Chapitre 401
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 400 : Chambre 206, Salle maudite — « Le Roi démon qui ressuscite au bout de 100 jours » (2)
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En fin de journée, Tobier acheva une journée de travail épuisante et entra dans un bar miteux.
Des ivrognes étaient avachis partout et un vacarme assourdissant lui vrillait les oreilles.
C’était le chaos habituel d’un bar.
C’était aussi là que se retrouvaient ses collègues.
Henderson, l’un d’eux, repéra Tobier.
« Te voilà. Tu es un peu en retard, aujourd’hui. »
« On m’a puni parce que j’ai mis plus de trente secondes à manger. J’ai dû travailler trente minutes de plus. »
« Sale journée. »
Bientôt, Pendleton, qui avait organisé la réunion, s’adressa à tous d’une voix presque inaudible.
« Dites-moi, le Paradis tel qu’il est aujourd’hui est-il vraiment la terre idéale dont rêvait le Progéniteur ? »
Bien sûr que non.
Tobier en était certain.
Il n’avait jamais connu d’autre ville, mais vivre au Paradis était une souffrance insupportable.
« La source de tous nos problèmes, c’est le maire Leon Kadyrov. Kadyrov et ses hommes ont transformé le Paradis créé par le Progéniteur en enfer, pour servir leurs propres intérêts. »
« Pendleton, alors, qu’est-ce qu’on devrait faire ? »
« Bonne question, Peter. Il faut chasser le maire. »
« Mais comment ? Les hommes de Kadyrov contrôlent complètement les Agents de l’ordre. »
« … Écoutez-moi bien. L’un de vous a-t-il déjà entendu la Voix ? »
La Voix.
À ces mots, Tobier hocha vivement la tête.
Une étrange rumeur commençait à se répandre parmi les classes populaires de la ville.
Alors que tous tendaient l’oreille…
— Clic !
Un son métallique et froid retentit.
« Citoyen de troisième classe Pendleton, vous êtes en état d’arrestation pour conspiration en vue de commettre une trahison. »
« U-Un Agent de l’ordre ! Comment avez-vous… »
Un homme, qui avait compris trop tard ce qui se passait, tenta de fuir en panique.
Un colosse lui barra l’entrée.
« Arrête-toi, à moins que tu ne veuilles mourir. »
La situation était réglée.
* * *
— Kim Mook-seong
Je m’étais réveillé en tant que citoyen de troisième classe, affecté au poste d’Agent de l’ordre.
Sans même avoir le temps de souffler, je m’étais retrouvé enseveli sous un flot incessant de travail excessif. Je m’étais alors fait cette réflexion :
Le Paradis était un enfer incompréhensible.
Même la conception de la ville était aberrante.
Un dôme hémisphérique d’une taille inimaginable recouvrait le sol, abritant une cité-État peuplée d’au moins plusieurs dizaines de millions de personnes.
Les citoyens ne pouvaient voir le vrai ciel que lorsque le sommet du dôme s’ouvrait pour l’aération, au maximum trente minutes par jour.
L’air y était infect, lui aussi. Si j’avais eu un détecteur de particules fines, il aurait viré au rouge vif et m’aurait conseillé de mettre immédiatement un masque à gaz.
Il y avait tout de même une chose qui me réconfortait.
« Bon sang, vieux. C’est un boulot sacrément dur. »
« Il y a une quantité de travail complètement dingue, pas vrai ? »
Cette chose, c’était la présence de mon collègue, Cha Jin-cheol.
Dès qu’il monta dans la voiture, il regarda autour de lui, puis baissa la voix.
