Chapitre 409
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 408 : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite au bout de cent jours » (10)
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Un son inhabituel se faisait entendre dans le bureau du maire, au cœur du Paradis.
« Je ne peux pas le laisser partir comme ça. Ah ! Si je me retrouve toute seule, je… »
C’était le feuilleton le plus populaire du Paradis, et son actrice principale était particulièrement belle.
Le secrétaire de Leon lui demanda, intrigué :
« Vous regardez ce genre de choses, vous aussi, monsieur le maire ? »
« … »
Le maire, qui fixait l’écran comme s’il pouvait le transpercer du regard, se tourna vers son secrétaire.
« Hein ! N-non, ce n’est pas ça. C’est un feuilleton tellement populaire. C’est… c’est divertissant, non ? »
« … »
« Je me suis avancé sans réfléchir… »
« Timothy. »
« Oui ? »
« Qui écrit généralement les dialogues d’un feuilleton ? »
« Les dialogues ? En général, c’est le scénariste, non ? »
« Si les dialogues et l’intrigue changent soudainement sur le tournage, qui en serait à l’origine ? »
Timothy fut profondément décontenancé.
Il ne s’était jamais intéressé à la façon dont les feuilletons étaient produits.
Heureusement, un employé en savait quelque chose.
« En général, ce sont les acteurs qui improvisent ou le réalisateur qui intervient. Et… »
« … »
« … »
« Et ? Pourquoi vous êtes-vous arrêté ? »
« J-je suis désolé. Des Hauts Agents de l’ordre de deuxième classe sont affectés au tournage et ils interviennent souvent. »
« Je vois. »
Leon continua de regarder le feuilleton, puis poussa un soupir tandis que son malaise grandissait.
Bien sûr, il n’avait jamais aimé les feuilletons aussi clichès, ni avant ni après sa régression.
Mais avant sa régression, il avait aimé sa fille, et Song-i ne ratait jamais un feuilleton avec une actrice nommée Elena.
C’était différent.
Beaucoup trop différent du feuilleton qu’il avait vu avant sa régression.
La réponse était évidente.
Quelqu’un était au courant de la régression et avait fait modifier la diffusion.
Pourquoi ?
Les raisons possibles étaient trop nombreuses pour les énumérer une à une.
Prendre le contrôle de la station de diffusion permettait d’exercer une influence considérable sur la ville.
Il devait donc les trouver.
« Elena, à ton avis, qu’est-ce que Leon va penser en voyant le feuilleton modifié ? »
« Qu’une personne au courant de la régression intervient dans les émissions ? »
« Exactement. Leon soupçonnera probablement un adepte du Culte du Roi démon. Ils peuvent quitter la ville, alors il se dira qu’ils se trouvaient par hasard à l’extérieur quand la régression a eu lieu. »
« G-Ga-in, et si le maire se mettait à tuer les gens qui travaillent à la station, moi y compris ? »
« Il ne le fera pas. C’est un Régresseur. »
« Quoi ? »
Lequel de ceux qui avaient modifié la production du feuilleton était un adepte du Culte du Roi démon ?
Après y avoir réfléchi toute la nuit, Leon laissa échapper un rire sans joie.
« J’aimerais ne rien savoir. »
S’il n’avait rien su, il aurait peut-être utilisé les Agents secrets pour assassiner tout le monde, du réalisateur aux acteurs, en sa qualité de dirigeant de la ville.
Mais Leon en savait assez.
« Aucun de ces gens n’est un adepte du Culte du Roi démon. »
Avant sa régression, il avait envoyé des Agents secrets infiltrer le Culte et identifié la plupart de ses membres.
Personne sur le tournage — ni le réalisateur, ni le scénariste, ni les acteurs, ni les Hauts Agents de l’ordre — n’était un adepte du Culte du Roi démon.
La conclusion était claire.
« Un adepte du Culte du Roi démon les a approchés ? Timothy ! »
« Oui, monsieur le maire. »
« Faites venir les personnes de cette liste d’ici la semaine prochaine. Le prétexte, ce sera… qu’elles ont produit un feuilleton divertissant et qu’on veut leur remettre un prix. »
« Compris. »
« Il va rencontrer l’équipe du feuilleton et les interroger lui-même. Ses subordonnés ne comprendront pas ce qu’est une régression. »
« A-alors ! Je risque de me retrouver seule avec Leon Kadyrov ? »
« Exactement. »
« Alors, je dois l’assassiner ! »
« … »
« … Ce n’est pas ça ? »
« Non. Leon ne fera pas encore confiance à Elena, alors des Agents de l’ordre l’accompagneront. »
— Grincement !
La porte s’ouvrit et une jeune femme aux cheveux blonds éblouissants entra.
