Chapitre 390
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 389 : Le Songe d’une nuit d’été (5)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 224
Emplacement actuel : Niveau 1, entrée principale
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
La première chose que je vécus après m’être échappé fut une tempête d’une ampleur incroyable.
Le vent soufflait si fort que lorsqu’on sautait du ciel, on ne tombait pas : on se faisait projeter vers le haut !
J’avais un jour demandé à mon Sponsor si je pouvais m’échapper en attachant ensemble des rideaux et d’autres choses de l’hôtel pour fabriquer un parachute de fortune.
La Chouette m’avait répondu comme pour dire : « Essaie, si ta vie ne compte pas pour toi. » Ce n’est que maintenant que je compris pourquoi.
À moins d’avoir une chance inouïe, le parachute se déchirerait et je mourrais.
« Aaaaaah ! »
— Kriii !
« Argh, P-Pero ? »
Pero s’agrippa à moi comme s’il préférait m’arracher le doigt plutôt que de mourir avec moi !
Pero trouva la liberté en s’envolant vers le ciel dégagé.
Pendant ce temps, je plongeais en chute libre vers une terre que je distinguais à peine.
À cet instant, toutes sortes de pensées me traversèrent l’esprit.
Qu’est-ce qui se passerait si je m’écrasais au sol ?
Mon corps serait détruit hors d’une Salle maudite. Est-ce qu’on pourrait le réparer ?
Mes compagnons devraient-ils utiliser un Ticket pour moi ?
Au milieu de toutes ces pensées qui se bousculaient, je finis par trouver une issue.
Je tenais le Sablier dans une main.
Le Grimoire se trouvait dans l’autre.
Le Sablier se retourna.
Le Grimoire s’ouvrit.
Je ne savais pas lequel des deux s’était produit en premier, mais le résultat était clair.
En prenant possession du corps de Pero, je vis mon propre corps figé dans le ciel !
Comme si seul le temps autour de mon corps s’était arrêté.
Puis une pensée inquiétante traversa l’esprit du petit perroquet.
Est-ce que l’effet secondaire du Sablier avait aussi figé mes compagnons à l’hôtel ?
…
Sans doute pas.
Dans la chambre 205, Mi-ro avait réveillé le Démon fantôme et retourné le Sablier, mais rien n’avait changé pour mes compagnons dans la capitale.
Le Sablier avait aussi une portée limitée.
Le corps de Pero se trouvait à une vingtaine de mètres et n’avait pas été affecté, alors mes compagnons à l’hôtel, qui étaient bien plus loin, devaient être en sécurité.
— Fwoooosh !
Je n’eus pas le loisir de réfléchir longtemps.
La violente tempête ne m’épargna pas sous prétexte que j’étais un perroquet.
Une notification apparut même au beau milieu du chaos.
「Vous avez obtenu la Plume d’aile de l’Oiseau qui plane dans les typhons !」
« Hé ! Pourquoi maintenant, bon sang ? »
Je n’étais pas content du tout.
Comme quand il avait pris une mèche de Jin-cheol et l’œil d’Eun-sol, il m’arracha quelques plumes.
L’équilibre que je m’efforçais désespérément de maintenir dans la tempête s’effondra d’un coup.
Après un long moment où je fus davantage en chute libre qu’en vol, je finis par apercevoir la terre.
* * *
De retour dans la réalité, je me posai sur le toit d’un immeuble et compris deux choses.
Premièrement, un événement étrange avait dû se produire à l’hôtel.
La veille, j’avais fini complètement ivre et m’étais écroulé.
Tout le monde s’était comporté comme s’il avait perdu la tête.
Les pouvoirs qui protégeaient l’esprit, comme le Miroir limpide, eau calme et l’Immutabilité, avaient tous cessé de fonctionner.
L’hôtel devait être à l’origine de quelque chose d’aussi absurde.
« Et malgré ça, j’ai sauté de l’hôtel sans aucun plan ? »
J’avais vraiment complètement perdu la tête !
