Chapitre 407
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 406 : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours » (8)
──────
— Kim Cat
« Nous aussi, nous allons nous battre. »
À peine avais-je pris ma décision que les croyants autour de moi se levèrent, le sourire aux lèvres.
Bientôt, tous les membres de la secte, des dirigeants aux simples fidèles, s’armèrent et rejoignirent les manifestants.
À vrai dire, je n’avais pas le choix.
J’avais beau occuper la prestigieuse fonction d’Apôtre, je ne pouvais pas faire fi de l’opinion publique au sein de la secte.
La secte avait subi pendant de longues années la répression brutale du régime Kadyrov.
Pour ses membres, la révolution était une tentation irrésistible.
Dès que tout le monde se mit à crier et à prendre la direction du champ de bataille, je m’éclipsai discrètement.
« Apôtre ? »
Elle a l’œil, dis donc.
« Je vais chercher d’éventuels Agents secrets que Kadyrov aurait infiltrés. »
« J-je vois ! Je vous fais confiance ! »
Me faire confiance pour quoi ?
Je suis juste en train de me barrer.
J’évitai la foule en colère et traversai la ville par les souterrains.
J’avais déjà emprunté ce chemin plusieurs fois. Je le connaissais par cœur, au point de pouvoir le suivre les yeux fermés : il menait à l’extérieur du Paradis.
Pourquoi sortir du Paradis alors qu’il y avait tant d’autres endroits où aller ?
J’avais mes raisons.
— Crrr…
Je poussai la porte extérieure de la ville et sortis.
De l’air frais et de l’herbe tendre.
Le paysage était assez agréable pour me rappeler un parc national, si je poussais un peu la comparaison.
« Un, deux ! »
Je comptai à voix haute, bougeai légèrement les pieds et réglai ma respiration.
« Ouf… Pourvu que je ne tombe pas cette fois. »
Quand nous avions reçu les bottes ailées, nous nous étions posé la question.
Puisque les chaussures produisaient une poussée comme des moteurs, est-ce que notre corps n’allait pas simplement s’envoler à la verticale ?
Très vite, mes compagnons se mirent à tournoyer dans les airs, les pieds seuls pointés vers le ciel.
Pour éviter ça, il fallait incliner les deux pieds en diagonale…
…
Bref, peu importe le principe. Ce qui comptait, c’était que c’était d’une difficulté absurde.
En tant qu’agent du Bureau de gestion, j’étais plus douée que la plupart des gens pour me servir d’objets surnaturels.
Même pour moi, les bottes ailées étaient incroyablement difficiles à manier, et personne d’autre que moi n’avait réussi à voler.
— Tac !
Dès que je pris appui au sol et activai les bottes, les deux chaussures se mirent à produire une puissante poussée dans un bruit sec.
Les dents serrées, je tordis les pieds dans tous les sens de toutes mes forces pour garder l’équilibre.
— Ffffou !
Enfin, mon corps fendit l’air comme une flèche.
Tandis que les manifestants et le régime Kadyrov mettaient la ville sens dessus dessous, je la dépassai en volant et me servis des bottes ailées pour rejoindre le point culminant du Paradis.
Enfin, le Manoir flottant de Leon Kadyrov apparut devant moi.
C’était ça, mon plan !
Pendant que le maire affrontait les manifestants en ville, je devais faire irruption dans son manoir, sa base, et découvrir ce qu’il cachait.
Même en y repensant, c’était un plan génial.
« … Hein ? »
En arrivant au Manoir flottant, je compris que les choses ne s’étaient pas passées comme prévu.
D’après mon plan, j’étais censée fouiller seule une maison vide !
Il y avait deux personnes à l’intérieur du manoir, dont une compagne que je connaissais bien trop.
Puis, quelque chose de stupéfiant se produisit.
« … »
Il semblerait que j’aie découvert le plus grand secret du Paradis.
* * *
— Yoo Song-i
« Si vous le tuez, je me tuerai aussi ! »
À peine ces mots incroyables eurent-ils jailli de ma bouche que le monde s’immobilisa.
Leon Kadyrov, les Agents de l’ordre autour de nous, Ga-in derrière moi et même moi, nous étions tous sous le choc !
« Aïe ! »
Quand je poussai un cri de surprise, Ga-in me souffla derrière moi :
« C-calme-toi ! Calme-toi ! »
Comment voulais-tu que je me calme dans une situation pareille ?
La première chose que j’avais entendue en arrivant sous terre, c’était : « Song-i et moi nous sommes promis un avenir ensemble. »
Un peu plus tard, le maire se couvrit le visage des deux mains et marmonna :
« Mon enfant… »
« … »
« Qu’est-ce qui t’est arrivé ? »
« Le d-destin ? »
Ah ! C’était gênant, ça aussi !