« Mademoiselle Elena, j’ai trouvé que Le Typhon emporte tout était particulièrement mémorable, ces derniers temps. »
« Oh ! Je suis honorée que le maire regarde mon feuilleton. »
« Inutile d’être honorée. Au fait, mademoiselle Elena, puis-je vous poser une question personnelle ? »
« Bien sûr. »
« Quelqu’un d’inhabituel vous a-t-il approchée récemment ? »
« … »
« On dirait qu’il s’est passé quelque chose ? »
« M-monsieur le maire… »
« Haha, ne vous méprenez pas. Je sais très bien que mademoiselle Elena n’a rien fait de mal. Les abeilles sont attirées par les fleurs. »
« … Merci. En fait, j’ai rencontré une fille assez étrange, récemment. »
« Elle avait les cheveux noirs ? »
« Quoi ? Comment avez-vous… »
« Ses yeux brillaient comme des saphirs ? »
« Hein ? Non. Si je devais les comparer à une pierre précieuse, elles étaient plus proches des rubis que des saphirs. »
« Vous l’avez donc bien rencontrée. Je ne faisais que vous mettre à l’épreuve. Ne vous inquiétez pas. »
« … »
« Mademoiselle Elena, cette femme est une Apôtre du Culte du Roi démon. »
« Q-quoi ? »
« Écoutez-moi bien. C’est une affaire de la plus haute importance, pour le Paradis comme pour vous, mademoiselle Elena. »
* * *
Au beau milieu de la nuit, une femme quitta seule sa maison.
Elle descendit la rue tout droit, puis tourna brusquement à gauche. Après avoir marché un moment dans cette direction, elle rebroussa soudain chemin.
Après avoir erré de façon aussi désordonnée, elle finit par s’adosser au mur d’une ruelle.
— Toc ! Toc !
« … »
« Tu es venue. »
« Oui. »
« Elena, as-tu réfléchi à ma proposition ? »
« Bien sûr. »
« J’espère que ta réponse me plaira. »
« … »
L’instant d’après, un sifflet retentit à la taille d’Elena.
— Piiiiiiiiii !
« Argh ! Qu’est-ce que… »
Les Agents de l’ordre surgirent de toutes parts tandis que la jeune femme aux cheveux noirs tentait de fuir, le visage stupéfait.
L’issue de sa fuite était déjà décidée.
Les Agents de l’ordre envoyés par le maire avaient encerclé l’endroit où Elena et A-ri avaient convenu de se retrouver depuis le début.
Au moment où les Agents de l’ordre l’emmenèrent de force, A-ri croisa le regard d’Elena.
A-ri articula : « Bien joué. »
« Que dois-je faire après avoir avoué que j’ai rencontré A-ri ? »
« La vendre. »
« Quoi ? Q-qu’est-ce que tu as dit ? »
« A-ri est d’accord aussi, alors ne t’inquiète pas. »
« M-mais, je dois vraiment faire ça ? Il n’y a pas une autre solution… »
« Leon doit te faire sincèrement confiance. Ce n’est qu’à cette condition qu’Elena aura une occasion d’agir. »
Le maire s’approcha d’Elena, qui s’appuyait contre le mur, l’air épuisé.
« Vous avez bien travaillé. Ce sera certainement une grande bénédiction pour l’avenir du Paradis. Et, naturellement, vous m’avez aussi gagné comme protecteur… »
« Monsieur le maire. »
« Oui ? »
« J’ai quelque chose à vous dire. »
« Quelque chose à me dire ? »
Les yeux d’Elena brillèrent.
« Faites-vous confiance aux Agents de l’ordre ? »
Le maire, pris au dépourvu, ne répondit pas tout de suite. Les Agents de l’ordre qui le protégeaient la fusillèrent du regard.
« Hé ! Ce n’est pas parce que vous êtes une actrice populaire que vous pouvez dire n’importe quoi ! Qu’est-ce qui vous fait croire que… »
« Jonathan. »
« Oui ? »
« Elena et moi sommes en train de parler. Qui vous a autorisé à nous interrompre ? »
« … J-je suis désolé. »
« Mademoiselle Elena, je vous en prie, continuez. »
« Je suis désolée. Bien sûr, il n’y a aucune raison de douter de la loyauté des Agents de l’ordre qui protègent la ville. Mais… »
« Mais ? »
« Quand j’ai rencontré quelqu’un du Culte, je veux dire, à l’époque, je ne savais pas que cette personne en faisait partie ! »
« Je le sais. Prenez votre temps et racontez-moi. »
« Quand j’ai rencontré cette personne du Culte, elle a dit qu’ils avaient aussi placé quelqu’un parmi les Agents de l’ordre. Il s’appelait… euh, Cha Jin-cheol ? »
Les yeux du maire s’illuminèrent tandis qu’il regardait Elena.
Le Cha Jin-cheol dont elle parlait était manifestement un traître parmi les Agents de l’ordre.
« Continuez. »
Elena jeta un regard inquiet aux Agents de l’ordre qui les entouraient, puis se tut.
Elle semblait avoir du mal à parler devant eux.
Leon finit par hocher la tête.
