Chapitre 414
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 413 : Gloire et transcendance (2) (Final)
──────
— Han Ga-in
« Ga-in. Euh… j’ai quelque chose à te dire. »
« … »
Je devais bien l’admettre.
Mon cœur s’était mis à battre un peu plus vite en revoyant Ga-young après tout ce temps.
« Pour l’autre fois… je suis désolée. J’ai voulu te contacter plein de fois depuis, mais je ne sais pas… j’étais trop gênée. »
« G-gênée… ? »
« Ga-in. Est-ce que… tu voudrais… ! »
« … »
« Est-ce que tu voudrais… ! Sortir avec m- »
« Aaah ! Je ne peux vraiment pas écouter ça ! »
« Hein ? »
Je m’enfuis à toutes jambes, sans me retourner !
Bon sang ! Qu’est-ce que c’était censé me montrer ?
Une scène où Ga-young m’avouait ses sentiments et où on se mettait ensemble ?
Alors que je dévalais la rue en jurant sans arrêt, la Révélation réagit, perplexe.
« La scène heureuse allait commencer. Pourquoi t’es-tu enfui ? »
« Heureuse, mon œil ! Ce n’est même pas la vraie Ga-young, alors qu’est-ce que… »
« Bien sûr, cette scène est une illusion. Pourtant, une illusion qui peut devenir réalité vaut davantage qu’un simple rêve. »
Une illusion qui pouvait devenir réalité.
Une gloire infinie s’étalait devant moi.
Je comprenais les intentions de la Révélation.
Il n’avait même pas essayé de les dissimuler.
C’était la suite de ce que la Chouette m’avait dit autrefois.
« L’esprit d’une personne est comme de l’eau contenue dans un récipient. »
« … »
« Trop de peinture noire imprégnée de pouvoir démoniaque s’est mêlée à cette eau. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Cette peinture contient aussi une grande sagesse. »
« … »
« Comment réagir ? La Chouette t’a accordé ses conseils. »
La première méthode consistait à embrasser une humanité qui ne disparaîtrait jamais.
La Chouette avait décrit cela comme le fait de geler l’eau.
C’était l’état d’A-ri.
Elle était née avec un amour pour Mi-ro qui ne fondrait jamais.
Ce n’était pas une méthode facile à suivre pour moi.
La deuxième méthode consistait à obtenir un pouvoir qui suivait une direction différente de celle du Grimoire.
La Chouette avait décrit cela comme le fait de verser de la peinture blanche dans l’eau.
« Le rang du Soleil sacré n’est en rien inférieur à celui du Grimoire… La gloire du Seigneur te fera resplendir. »
« … D’accord. Je vois ce que tu veux dire, mais quel rapport avec le fait que Ga-young m’avoue ses sentiments ? »
« La gloire du Seigneur te permet même de réaliser tes désirs persistants, qu’ils concernent un passé révolu ou un premier amour inachevé… »
« Bon sang ! Espèce d’enfoiré ! Tu essaies de me déstabiliser en m’humiliant, c’est ça ? Tu crois que je vais tomber dans le panneau ? »
« Tu te méprends. Si c’était mon intention, je t’aurais montré ceci. »
— Ding !
« … »
À peine eus-je entendu ce son que ma respiration se bloqua.
Dans une situation pareille, un seul type de message KakaoTalk pouvait m’être envoyé.
— Ding !
« Non… pas vrai ? »
Allez ! Ça ne pouvait pas être ça.
La Révélation avait beau être inhumaine, elle n’irait quand même pas jusque-là.
Les mains tremblantes, j’ouvris KakaoTalk sur mon téléphone.
« Gloups ! »
Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah ! Aaaaaah !
Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir. Je voulais mourir.
Je ne plaisante pas, j’ai vraiment envie de me tuer !
Le désespoir qui m’envahit alors ne pouvait pas s’exprimer en quelques mots.
