Chapitre 387
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 386 : Le Songe d’une nuit d’été (2)
──────
- Yoo Song-i
Le multivers du Grand Chaos ! Non, l’hôtel !
Alors que j’avais encore la tête qui tournait à cause de tout ce qui s’était passé dès notre sortie du Sanctuaire des Bénédictions, je finis par comprendre qu’il y avait deux autres personnes saines d’esprit, en plus de moi.
« Alors Ga-in, ce vaurien, a sauté de l’hôtel ? »
« Je te dis que oui ! »
« Et Mi-ro et Elena… elles se sont… avoué leurs sentiments ? »
« Oui. »
« Les jeunes d’aujourd’hui, franchement ! Enfin, Mi-ro n’est plus vraiment une gamine, si ? »
« Papy, en quoi c’est important, là ?! »
La situation était peut-être devenue tellement absurde…
que l’expression de Papy s’apaisa réellement.
« Hmm… »
« Papy… »
« Seung-yeop, raconte-moi encore ce qui s’est passé hier. »
« D’accord. »
Seung-yeop, l’autre personne saine d’esprit, nous raconta les événements de la nuit précédente.
Papy hocha la tête.
« J’ai compris une chose. Cette beuverie est sans doute à l’origine de tout ça. Les seuls à aller bien, ce sont ceux qui n’y ont pas participé, non ? »
Seung-yeop pencha la tête.
« Pourtant, j’y ai participé. »
« Petit idiot, tu as dit que tu avais bu du soda ! Ça ne compte pas ! »
« Ah bon ? »
« Un événement bizarre s’est produit dans l’hôtel. La condition de déclenchement, ce serait de boire jusqu’à perdre connaissance ? »
Il y avait quelque chose que je ne comprenais pas.
« Papy, ce n’est pas la première fois qu’on boit pendant l’Heure de fête, si ? A-ri nous a préparé des cocktails plein de fois. »
« Ça ne doit pas se déclencher si on boit avec modération. Il faut probablement que la plupart d’entre vous boivent jusqu’à s’écrouler, inconscients. »
Même si je comprenais un peu mieux la situation, ça ne changeait rien.
Papy marmonna, comme pour nous rassurer.
« Ça ne peut pas être si grave. C’est l’Heure de fête, alors il ne peut pas y avoir d’événement dangereux. Et puis, mon Mécène m’a dit de m’amuser. »
« Le mien m’a dit que ce serait dangereux si je sortais maintenant. »
« … »
Seung-yeop résuma simplement les paroles contradictoires des Mécènes.
« Ça doit être dangereux pour nous, mais amusant pour les Mécènes. »
« … »
« Qu’est-ce qu’on fait ? »
« Dans quel état sont les autres ? »
Papy, Seung-yeop et moi fîmes le tour pour vérifier. Voici ce que nous découvrîmes.
Kim Sang-hyeon et Han Ga-in : sortis de l’hôtel.
Mi-ro, A-ri et Elena : allongées, hébétées, près de la réception du rez-de-chaussée.
Cha Jin-cheol : plongé dans ses pensées à une table du deuxième étage.
Lee Eun-sol : ?
« Où est passée Eun-sol ? C’est le moment d’utiliser la Flûte pour réveiller tout le monde ! »
« Je ne l’ai pas vue non plus, mais la Flûte ne les réveillerait probablement pas. Mon bracelet n’a pas marché non plus, et toutes les bénédictions qui protègent de la contamination mentale ont cessé de fonctionner. »
« … Je crois que je comprends. »
En apprenant que les Héritages et les bénédictions étaient devenus inutiles, Papy sembla comprendre quelque chose.
« C’est un rêve. »
« Hein ? »
« Quoi ? »
Seung-yeop et moi fûmes tous les deux surpris. Papy s’expliqua.