« Êtes-vous libre ce soir ? »
« Bien sûr. »
« Ce sera un honneur de dîner avec l’actrice la plus célèbre du Paradis. »
« Merci, monsieur le maire Leon. »
« Pendant que tu vends A-ri, vends aussi Jin-cheol. »
« … »
« Tant qu’à vendre des gens, autant les vendre en gros. Le maire fera alors confiance à Elena. Jin-cheol sera probablement déjà mort d’ici là, alors on ne perdra pas grand-chose. »
* * *
— Elena
Dans l’ascenseur qui s’élevait vers le ciel du Paradis, je me dis :
Nous avions vraiment réussi.
Le « plan d’assassinat du maire » que Ga-in et A-ri avaient élaboré.
J’avais douté que ça puisse marcher, mais nous étions tout près du but.
Dans le détail, le plan était compliqué, mais son principe était simple.
Il n’y avait qu’un seul objectif.
Faire en sorte que moi, Elena Ivanova, j’entre d’une manière ou d’une autre dans le Manoir flottant !
Une fois arrivée au manoir, tout se déroulerait comme prévu.
C’était un endroit où la Raison indomptable ne pouvait pas réprimer nos pouvoirs surnaturels.
Que fallait-il faire pour m’envoyer au Manoir flottant ?
Le maire devait me faire confiance.
Il devait croire que je n’étais pas une adepte du Culte du Roi démon et que je détenais des informations précieuses.
Ce serait encore mieux s’il commençait aussi à soupçonner les Agents de l’ordre.
Nous avions réussi. Nous avions vraiment réussi.
Si le maire avait été quelqu’un d’ordinaire, il n’aurait rien remarqué d’étrange après avoir regardé le feuilleton.
Et même s’il avait repéré l’anomalie, il aurait essayé d’éliminer l’équipe du feuilleton.
Nous l’avions dupé parce que c’était un Régresseur.
Parce qu’il était un Régresseur, il avait remarqué l’anomalie dans le feuilleton et cherché qui se trouvait derrière, au lieu de s’en prendre à l’équipe de production.
— Ding !
« … »
Enfin, j’arrivai au Manoir flottant.
Je sentis mes pouvoirs revenir.
Au moment où je m’apprêtais à libérer mon Imagination sinistre pour en finir d’un seul coup…
— Clic !
Des mitrailleuses surgirent de tous les côtés du manoir et se braquèrent sur moi.
Le système de sécurité du Manoir flottant s’était activé !
« Hein ? »
« … »
Je ne comprenais pas.
Qu’est-ce qui se passait ?
J’entendis alors la voix calme du maire.
« Asseyez-vous. Au moindre geste inutile, vous serez criblée de balles, alors tenez-vous tranquille. »
« … »
« On dirait que vous n’avez pas compris la situation. »
« … »
« Qui a prévu de vous envoyer ici ? »
« … »
« Ce jeune homme ? Ou l’Apôtre du Culte du Roi démon ? Dans les deux cas, celui qui a imaginé ça a l’esprit particulièrement vif. »
À ce moment-là, je dus me rendre à l’évidence.
Le maire avait percé notre plan à jour.
Depuis le début ? Non.
S’il l’avait compris depuis le début, il ne m’aurait jamais menée aussi loin.
Il s’en était rendu compte en cours de route. Quand ?
Avais-je commis une erreur dans l’ascenseur ?
« J’aimerais vous poser une question. Je voudrais que vous me répondiez franchement. »
« Laquelle ? »
« Qu’aviez-vous l’intention de faire ? Vous comptiez me tuer ici ? »
« … Et si c’était le cas ? »
« Et après m’avoir tué ? »
J’avais de plus en plus mal à la tête.
Je ne comprenais pas où le maire voulait en venir avec ses questions.
« Qu’est-ce que vous essayez de dire… »
« Pfiou… »
Il poussa un soupir las.
« Vous ne savez rien. Vous êtes comme une pièce d’échecs. Est-ce que l’ami qui joue aux échecs sait quelque chose ? Ou est-il pareil ? »
« De quoi vous parlez ? Vous n’arrêtez pas de dire des choses étranges. »
« Ça suffit. J’ai apprécié le feuilleton. Je vous tuerai sans vous faire souffrir. »
En voyant le maire faire un geste désinvolte en direction du système de sécurité, je me dis :
Très bien, je l’admets.
Je ne comprends rien à tout ça, mais vous êtes vraiment très malin, monsieur le maire.
Ga-in et A-ri sont très malins aussi, mais je vois que vous ne leur êtes pas inférieur.
Je l’admets !
Vous êtes plus intelligent que moi.
Mais.
Leon Kadyrov avait négligé un détail.
En tant qu’habitant du monde des « humains ordinaires » créé par la Raison indomptable, il avait forcément succombé à ce piège.
— Raaaaah !
Au milieu des vagues dorées qui déferlaient, je vis la stupeur envahir les yeux du maire arrogant.
« C’est pour ça que tu aurais dû chérir ta fille. »
À partir du moment où j’étais arrivée ici, le maire n’avait plus aucune chance de renverser la situation.
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