Deuxièmement, ma fenêtre de statut avait disparu.
C’était logique.
Les bénédictions étaient liées au corps physique, pas au corps dont on prenait possession.
Même avant ça, je ne voyais pas ma fenêtre de statut quand j’utilisais la Possession.
Bien sûr, cette vérité « logique » était un vrai désastre pour moi.
« Piou… »
Même mon soupir ressemblait à un pépiement.
…
Même dans un corps d’oiseau, contempler la réalité que j’avais enfin retrouvée me remonta un peu le moral.
L’air contre tout mon corps.
Les gens qui se hâtaient en contrebas.
La tourelle laser qui venait de me prendre pour cible.
Tout cela m’emplit d’une émotion profonde…
Une tourelle laser ?
— Bzzzz !
C’était quoi, ce bordel, encore ?
Au moment où je bondis pour éviter la tourelle qui cherchait ouvertement à me griller vivant, un autre danger fondit sur moi.
« Kriii ! »
Un puissant bec s’abattit sur moi, assez fort pour écraser d’un seul coup la tête d’un adorable perroquet !
Je me tordis aussitôt en plein vol et échappai de justesse à l’attaque du prédateur.
Mon adversaire poussa un cri, l’air arrogant.
« Rou-rou-rou ! »
« Tu te prends pour un aigle ou quoi ? »
Le danger n’était pas écarté.
Pour le pigeon qui régnait sur le ciel de ce cruel écosystème urbain, je n’étais qu’un perroquet savoureux et sans os.
La seule différence entre une poule et moi, c’était de savoir si nous avions déjà été plongés dans une cuve d’huile.
Le pigeon décrivit un nouveau cercle avant de foncer sur moi, le bec tendu.
Son attaque avait la puissance d’un coup de lance porté par un maître de sommet.
Mais qui étais-je, moi ?
Le perroquet le plus intelligent du monde !
À l’instant où je plaquai mes ailes contre mon corps, je me mis à tomber à toute vitesse et l’attaque du pigeon ne frappa que le vide.
Furieux, le pigeon me fixa avant de foncer à nouveau.
Entre-temps, je m’étais déjà accroché à un petit immeuble voisin.
— Bzzzz !
« Crève ! »
Quand la tourelle laser rougeoyante prit mon adversaire pour cible, ses yeux se remplirent de désespoir.
Il n’avait plus aucune chance.
« Tu vois ? Voilà la différence d’intelligence ! Tu crois qu’un pigeon peut battre un humain ? »
Il n’en restait pas moins un adversaire redoutable, aussi dangereux que bien des monstres affrontés dans les Salles maudites.
…
…
…
« C’était quoi, ce bordel… ? »
Je repris soudain mes esprits.
Est-ce que je venais vraiment de livrer un duel à mort contre un pigeon ?
Je n’étais même pas sûr de pouvoir le battre en un contre un, alors j’avais aussi demandé de l’aide à une tourelle laser…
— Bzzzz !
La tourelle laser qui avait brûlé le pigeon à mort se braqua de nouveau sur moi.
Je n’eus d’autre choix que de me plaquer contre une fenêtre pour sortir de son champ de tir.
« Où est-ce que je suis, bon sang… ? C’est seulement la Corée ? Pourquoi tous les immeubles ont une tourelle ? »
— Dring, dring !
Un téléphone ?
« Allô ! Il y a un perroquet bizarre dehors, juste devant ma fenêtre ! Je crois qu’il parle comme un humain… »
« Hé ! Raccrochez tout de suite ! »
« I-il me menace, en plus… »
La ville n’était plus un endroit sûr pour un faible perroquet.
* * *
Pendant la demi-journée qui suivit, je volai au-dessus du centre de Séoul en réfléchissant.
Quel monde étrange.
Il était tellement, tellement étrange que…
J’avais du mal à croire que c’était la réalité dans laquelle j’avais vécu.
Je me forçai à détourner les yeux du monde et réfléchis.
Qu’est-ce que je devais faire, maintenant ?
