Chapitre 29
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 28 : Chambre 103, la salle maudite – « Ferme des Animaux » (2)
──────
— Yoo Song-i
Je n’avais jamais eu aussi peur de toute ma vie.
Être à deux doigts de mourir parce qu’on vous plumait vivante.
S’ils s’étaient contentés de me tordre le cou d’un coup sec pour me tuer, j’aurais pu mourir en paix, en faisant confiance aux autres pour tout gérer. Mais là…
J’inspectai l’enclos aussi attentivement que possible.
C’était un espace assez vaste, comme un poulailler, et il y avait un nombre incroyable d’oies.
Si je restais immobile, les chances qu’on me choisisse ne seraient-elles pas faibles ?
Par précaution, je m’éloignai tout de même le plus possible de la porte.
En dandinant, je donnai des coups de bec aux autres oies, sur le bec ou le derrière. Elles réagirent en cacardant avec irritation, mais je m’en fichais.
Désolée, mais mourez à ma place. Une oie qui pense devrait survivre, non ?
Bien sûr, se faire plumer ne voulait pas forcément dire mourir. La plupart d’entre elles s’en sortiraient probablement…
Quoi qu’il en soit, je ne pouvais pas les laisser me plumer. Mes plumes étaient si duveteuses, même quand je les piquais du bec. Hors de question de laisser qui que ce soit me les arracher.
El Toutou (Elena) : J’arrive !
Garçon-Loup (Park Seung-yeop) : Prêt.
La tension était palpable. Ça irait, non ? Il y avait tant d’oies, et j’étais même cachée dans un coin. Ils n’allaient quand même pas se donner la peine de me chercher ?
Un homme aux cheveux hirsutes entra. Dès que je le vis, je fus un peu agacée.
Plume-toi toi-même ! Ne va pas arracher les plumes d’oies innocentes ! Les oies aussi ont froid en hiver !
Je plaquai mon derrière le plus loin possible dans le coin, puis mordis une autre oie pour la placer devant moi.
Désolée, mon amie. Je compte sur toi pour me protéger.
C’était une erreur.
« HOOOOOOONK !!!!!!!!!!! »
Le cacardement d’une oie retentit comme le tonnerre. Le fermier, qui regardait autour de lui, posa aussitôt les yeux sur moi.
« Qu’est-ce qu’elle a, celle-là ?
— Je l’ai vue tout à l’heure. Elle a mordu celle qui était devant elle.
— Bon sang, quelle sale bête ! Peter, garde-la à l’œil. Si on laisse des oies comme ça tranquilles, elles vont se battre entre elles dans l’enclos, se blesser et semer un sacré bazar. Il faut éliminer celles qui posent problème. Compris ?
— Oui. Je vais l’attraper. »
Je ne comprenais pas tous les mots.
Mais quand le garçon me fixa et marcha droit vers moi, je compris.
Je suis foutue. J’avais l’impression d’avoir cessé de respirer, mais j’essayai quand même de tendre la main. Aucune réaction.
Ah ! J’avais aussi épuisé ma limite de discussion. Il n’y avait vraiment plus aucune issue.
Bientôt, la main ferme du garçon m’attrapa, me souleva et me fourra dans une caisse en bois.
J’allais me faire plumer à mort là-dedans. D’après ce que j’avais entendu, ils voulaient m’éliminer ? Peut-être qu’ils n’allaient pas seulement me plumer. Peut-être qu’ils allaient me tuer.
C’était donc ainsi que tout se terminait, dans la chambre 103, en viande d’oie ?
Alors que je sombrais dans un désespoir indicible, le salut arriva.
Ouaf ! Ouaf ! Grrrrr, ouaf ouaf !!!
Aouuuuuuuuu !!! Aouuuuuuuuu !!!
Un chien aboyait comme un fou. Un loup hurlait.
La situation était si évidente que les membres de la famille de fermiers changèrent aussitôt d’expression. Ils oublièrent complètement une oie comme moi et se précipitèrent dehors.
« Peter ! Va dans ta chambre ! Assure-toi que May ne sorte pas de la sienne ! Amy ! Mon fusil !
— Je vais te l’apporter ! Fais attention à toi !
— Hmph. On dirait qu’il y a un ou deux loups solitaires. Je vais leur donner une bonne leçon, aujourd’hui ! »
J’avais envie de pleurer. Elena et Seung-yeop avaient dû se coordonner.
Pour l’instant, j’avais survécu. Mais… à quoi bon si j’étais toujours dans cette caisse ?
Ils allaient chasser le loup, revenir et m’emmener, non ?
Des hurlements de loup. Des aboiements de chien. Des coups de feu qui fendaient l’air.