« Vieux, il y a un truc qui me tracasse pendant que je bosse… »
« Vas-y. »
« Tu trouves pas qu’on est comme des marionnettes au service d’un dictateur ? Et si Pendleton, le type qu’on a arrêté tout à l’heure, était en fait un militant pour la démocratie ? »
« Je ne sais pas si ce salaud défendait la démocratie, mais c’est vrai qu’on est les armes du dictateur. »
« … »
« Remets-toi les idées en place. Réfléchis de façon réaliste. »
« C’est quoi, cette ville ? J’ai jamais vu un monde aussi dégueulasse. »
Je croyais que Jin-cheol était un type plutôt simplet, mais après trois jours à se faire exploiter jusqu’à l’épuisement, même lui commençait à y voir clair.
« C’est un système qui encourage ouvertement la délation, les conflits internes et la trahison. Du moins chez les citoyens de troisième et de quatrième classe. »
« Le but, c’est sans doute de vous empêcher de montrer les dents à ceux qui sont au-dessus de vous et de vous pousser à vous battre entre vous. »
« … La qualité de vie est vraiment trop basse. »
« Parce qu’on est des rouages. »
Dans cette ville, chacun était un rouage avec une fonction bien à lui.
Le rôle d’un Agent de l’ordre consistait à maîtriser la ville pour le compte du maire, comme ses mains et ses pieds.
« Oh, c’est le livre que j’ai ramassé tout à l’heure. Il en restait un exemplaire dans un coin de la bibliothèque. »
Après avoir étudié les informations obtenues par d’autres moyens et le livre d’histoire trouvé par Cha Jin-cheol, j’avais commencé à dégager les grandes lignes, les bases de ce monde.
Environ cent quatre-vingts ans plus tôt, le monde connu avait été détruit pour une raison inconnue.
Puis le grand héros appelé le Progéniteur était apparu. Il avait guidé le peuple et bâti le Paradis.
Les habitants du Paradis étaient les derniers humains encore en vie sur cette planète.
« À ton avis, qu’est-ce qu’il y a dehors, en dehors de la ville ? »
« Qui sait… En tout cas, on dirait qu’il n’y a aucun moyen de sortir. »
« Vieux, on fait quoi, maintenant ? Et les autres, ils sont où ? »
Se fixer un objectif, hein.
J’y réfléchissais depuis quelques jours.
« Tu sais pourquoi on a perdu nos pouvoirs, pas vrai ? »
« J’ai entendu une voix étrange en me réveillant. La Raison indomptable, c’est ça ? »
« Exactement. Ce pouvoir inconnu a réprimé le surnaturel et nous a affaiblis par la même occasion. »
« Franchement, ça m’a impressionné. Ça n’a pas seulement bloqué l’Étoile d’un autre monde. Ma force a été réduite à celle d’un type ordinaire qui fait un peu de sport. »
« Non, pas tout à fait. Tu n’as rien d’un type ordinaire. C’est plutôt comme si Hulk s’était transformé en gorille. »
« D’accord, j’ai compris. La Raison indomptable, c’est ce que toi, A-ri et le Bureau de gestion convoitez, pas vrai ? »
« … »
« C’est évident, non ? Vous en rêveriez. Un truc qui réprime aussi puissamment les capacités surnaturelles ? »
« Le Bureau de gestion en rêve depuis longtemps. Quoi qu’il en soit, il faut qu’on trouve un moyen de vaincre la Raison indomptable. »
« La vaincre… »
« Si c’est un outil, il doit y avoir un moyen de l’arrêter aussi. Sinon, on n’est que des gens ordinaires un peu plus forts que la moyenne. On n’a aucun moyen de bouleverser la ville. »
Jin-cheol hocha la tête, mais posa une question.
« Tu n’as pas l’air très content. C’est pourtant le rêve du Bureau de gestion, non ? »
« … »
« Vieux ? »
« Je crois que j’ai compris le principe de la Raison indomptable. »
« Quoi ? »
« Le Bureau de gestion a fait des recherches pendant longtemps. Bien sûr, nous n’avons pas réussi à la développer, faute de technologie. Mais ce monde, lui, y est parvenu. »
« Si vous avez échoué, comment tu peux en connaître le principe ? »
« Ils ont suivi exactement la même voie que celle que nous voulions emprunter. »
« … »
« Le résultat a l’air plausible, mais en réalité… c’est quelque chose d’extrêmement maléfique. »
« Quelque chose de maléfique ? »
« Je suis certain que c’est ce qui a rendu cette ville telle qu’elle est. »
« V-Vieux, explique-moi plus en détail. »
« Si mon hypothèse est juste, ils ont dû tuer un nombre inimaginable de personnes pour créer la Raison indomptable. Et ce n’est pas tout. Même après l’avoir créée, ils doivent continuer à sacrifier des humains pour la faire fonctionner. »
Jin-cheol resta sans voix.
