Chapitre 406
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 405 : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours » (7)
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— Kim A-ri
« Nous devons rejoindre la manifestation ! »
« C’est notre chance, non ? Celle de renverser le faux Paradis créé par le Progéniteur… »
Les flammes de la révolte qui balayaient la ville gagnèrent aussi le Culte du Roi démon.
Le Culte avait toujours été hostile aux dirigeants de la ville.
L’ennemi de mon ennemi est mon allié ; du point de vue du Culte, se joindre aux manifestants était donc une idée raisonnable.
Mais qu’en était-il de moi ?
Je réfléchis soigneusement.
Pourquoi Ga-in provoquait-il tout ce chaos, et que devais-je faire ?
…
Une fois dans la chambre 102, puis une autre fois lors de notre première tentative dans la chambre 104.
J’avais déjà traversé de nombreux scénarios alors que nous n’étions plus que tous les deux dans l’hôtel.
C’est pour cela que je pouvais vaguement deviner ses intentions.
Plonger toute la ville dans le chaos pour laisser ses compagnons agir librement.
Et, ce faisant, mettre au jour naturellement les secrets que leurs ennemis avaient dissimulés.
Voilà quel était son objectif.
Alors, que devais-je faire ?
— Tac !
« Oh ! Apôtre Kim A-ri, qu’en pensez-vous ? »
Je pris ma décision.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 264 (+33)
Emplacement actuel : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Au moment où je m’effondrai, l’ordre de la ville s’écroula.
Peu après, les habitants furieux formèrent l’Armée citoyenne et se mirent à chasser les Agents de l’ordre, s’emparant des principaux bâtiments administratifs du Paradis.
J’observai la scène un moment, puis me relevai tranquillement et époussetai mes vêtements. Drôle de détail : que je me relève ou non, l’Armée citoyenne ne ralentissait pas sa progression.
Après tout, ce chaos n’avait pas éclaté à cause de moi seul.
Quoi qu’il en soit, les cadavres s’amoncelèrent comme des montagnes.
Était-ce pour cela ?
Jin-cheol, que l’Armée citoyenne en colère avait capturé et qui aurait été exécuté sur-le-champ sans mon intervention, affichait un air tourmenté.
« Ga-in, fallait-il vraiment en arriver là ? C’était le seul moyen de provoquer les gens au pouvoir ? »
« … »
La première réponse qui me vint à l’esprit fut : Pourquoi es-tu encore comme ça ?
Ce n’était pas notre premier jour à l’hôtel. Se souciait-il encore autant de la vie des PNJ ?
Bien sûr, lui dire ça n’aurait fait que le provoquer pour rien.
Contrairement aux PNJ, c’était un véritable compagnon. Je devais faire attention à ses sentiments.
Je lui servis donc une réponse qu’il pourrait accepter.
« Jin-cheol, tu ne crois pas que tout ça était inévitable ? »
« Inévitable ? »
« Au fond, ces gens se battent seulement contre un dictateur. Leur ressentiment s’accumule depuis des décennies, au bas mot. Ce qui s’est passé à la mine n’a été que le déclencheur. »
« … »
« Si la révolution est mauvaise, alors ils devraient continuer à travailler comme des esclaves sous les ordres de Leon Kadyrov jusqu’à leur mort ? »
« C-Ce n’est pas ce que je voulais dire. »
Au bout du compte, Jin-cheol accepta ma réponse et n’insista pas.
Alors que les combats entre l’Armée citoyenne et les Agents de l’ordre devenaient de plus en plus violents et incontrôlables, la réaction que j’attendais finit par arriver.
Le dirigeable de Leon Kadyrov, l’homme qui détenait tous les secrets de la chambre 206, apparut.
« Citoyens, je vous prie de garder votre calme. Comme le Progéniteur serait affligé s’il apprenait ce qui s’est passé aujourd’hui ! La violence ne résout rien. »
« Leon Kadyrov ! Démissionnez ! »
« Démissionnez ! »
Des cris réclamant sa démission fusèrent de toutes parts.
« J’ai entendu votre demande de me voir démissionner. Mais avant cela, j’aimerais connaître votre avis. Je vous sers depuis plus de trente ans. Accordez-moi la chance de discuter avec vous. »
Jin-cheol pencha la tête en écoutant le discours.
« Il est plus poli que prévu, non ? »
« Ouais. Je m’attendais plutôt à entendre : “Réactionnaires ! Je vais vous écraser avec des chars !” »
« Les choses se sont un peu calmées aussi, tu ne trouves pas ? »
« … »
Comme il le disait, le chaos dans la ville commença peu à peu à s’apaiser.
Même les habitants agités trouvaient les paroles de Leon Kadyrov convaincantes.
À bien y réfléchir, c’était logique.