« Le destin… »
Je n’avais pas le choix.
Tu connais l’expression : une fois monté sur le dos d’un tigre, impossible d’en descendre ?
Là, il fallait que je débite n’importe quelle absurdité sur des fiançailles ou un mariage pour sauver Ga-in d’abord.
« Nous sommes fiancés ! »
Le maire ouvrit et referma la bouche un long moment avant de parvenir à parler.
« Si tu dis ça parce qu’il est beau pour un citoyen de quatrième classe, je peux te présenter plusieurs acteurs. »
…
Oh ! Pendant un instant, j’imaginai un groupe de beaux garçons autour de moi.
« C-ce n’est pas ça ! »
Alors, arrêtez de me faire dire des choses aussi gênantes.
C’était si difficile de dire : « Je vous épargne pour l’amour de ma chère Song-i » ?
Le maire marmonna d’un air las :
« Le cœur humain est vraiment incompréhensible. Oui, on ne peut pas maîtriser ses émotions à sa guise. »
« … »
« Même en tant que père, j’ai du mal à maîtriser les élans du cœur de ma fille. »
Avais-je réussi à le convaincre, d’une manière ou d’une autre ?
À cet instant, le plafond trembla et un cri assourdissant retentit.
— Wouaaaaah !
C’était l’Armée citoyenne.
Les Agents de l’ordre tentèrent de les arrêter, mais ils étaient beaucoup trop nombreux : impossible de tenir la ligne !
« … »
Soudain, quelque chose me parut étrange.
Mais au juste, qu’est-ce qui se passait ?
Si l’Armée citoyenne faisait irruption, Leon Kadyrov pouvait très bien se faire démembrer vivant.
Et pourtant, malgré cette crise immense, Leon ne semblait pas particulièrement tendu.
Il se contenta de prononcer une phrase, l’air épuisé :
« Je ne peux plus repousser ça. Je dois faire ce qui doit être fait. »
« … Papa ? »
« Song-i. Rentrons à la maison, pour l’instant. »
« Pourquoi tout à coup… »
« Je vais épargner ce garçon cette fois, comme tu le souhaites. Mais tu comprendras bientôt, toi aussi. »
Qu’est-ce que le maire voulait dire ?
« Je vais te montrer à quel point l’“amour” dont tu parles est dérisoire. »
Le maire fit ligoter Ga-in par les Agents de l’ordre, qui le jetèrent par terre, puis m’emmena au Manoir flottant, au sommet du Paradis.
* * *
Je regardai la ville par la fenêtre du manoir.
Une foule immense grouillait en contrebas comme une colonie de fourmis.
À cet instant même, ils incendiaient la ville et cherchaient le maire.
« C’est ridicule. »
« … »
« Ils croient vraiment que toutes leurs souffrances disparaîtront s’ils me tuent. Qu’en penses-tu ? »
« … »
« Tu comptes continuer à éviter de répondre ? »
« Je n’évite pas la question. Je ne sais juste pas quoi dire. »
« … »
Le maire se promenait tranquillement dans le manoir et regardait par la fenêtre.
Même la ville en flammes, pareille à un volcan en pleine éruption, ne semblait à ses yeux qu’un spectacle.
Puis le maire marmonna avec amertume :
« J’aimerais que ce soit vrai. »
« Pardon ? »
« Si la mort suffisait à mettre fin aux souffrances de la ville, je mourrais volontiers. »
« … »
Ces mots ne ressemblaient pas au Leon Kadyrov que je connaissais.
Non.
Du moins, je n’étais pas celle qui aurait dû dire ça.
Peut-être que Leon Kadyrov avait toujours été comme ça.
« Le problème, c’est que rien ne changerait, même si je mourais. Seule la personne chargée de remplir mon rôle changerait. »
« Quel est le rôle de papa ? »
Le maire tourna les yeux vers moi.
Son expression était complexe, et je ne l’avais jamais vu ainsi.
« Je vais te le montrer. »
Alors, il sortit une petite pièce de ses vêtements.
« Une pièce ? »
« … »
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Il y a bien longtemps, quand cette ville a été fondée… »
« … »
« C’était un trésor que le Progéniteur avait confié à la famille Kadyrov. »
Un trésor que le Progéniteur avait confié à l’ancêtre de la famille Kadyrov.
« Il possède un pouvoir équivalent à celui de la Raison indomptable, sous terre. »
Un Héritage, un objet de même rang que la Raison indomptable.
Un autre Héritage.