« Le Bureau de gestion avait donné un nom à ce qu’on essayait de développer. Le Fourneau des âmes. »
* * *
— Elena
J’étais une citoyenne de troisième classe.
D’après ce que j’avais appris au cours des trois derniers jours, chaque habitant du Paradis avait un rôle à jouer dans la ville.
Le mien consistait à être actrice et à soulager le stress du public grâce aux séries et aux films.
J’étais apparemment assez populaire.
Même le personnel et le réalisateur sur le plateau faisaient attention à leur comportement en ma présence. Selon les critères du monde réel, j’étais donc une actrice vedette.
Mais qu’est-ce qu’une actrice vedette immensément populaire ?
Une célébrité, comme on disait, dont l’influence sociale dépassait celle de la plupart des politiciens.
Du moins, c’était le cas dans le monde dont je me souvenais.
Au Paradis, ça ne s’appliquait pas.
Si le personnel et le réalisateur se surveillaient en ma présence, c’était parce qu’eux aussi n’étaient que des citoyens de troisième classe.
J’avais beau être une actrice populaire, je n’étais qu’une citoyenne de troisième classe au Paradis.
Alors, je devais endurer ce genre de choses.
« Hmm… Mademoiselle Elena, vous avez écrit vous-même une partie des dialogues du scénario ? »
« Oui. Ils ne sont pas bien ? »
« Pfft. Vous avez un joli visage, mais la tête complètement vide. »
« … »
« Enfin, que voulez-vous faire quand on manque de recul ? C’est simplement votre niveau. »
« … »
*La Flamme noire qui brûlait en moi… non, Elena la Noire ! Retiens-toi !*
J’écoutais ces inepties depuis une demi-heure, et mes poings commençaient à trembler, mais je devais encore me contenir !
Il me fallait de la patience.
Patrick, ce déchet en face de moi, était un haut Agent de l’ordre et un citoyen de deuxième classe.
Un citoyen de deuxième classe pouvait tuer un citoyen de troisième classe dès qu’il avait un prétexte valable.
« Vous ne répondez plus depuis un moment. C’est parce que vous n’êtes pas très intelligente ? Vous croyez pouvoir vous sortir de tous les problèmes en baissant la tête, juste parce que vous avez un joli visage ? »
« Ouf… Je vais prendre la remarque sur mon physique pour un compliment. »
« C’en est un. Sans ce visage, on vous aurait fusillée dès que vous auriez proposé des dialogues pareils. »
« … »
« Vous devriez me remercier. J’ai corrigé votre scénario minable comme il se devait. »
Sur ces mots, Patrick me tendit le scénario censuré.
La première page était devenue ceci :
■■■, ■■■ déc■■■ du maire. ■■, ■■■.
La déc■■■■■ de ■■■■ ■■■.
Cette décision ■■■■■ ■■■■■■■ ■■.
Après avoir rassemblé les fragments de lettres déformées qui se succédaient ainsi pendant un bon moment, on obtenait la phrase suivante :
« La décision du maire a sauvé tout le monde. »
« … »
« Qu’en pensez-vous ? »
« C’est une très belle réplique. »
Je pensais que même une dictature ordinaire sur Terre regarderait un scénario censuré à ce point et dirait : « Là, c’est un peu exagéré… »
Les autres acteurs, le réalisateur et le personnel restèrent bouche bée en lisant le scénario censuré par le haut Agent de l’ordre.
