Chapitre 388
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 387 : Le Songe d’une nuit d’été (3)
──────
— Kim A-ri
« Mi-ro, attends. »
Ga-in interrompit les aveux de Mi-ro.
La tension retomba soudain, et je poussai un soupir sans m’en rendre compte. Je ne savais pas pourquoi.
« Ga-in ? »
Qu’est-ce qu’il préparait ?
Quand nous avions élaboré notre plan, nous avions dit à Ga-in d’accepter les sentiments de Mi-ro, mais ça risquait aussi de poser problème.
Et si Mi-ro ne l’oubliait pas ?
Comment allions-nous démêler tout ça ?
Ga-in se mit alors à raconter des choses étranges à Mi-ro.
« L’amour finit par mener au mariage, pas vrai ? »
Le mariage, comme ça, sans prévenir ? Mi-ro en resta déconcertée.
« Hein ? Le m-mariage, c’est trop tôt… »
« Mi-ro, une collégienne et un lycéen ne peuvent pas discuter seuls d’une question aussi importante. »
« Alors, avec qui je devrais en parler ? »
« Il faut en parler à nos parents. »
Mais qu’est-ce que Ga-in racontait ?
« À nos parents ? »
« Ah, mais il y a un problème. Mes parents sont à l’extérieur de l’hôtel, donc je ne peux pas leur parler. »
« … Mes parents sont probablement morts. »
Pourquoi Mi-ro prenait-elle ses absurdités au sérieux ?
« Les parents de Mi-ro ne sont peut-être plus là, mais il y a encore quelqu’un en qui tu peux avoir confiance et sur qui tu peux compter. »
« Une personne comme ça existe ? »
Mi-ro avait-elle quelqu’un comme ça ?
Tout le monde, même Elena, qui avait perdu la moitié de ses esprits, fixa Ga-in d’un air perplexe.
Et là…
Il sortit une énormité.
« Mi-ro de Minuit ! »
« Quoi ? »
« Argh ! »
« Espèce d’ordure, Ga-in ! »
« Ga-in ? Pourquoi tu parles de ça, tout à coup ? »
Tandis que tous réagissaient avec stupeur, la fenêtre de discussion clignota.
Han Ga-in : J’ai un plan.
Quel plan ?!
« M-Mi-ro de Minuit ? Moi, adulte ? »
« Exactement ! Mi-ro adulte est la personne en qui tu peux le plus avoir confiance et sur qui tu peux le plus compter. Alors, appelle-la. »
« Si j’appelle Mi-ro de Minuit, Ga-in va disparaître… »
Évidemment. Le Prêteur de temps ne pouvait invoquer qu’un seul être du passé à la fois.
« Tu ne peux pas me rappeler après avoir entendu le jugement de Mi-ro adulte ? »
« Ça marche comme ça ? »
Comme hypnotisée, Mi-ro sortit le Prêteur de temps.
Ga-in griffonna rapidement quelque chose sur un morceau de papier et le tendit à Mi-ro.
Un instant plus tard, le corps de Mi-ro se mit à trembler comme les aiguilles d’une horloge cassée.
?
Ga-in parut déconcerté.
« Quoi ? Pourquoi est-ce que je ne disparais pas… »
À cet instant, le visage de Mi-ro se crispa de colère et elle saisit Ga-in à la gorge.
Mi-ro de Minuit venait de se réveiller !
« Toi ! »
« Ghk ! »
« Espèce d’idiot, tu te rends compte du prix de mon temps ? Pour une plaisanterie aussi stupide… »
« P-pitié, lâche-moi et lis le mot ! »
« Le mot ? »
Mi-ro lut le papier que Ga-in lui avait tendu. Elle resta silencieuse un instant, puis parut sceptique.
« Le temps que je viens d’utiliser me sera rendu quand je sortirai du rêve ? »
« C’est certain. Réfléchis. En temps normal, il serait impossible que nous puissions discuter. Nous sommes tous les deux des invocations créées par le Prêteur de temps. »
« Le Prêteur de temps ne peut invoquer qu’une seule personne à la fois… »
« Le fait que deux invocations puissent exister en même temps signifie que le jugement de l’Héritage est différent de d’habitude. »
« … »
« Parce que c’est un rêve. Peut-être que ce qu’on utilise en ce moment n’est pas un Héritage, mais quelque chose que le rêve a imaginé à partir de nos souvenirs de l’Héritage. »
« … Je vois. Je suis désolée pour tout à l’heure. »
Mi-ro regarda autour d’elle, l’air plus détendu.
