Chapitre 395
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 394 : Le Songe d’une nuit d’été (10)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 231
Emplacement actuel : ---
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Quand je regagnai l’hôtel en volant, mes compagnons ne furent pas les premiers à m’accueillir.
Une masse noire et visqueuse fonça sur moi de loin.
Je regardai l’hôtel, me demandant ce que c’était que ce bordel, et restai sans voix.
« Qu’est-ce qui s’est passé ici ? »
La chose grotesque qui se dressait devant moi n’avait manifestement rien d’un hôtel.
J’avais vu quantité de bâtiments similaires dans la chambre 203, où la civilisation humaine s’était effondrée et où des âges innombrables s’étaient écoulés.
Une plante inconnue recouvrait cette masse de béton à moitié en ruine, et l’énorme fleur qui la surmontait me « regardait » tout en tirant sur moi des projectiles de mucus épais.
« Ouf… »
Heureusement, Apollion n’avait pas été très puissant ; il me restait donc un peu de la force de la Descente.
Après avoir intercepté la fleur à distance, je rouvris l’entrée principale de l’hôtel.
« Sérieusement, c’est quoi ce bordel ? »
À peine eus-je ouvert les portes qu’un amas de chair rouge roula dans ma direction.
Je ne voulais pas abîmer davantage l’hôtel, alors je dus me retenir en le repoussant.
Dire que l’intérieur était sens dessus dessous ne rendait même pas justice à la situation.
Un géant noir aux yeux exorbités déchirait le plafond.
Un monstre-liane répandait frénétiquement ses racines dans toutes les directions.
L’amas de chair se remettait en place, prêt à rouler de nouveau.
Des fantômes volaient partout.
« … »
À ce stade, j’étais tout simplement incapable de parler.
* * *
Après avoir parcouru le rez-de-chaussée, je découvris la cause du problème.
Des failles étaient apparues partout, comme des fissures dans l’espace qui crachaient des monstres sans discontinuer.
Impossible de les détruire, puisqu’elles n’avaient pas de forme physique.
Heureusement, les informations sur l’emplacement des compagnons dans la fenêtre de statut indiquaient que personne n’était mort. Tout le monde se trouvait au deuxième étage.
Au bout du compte, je dus utiliser le peu de forces qui me restaient simplement pour atteindre l’ascenseur.
Ce ne fut qu’une fois à l’intérieur, enfin en sécurité, que Pero, qui s’était caché dans mes vêtements depuis ma Descente, sortit la tête.
Depuis un bon moment, il ne m’aimait plus. Je pouvais moi-même trouver bien des raisons à cela, alors je l’avais accepté.
Malgré tout, dès que la situation devenait désespérée et dangereuse, il s’accrochait à moi en silence.
« Notre Pero est vraiment intelligent. »
Pero m’ignora, puis fila comme l’éclair dès que l’ascenseur atteignit le deuxième étage.
« Tu détestais tant que ça rester avec moi… »
Je comprenais.
— Flap !
Le perroquet qui venait de détaler n’avait même pas eu le temps de reprendre son souffle qu’il revint aussitôt vers moi.
« … »
Ce n’était pas parce qu’il s’était soudain mis à m’apprécier.
Un seul regard me suffit pour comprendre que le deuxième étage n’allait pas mieux.
« Les fenêtres ! Bouchez les fenêtres ! »
« Il y a aussi quelque chose qui entre par l’entrée principale ! »
« G-Grand-père ! Au-dessus de nous ! »
« Bon sang ! D’où sortent tous ces salauds ? »
Cela faisait un moment que je n’avais pas vu mes compagnons, mais personne ne fit attention à moi lorsque je sortis de l’ascenseur.
Des fantômes et des monstres affluaient de toutes parts ; ils n’avaient pas vraiment le temps de s’occuper de moi.
Sans accueil digne de ce nom, je ne pus que leur faire comprendre d’un regard que j’étais de retour, avant de me jeter dans la mêlée.
* * *
Il nous fallut une trentaine de minutes pour dégager suffisamment la zone et pouvoir discuter.
« Tu dis que le deuxième étage est relativement tranquille ? »
« Je te l’ai dit. Ga-in, tu es arrivé par l’entrée du rez-de-chaussée, pas vrai ? C’était comment, en bas ? »
« … C’était pratiquement en ruines. Plutôt un élevage de monstres, non ? »
« Ce n’est même plus un bâtiment, encore moins un hôtel. Le sous-sol n’est pas beaucoup mieux. Le deuxième étage est le seul endroit encore intact. »
« L’ascenseur était en bon état. On ne ferait pas mieux de s’y réfugier ? »
« On s’y est reposés au début, mais ensuite l’ascenseur a brusquement essayé de nous emmener quelque part d’étrange. »
« … »
Aucune faille génératrice de monstres n’était apparue à l’intérieur du deuxième étage. Elles se trouvaient uniquement dans la plaine enneigée.
