Chapitre 405
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel mystérieux ◈
Épisode 404 : Chambre 206, salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours » (6)
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- Park Seung-yeop
« Non, non ! Espèce d’idiot, combien de fois faudra-t-il que je te l’explique ? Je t’ai dit de tirer le levier trois vers toi tout en le poussant ! Ne compte même pas dîner ce soir ! »
L’homme baraqué s’emporta et bouscula le garçon décharné.
Le garçon tomba comme un fagot de paille et trembla, incapable de protester.
La vie à l’orphelinat Little Hope, où grandissaient les enfants orphelins de quatrième classe, était d’une brutalité sans nom.
Pour le dire gentiment, c’était une formation professionnelle dès le plus jeune âge. Pour le dire moins gentiment, c’était de la maltraitance infantile.
C’était rageant.
Impossible de s’échapper, impossible de récolter des informations.
Pourquoi l’Hôtel m’avait-il attribué un rôle aussi impuissant ?
…
Je crois que je commençais à comprendre.
C’était à cause de cette fille.
« Ouin ! »
« Peter, montre-moi ton genou. »
« May… »
Il y avait à l’orphelinat une fille qui s’appelait May. Elle avait environ trois ans de plus que moi.
Elle faisait donc plus ou moins office de nounou auprès des plus jeunes.
Bien sûr, ce n’était pas la seule raison pour laquelle je m’intéressais à elle.
Elle n’était même pas aussi jolie qu’A-ri ou Mi-ro.
« Et voilà ! Tu n’as plus mal, hein ? »
« Oui ! »
May caressa sa blessure une fois, et celle-ci disparut comme si elle n’avait jamais existé.
Les enfants, qui n’y connaissaient rien, se contentèrent de rire, mais moi, je n’y arrivais pas.
C’était clairement un pouvoir surnaturel.
Jusque-là, ça allait.
J’avais vu d’innombrables pouvoirs surnaturels en gravissant les étages de l’Hôtel.
Ce qui était vraiment étrange, ce n’était pas que ce pouvoir existe, mais qu’elle puisse s’en servir.
La Raison indomptable avait neutralisé ma bénédiction et la Boîte des âmes. Comment cette fille pouvait-elle donc utiliser seule un pouvoir de guérison ?
« Seung-yeop, arrête de la regarder comme ça. »
« … »
J’avais sans doute été trop évident ces derniers jours.
Dans ces moments-là, je regrettais de ne pas savoir jouer la comédie aussi bien que Ga-in.
* * *
Au beau milieu de la nuit, quelqu’un me secoua doucement pour me réveiller.
« Tu veux sortir ? »
« … »
May me conduisit sur le toit de l’orphelinat.
« Mais qu’est-ce que… »
« Hum ? »
« Qu’est-ce que tu as fait ? Où sont passés le directeur et les professeurs ? »
« J’ai fait en sorte qu’ils s’endorment un peu plus tôt ce soir. »
« … »
May resta longtemps sur le toit, silencieuse, à sentir le vent.
« Il y a parfois des enfants comme toi. »
« … »
« Méfiants, et étonnamment perspicaces. »
« Tu utilises ouvertement tes pouvoirs surnaturels. Est-ce que ça change vraiment quelque chose qu’on soit perspicace ou non ? »
« Seung-yeop, le directeur et les professeurs ne se sont rendu compte de rien. À ton avis, qu’est-ce que ça signifie ? »
Je fus pris au dépourvu.
À bien y réfléchir, cette fille utilisait ses pouvoirs surnaturels sans se soucier de la présence d’un professeur à côté d’elle.
Pourquoi les adultes n’étaient-ils au courant de rien ?
« C’est normal de ne pas savoir. La plupart des gens l’ignorent. C’est toi qui es différent. »
« Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? »
« Voyons voir. Te tuer pour que tu ne racontes rien ? »
Je ne parvins soudain plus à respirer et levai les yeux vers elle.
May souriait, les lèvres relevées. Ce n’est qu’alors que je compris qu’elle plaisantait.
« T-tu m’as fait peur ! »
« Tu iras probablement dans un autre orphelinat. »
« … »
Mais qui était cette fille ?
Une chose était sûre.
Si je m’étais réveillé dans cet orphelinat, c’était pour en apprendre davantage sur elle.
May marmonna alors, l’air troublé.
« Parfois, j’ai pitié de vous tous. »
« Quoi ? »
« Le monde est trop cruel. »
« De quoi tu parles ? »
« Écoute. J’ai fait de mon mieux pendant très longtemps. »
« … Tu dois être plus âgée que tu en as l’air. »
« C’est ça. Bref, j’ai fait tout ce que je pouvais pour améliorer les choses. »
« … »
« Mais… quand j’ai regardé en arrière, le résultat était atroce. Je voulais rendre tout le monde heureux, et j’ai fini par créer l’enfer. »
« Pourquoi ? »
« Bonne question. Ma réponse, c’est : “Je ne sais pas.” »
« Tu ne sais pas ? »
« Vraiment pas. Est-ce que mes choix étaient mauvais ? Même après tout ce temps, je n’ai pas réussi à trouver ce qui clochait. »
« … »
« Même si j’ai fait les bons choix la plupart du temps, on en est quand même arrivés là… Était-ce notre destin de finir comme ça ? »
Après ces mots, May disparut comme une bulle qui éclate.