« Quand j’étais agent, j’ai attrapé un tas de monstres qui emprisonnent les gens dans des cauchemars à l’aide de rêves. Seung-yeop, tu as déjà été attaqué par un Papillon cauchemardesque, toi aussi, non ? »
« Oui. C’était vraiment dur. »
« L’état de nos compagnons ressemble à celui de gens qui rêvent. Ils sont plongés dans leur propre monde ? Bien sûr que oui ! Le propre d’un rêve, c’est de créer son monde et de s’y enfoncer. »
« Et si les Héritages et les bénédictions ne fonctionnent plus, c’est parce que… ? »
« Parce que cet endroit est à moitié détaché de la réalité. Ou parce que les rêves ne sont pas des maladies mentales. »
« L’hôtel serait une sorte d’endroit où les rêves de tout le monde se chevauchent, à la place de la réalité ? »
« C’est ça ! »
« Et nous, alors ? »
« Des étrangers invités dans les rêves des autres, en quelque sorte. »
Seung-yeop demanda, pressé :
« Alors, qu’est-ce qu’on doit faire ? »
« Réveiller les somnambules ! »
« C-comment ? Tu as dit que les Héritages ne marchaient pas ! »
« Eh bien, je sais comment en réveiller au moins une. »
* * *
Papy nous emmena dans la salle des costumes, au sous-sol.
Comme on pouvait s’y attendre de la salle des costumes de l’hôtel, ce n’était pas un endroit ordinaire. Les vêtements que nous voulions apparaissaient comme par magie.
Un peu plus tard, Papy ressortit vêtu d’un costume noir et d’une cravate à carreaux.
Mais sa transformation ne s’arrêta pas là.
« Papy ? »
« Song-i, aide-moi un peu. Ce serait plus facile si ton bracelet marchait, mais comme ce n’est pas le cas, il va falloir que je me maquille. »
« D’accord. »
Pendant que Seung-yeop et moi l’aidions, Papy nous expliqua son plan.
« Les agents du Bureau de gestion combattent souvent des monstres comme les démons des rêves et les Papillons cauchemardesques, qui se servent des rêves comme d’armes. Pour les vaincre, il faut comprendre : “Ce n’est pas la réalité. C’est un rêve.” »
« Comme quand on fait un test de réalité pour sortir d’un rêve lucide ? »
Ce n’était sans doute pas tout à fait pareil que l’expérience d’un agent, mais j’avais déjà entendu parler de quelque chose de semblable dans des films.
« Quelque chose comme ça. En général, on essaie de faire quelque chose d’impossible dans la réalité. »
« Comme se plier les doigts à l’envers ? »
« Sauf que cette méthode ne marche pas avec tout le monde. »
« Tu parles d’A-ri ? »
« A-ri peut faire presque n’importe quel mouvement. »
« Hein ? »
« A-ri peut déjà se plier les doigts à l’envers, même dans la vie de tous les jours. Elle peut même se couper la tête et la transporter un moment… »
Seung-yeop sursauta.
« Quoi ?! Ma sœur ne fait pas ce genre de trucs, d’habitude ! »
« Parce que ça te ferait peur. »
Une personne ordinaire pouvait tenter quelque chose d’impossible dans la réalité, comprendre qu’elle rêvait, puis se réveiller.
Mais il n’y avait presque rien qu’A-ri ne puisse pas faire dans la réalité. Cette méthode ne marcherait donc pas avec elle.
« Alors, voilà comment on va réveiller A-ri. »
La « transformation » de Papy fut enfin terminée.
Debout devant le miroir, Papy n’avait plus la carrure musclée et assurée à laquelle nous étions habitués.
Il avait un bon petit ventre, l’air décontracté et le visage comme remodelé.
On aurait dit un riche vieil homme profitant de sa retraite.
« Comme ça ? »
« Quelqu’un en qui A-ri avait profondément confiance. Mais quelqu’un qui n’existe plus dans la réalité. »
« Qui ? »
« Le premier chef de l’Antenne coréenne du Bureau de gestion qu’A-ri a rencontré. »
* * *
Quelque chose d’étrange se produisit dès que Papy déguisé apparut devant A-ri.
A-ri était appuyée contre le mur, le regard absent, mais ses yeux s’éclaircirent soudain. Puis elle se mit à regarder autour d’elle, stupéfaite.