…
D’abord, je devais vérifier chez moi.
Est-ce que mes parents allaient bien ? Et mon petit frère ?
…
Ils étaient introuvables.
J’avais vécu dans le coin toute ma vie, mais…
Je ne voyais pas mes parents et je ne retrouvais même pas la maison où j’avais vécu.
Pendant un instant, j’eus l’impression que le ciel m’était tombé sur la tête.
Puis je me souvins de l’Hôtel Cinéma.
« La famille de Ga-in sera-t-elle dans le monde qu’il atteindra après s’être échappé ? »
« Je ne crois pas que la fin sera tragique. Si Ga-in surmonte ses épreuves, il pourra voir la fin qu’il souhaite. »
« … »
Ces mots étaient clairement une promesse de l’hôtel.
La promesse qu’une fin heureuse, celle que je voulais, m’attendrait si je surmontais mes épreuves.
Pour l’instant, je ne m’étais pas échappé après avoir surmonté mes épreuves. J’avais simplement perdu la tête et pris la fuite sans prévenir.
La fin que je voulais ne m’attendait donc pas dehors.
Je décidai de le croire.
Après m’être réconforté de cette façon, je m’endormis.
La lune avait disparu du ciel nocturne de Séoul.
…
Le lendemain matin, je me réveillai dans une cage à oiseaux.
Des gens vêtus de blanc m’entouraient.
Le Bureau de gestion m’avait capturé.
* * *
Une demi-journée passa.
Je compris autre chose.
« Hé ! Bande d’idiots ! »
« Note : Le comportement du “Perroquet diplômé de l’université” devient de plus en plus agressif. »
« Hé ! Je suis un collègue des agents du Bureau de gestion ! Faites venir quelqu’un d’important ! »
« Note : Le “Perroquet diplômé de l’université” souhaite rencontrer des supérieurs du Bureau de gestion. »
« Waouh… ! Vous croyez que je suis là parce que je n’ai pas le pouvoir de vous tuer ? »
« Note : Le “Perroquet diplômé de l’université” a souvent recours au bluff. »
« Kim A-ri ! Kim Mook-seong ! Mi-ro ! Vous les connaissez, non ? Bien sûr que si ! Ce sont des agents de la branche coréenne ! »
« Note : Le “Perroquet diplômé de l’université” connaît les noms des agents disparus Kim A-ri et Kim Mook-seong. Comme il possède des informations internes au Bureau de gestion, son niveau de risque devrait être relevé. »
« Non… Monsieur, j’ai compris. Alors, pourriez-vous faire venir au moins un supérieur capable de comprendre ce que je dis ? »
« Note— »
— Boum ! Bzzzt !
« Argh ! »
« Note : Le “Perroquet diplômé de l’université” semble moins intelligent que prévu. Il oublie souvent que sa cage est électrifiée. »
« … »
Les chercheurs du Bureau de gestion étaient particulièrement doués pour rendre les gens fous.
* * *
Je réfléchis à la façon de me tirer de là.
Mon corps d’origine ne courait probablement pas encore de grave danger.
Le Sablier s’était retourné et avait figé mon corps dans le ciel, près de l’hôtel.
Sauf réglage particulier, le Sablier arrêtait le temps de nos corps pendant sept jours.
Sept jours ne s’étaient pas encore écoulés ; je n’avais donc qu’à retourner là où se trouvait mon corps avant cette échéance.
Autrement dit, je devais trouver un moyen de m’échapper de cet endroit maudit.
Ensuite, je pourrais voler—
…
Mais même après m’être échappé, un problème subsisterait.
Mon corps était beaucoup trop haut.
Je ne savais pas si un perroquet pouvait voler jusque-là.
Si je me concentrais d’abord sur mon évasion, un autre problème se posait.
Une inquiétude que je n’avais jamais eue dans une Salle maudite me rongeait.
C’était la réalité.
Pas la réalité dans laquelle j’avais vécu, mais celle d’A-ri et de Grand-père.
Les gens devant moi étaient les collègues d’A-ri et de Grand-père.
