Chapitre 389
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 388 : Le Songe d’une nuit d’été (4)
──────
– Park Seung-yeop
Des monstres surgirent soudain de toutes parts !
Par chance, la chambre 105 était tout près, alors nous nous y précipitâmes. Mais le danger n’était pas écarté.
Au bout d’un moment, toute la pièce se mit à trembler, puis la chambre 105 elle-même s’effondra.
Les autres, qui reprenaient leur souffle dans leurs propres versions de la chambre 105, apparurent les uns après les autres.
« Ah, aaah ! Qu’est-ce qui se passe, tout à coup ? »
Papi s’écria, le visage sombre.
« Les monstres ont détruit l’hôtel depuis l’extérieur ! »
La chambre 105 s’était effondrée quand Ga-in avait accepté la Descente, puis quand Pero s’était emballé et avait arraché la porte.
Lorsque l’hôtel lui-même subissait trop de dégâts, la chambre 105 ne résistait pas non plus.
— Clang !
La porte se tordit. Un géant couvert d’écailles luisantes tenta de la défoncer.
« D’abord les Spectres, et maintenant quoi ? Un troll ? »
Papi se précipita vers la porte. Grâce à sa force surhumaine, il empêcha le géant d’entrer et pressa plusieurs fois la détente de son pistolet.
À cette vue, Elena tomba à genoux et sombra dans son Imagination sinistre.
Quant à moi…
« Merde ! Aksha… »
« Seung-yeop ! Arrête tes conneries et va voir comment va Song-i ! Tout de suite ! »
« … Oui. »
Song-i n’arrivait pas à se relever du lit. On aurait dit qu’une pierre tombée du plafond lui avait brisé un os.
« Seung-yeop… »
« Song-i ! »
« Emmène-moi jusqu’à la porte. »
Un instant plus tard, son bracelet clignota et le monstre qui faisait rage devant la porte disparut.
Song-i murmura d’une voix faible :
« Ça ne nous fera gagner qu’un peu de temps. Je n’ai pas assez de forces… »
Papi regarda rapidement autour de lui.
« Où sont A-ri et Mi-ro ? Où sont-elles passées ? »
« La chambre 105 s’est effondrée, mais aucune des deux n’est apparue. Ça veut dire que… »
« Elles n’étaient pas dans la chambre 105 ! Mais dehors, ça grouille de monstres. Qu’est-ce qui leur est arrivé ? »
« Elles n’ont peut-être pas réussi à entrer ? »
« Merde ! »
— Boum !
Cette fois, un tentacule couvert d’une bave verte luisante traversa le mur !
« C’est quoi, ce truc ? »
Je partageais pleinement le cri de Papi.
D’abord les Spectres, puis un géant aux écailles noires, et maintenant des tentacules verts.
On aurait dit que tous les monstres de l’hôtel surgissaient en même temps.
À l’instant où le mur s’effondra, la scène qui s’offrit à nous nous laissa sans voix.
Près de la réception, une plante gigantesque se contorsionnait, lançant ses racines dans toutes les directions.
Près de la fontaine, une masse de chair couverte d’yeux rouges gros comme des grains de riz roulait sur le sol.
Les Spectres apparus les premiers volaient toujours dans les airs, tandis que la créature qui venait de traverser le mur de la chambre 105 était un énorme monstre vert, semblable à une étoile de mer.
« C’est… Mais qu’est-ce que… »
« … »
C’était l’enfer, tout simplement.
Pendant que nous reprenions notre souffle dans la chambre 105, voilà ce qui se passait dehors.
— Grroaaar !
L’étoile de mer qui avait détruit le mur se contorsionna en se tournant vers nous.
Est-ce qu’elle nous regardait vraiment ?
Impossible à dire. Elle n’avait pas d’yeux.
Au moment où la masse de chair se jeta sur nous,
« Je suis devenu la Mort, le destructeur des mondes. »
Un rayon lumineux traversa tout le couloir.
« Docteur ! »
« Sang-hyeon ? Non, pourtant, je t’ai clairement vu quitter l’hôtel tout à l’heure… »
« L’Emprunteur de temps ! Mi-ro ! »
En effet, de l’autre côté du couloir se tenaient A-ri, Mi-ro et le docteur.