« Agent A-ri, réveille-toi. »
« … »
« Franchement ! Tu es d’une négligence désespérante ! Tu rêves alors que tu es dans un endroit aussi important ? »
« Mook-seong. »
« Minable. Tu l’as toujours été, depuis que tu pleurais tous les jours parce que ta mère te manquait… »
« Mook-seong, je suis réveillée. »
« … »
« Je n’ai jamais pleuré parce que ma mère me manquait. »
Après s’être réveillée, A-ri se mit à voir la situation sous un autre angle.
« Je crois qu’il y a un malentendu. Ce n’est pas que la communication est impossible, ni que les bénédictions ou les Héritages ne fonctionnent plus. »
« Mon bracelet ne marchait pas. »
A-ri eut un petit rire et me saisit le bras. Je ne pouvais pas bouger d’un centimètre.
« Maintenant que j’y pense, tu étais incroyablement forte tout à l’heure aussi. Tu utilisais un Héritage ? »
« Quand ils rêvent, les gens deviennent égocentriques. »
« Égocentriques ? »
« Ils ne réagissent qu’aux sujets qui les intéressent et font semblant de ne pas voir le reste. »
« Hmm… »
« Dans une conversation, si tu abordes quelque chose qui ne les intéresse pas, ils t’ignorent ou ramènent tout au sujet qui leur plaît. »
Je me rappelai comment Ga-in avait arbitrairement transformé le mot-clé « amour » en « Sautons ».
« C’est pareil avec les bénédictions et les Héritages. Ils fonctionnent comme le rêveur le souhaite. S’ils n’arrivent pas à se réveiller, c’est parce qu’ils n’envisagent même pas que cette situation puisse être un rêve. »
« D’accord, d’accord, j’ai compris. Mais comment on réveille les autres ? Ils n’ont pas appris à sortir de rêves surnaturels, comme toi. »
« Pour l’instant, je sais comment réveiller Mi-ro. »
En chemin pour réveiller Mi-ro, A-ri me lança un regard compliqué.
« Quand on se réveillera, ce qui s’est passé dans le rêve sera comme si ça n’avait jamais eu lieu. L’évasion de Ga-in et Sang-hyeon sera annulée, elle aussi. Alors… »
Je compris ce qu’A-ri voulait dire.
« J’ai déjà tout oublié. »
« … Merci. »
Ce qui s’était passé dans le rêve devait rester dans le rêve.
J’avais oublié tout ce que j’avais vu tout à l’heure.
J’avais décidé de l’oublier.
* * *
« Mi-ro. »
« … »
« Mi-ro, tu veux voir Ga-in ? »
Mi-ro n’avait pas réagi, même quand A-ri lui avait parlé très sérieusement. Mais elle releva la tête en entendant le nom de Ga-in.
« Ga-in ? Il est où ? »
« À ton avis, où est-il allé ? »
« Je crois que j’aime Ga-in ! Je veux lui proposer de sortir avec moi ! »
« … C’est épuisant. »
« Mais, mais… »
« Mais quoi ? »
« Et si je lui avoue mes sentiments et qu’il me dit qu’il ne m’aime pas ? Tout à l’heure, il est parti après avoir dit que des choses bizarres ! »
« … »
Cet échange m’a fait comprendre quelque chose.
C’était une expérience que tout le monde avait connue au moins une fois dans sa vie, non ?
On se mettait à aimer quelqu’un, mais on avait peur de le lui avouer.
Au moins, pour l’instant, on pouvait rire et discuter ensemble. Mais si on se déclarait et qu’on se faisait rejeter, même ça risquait de devenir impossible.
Mi-ro avait bien sûr pensé à tout ça, et c’était pour cette raison qu’elle ne s’était jamais déclarée.
Mais après être tombée dans un rêve, elle avait perdu toute maîtrise d’elle-même et agi comme tout à l’heure.
Les autres devaient être pareils.
Ils avaient des envies auxquelles ils avaient résisté pour des raisons pratiques, même s’ils brûlaient de les satisfaire.