Je crus comprendre ce qu’elle était.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 264 (+32)
Emplacement actuel : Chambre 206, salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite après cent jours »
Conseil du Sage : 3]
- Han Ga-in
Trente-deux jours.
C’était le temps que j’avais passé dans la chambre 206.
Dans la plupart des salles maudites, le Prisonnier aurait déjà détruit le monde quinze fois pendant ce laps de temps. Pourtant, celui de la chambre 206 n’avait pas encore daigné se montrer.
En revanche, la situation politique de la ville s’envenimait peu à peu.
Des manifestations sporadiques de travailleurs de quatrième classe avaient éclaté un peu partout, et j’étais discrètement devenu l’un de leurs points de ralliement.
Il suffisait de voir les journalistes de différents médias venir me rencontrer en secret tous les jours pour en être certain.
« Les Agents de l’ordre sont en ébullition, ils veulent t’attraper, Ga-in. »
Je savais déjà ce que le Docteur voulait dire.
« Ça va. Je reçois tous les jours des informations sur ces Agents de l’ordre. »
« Ha ha ! Jin-cheol et l’agent font bien leur travail, on dirait. »
« Eun-sol nous aide aussi. »
Le Docteur faisait partie des agents de deuxième classe qu’on surnommait les griffes fidèles de Leon Kadyrov.
Bien sûr, cette « griffe » venait me voir en secret et me transmettait chaque information.
« Tu sais comment Kadyrov fait pour tenir le Paradis d’une main de fer ? »
« Tu veux dire la “Vaporisation”, c’est ça ? »
« Exactement. C’est une punition encore plus terrifiante que la peine de mort. »
« La Vaporisation. »
1984 de George Orwell évoquait une notion effroyable appelée « vaporisation ».
Il ne s’agissait pas simplement de tuer quelqu’un, mais de l’effacer : toutes les traces de son existence disparaissaient. C’était un puissant moyen pour Leon Kadyrov de gouverner la ville par la peur.
« Mais cette Vaporisation est très étrange. »
« Comment ça ? »
« Il y a eu environ trois cas au cours des dix dernières années. Tous ceux qui s’en souviennent disent que les personnes vaporisées ont disparu d’un coup. »
« Disparu d’un coup ? »
« Oui. Elles disparaissent en pleine rue ou pendant qu’elles mangent. Et dès que quelqu’un disparaît ainsi, toutes les traces le concernant s’effacent, à commencer par son acte de naissance. »
« … Ce n’est donc pas une manœuvre politique ordinaire. »
« Absolument pas. C’est une sorte de pouvoir surnaturel. Le problème, c’est que ça arrive même quand la Raison indomptable est active. »
J’étais un peu perplexe, mais la mention d’un pouvoir surnaturel me rappela quelque chose.
« Récemment, Song-i m’a invité au Manoir flottant de Kadyrov. »
« Tu as rencontré Leon ? »
« Non. J’ai seulement vu Song-i. »
À l’époque, Song-i m’avait demandé pourquoi je faisais tout ça, puis m’avait fait une proposition importante.
« Elle m’a dit de prendre possession du corps de Leon. »
« Ça semble être une option intéressante. Pourquoi as-tu refusé ? »
« Ce n’est pas un philosophe reclus. C’est le maire. Il passe plus de la moitié de sa journée dans la ville, non ? »
« Ah ! »
« Dès qu’il descend en ville et que la Raison indomptable s’active, la Possession risque de prendre fin. »
« C’est effectivement un sérieux problème. »
« Exactement. Mais Song-i m’a appris quelque chose d’intéressant. Elle m’a dit que la famille Kadyrov possédait un pouvoir surnaturel transmis de génération en génération. Seul le chef de famille peut s’en servir. »
« Un pouvoir surnaturel transmis au sein d’une famille ? »
« Oui. C’est grâce à ce pouvoir que Leon Kadyrov et Song-i vivent tout en haut du Paradis, au-delà de la zone où la Raison indomptable neutralise les phénomènes surnaturels. »
« Ils peuvent donc utiliser ce pouvoir quand ils le souhaitent ? C’est compliqué. De quel pouvoir s’agit-il exactement ? »
« Je ne sais pas. Song-i non plus. »
« Hum… »
Après avoir réfléchi un instant, le Docteur aborda un autre sujet.