En exagérant un peu, c’était comparable à ce que j’avais ressenti en rencontrant le Prisonnier dans une Salle maudite.
Je voulais enfouir ce souvenir au plus profond de mon esprit et l’oublier à jamais !
La confession terrifiante que j’avais envoyée à Ga-young sur KakaoTalk au collège !
Quelqu’un d’autre que moi était au courant ?
« À proprement parler, je ne suis pas quelqu’un d’autre que toi… »
« AAAAAAH ! »
À moitié hors de moi, je déchirai le rêve avec le pouvoir du Grimoire.
Ou, plus exactement, j’essayai de le déchirer.
J’y serais arrivé si quelqu’un ne m’avait pas attrapé le bras juste à temps.
— Agrippe !
« … »
Il apparut, enveloppé de ténèbres.
Sa présence m’était bien plus familière que celle de la Révélation.
C’était l’être qui s’était éveillé dès que j’avais obtenu le Grimoire.
Et il s’était achevé pendant les longues années que j’avais passées dans la chambre 203.
La première chose que j’entendis fut un éclat de rire.
« Hahahaha ! C-c’est vraiment trop drôle ! »
« … »
« Non, mais waouh ! La Révélation est complètement dingue, non ? »
« … »
« Ga-in, tu as un peu compris aussi, pas vrai ? La Révélation n’essayait pas de te taquiner ni de te faire souffrir. »
« … Je sais. »
« Il pensait vraiment que c’était une scène heureuse qu’il devait te montrer ! »
« Il ne comprend rien aux humains. »
« Exactement ! Il voulait te montrer un petit conte de fées, le genre de beauté où même un amour inachevé pourrait se concrétiser pour toi, et il a sorti cette idiotie. Hé ! À sa place, je t’aurais juste montré Elena, A-ri, Mi-ro et Song-i… »
« S’il te plaît, tais-toi. »
« D’accord, d’accord. Je me tais. »
« … »
« Waouh ! Mais ce message KakaoTalk est complètement dingue. Sérieusement, qu’est-ce qui t’est passé par la tête pour envoyer un truc pareil ? »
Le nombre d’êtres au courant du secret que je voulais le plus cacher dans ma vie était passé à trois.
« Waouh ! La confession sur KakaoTalk était déjà assez idiote, mais c’était quoi, cette blague du poisson d’avril ? Qui t’a appris un truc pareil ? »
Et si je balançais ce type sous un camion ?
Après tout, c’était un monde mental. Ça ne servirait à rien ?
« Ça ne va pas. Je voulais moi aussi te montrer quelque chose, mais il y a plus urgent. »
« … Quelque chose d’urgent ? »
« Comme tu le sais, je ne suis pas vraiment un être distinct de toi. Ga-in lumineux ? Ga-in sombre ? Ga-in humain ? Ces distinctions n’ont aucun sens. »
« … »
« C’est donc un processus au cours duquel un Han Ga-in réfléchit à la direction qu’il doit prendre. »
« … »
« Je voulais te montrer la voie de la transcendance. Mais maintenant que j’y pense, ce que je m’apprête à faire y ressemble. »
« En quoi ça se ressemble ? »
« Qu’est-ce que la transcendance ? »
« Quoi ? »
« C’est quand le monde ne me définit pas, mais que c’est moi qui définis le monde. C’est bien ça, la transcendance ? »
« Quelle absurdité vague… »
« Je vais te montrer. C’est aussi une sorte de thérapie psychologique. »
* * *
Ce que j’allais faire reposait sur une raison parfaitement logique et valable.
Ce qui s’était passé avec Ga-young dans mes souvenirs relevait du traumatisme.
Je l’avais simplement oublié parce que rien ne le réveillait, en temps normal.
Mais je venais de le sentir. Si quelqu’un touchait à cette blessure, ça faisait un mal de chien !