Papi prit rapidement Song-i sur son dos et se mit à courir, Elena et moi sur ses talons.
« Par ici ! »
A-ri nous fit signe de la rejoindre. Mi-ro agita de nouveau la main. Elle renvoya le docteur, puis fit venir Jin-cheol.
« Qu’est-ce qui se… »
Comprenant que les lieux étaient envahis de monstres, Jin-cheol cessa de poser des questions. À la place, il saisit les mâchoires d’un énorme loup qui lui sautait dessus de côté et les déchira à deux mains.
« … passe ? C’est quoi, ce bordel ? »
À cet instant, Elena, dont la « charge » venait enfin de s’achever, se releva.
« Brûlez tous ! »
Les flammes jaillirent d’un coup et se mirent à dévorer tout le premier étage.
Même les monstres étaient trop occupés à fuir le feu pour s’en prendre à nous.
Puis,
« Aah ! Le feu arrive par ici ! »
Elena répondit calmement :
« Le feu n’a pas d’yeux, je n’y peux rien. »
Papi s’écria, incrédule :
« Alors pourquoi avoir mis le feu aux lieux ? »
« En voyant l’hôtel dévasté, j’ai naturellement pensé à un grand incendie… »
A-ri cria, pressée :
« À l’ascenseur ! »
« L’ascenseur ? »
« Là-bas, on ne risque rien ! »
Et, de fait, dès que les portes de l’ascenseur se refermèrent, le chaos s’apaisa, comme s’il n’avait jamais existé.
« … »
« … »
Tout le monde s’écroula sur le sol de l’ascenseur, l’air hébété.
Song-i, qui gémissait depuis un moment, ferma les yeux comme si elle s’était évanouie.
Mi-ro avait poussé l’Emprunteur de temps à ses limites. Après avoir renvoyé Jin-cheol, elle s’appuya contre l’épaule d’A-ri.
Elena, Papi et moi étions tout aussi épuisés.
Un bref silence passa.
Bientôt, Papi marmonna comme s’il venait de comprendre quelque chose :
« Tout le premier étage a été ravagé, la chambre 105 s’est effondrée, mais l’ascenseur est intact. »
A-ri répondit :
« Le premier et le deuxième étage de l’hôtel se trouvent sur des plans différents, et l’ascenseur relie ces deux endroits. »
« L’ascenseur serait une sorte de faille spatio-temporelle ? »
« Je n’en sais rien. Il est sûr, c’est tout ce qui compte. »
Je posai la question que tout le monde devait se poser.
« Pourquoi l’hôtel est dans un état pareil ? »
Papi prit un air sombre.
« Je crois savoir. C’est sûrement Eun-sol. »
« Eun-sol ? »
« Elle a forcément été prise dans le rêve, elle aussi. Un souhait qu’elle ne pourrait jamais réaliser dans la vie normale, qu’elle ne pouvait qu’espérer voir exaucé dans un rêve. Elle a dû souhaiter quelque chose de ce genre. »
« … »
« Elle a utilisé la Main avide à pleine puissance, sans penser une seconde à notre situation. »
« Alors voilà ce qui s’est passé… »
A-ri soupira.
« Enfin, elle avait perdu la moitié de sa raison, on ne peut pas lui en vouloir. Disons qu’Eun-sol a rejoint la Liste de fête sombre de l’Hôtel. »
« La Liste de fête sombre de l’Hôtel ? »
« C’est un cercle fermé que seuls certains d’entre nous ont rejoint… »
« Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? »
« Seuls ceux qui ont tué un compagnon, ou failli le tuer, peuvent en faire partie. D’ailleurs, Song-i en était la présidente fondatrice. »
« … »
Papi soupira.
« Arrêtez vos bêtises. Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? Le premier étage est complètement détruit. Le deuxième ne doit pas être en meilleur état. »
« Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? On doit tenir dans l’ascenseur. On n’a plus aucune force. »
« Le problème, c’est de savoir comment mettre fin à ce fichu rêve. Une fois qu’il sera terminé, tout ce chaos disparaîtra aussi. »
« Probablement. »
« À bien y réfléchir, tous ceux qui pouvaient se réveiller l’ont déjà fait. »
« Hmm… »
« Song-i et moi sommes passés au Sanctuaire des Bénédictions, et Seung-yeop n’a pas bu. Aucun de nous n’a donc été pris dans le rêve. »
« C’est vrai. »
« Elena et Mi-ro se sont toutes les deux réveillées après une sorte de déclaration. »
Elena paniqua.