Mook, Seung, Elena, Song, Ga-in et moi.
« Dire que le jour viendrait où je vous verrais de mes propres yeux… »
Je ne savais pas quoi répondre face aux émotions complexes qui se lisaient dans les yeux de Mi-ro.
Ga-in prit alors la parole.
« Tu comprends la situation, pas vrai ? »
« Oui. »
« Tu comprends pourquoi je t’ai appelée ? »
« On dirait que tu avais beaucoup de questions à me poser. »
C’était donc ça, le plan de Ga-in !
Il s’était mis à débiter des absurdités et je m’étais demandé ce qui lui prenait, mais depuis le début, il comptait convaincre la jeune Mi-ro d’invoquer Mi-ro de Minuit.
Il lui restait un peu plus de trente minutes.
En temps normal, nous n’aurions pas pu gaspiller le temps d’un être aussi puissant à poser des questions et à y répondre.
Mais cette fois, c’était possible.
Une fois le rêve terminé, tout ce qui s’était passé reprendrait sa forme initiale !
Mi-ro esquissa un sourire.
« Bien. Ce n’était pas une mauvaise décision. Mais avant ça… »
« Avant ça ? »
Mi-ro prit l’air d’une fillette espiègle.
« Hé ! Les aveux ! Tes aveux ! »
Ga-in parut terriblement embarrassé. Il ne devait pas s’attendre à ce que le sujet des aveux revienne sur le tapis dans une situation pareille.
« Non, c’était… »
« Quoi ? Tu as dit que tu demanderais à un adulte de confiance. Tu m’as menti ? »
Ga-in entrouvrit la bouche et se mit à bégayer. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu aussi décontenancé.
Mi-ro semblait sur le point d’exploser de rire.
À cet instant, impossible de distinguer Mi-ro de Minuit de la jeune Mi-ro.
« J’ai pris ma décision ! »
« … Q-qu’est-ce que c’est ? »
« Pas question de sortir ensemble dans l’hôtel. Vous ferez ça une fois dehors. De toute façon, tu ressens la même chose, pas vrai ? »
« … »
« Mais retiens bien ça ! »
« Oui ? »
« Ce n’est pas toi qui m’as rejetée. C’est moi qui t’ai rejeté. »
Sur ces mots, Mi-ro repoussa Ga-in d’un coup de pied.
Et là…
Le rire de Mook fut le premier, puis tout le monde éclata de rire.
« Pfft, pfft, hahaha ! Voilà, c’est comme ça que ça doit se passer. Pour qui Ga-in se prend-il, à rejeter sa sunbae ? »
« Pas vrai ? »
« C’est à sa sunbae de le rejeter. »
« Ouf, ouf ! »
« Pourquoi tu ne te contentes pas d’en rire, toi aussi ? Tu t’appelais… Song ? »
« Hahaha ! Désolée. Je ne savais pas que tu étais comme ça ! »
« Tu pensais que j’étais comment ? »
Elena, qui avait repris ses esprits entre-temps, se joignit aux rires.
« Sérieuse, secrète, terrifiante, tyrannique… »
« … Tu as beaucoup d’idées préconçues sur moi. »
« À bien y réfléchir, ce serait bizarre que Mi-ro grandisse et devienne Mi-ro tout en ayant une personnalité complètement différente. »
« Mi-ro a grandi et est devenue Mi-ro. C’est vrai, mais ça sonne vraiment bizarre. Enfin, tu t’es réveillée d’un coup. »
« Je me suis réveillée par hasard. »
Je crus comprendre pourquoi Elena s’était réveillée, elle aussi.
« Pas question de sortir ensemble dans l’hôtel. Vous ferez ça une fois dehors. Ga-in doit sûrement ressentir la même chose. »
Les paroles de Mi-ro répondaient, à leur manière, aux inquiétudes que Mi-ro et Elena avaient toutes deux gardées en elles.
Elles avaient remis leurs préoccupations à plus tard, mais tous les problèmes ne pouvaient pas être réglés immédiatement.
À mesure qu’ils bavardaient, la tension retombait chez tout le monde.
Ga-in, qui était tombé par terre, eut un petit rire.