« Il y a quelque chose d’étrange. Ça concerne les adorateurs du Roi démon. »
« Les adorateurs du Roi démon ? »
« Tu les as rencontrés, non ? »
« Je ne sais pas s’ils adorent le Roi démon, mais j’ai croisé une sorte de secte. »
« Tu sais ce qu’il y a de plus bizarre chez eux ? »
« Quoi ? »
« C’est que je les surveille. »
Après un instant de réflexion, je compris ce que voulait dire le Docteur.
Le Docteur était un citoyen de deuxième classe et un Agent secret.
Un Agent secret avait pour mission de surveiller les adorateurs du Roi démon ?
Cela signifiait que les dirigeants du Paradis savaient déjà qu’ils existaient.
« Quelqu’un comme Leon doit tout savoir sur les adorateurs du Roi démon. »
« Bien sûr. »
« Alors, pourquoi ne s’en débarrasse-t-il pas ? »
« C’est justement ce que je me demande. »
« … »
Le silence retomba dans la pièce sombre.
La « Vaporisation » dont le maire se servait pour contrôler la ville.
Le pouvoir surnaturel que la famille Kadyrov était censée se transmettre.
Le fait que les adorateurs du Roi démon soient connus de tous, mais qu’on ne les ait pas éliminés.
À force d’y réfléchir, j’eus l’impression de toucher au but, sans parvenir pour autant à une conclusion certaine.
« C’est compliqué. »
--- Toc !
Le Docteur tapota légèrement la table et passa à la suite.
« Parlons de la ville elle-même. Avec tout le spectacle que tu as monté, il semble qu’il va bientôt se passer quelque chose d’important. »
« Ce n’est pas parce que j’ai fait tout un cirque. »
C’était la vérité.
« Cette ville était déjà prête à exploser. La colère des habitants, y compris celle des gens de quatrième classe, a atteint son paroxysme depuis longtemps. »
« Tu n’as fait qu’allumer la mèche ? C’est vrai, mais les étincelles comptent aussi. »
« Peut-être. »
« Tu as prévu une “prochaine étincelle” ? »
Oui.
Après m’avoir écouté, le Docteur resta un instant bouche bée, puis poussa un soupir.
« Ouf… Très bien. Fais comme tu veux. Ah, ce n’est pas confirmé, mais… »
« Quoi ? »
« Il semblerait que Seung-yeop ait disparu. J’ai trouvé son nom sur la liste de l’orphelinat, mais il n’y était déjà plus quand je suis allé le chercher. »
* * *
- Kim Mook-seong
« Des explications ! Des explications ! »
Les slogans des manifestants qui remplissaient la place entière commencèrent à faire trembler la ville.
« Leon Kadyrov ! Leon Kadyrov ! »
Les gens s’étaient mis à scander le nom de Leon Kadyrov, un citoyen de première classe considéré comme sacré dans la ville.
Des milliers d’Agents de l’ordre avaient naturellement été déployés, mais même eux étaient effrayés par l’ampleur de la manifestation.
À ce moment-là, Jin-cheol demanda prudemment : « Le vieux, tu vas vraiment le faire ? »
« Bien sûr. »
« Tu vas vraiment faire ce truc complètement dingue ? »
« Il le faut. C’est Ga-in qui me l’a demandé. »
« Pff… »
« Ça te dérange à cause de ton caractère ? Je le ferai de toute façon, alors ne t’en mêle pas. »
« … »
Un jeune homme qui menait les manifestants s’approcha alors, et lança avec ferveur :
« Toute l’histoire du Paradis est l’histoire de la lutte des classes ! »
Cette phrase était si célèbre que je faillis rire.
Comme prévu, après avoir attendu un peu, une autre citation célèbre retentit.
« Travailleurs du Paradis, unissez-vous ! »
« Ouais ! »
La ferveur, qui montait comme un feu de forêt, plongea les manifestants dans une frénésie.
C’était un moment vraiment décisif.
Et puis…
--- Clic !
Un fusil apparut dans la main de Mook-seong.
Les autres Agents de l’ordre à proximité poussèrent des cris d’alarme et tentèrent de l’arrêter.
« Ah ! Mook-seong ! Baisse ça tout de suite ! Si tu tires maintenant… »
Si je tirais maintenant, ce serait le chaos.
C’était le but.
--- Bang !
Un coup de feu unique déchira l’air.
Il avait clairement été tiré en l’air.
Le jeune homme qui menait la manifestation cracha du sang et s’effondra.
Les manifestants, tout comme les Agents de l’ordre, furent pétrifiés par cette scène sidérante.
Une autre citation célèbre me parvint alors aux oreilles.
« Ne… faites pas savoir… que je suis mort ! »
« Aaaaaah ! »
L’équilibre, déjà fragile comme la glace, s’effondra en un instant.
Notes :
« Ne… faites pas savoir… que je suis mort ! » fait allusion aux derniers mots célèbres de l’amiral Yi Sun-sin.
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