« M-Mais, c’est quoi, ces dialogues… »
À peine un membre du personnel eut-il laissé échapper ces mots par mégarde que…
— Clic !
« Vous avez une réclamation à faire ? »
Patrick pointa son pistolet dans leur direction.
« B-Bien sûr que non ! J’étais ému par l’excellence du scénario. »
« Bien. Reprenez le tournage. »
Ils avaient des objections à formuler sur les dialogues.
Mais pas sur le pistolet.
* * *
À un moment, tout le monde sur le plateau renonça et se contenta d’attendre la fin de la journée.
À un moment, le réalisateur cessa de demander une nouvelle prise, même lorsqu’un acteur commettait une erreur évidente.
Enfin, le tournage de cette série infernale prit fin.
Je tenais aux émissions auxquelles je participais et aux rôles que j’incarnais.
Bien sûr, je savais que certaines séries et émissions de variétés n’étaient pas bien accueillies.
Mais chacune d’elles m’avait apporté une expérience et de bons souvenirs.
À l’exception de ce qu’on avait tourné aujourd’hui.
Rien que de repenser à la réplique que j’avais prononcée plus tôt, j’en avais mal à la tête.
「« Oh ! Monsieur le maire, monsieur le maire ! Votre sagesse a sauvé tout le monde ! »」
Rien que d’y penser, je me remis en colère.
Le maire Leon Kadyrov.
Ce salaud n’était pas aussi un pervers ?
Il avait vraiment envie d’entendre ce genre de dialogue dans une série ?
« Ouf… »
Je chassai ces pensées et me rappelai quelque chose de plus important.
Où étaient les autres ?
Je savais où était Eun-sol. C’était une directrice de deuxième classe.
Je ne l’avais jamais vue moi-même, mais le directeur de la photographie la connaissait.
L’un des autres pouvait-il être de première classe ?
D’après ce que j’avais appris jusque-là, les citoyens de deuxième classe et au-dessus formaient la classe dirigeante de la ville.
Parmi eux, le maire Leon Kadyrov et les principaux dirigeants qui le suivaient étaient des citoyens de première classe.
Qui, parmi nous, pouvait être de première classe…
Ga-in en faisait peut-être partie, non ?
S’il était de première classe, il était sûrement déjà en train de préparer un plan pour bouleverser la ville, non ?
Perdue dans cette pensée pleine d’espoir, je rentrai chez moi et m’allongeai sur le lit.
…
…
…
— Agrippe !
Je sentis une présence et tentai de me réveiller, mais une main douce me couvrit la bouche.
« Chut. »
Heureusement, la voix m’était familière.
« Mmph ! »
« Parle moins fort. »
« A-ri ! Comment tu m’as trouvée ? »
« Oh ! Monsieur le maire, monsieur le maire ! Votre sagesse a… »
« Ouf ! T-Tais-toi ! »
À bien y penser, ça avait été trop facile.
Elle m’avait vue à la télé.
« Elena, tu as retrouvé quelqu’un d’autre ? »
« Eun-sol est directrice de deuxième classe. Je ne sais rien des autres. Et toi ? »
« Mook-seong et Jin-cheol sont des Agents de l’ordre de troisième classe. »
« Et Ga-in ? »
« Je ne sais pas. »
« Et toi ? »
Une question me vint alors à l’esprit.
Si elle voulait me rencontrer, elle aurait pu se faire passer pour une admiratrice, non ?
Dans mon rôle d’actrice populaire, j’avais plein de fans et j’avais même signé des autographes dans la rue.
« Je n’ai aucun rang. »
« Comment ça… »
Le Paradis était une dystopie qui avait déjà un pied en enfer.
Le décor n’était pas tout à fait de la science-fiction, mais évoquait un avenir proche, à vingt ou trente ans de notre époque.
A-ri prononça alors un mot qui n’avait rien à faire dans un tel décor.
« Je suis une adoratrice du Roi démon. »
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