la plupart de nos compagnons les avaient déjà renforcées deux ou trois fois.
Comme prévu, Mi-ro fut la seule à pouvoir renforcer une bénédiction cette fois-ci.
Elle n’en avait encore jamais renforcé aucune et avait accumulé une quantité honorable de contribution en jouant le rôle de la fausse sainte dans la chambre 104.
« J’ai trop hâte ! À votre avis, quel pouvoir Mi-ro va obtenir ? Le Bureau de gestion ne sait vraiment rien ? »
« J’en sais rien. »
« Pourquoi tu réponds aussi sèchement ? Pff ! »
« … »
Song-i tendit soudain sa fourchette et ne prit que le jambon du sandwich d’A-ri.
A-ri la dévisagea, abasourdie.
« T’as cinq ans ou quoi ? »
« On pourrait dire que tu tiens ça de ta mère. »
« Waouh ! Je peux pas nier ça. »
— Bip !
Pero, qui observait en silence, grimpa sur l’assiette de steak du grand-père, comme s’il ne voulait pas être en reste.
« Ah ! Hé ! Pourquoi tu grimpes dans mon assiette ? T’avais qu’à demander un morceau de viande ! Espèce de petit crétin à tête d’oiseau… »
« Grand-père, ne jure pas. »
« Regarde son bec. C’est littéralement une tête d’oiseau, alors pourquoi ce serait une insulte ? »
Seung-yeop prit alors la parole, avec hésitation.
« A-ri ! »
« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Je pourrais emprunter ton thermos ? Maintenant que… »
A-ri fronça légèrement les sourcils avant qu’il ait terminé. Comme s’il n’attendait que ça, le grand-père donna une pichenette sur le front de Seung-yeop.
« Aïe ! Pourquoi tu me frappes comme ça, d’un coup ? »
A-ri soupira.
« Tu as essayé d’invoquer Yumi hier soir, pas vrai ? »
« … »
« La raison pour laquelle tu demandes tout à coup la bouteille est évidente. Yumi veut se fabriquer un corps, maintenant ? »
Le thermos d’A-ri contenait le sang de Yumi, des morceaux de chair, des cheveux et le reste.
Bien sûr, quel que soit son contenu, A-ri gardait le thermos lui-même.
« … Oui. »
« Ah ! Mook-seong, donne-lui encore deux coups. »
— Paf ! Paf !
« Aïe ! Aïe ! »
« Je t’ai dit de ne pas retrouver Yumi seul pendant quelque temps. Je t’ai dit d’attendre qu’on sache quel genre de tempérament elle a… et toi, tu l’as déjà invoquée. »
« … »
En entendant cette conversation absurde entre mes compagnons, je sentis mon cœur, qui flottait quelque part au-dessus du sol, reprendre sa place.
Elena se retourna alors et me tapota légèrement.
« À quoi tu penses aussi intensément ? Tu n’as pas dit un mot. »
« Oh. J’ai fait un rêve vraiment bizarre, la nuit dernière… »
« Quel genre de rêve ? »
« Un rêve où je devenais un tout petit point et une partie d’un tableau ? »
Quelques-uns ricanèrent.
Ils pensaient sans doute que ce n’était qu’un rêve sans importance.
Environ une heure après la fin du petit-déjeuner, Mi-ro se réveilla.
À peine sortie de sa chambre, elle se mit à faire tout un remue-ménage, courant partout pour rassembler tout le monde.
« Touuuut le moooonde, rassemblllllement ! »
« Ah ! T’es beaucoup trop bruyante ! »
« Rassemblllllement ! »
« Pff ! Qu’est-ce qui lui prend ? A-ri ! Pourquoi elle est comme ça ? »
« … J’en sais rien non plus. »
« Rassemblllllement ! »
Quand A-ri perdit enfin patience et pinça les joues de Mi-ro, tout le monde s’était rassemblé devant la réception en soupirant.
Pourquoi Mi-ro se comportait-elle ainsi ? C’était évident !