Les monstres n’arrivaient pas non plus en permanence. Les attaques étaient espacées de longues pauses qui nous laissaient le temps de souffler.
« Ils nous laissent tranquilles pendant trois ou quatre heures. C’est comme ça depuis le début. Ceux qui ont besoin de dormir, reposez-vous ! »
Mi-ro et Elena étaient déjà adossées au mur, les yeux fermés, sans qu’on ait besoin de le leur dire.
Il y avait une raison évidente pour laquelle le deuxième étage était le seul endroit où nous pouvions tenir.
« C’est parce que j’ai fait mon vœu au deuxième étage. »
La réponse se lisait sur le visage sombre d’Eun-sol.
En plein délire, elle avait formulé un vœu d’une puissance écrasante. Et à ce moment-là, elle se trouvait au deuxième étage.
Grand-père et A-ri, qui avaient encore un peu d’énergie, m’expliquèrent ce que j’avais manqué.
J’appris notamment le nom de l’événement en cours dans l’hôtel.
« Ça s’appelle “Le Songe d’une nuit d’été” ? »
« C’est ce qui était écrit sur l’affichage du deuxième étage. Mais il a été détruit, maintenant. »
« L’événement se termine quand la fête est finie… »
« Ces salauds de l’hôtel n’auraient pas pu formuler l’explication de manière plus agaçante ? Ils disent que c’est un événement amusant et qu’on devrait passer un bon moment ! »
« … »
A-ri soupira avant de m’expliquer :
« Ce n’est pas amusant. Mais l’événement ne nous fait pas de mal non plus. C’est probablement pour ça qu’il a commencé alors que c’est la fête. »
Nous passâmes en revue, un par un, ce que chacun avait obtenu.
Jin-cheol avait rencontré en personne l’illusion d’Arima et reçu une étrange proposition. Il en avait déjà parlé avec Seung-yeop.
« Tu l’as appris par la Chouette il y a quelques jours, pas vrai ? Il existe une méthode particulière pour mettre une Sorcière dans la Boîte des âmes. La Sorcière l’a trouvée elle-même. »
« Laquelle ? »
« Arima se considère comme une sorte de virus informatique. Dans cette comparaison, la Boîte des âmes est un outil qui permet de stocker un ordinateur. Elle ne pouvait pas contenir le virus lui-même, puisqu’Arima n’est pas une âme, mais seulement des données mentales. »
Je compris dès que j’entendis cette comparaison.
« Alors, il faut stocker un ordinateur infecté. »
« Elle dit qu’elle prendra le contrôle du corps d’un PNJ de la Salle maudite. Si on met ce PNJ dans la Boîte des âmes, ça devrait marcher. »
Grand-père, Seung-yeop et Song-i n’avaient pas participé à la beuverie ; ils n’avaient donc pas été pris dans l’événement.
Eun-sol, en revanche, avait reçu une autre récompense intéressante.
« Un événement d’amélioration de l’Artisan mystérieux ? »
« Je m’étais parfois posé la question. Est-ce que fabriquer les Bottes ailées était la seule chose que faisait ce fichu artisan ? Apparemment, non. La Main avide pouvait agir sur lui. »
Eun-sol, qui se tenait à l’autre bout de la pièce, s’approcha pour m’expliquer elle-même.
« J’avais toujours été un peu insatisfaite. J’ai toutes sortes d’outils, mais j’avais l’impression qu’il leur manquait quelque chose. Ce sont tous d’excellents outils magiques, et pourtant, ils semblaient incomplets. J’ai fini par comprendre pourquoi : mes vœux n’étaient pas assez puissants. »
C’était facile à comprendre.
« Donc, il fallait que tu fasses un vœu comme cette fois-ci. Tu aurais dû dire : “Je me fiche de mes compagnons. Si les faibles meurent, tant pis.” »
« … Je ne suis pas allée jusqu’à dire qu’ils pouvaient mourir. C’est plutôt que je n’ai pensé à personne d’autre. »
« Alors, tu as demandé que tes outils actuels soient améliorés ? »
« Oui. »
L’Artisan mystérieux, ce personnage en LEGO, s’était soudain avancé et avait pris les outils d’Eun-sol.