« J-je n’ai rien fait de tel. »
Mi-ro, qui avait toujours l’air hébétée, ajouta rapidement :
« C’est moi qui les ai rejetés. »
« … Bon. Disons qu’aucune de vous n’a fait ça. Moi, j’ai réveillé A-ri. »
A-ri répondit :
« Je ne sais pas où elle est, mais Eun-sol doit être réveillée, maintenant. Elle a sûrement obtenu quelque chose en utilisant la Main avide. »
« Oui. Le problème, c’est Jin-cheol, mais vu son caractère, je ne pense pas qu’il provoquera une catastrophe. »
« Sans doute. »
« Donc, d’une manière ou d’une autre, on s’est occupés de huit personnes. »
« … »
Pour résumer :
Personnes qui n’ont pas été prises dans le rêve : Kim Mook-seong, Yoo Song-i, Park Seung-yeop.
Personnes réveillées après avoir révélé leurs véritables sentiments : Elena, Mi-ro.
Personne réveillée par Papi : Kim A-ri.
Personnes probablement réveillées vu les circonstances : Lee Eun-sol, Cha Jin-cheol.
Autrement dit, les huit personnes restées dans l’hôtel avaient commencé, d’une façon ou d’une autre, à sortir du chaos.
Le problème, c’étaient les deux autres.
« Les deux qui sont sortis sont le problème. Sang-hyeon et Ga-in. On ne peut réveiller ni l’un ni l’autre. Qu’est-ce qu’on va faire ? »
Personne ne sut quoi répondre, et un lourd silence s’abattit sur nous.
* * *
« Rien de pareil ne s’est jamais produit ! »
Kim Pil-ho, un vieil homme en costume, le pensait sincèrement.
Quatre ans plus tôt, il avait été poussé vers la sortie à la fin de la cinquantaine.
Comme beaucoup de retraités en Corée du Sud, il n’avait pas assez d’économies pour assurer ses vieux jours.
Le peu qu’il avait mis de côté avait été englouti par le cancer des ovaires de sa femme, qui avait surgi comme s’il l’avait attendu.
Il n’en voulait pas à sa femme.
Comme si elle avait choisi d’avoir un cancer ! Elle avait passé sa vie à ses côtés, à travailler avec diligence.
C’était au monde qu’il en voulait.
Il avait cru consacrer sa vie à son pays et à la société, et voilà comment on le récompensait ?
Alors que tout s’effondrait autour de lui, des gens en costume noir lui avaient tendu une main salvatrice.
Cette aide prenait la forme d’un emploi qui versait chaque mois plus de six millions de wons sur son compte.
Les gens de la « société » ne lui demandaient qu’une chose.
Chaque matin, il devait se rendre dans un laboratoire de recherche aux murs gris, entrer dans une pièce étrange et rester assis sans bouger.
C’était tout.
Bien sûr, il y avait quelques consignes pénibles.
Porter chaque jour les mêmes vêtements et la même coiffure.
Ne jamais quitter la pièce pendant huit heures.
Garder une posture semblable à celle du vieil homme sur la photographie.
Il y en avait bien d’autres, de moindre importance.
Au fil des années, Kim Pil-ho finit par comprendre plusieurs autres choses.
Sur son lieu de travail, il y avait une photo de famille montrant un couple âgé, leur belle-fille, ainsi que leur petit-fils et leur petite-fille.
Le vieil homme sur la photo ressemblait énormément à Kim Pil-ho. Avec les vêtements fournis par la société et un peu de maquillage, il était impossible de les distinguer.
De plus, une vieille femme ressemblant à celle de la photo l’attendait chaque fois qu’il arrivait au travail, et quelqu’un qui ressemblait à la belle-fille apparaissait quand il partait.
Autrement dit, trois personnes ressemblant à celles de la photo se relayaient pour la surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
…
Une fois qu’il eut compris, Kim Pil-ho devina qui était la « société » qui l’avait embauché.
Il n’existait qu’une seule organisation au monde qui s’occupait de choses aussi étranges.