Obtenir un nouveau superpouvoir devait l’avoir rendue folle de joie.
Alors je décidai de jouer le jeu.
« Alors, quel pouvoir la plus jolie Mi-ro de l’univers a-t-elle obtenu ? »
Mi-ro se figea aussitôt, aussi raide qu’un glaçon.
« … D-dis pas des trucs bizarres ! »
« La plus jolie Mi-ro de l’univers… »
— Bam !
Avant que je puisse terminer, Mi-ro me donna un coup de pied au genou et faillit me faire tomber.
Sans même me regarder, Mi-ro se tourna vers les autres, l’air triomphant.
« Regardez ! »
Mi-ro appuya contre sa peau le tranchant d’un poignard aiguisé.
Elle n’essayait probablement pas de se faire du mal tout à coup. On aurait dit qu’elle voulait nous montrer son nouveau pouvoir.
Pourtant, tandis que la lame affûtée se rapprochait de sa peau, tout le monde retint son souffle, tendu.
« Gloups ! »
Mi-ro déglutit elle aussi nerveusement, ce qui laissa A-ri perplexe.
« Pourquoi c’est toi qui stresses ? Tu voulais pas nous montrer ? »
« S-si, mais c’est effrayant quand je le fais pour de vrai… Il faut juste que je me prépare un peu, aaaah ! »
Avant que Mi-ro ait fini, A-ri frappa légèrement la main qui tenait le couteau.
Dès que la lame toucha le corps de Mi-ro, un cri terrible retentit dans tout l’hôtel !
« Aaaaaah ! »
« … Silence. »
« Aaaaaah ! »
« Tais-toi ! Tu n’as rien ! »
A-ri finit par en avoir assez et plaqua de nouveau sa main sur la bouche de Mi-ro.
« Mmmph ! »
« Ah, ha ha ha ! »
« C’est une sorte de numéro comique ? »
Sans même parler de la puissance impressionnante de ce pouvoir, la scène était tout simplement drôle.
Non, si Mi-ro avait appuyé un couteau contre sa peau, ne savait-elle pas déjà ce que faisait son pouvoir ?
Mi-ro savait elle-même qu’elle ne serait pas blessée, et elle n’avait effectivement pas été blessée.
Alors pourquoi avait-elle hurlé comme si le monde allait s’écrouler ?
« Ah, A-ri, je te déteste tellement ! »
Le visage écarlate, Mi-ro se mit à frapper A-ri de toutes ses forces.
A-ri encaissa les coups, l’air un peu absent.
C’était drôle, mais le pouvoir en lui-même était fascinant.
La peau de Mi-ro ne s’était pas durcie au point d’empêcher le couteau de la transpercer, et la blessure ne s’était pas simplement refermée rapidement après avoir été entaillée.
La lame s’était clairement enfoncée, mais l’endroit où elle avait pénétré s’était comblé comme de la fumée, sans laisser la moindre trace.
D’après Mi-ro, après s’être calmée, le pouvoir s’appelait tout simplement « Immutabilité, niveau 2 ».
Quand son corps était attaqué, une force inconnue appelée Pouvoir de l’Immutabilité encaissait le coup à sa place. Tant que cette force subsistait, Mi-ro ne pouvait pas être blessée.
Après avoir entendu ses explications, Jin-cheol résuma la chose :
« Compris. En gros, t’as un bouclier comme les Protoss ? »
« C’est quoi, les Protoss ? »
Au moins, moi, j’avais compris l’explication.
* * *
Vers l’heure du déjeuner, Eun-sol prit un air solennel.
« Vous vous souvenez tous de ce dont on a parlé avant-hier, pas vrai ? On voulait utiliser la Main avide pour retrouver le dernier PNJ caché ? »
Après avoir inspecté ses compagnons, qui avaient tous fini de se préparer mentalement, Eun-sol joignit les mains comme pour prier.
« Je viens de l’utiliser ! »
Notes :
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