Dans leurs rêves, ils ne se retenaient plus.
« Mi-ro, alors vérifie par toi-même. »
« Hein ? »
« Tu as le Prêteur de temps, non ? »
« Ah ? Ah ? »
« Utilise le Prêteur de temps pour invoquer Ga-in et lui demander. »
« I-il va encore dire des choses bizarres… »
« Non. Pas cette fois. »
Ça devait être vrai.
Le vrai Ga-in, tout à l’heure, avait ignoré la déclaration de Mi-ro parce qu’il était prisonnier de son propre rêve.
Mais le Ga-in invoqué grâce au Prêteur de temps ne serait pas affecté par le rêve.
Mi-ro sortit sa montre, l’air tremblant.
Dès que Ga-in apparut, je lui saisis la main et le tirai en arrière.
A-ri se joignit aussitôt à moi.
« Hein ? Hein ? Pourquoi vous tirez Ga-in… ? »
« Mi-ro, tu ne peux pas précipiter quelque chose d’aussi important. Tu as réfléchi à ce que tu allais lui dire ? »
« M-mais… ! »
« Je vais t’aider. »
Pendant qu’A-ri gagnait du temps, j’expliquai rapidement la situation à Ga-in.
« L’hôtel nous joue encore un tour complètement absurde. »
« Ga-in, tu as compris ce que je t’ai dit ? »
« Plus ou moins. Mais cette déclaration sortie de nulle part… »
Il avait l’air plus embarrassé qu’heureux.
« J’ai parlé avec A-ri, et elle pense qu’on se réveillera si nos souhaits se réalisent. »
« Vraiment ? »
« Alors, si tu acceptes sa déclaration, elle se réveillera sans doute folle de joie. Ne te préoccupe pas trop de la suite. Une fois que tout le monde sera réveillé, l’événement prendra fin et… »
« Tout le monde oubliera ce qui s’est passé aujourd’hui ? »
« Exactement ! »
Ga-in prit un air quelque peu indéchiffrable.
« Je vois les choses un peu différemment. »
« Quoi ? »
« Quel est le but de cet événement, et pourquoi s’est-il produit ? »
« Une farce agaçante propre à l’hôtel ? »
« L’hôtel est un endroit qui rend les gens furieux, mais un événement pareil ne peut pas être qu’une farce. »
« … »
« Comme toujours… il doit y avoir un danger et une récompense. »
Un danger et une récompense.
« Je peux deviner le danger. Quelqu’un pourrait ne pas retrouver ses esprits avant la fin de l’Heure de fête. On devrait alors entrer dans une Salle maudite avec un somnambule. »
« Et la récompense ? »
« Des informations. »
« Des informations ? »
« Ce qui se passe dans les rêves disparaît quand le rêve prend fin. Ça veut dire qu’on peut agir sans se préoccuper des conséquences. Par exemple, qu’est-ce qui se passerait si on s’échappait par l’ascenseur ou l’entrée principale ? »
« … »
« Est-ce que la réalité qu’on imagine nous attendrait vraiment dehors ? Est-ce que nos familles seraient là ? Est-ce que tout irait bien dans le monde réel ? »
« … »
« Si la récompense, ce sont des informations, alors nos souvenirs ne disparaîtront pas complètement. Ils resteront flous, comme des rêves. »
« C-c’est vrai… ? »
À cet instant, Mi-ro s’approcha en tremblant.
Elle était bien plus nerveuse que lorsqu’elle avait foncé pour se déclarer, tout à l’heure.
Elle l’avait peut-être compris instinctivement.
Se déclarer à Ga-in alors qu’il n’était pas dans son état normal et le faire alors qu’il l’était, c’était complètement différent.
« G-Ga-in. »
« … »
« Je… »
Au moment où une jeune fille amoureuse ouvrit la bouche, puisant dans tout son courage, au moment où Papy, Seung-yeop et moi, ainsi qu’A-ri derrière nous, étions tous extrêmement tendus, Ga-in prit la parole.
Notes :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>