« J’ai été embauché par le Bureau de gestion ! »
Un jour, alors que sa routine paisible suivait son cours, un incident se produisit.
Lui-même n’en connaissait pas la raison.
Peut-être le soleil printanier était-il trop chaud.
Une soudaine vague de somnolence lui embruma l’esprit.
— Biiiiip !
À cet instant, la caméra qui le surveillait déclencha une alarme.
« Argh, hein ! J-je me suis endormi ? »
Kim Pil-ho se réveilla en sursaut et se leva. Les membres de la famille sur la photo le fixaient.
« Qu-quoi ? Qu’est-ce que… »
Alors qu’il tentait de fuir son lieu de travail, horrifié,
— Clic !
La porte se verrouilla.
* * *
« Gyaaaaaah ! »
Un cri terrible jaillit de la caméra, accompagné d’images dix fois plus atroces encore.
Personne dans la pièce n’était assez sensible pour se laisser choquer par ce genre de spectacle.
Cela arrivait tous les jours.
Un homme en blouse blanche fit son rapport d’un ton calme :
« Brèche de confinement dans la zone 26 ! Nous demandons l’envoi d’une équipe d’intervention ! »
Ils apprirent bientôt qu’une escouade équipée de matériel pare-balles et anti-couteaux avait été dépêchée sur place.
L’homme qui avait transmis le rapport s’adressa à son collègue, l’air las :
« Ce Sacrifice n’aura duré que quatre ans… »
« Kim Pil-ho était vieux. Rien d’étonnant. On a déjà réduit la liste à cinq remplaçants potentiels, alors envoie quelqu’un. »
Tout en parlant, l’homme tapa sur son clavier et soumit une demande de révision.
« “Photo de famille heureuse”
Numéro de série : C-0362
Niveau de risque : D
Photographie de famille découverte dans une maison de Busan en 2013.
Lorsque les membres de la famille représentés sur la photographie se trouvent à proximité, elle reste docile. En leur absence, une entité difforme et tordue apparaît et commet des actes violents tels que □□, □□□ et □□.
Procédure de gestion : confinement (confiner)
La véritable famille est morte, mais l’entité reste docile si des personnes d’apparence similaire se trouvent à proximité.
Cependant, si le Sacrifice ne conserve pas une posture semblable à celle de la photographie, l’entité entre dans un état dangereux.
Dans ce cas, sacrifier le Sacrifice permet de stabiliser l’entité pendant environ 72 heures. »
« Demande de révision : prévoir le risque que le Sacrifice s’endorme. Il est nécessaire de lui administrer un stimulant de catégorie B ou supérieure. »
« Ça devrait aller… »
À cet instant, une annonce retentit dans les haut-parleurs au plafond.
– Avis ! Une nouvelle Entité du Chaos a été capturée ! Consultez immédiatement le messager et prenez connaissance des détails.
« Encore ? »
« Sérieusement, comment peut-il y avoir autant de monstres dans un si petit pays ? »
« N’en parlons même pas. C’est le cinquième Jésus réincarné qu’on attrape. »
« Toujours pas de Muhammad ? »
« Il y en a eu un qui se disait bodhisattva. »
L’homme esquissa un sourire amer et ouvrit le fichier reçu par le messager.
« “Perroquet diplômé de l’université”
Numéro de série : C-0237
Niveau de risque : D
Il est très intelligent et parle couramment la langue humaine.
Il prétend qu’il était à l’origine un étudiant de l’université K nommé “Han Ga-in” et cite plusieurs personnes qu’il connaît.
Après vérification, ni “Han Ga-in”, ni sa famille, ses amis ou quiconque ayant un lien avec lui n’existent.
Il menace de s’échapper grâce au “Grimoire”.
On ignore si un tel objet existe réellement.
Procédure de gestion : confinement (confiner)
Il suffit de le garder dans une cage à oiseaux électrifiée.
+ Ce fichier est provisoire. N’oubliez pas qu’une grande partie des informations n’a pas été confirmée ! »
« Bon sang ! Voilà qu’on a un perroquet qui parle ? »
« Imbécile, les perroquets sont censés parler. »
Comme toujours, la journée était paisible au Bureau de gestion.
Notes :
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