« Je l’appelle Encore une chance. »
— Ting !
La pièce tournoya une fois dans les airs.
« Accordez-nous encore une chance ! »
Le paysage autour de nous se mit à changer à une vitesse incroyable.
Les citoyens reculèrent à toute allure vers les usines.
Les voitures de police roulèrent à reculons en direction du quartier général des Agents de l’ordre.
Les flammes s’éteignirent en un instant, et tous les décombres des bâtiments effondrés reprirent leur place.
Les blessés se relevèrent là où ils étaient tombés et reculèrent ; même les cadavres se remirent debout comme si rien ne s’était passé.
Le temps de tout le Paradis, à l’exception du Manoir flottant, remontait à l’envers.
Leon Kadyrov était un Regressor.
Il possédait un Héritage qui faisait reculer le temps au Paradis.
Tandis que je tremblais de tout mon corps à cette révélation stupéfiante, une voix douce s’adressa à moi :
« Mon enfant, comprends-tu maintenant ? »
« … »
« Comprends-tu à quel point l’“amour” dont tu parlais est futile ? Ce jeune homme qui disait être fiancé avec toi ne se souviendra même plus de toi. »
« … »
« Telle est la tâche qui nous incombe, à nous qui dirigeons cette ville. Par conséquent, toi aussi… »
À l’instant suivant, la pièce qui tournoyait dans les airs émit une étrange lueur.
Alors, le temps de Leon Kadyrov se mit lui aussi à remonter vers le passé.
« Q-quoi ? J’ai pourtant exclu le Manoir flottant de la zone touchée par la régression… »
Le maire semblait ne pas comprendre pourquoi l’Héritage agissait soudain ainsi, mais moi, je compris.
Encore une chance avait détecté une anomalie chez son propriétaire.
« … »
Le temps de Leon Kadyrov retourna dans le passé.
L’amour pour sa fille qui illuminait ses yeux s’effaça.
Le cœur humain, façonné par la chaleur de l’amour, redevint l’esprit d’acier d’un dictateur de glace.
Le pouvoir extraordinaire que m’avait accordé l’Hôtel, l’Être aimé, se brisa.
La malédiction de l’amour, qui avait fissuré l’âme du maire, fut annulée.
« … Je comprends. »
Son ton n’avait plus rien à voir avec celui d’un instant plus tôt : c’était celui d’un homme à la volonté de fer, d’un rationaliste extrême qui considérait chaque être humain, lui compris, comme un rouage.
Le maire tourna les yeux vers moi.
« J’ignorais que tu possédais un tel pouvoir. »
« … »
Je ne pouvais rien faire.
Encore une chance maîtrisait à chaque instant le temps du maire et le protégeait.
« Je ne t’en veux pas. Aimer quelqu’un n’a pas été une mauvaise expérience. »
— Clic !
Quand le pistolet dans la main de ce faux père fut braqué sur moi, je n’avais pas peur de mourir. Mais je ne savais pas si ceux qui resteraient derrière moi pourraient le supporter.
Les chaînes qui retenaient le maire avaient cédé.
Une épreuve bien plus difficile les attendait.
— Bang !
Juste avant de perdre connaissance, je vis A-ri, la bouche grande ouverte, qui me regardait par la fenêtre.
Ça me rassura un peu.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 268 (+36)
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
— Clang ! Clang !
« Rah… C’est déjà le matin ? »
« J’ai l’impression de m’être endormi à l’instant. »
« Putain ! On dort vraiment pas assez… »
Citoyen de quatrième classe Paulo, blasphème détecté.
…
J’étais crevé à en mourir.
Je n’avais dormi que quatre heures la nuit dernière.
« Rassemblement ! Rassemblement ! »
À cet appel, la terrible rééducation par le travail de la journée commença.
Je maniai une pioche dans la mine et traitai le minerai que j’en extrayais.
Quand j’étais sur le point de m’effondrer d’épuisement, j’avalai un bol de bouillie de maïs claire, puis redescendis plus profondément dans la mine de charbon.
Je subis cette routine infernale toute la journée.
…
Après avoir fini le travail du soir et être rentré, je pris le temps d’y réfléchir.
Qu’est-ce qui se passait, bordel ?
Pourquoi m’avait-on largué dans cette ville horrible pour me traiter comme un demi-esclave ?
Les mots-clés que la Révélation des secrets célestes avait donnés pour la Chambre 206 étaient les suivants :
« Un combat à trois camps, un grand classique de la fiction ; vérifie souvent la date. »
Quel rapport avec cette réalité de merde ?
Qui étaient les trois camps, quel était ce grand classique, et la date…
La date ?
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>