« Et maintenant ! L’ambiance s’est détendue, alors c’est le moment pour mademoiselle Mi-ro de nous révéler tous les secrets qu’elle nous cache… »
À peine la véritable conversation allait-elle commencer…
— Grondement !
Tout l’hôtel trembla et des Failles noires s’ouvrirent de toutes parts.
« Q-qu’est-ce que c’est ? Tout à coup… »
— Aaaah ! À l’aide !
— Argh ! Pitié… tuez-moi…
— Tuez les femmes et violez les hommes !
« Argh ! Q-qu’est-ce que c’est ?! »
« C’est encore un rêve ? »
« N-non, quelque chose a changé ! Ce ne serait pas un autre événement ? »
Des cris de douleur résonnèrent dans tout l’hôtel.
Des monstres humanoïdes convulsés déferlèrent de toutes parts !
À l’instant suivant, une lance noire comme l’encre, auréolée d’une aura féroce qui semblait écraser l’âme, fendit l’air.
La Lance de la Mortalité balaya la zone une fois, et plus de dix monstres se consumèrent comme des cendres noires.
Ça ne servit à rien.
Au-delà des Failles noires, les Spectres étaient si nombreux qu’on ne pouvait pas les compter. Il en surgissait davantage que nous n’en avions détruit.
— Grondement !
De gros blocs de pierre se mirent eux aussi à tomber du plafond dans tous les sens.
« Argh ! »
« Song ! »
Une pierre de la taille d’une tête frappa Song dans le dos.
Song s’effondra, incapable de bouger correctement, et Mook la hissa sur son épaule avec un temps de retard.
Heureusement, nous étions tous au premier étage et la chambre 105 se trouvait à proximité.
« Tout le monde, courez jusqu’à la chambre 105 ! »
Au cri de Mook, tout le monde se mit à courir.
« Il fallait que ça arrive maintenant ! »
Ga-in venait de dire tout haut ce que tout le monde pensait.
Au moment où les autres entrèrent dans la chambre 105…
Quelqu’un m’attrapa par l’épaule.
« … »
« Toi, tu restes ici. »
Mi-ro claqua des doigts. Un éclat doré jaillit et forma un mur entre les Spectres et nous.
« … J’avais oublié. Tu peux aussi utiliser le pouvoir de la Justice. »
« Évidemment. Mes conditions sont moins strictes que celles d’Elena. Je peux aussi m’en servir contre les Spectres. Bien sûr, elle a obtenu un pouvoir défensif en échange de conditions plus rigoureuses, donc il y a des avantages et des inconvénients. »
« Pourquoi ne pas avoir utilisé ce pouvoir plus tôt ? »
« Parce que je voulais être seule avec toi. »
Je regardai Mi-ro.
Mi-ro me regarda à son tour.
Deux visages et deux paires d’yeux identiques à tous points de vue, sauf la couleur des cheveux, s’observaient.
« Alors, c’est comme ça que tu es. »
« … »
« Ma création parfaite. Enfin… »
« Je ne suis pas une création. »
« Pourquoi pas ? Chaque enfant est la création de ses parents. »
« … »
« Ga-in a vraiment l’esprit vif, pas vrai ? »
« Oui. Comprendre si vite la nature du rêve et penser à t’invoquer… »
« Mais quelque chose me déplaît. »
« Quoi donc ? »
« Seuls ceux qui en sont dignes devraient connaître les secrets. Pourtant, il voulait que tu les révèles devant tout ce monde… »
« … »
« Pas vrai ? »
Cette arrogance qui empêchait de considérer les autres comme des égaux.
Cette manie de garder le secret et de cacher les informations dès que possible.
« Tu es comme moi. »
« C’est plutôt l’inverse. C’est toi qui es comme moi. »
« … »
Mi-ro me murmura ces mots comme pour m’apaiser.
« Je sais. Contrairement à moi, tu as choisi de partager beaucoup d’informations avec tout le monde. »
« Mon choix est le bon, dans l’hôtel. »
« C’est possible. Quoi qu’il en soit, moi, j’ai échoué, et toi, pas encore. »
« … »
« Mais de même que je respecte ton choix, j’aimerais que tu me comprennes aussi. »
« Qu’est-ce que tu veux que je comprenne ? »
« Ce sont tes compagnons, pas les miens. Je n’ai qu’une seule compagne. »
Sur ces mots, Mi-ro me serra la main.