« Quel rapport avec ce comportement bizarre ? »
« Tu peux arrêter de l’ouvrir, pour de bon ? »
Les blessures émotionnelles n’étaient pas si différentes des blessures physiques.
Elles faisaient mal toutes les deux, pouvaient toutes les deux devenir des faiblesses, et devaient toutes les deux guérir.
C’était pour ça que je devais le faire.
Bien décidé, je regardai Ga-young, les yeux pétillants.
« G-Ga-in ! Qu’est-ce que tu penses de ce que je t’ai dit tout à l’heure ? Euh, moi… je… »
Je répondis d’une voix posée et résolue.
« Je suis désolé. »
La jolie fille de rang A de la région ouvrit de grands yeux et resta là, la bouche entrouverte, sans pouvoir dire un mot.
« Ga-young, en fait, j’ai une petite amie. »
C’était parti !
« J-je n’en ai jamais entendu parler ! »
« Ah, tu ne savais sans doute pas parce que je ne l’ai dit à personne. Tiens, voilà une photo qu’on a prise avant… »
Je lui montrai une photo de moi et d’A-ri, tout sourire.
Évidemment, je venais de la créer de toutes pièces.
C’était un monde imaginaire. Pourquoi cela aurait-il été impossible ?
« Snif, bouhou ! »
Je me sentais tellement soulagé !
Les coins de mes lèvres se relevèrent tandis que la satisfaction m’envahissait, mais la Révélation intervint comme si elle n’en pouvait plus.
« Quel rapport avec le fait de “surmonter un traumatisme” ? »
Le garçon apparu à côté de moi gloussa, comme s’il avait attendu ce moment.
« Hé, hé ! Ignore cet idiot. Mais surtout, on recommence. »
« On recommence ? »
« Oui ! Tu crois qu’une seule fois suffira à guérir ? »
L’alter ego du Grimoire l’avait dit, alors je n’avais pas le choix.
C’était le processus de guérison de ma blessure émotionnelle !
« … »
* * *
C’est ainsi que je repoussai trois fois la Ga-young illusoire : dans un café, sur un campus universitaire et dans la cour d’un lycée.
Après l’avoir fait plusieurs fois, je me rappelai comment Mi-ro m’avait avoué ses sentiments avant d’affirmer tout à coup : « C’est moi qui t’ai largué ! »
À l’époque, je m’étais demandé quelle absurdité c’était, mais cette méthode s’avéra étonnamment efficace.
Et maintenant venait le moment le plus important.
— Gloups !
Sans m’en rendre compte, j’avalai ma salive en le regardant.
Il s’efforçait de modifier l’« image », et c’était l’étape la plus importante de la thérapie jusqu’ici.
« Ça se passe bien ? »
« Je me concentre, ne m’interromps pas. »
Il semblait incapable de s’empêcher de plaisanter dès qu’il ouvrait la bouche, mais il était tellement absorbé par sa tâche que son ton lui-même avait changé.
« Comme tu le sais, il ne s’agit pas simplement de manipuler une image. Nous modifions les souvenirs qui se trouvent dans “nos” têtes. »
« Ah ! »
« C’est possible parce que nous sommes dans un monde mental. Ah ! »
« Ah ? »
« C-c’est terminé ! »
À l’instant où l’alter ego du Grimoire sourit de joie, l’image dans mon esprit fut remplacée.
« Ouf… C’est fait. Toute la vérité a été enfouie dans l’histoire. Je ne me suis jamais fait larguer… »
Il me regarda, perplexe.
« De quoi tu parles ? Qui s’est fait larguer ? Ah, tu parles du jour où tu as repoussé Ga-young ? »
Le traumatisme qui avait occupé un coin de mon cœur pendant des années se dissipa, et quelqu’un marmonna :
« J’ai essayé de me retenir, mais il faut que je le demande. Quel rapport avec la “transcendance” ? »
« … »
« Le pouvoir démoniaque t’a-t-il souillé ? Ou l’as-tu encore plus souillé qu’il ne t’a souillé… »
Et c’est ainsi que ce rêve bizarre prit fin.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 274
Emplacement actuel : niveau 1, couloir
Conseil du Sage : 3]
Dès que je sortis, mes compagnons accoururent vers moi, les yeux écarquillés.
