Chapitre 404
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 403 : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite au bout de cent jours » (5)
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— Kim A-ri
Une lumière tamisée, un air vicié et une odeur vaguement désagréable.
Le niveau de vie au Paradis frôlait déjà le fond, mais la caverne souterraine où je me trouvais était misérable même selon ses critères.
Il n’y avait aucune ventilation digne de ce nom, sans parler de l’électricité.
Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées ici.
« Tout le monde ! Le sermon d’aujourd’hui porte sur l’égalité. Nous sommes tous de glorieux descendants et, sous le Grand Regard, la classe de chacun n’est qu’une coquille vide… »
L’homme sur l’estrade prêchait d’une voix tonitruante.
Le contenu en soi n’avait rien de mauvais. Même les défenseurs des droits humains du vingt et unième siècle auraient approuvé.
Et le sermon n’était pas le seul élément surprenant.
L’ambiance sous terre était étonnamment chaleureuse.
Pour commencer, pendant que le sermon se poursuivait, les gens discutaient entre eux et partageaient de la nourriture.
Personne n’empêchait les autres de faire ce qui leur plaisait, et le prédicateur lui-même lançait parfois une plaisanterie.
Une grande partie des personnes présentes étaient des citoyens de quatrième classe, mais il y avait aussi quelques citoyens de troisième classe et même de deuxième classe.
Ici, du moins, personne ne se souciait des classes.
À tous points de vue, c’était radicalement différent de l’atmosphère oppressante de la ville.
« Et si, pour une fois, nous reparlions du Progéniteur ? »
Après cette introduction, le prédicateur se mit à évoquer la « véritable » histoire du Paradis.
Selon la secte, le Progéniteur n’était pas une grande sauveuse. C’était une imposture qui avait trompé tout le monde.
« Le Progéniteur, Airavata. Certains l’appellent l’Héroïne. »
C’était sans doute le trope de fiction mentionné dans la Révélation des secrets célestes.
Existe-t-il un trope de fiction plus célèbre que celui de l’Héroïne et du Roi démon ?
« Qu’a dit Airavata ? Qu’elle nous conduirait au Paradis, n’est-ce pas ? Tout le monde, posez la main sur votre cœur et réfléchissez ! Est-ce ça, le Paradis ? »
Une foule innombrable répondit aussitôt.
« Non ! »
« Êtes-vous heureux ? »
« Non ! »
« Le Progéniteur nous a conduits en enfer ! »
La secte parla ensuite du Roi démon.
« L’heure approche. Tout le monde, la Libération est imminente. Au cœur de cette ville étouffante, dans l’endroit le plus profond du monde, au cœur de l’étoile. C’est là que se dressera le véritable sauveur. »
Ces paroles avaient peut-être profondément touché certains, car quelques personnes pleuraient.
« Oh, ne pleurez pas ! Pourquoi pleurez-vous ? C’est la meilleure nouvelle au monde, alors pourquoi pleurer ? Vous avez de la chance. Vous vivrez assez longtemps pour voir l’avènement du sauveur. Quel bonheur pourrait être plus grand ? »
Bien sûr, certains n’arrivaient pas à s’adapter à cette ambiance.
Ils tentaient de cacher leur malaise, mais depuis l’estrade, c’était évident.
Certains promenaient nerveusement leur regard autour d’eux.
D’autres restaient bouche bée devant l’affirmation que le Progéniteur était une imposture.
D’autres encore se demandaient si tout le monde était devenu fou en entendant parler du Roi démon.
C’étaient tous de nouveaux convertis.
Pour reprendre les mots de la secte, ils n’avaient pas encore tout à fait perdu leurs habitudes de citadins.
Pour une secte ordinaire, ces fidèles inexpérimentés auraient été extrêmement dangereux.
Et si le rassemblement se terminait ainsi ?
Certains de ces nouveaux croyants rapporteraient sans aucun doute des informations sur la secte aux Agents de l’ordre.
La secte le savait très bien, elle aussi.
C’était pourquoi elle suivait toujours une certaine procédure vers la fin de chaque rassemblement.
« À présent ! Tout le monde, allons voir la vérité. »
La vérité.
C’était l’arme la plus puissante des adorateurs du Roi démon.
* * *
Le Paradis avait été construit il y a bien longtemps et entretenu pendant des années.
Ainsi, plus on s’enfonçait sous terre, plus sa structure devenait infiniment complexe, comme une fourmilière. Même les Agents de l’ordre ne connaissaient pas tous les passages souterrains.
La secte ne connaissait pas non plus tous les passages souterrains du Paradis.
Elle avait simplement aménagé plusieurs itinéraires inconnus des Agents de l’ordre.
Le prédicateur conduisit les centaines de personnes réunies par ce chemin dissimulé.
Des câbles épais s’entremêlaient, des tuyaux à l’usage inconnu côtoyaient des conduits qui crachaient sans cesse de la vapeur.
Tout cela ressemblait aux veines qui faisaient vivre cette ville complexe.