Si le problème pouvait se régler par le dialogue, tout le monde n’y gagnerait-il pas ?
Et puis…
Un événement inattendu se produisit.
« Han Ga-in, je sais que vous êtes toujours en vie. Pourriez-vous venir par ici ? »
Il m’appelait tout à coup ?
Ma surprise ne dura qu’un instant. Autour de moi, les membres de l’Armée citoyenne tournèrent naturellement les yeux vers moi.
« … »
« G-Ga-in ! Kadyrov vous appelle. »
« … »
« Si vous pouviez lui faire comprendre les épreuves qu’on nous a fait subir… »
Quoi qu’on en dise, j’avais déclenché la révolution qui secouait maintenant la ville.
J’étais donc devenu un personnage célèbre et un symbole.
Je ne pouvais pas refuser l’offre de Kadyrov.
* * *
Kadyrov se tenait sur une estrade drapée de rouge, entouré des Agents de l’ordre qui lui obéissaient.
« … »
« Alors, c’est vous, Ga-in. J’ai beaucoup entendu parler de vous ces derniers jours. »
« … »
« Ah, vous avez aussi rencontré Song-i il y a quelques jours, n’est-ce pas ? »
« Oui. »
« C’est regrettable. Song-i m’a dit que vous n’étiez pas si dangereux… »
« … »
« Enfin, ma fille est jeune. Elle a encore beaucoup à apprendre sur ce genre de choses. »
Des dizaines de caméras étaient braquées sur moi.
Plusieurs centaines de milliers de personnes, si ce n’était davantage, regardaient ma conversation avec Leon.
Je devais commencer par dire quelque chose de plausible.
« Monsieur le maire, à votre avis, qu’est-ce qui a provoqué cette situation ? »
« … »
« Si vous croyez que tout est de ma faute, vous vous trompez lourdement. Le ressentiment des citoyens de quatrième classe s’est accumulé au fil des ans… »
« Ça n’a aucune importance. »
Quoi ?
Qu’est-ce qui clochait chez ce salaud ?
Il ne savait pas combien de gens écoutaient cette conversation ?
« Les révoltes éclatent quand leur heure est venue. Inutile d’examiner chaque raison une par une. »
« Vous avez dit vouloir discuter… »
« Je n’ai dit ça que pour vous faire venir de votre plein gré. Assez de ces bêtises ennuyeuses. Saisissez-le ! »
À peine Leon Kadyrov eut-il crié que plus de dix Agents de l’ordre se précipitèrent sur moi.
Privé de tous mes pouvoirs surnaturels, je n’avais aucun moyen de résister.
* * *
Qu’est-ce qui se passait, bon sang ?
Même tandis que les hommes de Kadyrov m’emmenaient de force, je ne comprenais pas la situation.
Je ne m’étais pas avancé à la légère, tout à l’heure.
J’étais venu parce que je faisais confiance à l’Armée citoyenne, assez puissante pour renverser la ville, et aux centaines de caméras braquées sur moi.
Même un dictateur complètement fou aurait normalement dû faire preuve d’un minimum de retenue face à des citoyens furieux et aux caméras.
Même s’il voulait me tuer, il aurait en principe organisé ma mort en secret, en la faisant passer pour un accident.
Mais il m’emmenait ouvertement de force devant tout le monde ?
J’aurais parié mes deux mains que la guerre avait déjà repris dans la ville.
Cet homme agissait comme s’il n’avait pas à se soucier des conséquences.
Je connaissais des gens qui se comportaient exactement comme Leon Kadyrov en ce moment.
* * *
Les hommes de Kadyrov m’emmenèrent loin sous la ville, où trois personnes m’attendaient.
C’étaient Eun-sol, Grand-père Mook-seong et le docteur.
Han Ga-in, Lee Eun-sol, Kim Mook-seong, Kim Sang-hyeon.
Rien qu’en regardant la liste, je pouvais deviner pourquoi on les avait amenés ici.
Tous trois, contrairement à moi, m’avaient transmis des informations confidentielles.
Si l’Armée citoyenne n’avait pas capturé Jin-cheol, ils l’auraient amené lui aussi.
« Vous êtes vraiment incroyables, vous autres. »
Kadyrov regarda Eun-sol, Grand-père Mook-seong et le docteur d’un air amusé.
« Deux citoyens de deuxième classe et un Agent de l’ordre. Vous êtes plutôt bien lotis, dites donc. »
Eun-sol esquissa un sourire amer.
« Je me doutais qu’on finirait par se faire prendre, mais c’est bel et bien arrivé. »
« Commissaire Lee Eun-sol, vous vous permettez de parler familièrement, maintenant ? “On a fini par se faire prendre”, vraiment ? »
« … »
« C’est vraiment absurde. Qu’est-ce qui pouvait bien vous déplaire ? Voilà pourquoi gouverner une ville est si difficile. »
Un peu plus tard, les quatre « réactionnaires » furent ligotés et emmenés dans un endroit étrange.