« A-alors, c’était comment ? »
Elena posa une main inquiète sur mon épaule, tandis qu’A-ri m’examinait attentivement.
Mi-ro avait l’air d’avoir déjà pleuré une ou deux fois.
« … Pardon ? »
Comment, quoi ?
Je ne sus soudain plus quoi répondre.
Song-i ouvrit de grands yeux.
« Ga-in ! Tu as dit que tu allais parler au Seigneur, à la Révélation ou je ne sais quoi. A-ri a entendu ça. »
« … »
Maintenant qu’elle le disait, c’était vrai.
« La R-Révélation, c’est une sorte de personnalité artificielle créée par le Seigneur. J’ai parlé avec lui. »
« De quoi avez-vous parlé ? »
« De p-pas grand-chose. On a eu une discussion approfondie sur la direction que je devrais prendre à l’avenir, en quelque sorte. »
A-ri pencha la tête.
« Pourquoi tu bafouilles comme ça ? »
« J-je suis surpris. Tout le monde est rassemblé autour de moi. »
« C’est parce que tu t’es effondré d’un coup et que tu as continué à dormir. »
« Bref, ce n’était pas désagréable. J’ai clairement compris le sens de la Descente et du Soleil sacré. Et… »
« Et ? »
« J’ai un peu mûri. »
« Mûri ? »
Mes compagnons penchèrent la tête, l’air de ne pas comprendre.
« Ce n’est rien. Je crois que je me suis un peu libéré d’une culpabilité que je traînais depuis mon enfance. »
Ce n’était vraiment rien.
Alors je me détendis et discutai avec eux autour d’un verre, à la table de rafraîchissements.
« C’était en troisième année de collège, je crois. Une fille qui s’appelait Ga-young m’a avoué ses sentiments. »
« Ah ! E-et alors ? »
À peine eus-je mentionné cette confession que Mi-ro rougit et s’écria, tandis que Jin-cheol riait déjà en tapant sur la table.
« Il ne s’est rien passé de spécial. Pour une raison ou une autre, je lui ai dit que ça allait être compliqué qu’on sorte ensemble. Elle l’a très mal pris… »
« Ga-in, espèce d’enfoiré ! Tu faisais déjà ça au collège ? »
« Ah… Je suis jaloux, Ga-in… »
« Seung-yeop. »
« G-grand-père ? »
« Ne t’inquiète pas. Je te présenterai quelqu’un de ton âge plus tard, c’est promis. »
« Ah ! »
« Haha, Agent, Seung-yeop ne pourrait pas rencontrer quelqu’un à l’Hôtel ? »
« Ça poserait d’autres problèmes… »
« Wahahaha ! »
L’ambiance était joyeuse, le moment agréable.
On dit que pour ceux qui vivent à cent à l’heure, s’endormir dès qu’ils se couchent est un véritable talent.
Comme le dit le proverbe, nous essayions de trouver un peu de bonheur entre deux épreuves, même si ce n’était que pour un instant.
C’était notre façon de faire.
Le soir venu, nous décidâmes enfin d’aller jusqu’au bout de la salle que nous repoussions depuis si longtemps.
Le lendemain, nous entrerions dans la chambre 104.
J’avais aussi dépensé sans compter mes Conseils du Sage pour la chambre 104.
« … »
Juste avant de m’endormir, une question insignifiante me traversa l’esprit.
Pourquoi avais-je gardé pendant tant d’années le souvenir d’avoir repoussé Ga-young, comme s’il s’agissait d’un traumatisme ?
Qui sait ?
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