Après avoir cheminé environ deux heures au milieu de ces veines, nous arrivâmes enfin devant un mur si gigantesque que nous n’en voyions pas le bout.
Le prédicateur posa une question.
« Tout le monde, savez-vous ce qu’est ce mur ? »
Les fidèles qui étaient déjà venus plusieurs fois répondirent d’un seul élan.
« La Porte de la Vérité ! »
« Ha ha, c’est exact. C’est la Porte de la Vérité, un lieu que la secte considère comme sacré. Mais si je le présente ainsi, ceux qui sont ici pour la première fois ne comprendront pas, n’est-ce pas ? »
À cet instant, l’un des croyants inexpérimentés ne put enfin plus se retenir.
« O-où sommes-nous exactement ? Et qu’est-ce que cette ouverture ? »
« Excellente question. Tout le monde, cette porte mène à l’“extérieur” de la ville. »
À l’extérieur du Paradis.
Depuis leur enfance, les citoyens nés et élevés au Paradis avaient appris ceci.
Le Paradis était la dernière ville de l’humanité, le refuge ultime que le Progéniteur avait créé alors que l’étoile se désagrégeait.
Naturellement, élevés dans ces croyances, les citoyens en étaient venus à voir l’extérieur du Paradis comme un enfer où les humains ne pouvaient pas vivre.
— Crrr… !
Le prédicateur ouvrit l’interstice.
« Très bien, tout le monde. Sortez. »
Ceux qui connaissaient déjà les lieux s’élancèrent dehors, le visage rayonnant.
Les nouveaux venus sursautèrent, stupéfaits, mais leur curiosité finit par l’emporter.
Enfin, des gens nés et élevés dans une cage à oiseaux franchirent les limites du Paradis.
Un ciel d’un bleu éclatant, des nuages qui flottaient dans les airs.
Une plaine sans fin, qui s’étendait à perte de vue.
Un air pur, à mille lieues de l’atmosphère enfumée du Paradis.
Des chants d’oiseaux résonnaient de toutes parts, tandis que de petits animaux couraient çà et là.
Le paysage évoquait un magnifique arboretum ou un parc national.
Les gens qui avaient passé toute leur vie à travailler dans les usines de la ville découvraient ce spectacle pour la première fois.
Je n’arrivais même pas à imaginer ce qu’ils ressentaient.
Et puis…
Un membre âgé de la direction de la secte me donna un léger coup de coude.
« Apôtre. »
« … »
« Pourquoi ne pas faire une démonstration aux croyants ? »
« D’accord. »
Je me dirigeai vers la prairie.
Je sentais tous les regards braqués sur moi.
— Boum !
À peine avais-je pris appui sur le sol que je m’envolai dans le ciel comme un oiseau.
Nous étions à l’extérieur du Paradis, dans une zone hors de portée de la cage à oiseaux.
La Raison indomptable ne pouvait pas nous réprimer ici.
Dans ces lieux, mes compagnons de l’hôtel et moi redevenions des surhumains.
« Hop ! »
C’était la troisième fois ?
Je le constatais chaque fois : utiliser les Bottes ailées était incroyablement difficile.
Chaque botte produisait sa propre poussée.
Il fallait des jambes assez fortes pour maîtriser les bottes tout en contrôlant séparément ses deux pieds.
Sinon, on se mettait à tournoyer dans les airs avant de retomber au sol.
En baissant les yeux depuis le ciel, je vis des gens me contempler comme s’ils regardaient un dieu de la mythologie grecque.
Grâce à ça, ces croyants inexpérimentés allaient éprouver une foi véritable…
« … »
Comme j’étais dans les airs, une personne attira naturellement mon regard.
Quelqu’un que je connaissais beaucoup trop bien.
Kim Sang-hyeon, mêlé aux croyants, me lança un regard gêné et hocha la tête.
Bon, je n’eus d’autre choix que de lui rendre son salut.
* * *
— Yoo Song-i
« Bonjour ! Ici Trimborn, journaliste au Journal de Paradise Happyhappy. Il y a peu, nous vous avons informés de la tragédie survenue à la mine de Mirconium. Selon les dernières informations à ce sujet… »
Pendant un repas avec Leon Kadyrov, la télévision diffusait des nouvelles qui agitaient la ville depuis quelque temps.
Il s’agissait du responsable de la mine et de ses subordonnés, qui avaient sauvagement assassiné vingt-quatre mineurs.
Bientôt, une personne que je connaissais beaucoup trop bien apparut à l’écran.
« … Han Ga-in. »
« J’en appelle aux citoyens qui regardent ces informations ! Cet incident ne peut pas être balayé d’un revers de main sous prétexte qu’il s’agit de citoyens de quatrième classe. Le Progéniteur n’a-t-il pas réparti les rôles de chacun depuis longtemps ? Les citoyens de deuxième classe dirigent, ceux de troisième classe exécutent les ordres et ceux de quatrième classe les soutiennent. Par conséquent… »
À entendre Ga-in, on aurait dit un militant des droits civiques de toujours, qui luttait pour les citoyens de quatrième classe.