Alors…
Je ne pouvais pas les tuer à la légère.
« Hé, je pourrais vous tuer maintenant, si je le voulais. »
« … »
« Ce ne serait pas moi qui vous tuerais. Ce serait le Bureau de gestion ! »
« Note : Le “Perroquet diplômé de l’université”— »
« Ah, putain, vous pouvez la fermer ? »
« — profère souvent des menaces absurdes. »
Qu’est-ce qui se passerait si je prenais possession du corps de ce putain de chercheur ?
Est-ce que je pourrais m’échapper tranquillement, comme si de rien n’était ?
…
Sans doute pas.
Ce n’était pas une prison de mafieux. C’était un endroit où le Bureau de gestion enfermait des monstres.
Ils devaient avoir un moyen de repérer une prise de possession.
Qu’est-ce qui se passerait si je prenais possession de cette personne et que le Bureau de gestion s’en rendait compte ?
La réponse était évidente.
Je l’avais déjà vue dans la chambre 201.
Dans ce genre de situation, le Bureau de gestion n’était pas du genre à perdre son temps à « réfléchir ».
Un drone ou quelque chose du même genre surgirait de nulle part et ferait exploser sans hésiter la tête du chercheur, leur collègue quelques instants plus tôt.
L’évasion échouerait et un chercheur innocent du Bureau de gestion mourrait.
Et si je me transformais en Perroquet grotesque ?
Ça ne changerait probablement pas grand-chose.
…
Si j’avais été dans une Salle maudite, j’aurais tenté toutes sortes de choses.
Mais c’était la réalité.
C’étaient les collègues d’A-ri et de Grand-père.
Cette simple vérité me paralysait.
Et puis…
La nuit tomba de nouveau.
* * *
— Bip, bip !
…
— Bip !
Qu’est-ce que c’était, à cette heure-ci ?
Ils comptaient me torturer en m’empêchant même de dormir, maintenant ?
— Crrr !
Une porte s’ouvrit.
Pas celle de ma cellule, mais celle de la cellule voisine, où l’on retenait un « autre être ».
« Monseigneur… »
Monseigneur ?
« Ah… Tu es venu. So-un, le fils de Kim Hyeon-mu. Tu es venu. »
« Monseigneur, combien de longues nuits avez-vous passées dans cet endroit exigu ? Quand je vous ai reçu pour la première fois, j’ai découvert la corruption du Bureau de gestion… »
« So-un, mon fidèle enfant. Nous parlerons des détails une fois sortis d’ici. Je t’accorderai une gloire sans limite. Tu n’es pas venu seul, n’est-ce pas ? »
« Monseigneur, cinq compagnons ont déjà juré de vous servir. »
C’était quoi, cette connerie, encore ?
Le Jésus réincarné de la chambre voisine, ou je ne sais quoi, était-il en train de séduire un employé du Bureau de gestion pour s’évader ?
Ces abrutis du Bureau de gestion…
…
Non, non. C’était une excellente occasion.
Je ne voulais faire de mal à personne du Bureau de gestion de mes propres mains.
Mais m’échapper au milieu d’un petit incident qui n’avait rien à voir avec moi, ça devrait aller, non ?
— Boum !
« Père ! »
« … »
« Monseigneur ! Jésus ! »
« So-un, qu’est-ce que c’était ? »
« C’est un perroquet qui parle. N’y prêtez pas attention. »
« Dans ce cas… »
« Je vais crier, vous savez ? »
« … »
« Très fort. Vous croyez que j’en suis incapable ? »
« … »
« Monseigneur, veuillez faire preuve de clémence envers un jeune agneau. »
« … »
« Dès que j’ai entendu votre sermon pour la première fois, j’ai su qu’un véritable berger était né sur cette terre… »
« Je n’ai jamais prêché. »
« Attendez, vous êtes Jésus réincarné et vous n’avez même pas prêché une seule fois ? Quand est-ce que vous comptez sauver le monde, putain ? »
« … »
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