Elle insistait si fort sur le lien qui nous unissait que j’en étais presque gênée.
Je crus vaguement comprendre ce qu’elle voulait dire.
« Tu te souviens de ce que tu m’as dit tout à l’heure. »
« … Peu importe ce qui arrive à tes souvenirs, tu restes ma fille. »
Était-ce sincère ?
Ou cherchait-elle à préparer le terrain pour apaiser mon cœur ébranlé ?
Je l’ignorais. Mais…
Cette conversation commençait bel et bien à me troubler.
Peut-être que les « gènes » que la Salle des Miroirs m’avait implantés étaient à l’œuvre.
« J’ai quelque chose à te dire. »
« … »
J’appris beaucoup de choses.
Je compris pourquoi Mi-ro avait voulu ne parler qu’à moi.
Il y avait peut-être de l’égoïsme et de la dissimulation derrière sa décision, mais elle avait sans doute aussi voulu éviter de troubler mes compagnons.
J’appris ce qu’était la chambre 207.
L’existence même de la chambre 207 constituait l’une des principales raisons d’être de l’hôtel.
Pourtant, il y avait une chose que je ne parvenais pas du tout à comprendre.
Dans la chambre 207, chacun atteindrait sa propre fin.
Ceux qui se satisferaient de cette fin n’auraient plus aucune raison d’aller de l’avant.
Alors…
Pourquoi le troisième étage, celui qui venait après cette fin, existait-il ? Qu’est-ce qui pouvait bien nous y attendre ?
C’était la seule chose que je ne parvins pas à apprendre.
Une trentaine de minutes plus tard, Mi-ro me prit dans ses bras avec douceur.
« … »
« Quoi qu’il arrive à partir de maintenant, souviens-toi seulement d’une chose. »
« … »
« Je t’aime. Vraiment. »
Je ne savais pas si les émotions que je ressentais à cet instant étaient artificielles ou naturelles.
* * *
— Cha Jin-cheol
J’avais toute ma tête.
Non.
J’avais perdu la moitié de mes esprits depuis un moment déjà.
Et si je faisais aussi semblant de ne pas entendre ce que disaient mes compagnons ?
Non, ce n’était pas ça.
Un fou ne peut pas savoir qu’il est fou.
Me rendre compte que j’étais fou prouvait que j’étais sain d’esprit.
Qu’est-ce que c’était que ce raisonnement absurde ?
Si je me rendais compte que j’étais fou, c’est que je l’étais.
Alors…
« Calme-toi. »
Une voix qui n’était pas la mienne.
Des paroles que j’étais le seul à pouvoir entendre dans ce monde.
« Cha Jin-cheol, calme-toi. Pour communiquer avec toi, j’ai touché à ton corps calleux et isolé une partie de ton cerveau. D’ordinaire, même pour moi, il serait difficile d’intervenir à ce point sur le cerveau… »
« … »
« La réponse à ta question est simple. Ton cerveau s’est divisé. Une partie est folle, l’autre saine d’esprit. Tu es donc à la fois sain d’esprit et fou. En fait, tu n’es pas fou : tu rêves. »
« … »
« À l’origine, je n’avais aucun espoir. J’étais un Spectre sans âme, ou quelque chose d’encore inférieur. »
« … »
« J’ai fouillé dans ta tête et trouvé le mot qui me décrivait le mieux : “virus informatique”. Je n’étais ni plus ni moins qu’un virus infiltré dans l’ordinateur appelé Cha Jin-cheol. »
« … »
« J’ai trouvé un miracle. Dans un endroit comme cet hôtel, rien n’est impossible. »
« Si tu parles de la Boîte des âmes, tu ne peux pas y entrer puisque tu n’as pas d’âme. »
« Les informations découvertes par Han Ga-in ? Il y avait une explication supplémentaire. »
« … Une méthode peu conventionnelle. »
« Hahaha ! Peu conventionnelle ? C’est seulement peu conventionnel selon tes critères ! »
« … »
« De mon point de vue, il existe une méthode parfaitement claire et sûre. »
« Laquelle ? »
À cet instant, elle, qui n’existait nulle part, sourit d’un air glacial.
« Si le problème, c’est de ne pas avoir d’âme, alors il suffit de s’en procurer une. »
Notes :
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