« Il a pris l’Insigne d’invisibilité, la Broche papillon et la Toque de cuisinier. Trois outils, en plus de l’œil. Je suppose qu’il ne peut pas prendre l’œil, puisqu’il appartient techniquement à quelqu’un d’autre et qu’on me l’a seulement prêté. »
« Et il les a améliorés ? »
« Pas encore. »
« Quoi ? Il y a des monstres partout. Pourquoi ne pas vous les rendre tout de suite… »
« C’est vrai, mais je veux vérifier quelque chose. Tu devrais aller voir l’Artisan mystérieux, toi aussi. On a maintenant tous les matériaux pour les Bottes ailées. »
Les Bottes ailées.
Des outils d’évasion dont l’existence avait été évoquée dès le premier jour à l’hôtel : des chaussures qui permettaient de voler.
À l’époque, rien que d’y penser me faisait battre le cœur.
Maintenant que j’y repensais, je n’en avais plus aussi désespérément envie.
J’avais déjà réussi à m’échapper en volant sans aucun outil, puis j’étais revenu.
Et après être sorti, j’avais aussi compris que s’échapper avec les Bottes ailées ne constituait pas une véritable évasion.
Bien sûr, elles n’en resteraient pas moins très utiles pour progresser dans l’hôtel.
« Bonjour, chers participants. Profitez de votre séjour à l’Hôtel Pionnier… »
L’explication était toujours aussi ridiculement longue.
« … veuillez appuyer sur 1. »
J’appuyai sur 1.
« Chaussures volantes, également appelées Bottes ailées. En tant qu’objet commun, elles peuvent être utilisées par tous les participants une fois obtenues. Leur porteur peut voler et, avec suffisamment d’entraînement, s’échapper de l’hôtel par l’entrée principale. »
Je savais déjà tout ça.
« Tous les matériaux nécessaires à leur fabrication ont été réunis. Pour lancer la commande de fabrication, veuillez appuyer sur 1. »
Maintenant que j’y pensais, pourquoi avaient-ils installé un clavier si je n’avais jamais qu’à appuyer sur 1 ?
— Bip !
L’instant d’après, l’Artisan mystérieux vibra en fredonnant, et trois matériaux apparurent dans les airs.
Une petite fenêtre de notification apparut en dessous, accompagnée d’une explication.
Cheveu d’un guerrier capable de résister à la puissance de la foudre (Cha Jin-cheol, obtenu dans la chambre 204, à l’Hôtel Cinéma)
Œil de celui qui contemple toutes choses depuis les hauteurs (Lee Eun-sol, obtenu dans la chambre 203, au Nouveau Départ)
Plume d’aile d’un Oiseau qui plane dans les typhons (Han Ga-in, obtenue dans le ciel à l’extérieur du premier étage)
« La fabrication des Bottes ailées va commencer. Le produit fini vous sera remis demain. »
L’Artisan mystérieux se tut après ces mots.
« Demain ? »
Il fallait vraiment attendre demain ?
C’était dommage, car je n’avais pas eu l’occasion de me reposer correctement, mais aujourd’hui était le dernier jour de la fête.
Si nous les recevions aujourd’hui, nous pourrions au moins les utiliser pendant une journée.
S’ils arrivaient demain, nous devrions entrer dans une Salle maudite sans même avoir pu nous entraîner correctement.
Eun-sol soupira.
« Je m’en doutais. Il a pris tous mes outils, lui aussi, et m’a dit qu’il les rendrait demain. »
« Pourquoi demain ? »
A-ri répondit derrière moi :
« Pour qu’ils ne disparaissent pas. »
« … »
À ces mots, je compris.
Je m’en étais vaguement douté à l’extérieur, et en revenant à l’hôtel, les explications de mes compagnons m’avaient convaincu.
Tout ce qui s’était passé pendant la semaine écoulée, après que nous avions été entraînés dans le Songe d’une nuit d’été, serait réinitialisé à la fin de l’événement.
Le temps que Mi-ro avait passé dans Mi-ro de Minuit, l’état de destruction de l’hôtel et le nombre de fois où j’avais utilisé la Descente seraient tous rétablis.
Selon la même logique, si l’on nous donnait maintenant les outils améliorés ou les Bottes ailées, ils disparaîtraient à la fin de l’événement.