« Qu’est-ce que c’est que ça… ? »
— Boum !
« Qu’est-ce que c’est ? »
— Boum !
Une masse de lumière, d’un blanc aveuglant, pulsait à intervalles réguliers comme un cœur.
Leon Kadyrov prit la parole.
« J’ai une bonne nouvelle pour vous, réactionnaires. »
« … »
« Vous êtes des déchets irrécupérables. Des traîtres qui ne méritent pas de rester en vie. Mais le Progéniteur a créé un miracle remarquable. »
« … »
« Le Progéniteur a accordé même à des insectes comme vous une dernière chance de servir la ville. »
Servir la ville ?
Tandis que je restais là, perplexe, Grand-père Mook-seong lança d’une voix rude :
« Le Fourneau des âmes ! Non, la Raison indomptable ! »
Tout le monde se tourna vers lui.
« Putain ! Ces salauds vont nous offrir en sacrifice à la Raison indomptable ! »
Le maire fronça les sourcils et donna un ordre.
« Comment avez-vous… Tss ! Jetez-le dedans ! »
Les Agents de l’ordre saisirent aussitôt Grand-père Mook-seong par le col et le jetèrent vers la masse lumineuse.
Son corps se dispersa en un instant comme des grains de sable, puis fut absorbé par la Raison indomptable.
Peu après, Eun-sol et le docteur moururent à leur tour, sans pouvoir résister.
Le maire s’avança vers moi, l’air moqueur.
« Alors ? Rien à dire ? »
« … »
« Vous aviez l’air d’avoir la langue bien pendue à la télé. Allez, dites au moins quelques derniers mots avant de partir. »
« … »
« Ha ha ! On dirait que la mort vous coupe la voix quand elle se trouve juste devant vous, mon ami. »
Je réfléchis.
Comment pouvais-je survivre à cette situation ?
Tous mes pouvoirs surnaturels étaient scellés.
La pièce était remplie d’Agents de l’ordre musclés, dont chacun pouvait à lui seul me maîtriser.
Mes compagnons étaient morts sans avoir pu opposer la moindre résistance.
— Crac !
« A-Attendez ! Mademoiselle ! »
Un grand tumulte éclata de l’autre côté.
Les Agents de l’ordre, qui m’avaient paru invincibles, se montraient désemparés et impuissants face à une seule fille.
Le visage de Leon Kadyrov se déforma.
« Pourquoi ne l’arrêtez-vous pas ? Qui a raconté des choses inutiles à cette fille… »
À cet instant précis, ma bouche bougea toute seule.
« Beaaau-pèèère ! »
Le monde s’arrêta.
Les Agents de l’ordre, l’air sinistre, et le maire, furieux.
Tout le monde me dévisagea comme si un marteau venait de les frapper.
« Q-Q-Q-Q-Qu’est-ce que vous racontez tout à coup… »
« Monsieur ! Monsieur Leon ! Song-i et moi nous sommes promis un avenir ensemble ! »
« Q-Quelles conneries vous débitez, espèce de malade… ! »
« Regardez ! Pourquoi votre fille serait-elle venue jusqu’ici pour me sauver, sinon ? »
Alors que le maire restait bouche bée, chancelant, je m’empressai de crier :
« Beau-père ! C’est vous qui avez arrangé mon rendez-vous avec Song-i il y a quelques jours, non ? »
« Quand est-ce que j’ai fait ça ?! »
« Ce rendez-vous a été un moment inoubliable pour nous deux, pour le reste de nos vies. »
« Espèce d’enfoiré… »
« Ce jour-là, Song-i et moi avons longuement parlé et nous nous sommes promis un avenir ensemble. Au fait, saviez-vous que Song-i a un grain de beauté en forme de cœur sur l’épaule droite… »
« Tuez-moi ce fils de pute tout de suite ! Non, je vais le brûler vif moi-même ! »
J’avais peut-être été trop loin en parlant de son grain de beauté.
J’aurais dû m’en tenir à dire qu’on était fiancés…
« Merde ! »
« Mademoiselle ! »
Song-i finit par se frayer un chemin parmi les Agents de l’ordre et apparut devant moi.
Même Leon Kadyrov ne put l’arrêter tandis qu’elle fonçait comme une laie furieuse.
Enfin.
Song-i, la fille du maire, la deuxième personne la plus importante de la ville, ma sauveuse.
Elle se plaça devant moi.
« Si vous tuez cet homme, je me tue aussi ! »
La pièce se figea de nouveau.
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