Mais ce qu’il disait…
Pour être honnête, ça sonnait un peu fourbe.
Il s’attardait davantage sur les énormes dégâts matériels subis par les propriétaires de la mine, des citoyens de deuxième classe, que sur la mort des ouvriers de quatrième classe.
Il prenait aussi soin de répéter à quel point le Haut magistrat, un citoyen de deuxième classe, avait été sage et juste en conduisant le procès, et combien il avait contribué à résoudre l’affaire.
Il s’inclinait complètement devant les citoyens de deuxième classe, flattant leur sentiment de supériorité, tout en rejetant toute la responsabilité sur ceux de troisième classe.
Il les dressait les uns contre les autres.
D’ordinaire, c’était une méthode dont se servaient les puissants pour maîtriser les faibles. Cette fois, il l’utilisait simplement depuis le bas de l’échelle contre ceux qui se trouvaient au-dessus.
Bien sûr, quiconque avait un cerveau en état de marche voyait clair dans ce stratagème.
Je le voyais, alors il était impensable que l’homme assis à côté de moi n’y voie rien.
C’était pourquoi le « Père » assis à mes côtés ricana.
« Eh bien, ce jeune homme sait jouer sur les intérêts de chacun. »
« … Ah bon ? »
« Bien sûr. »
« Ce n’est pas trop évident ? On dirait qu’il dit : “Chers citoyens de deuxième classe, vous êtes innocents. Punissez donc les citoyens de troisième classe !” »
« C’est évident. Mais, Song-i, il existe des méthodes qu’on ne peut éviter, même quand elles sont évidentes. »
« Évidentes, mais inévitables ? »
« Imaginons que l’opinion publique se range à ses arguments. Les propriétaires de la mine échapperont à la responsabilité d’une affaire compliquée, et le Haut magistrat pourra faire de ce procès un fait d’armes dans sa carrière. »
« … »
« Alors, ceux qui en tireront profit prendront parti pour ce jeune homme, et il pourra accomplir ce qu’il souhaite. »
En l’écoutant, je me mis à me poser des questions.
Pourquoi Ga-in faisait-il tout ça ? Quel était son objectif ?
« Peut-être que ce jeune homme veut monter en classe ? »
« … »
« Hmm… Il est assez intelligent pour qu’on puisse le promouvoir en troisième classe. Qu’en penses-tu ? »
J’étais au moins certaine que l’objectif de Ga-in n’était pas aussi simple que de devenir citoyen de troisième classe.
« Père, est-ce que je pourrais le rencontrer ? »
« Hum ? »
Leon Kadyrov pencha la tête en me regardant.
« Song-i, les gens comme lui sont plus retors qu’ils en ont l’air. Le rencontrer pourrait… »
— Clac !
Dès que je claquai des doigts, mon bracelet s’illumina et des illusions apparurent tout autour de nous.
Leon Kadyrov comprit ce que je voulais dire.
« Tu veux que j’amène ce jeune homme “ici” ? »
« Oui. »
C’était un lieu situé encore plus haut que le niveau le plus élevé du Paradis : un manoir flottant à l’extérieur de la ville.
La Raison indomptable ne pouvait pas nous réprimer ici.
« C’est étrange. Il a seulement l’air d’un citoyen de quatrième classe malin… Explique-moi pourquoi. »
Je n’avais pas non plus passé les derniers jours à ne faire que manger et m’amuser.
J’avais fait de mon mieux pour comprendre quel genre d’homme était Leon Kadyrov.
« Il n’est pas arrogant ? »
« … »
« Bon, je sais qu’il est intelligent… mais chaque classe devrait remplir fidèlement son rôle. Les citoyens de quatrième classe sont comme du charbon qui brûle pour la ville. Ils doivent donc brûler. Pourquoi comploter comme ça ? »
« Oh ? »
« Un rebelle qui montre les dents aux citoyens de troisième classe se tiendrait-il vraiment tranquille devant ceux de deuxième classe ? Il fait semblant de s’incliner parce qu’il n’a pas encore la force de s’y opposer. Alors, montrons-lui quel pouvoir le Progéniteur nous a accordé. »
Je parlai un moment, mais en résumé, je disais qu’il se montrait trop arrogant pour un citoyen de quatrième classe et que je voulais lui donner une leçon.
Leon Kadyrov sourit de toutes ses dents.
« Bien. Je le ferai convoquer. »
C’était le genre de réponse qui lui plaisait.
À la fin du repas, Père m’adressa un sourire chaleureux.
« Vraiment, je ne t’ai jamais trouvée aussi digne de confiance qu’aujourd’hui. »
« … »
« Dors bien, ma princesse. »
« … Oui. »
Leon Kadyrov m’aimait sincèrement, moi, sa fille unique.
Ce fait me faisait parfois souffrir.
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