« Donc, ils nous les donneront une fois l’événement terminé. »
« On peut appeler ça une sorte d’égard. »
S’ils avaient voulu nous avoir, ils auraient pu nous les donner maintenant, puis les effacer demain, à la fin de l’événement, avec un simple « bon travail ».
C’était une attention plutôt inhabituelle de la part de l’hôtel.
« … »
En entendant parler de réinitialisation, je tournai machinalement les yeux vers Elena et Mi-ro.
Aucune des deux n’avait regardé dans ma direction depuis mon retour.
C’était atrocement gênant.
Franchement, je n’étais pas un héros de bande dessinée complètement à côté de la plaque. Dire que je n’avais rien remarqué aurait été un mensonge.
J’avais peut-être des doutes parce que Mi-ro semblait souvent si enfantine, mais je savais ce que ressentait Elena.
Pourtant, garder quelque chose au fond de soi et le révéler au grand jour, c’était complètement différent.
J’aurais voulu que l’événement efface aussi ces souvenirs.
« Hum ! »
A-ri s’éclaircit la gorge pour attirer notre attention.
« Vous avez à peu près compris ce que chacun a obtenu, maintenant ? »
Jin-cheol et Seung-yeop avaient quelque chose à méditer ou une récompense liée à Arima.
Eun-sol allait recevoir des outils puissants.
Grand-père et Song-i n’avaient pas été concernés par l’événement, mais ils avaient obtenu des améliorations de bénédiction.
Elena et Mi-ro… Disons simplement qu’elles avaient allégé le poids qu’elles portaient dans leur cœur.
J’avais moi aussi satisfait ma curiosité sur le monde extérieur et découvert le véritable prix de la Descente ; j’en avais donc tiré quelque chose.
Comme toujours, cette fête nous avait apporté bien des choses.
« A-ri, et toi, qu’est-ce que tu as obtenu ? »
« … J’ai satisfait ma curiosité ? »
C’était rassurant qu’A-ri ait elle aussi obtenu quelque chose.
Il ne restait qu’une personne.
Il n’était toujours pas revenu.
« Qu’est-il arrivé au docteur ? »
Ces mots assombrirent les visages de tout le monde.
« Il n’a pas trouvé de moyen de revenir ? Merde… Si j’avais su que le docteur s’était échappé, je l’aurais emmené avec moi, à coup sûr ! »
Si j’avais demandé au chef de département Park, il l’aurait forcément retrouvé, non ?
Grand-père marmonna, l’air sombre :
« La situation du docteur est différente de la tienne, Ga-in. »
« Quoi ? »
« … Tu te souviens de notre conversation après notre première évasion de la Maison de l’Horreur ? »
« C’était il y a si longtemps que je ne m’en souviens que vaguement. »
« Quand tu réussis à t’échapper, l’hôtel te fait sortir et te donne un Ticket d’entrée. »
« Ah, je m’en souviens ! Un ticket que seule la personne qui s’est échappée peut utiliser… »
Je m’interrompis, soudain perplexe. Je n’avais rien reçu de tel.
« Quoi ? Pourquoi je n’en ai pas eu ? Si j’avais eu ça, je n’aurais pas eu à traverser tout cet enfer. »
A-ri m’expliqua aussitôt :
« Parce que tu n’as pas utilisé d’outil d’évasion. »
« Hein ? »
« La combinaison protectrice, les Bottes ailées… Si tu utilises un outil d’évasion pour sortir par le passage qui lui est réservé, l’outil se transforme en Ticket d’entrée dès que tu es dehors. »
« … Alors ça veut dire que… »
« Contrairement à toi, Sang-hyeon est sorti avec une combinaison protectrice. Il a donc un Ticket d’entrée. »
« … »
Le silence tomba dans la pièce.
Contrairement à moi, le docteur avait un Ticket d’entrée qui lui permettait de revenir quand il le voulait, mais il n’était toujours pas rentré.
Tout le monde prit un air préoccupé, tandis que la même idée inquiétante leur venait à l’esprit.
Le docteur avait bien plus désespérément envie de s’échapper que nous.
Grand-père prit alors brusquement la parole.
« Il reviendra bientôt. »
« … »
« Il a clairement dit : “Je vais me reposer quelques jours.” Il a dit que l’hôtel aussi devait avoir droit à des vacances. »
« … »
« Il ne sait pas que l’hôtel est devenu un tel foutoir. Eun-sol n’avait pas encore utilisé la Main avide. Il croit probablement qu’on s’amuse tous et qu’il peut en profiter pour se reposer, lui aussi. »
Grand-père avait-il raison d’y croire ?
Impossible de le savoir.
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