Les cris furieux du fermier, une fille qui hurlait, un garçon surexcité.
Même les autres enclos étaient sens dessus dessous…
Plus de trente minutes de chaos balayèrent toute la ferme.
Puis, au beau milieu de toute cette confusion, on vint de nouveau à mon secours.
Clic.
Le couvercle de la caisse s’ouvrit et je compris.
J’étais vivante.
Comme si elle avait attendu ce moment, une chienne dorée me prit doucement par le cou et me poussa dehors. Non loin de là, elle se débattit avec une oie de ma taille environ, la tua et la mit dans la caisse.
Une amie qui allait mourir à ma place. Je me sentis un peu coupable. Mais, s’il te plaît, comprends-moi. Une oie qui pense devait survivre.
Mais quand Elena m’avait soulevée par le cou, tout à l’heure, j’avais entendu un craquement ?
Comme si quelque chose s’était légèrement fendu.
Qu’est-ce que c’était ?
Il n’y avait rien dans mon cou qui aurait dû produire un bruit pareil… J’avais dû mal entendre.
Tout le monde s’était donné tant de mal pour moi. Seung-yeop, surtout, aurait pu se faire abattre par le fermier à tout moment !
Il n’avait pas été touché, au moins ? Je priai pour que non. J’étais tellement reconnaissante envers eux tous que j’aurais pu pleurer.
J’entendis aussi un meuglement quelque part. Ga-in s’inquiétait-il pour moi ? Ou était-ce une autre vache qui beuglait de peur ?
Je retins mon souffle et attendis.
Environ deux heures avaient-elles passé ?
Depuis que j’étais devenue un animal, j’avais perdu la notion du temps.
Les membres de la famille de fermiers revinrent un à un. Ils avaient l’air incroyablement irrités. D’après ce que je parvins à entendre, le loup s’était échappé.
Seung-yeop s’en était sorti sain et sauf. Quel soulagement. S’il s’était fait abattre en essayant de me sauver, ç’aurait été tragique.
Je me cachai discrètement dans un coin de l’enclos et regardai la famille s’approcher de la caisse.
« Hein ? Pourquoi celle-ci a le cou cassé ? Peter, tu l’as tuée avant de la mettre là ?
— Quoi ? Je l’ai seulement attrapée par le cou et mise dans la caisse.
— Elle a dû mourir d’une fracture du cou. Le loup a surgi à l’improviste, tu as probablement fait une erreur.
— Euh… C’est bizarre. Je ferai plus attention la prochaine fois.
— Bah, ce n’est pas grave. De toute façon, on allait la tuer. Elle mordait trop, on n’y pouvait rien. Rentrons pour aujourd’hui. »
Ah… D’une manière ou d’une autre, j’avais survécu.
Je me sentais désolée pour l’oie qui était morte et avait pris ma place dans la caisse, mais le couple de fermiers n’avait pas su faire la différence.
Et c’était bien normal. Personne n’aurait imaginé qu’un chien tue une autre oie pour l’échanger contre elle.
Quand KakaoTalk refonctionnerait demain, je remercierais tout le monde, même brièvement.
Après avoir traversé cette épreuve, toute la tension retomba soudain en moi.
Je levai les yeux vers le ciel, hébétée. Le soleil avait disparu depuis longtemps, et la lumière de la lune commençait à envelopper le monde, répandant sa clarté dans chaque recoin.
A-ri avait dit qu’un Gobelin apparaissait chaque nuit dans ce monde.
Ne serait-il pas temps que je me rende utile, moi aussi ?
Même si Seung-yeop s’était occupé tout seul de la salle maudite – Étrange Famille, dans la chambre 101 –, je n’avais rien fait depuis. Ni à la piscine, ni pendant la mission d’exploration, ni dans la chambre 102, la Maison de l’Horreur.
J’avais été possédée dès notre entrée dans le manoir et je n’avais fait que des choses complètement dingues.
Et maintenant, dans la chambre 103, j’étais encore dans cette situation. Certains recueillaient des informations jour et nuit, tandis que d’autres avaient même attiré le fermier dehors en hurlant pour sauver une oie du plumage…
Et moi, je n’étais toujours qu’une oie dans un enclos. Pourquoi m’avait-on attribué un rôle où je ne pouvais absolument rien faire ?
Non, ce n’était pas le moment de m’en plaindre. Je devais chercher quelque chose que je pouvais faire moi-même.
Peut-être parce que je venais d’échapper de justesse à une mort douloureuse, je n’avais pas sommeil non plus.
Puisque j’en étais là, je décidai d’observer le Gobelin. D’après A-ri, il ne semblait pas s’intéresser particulièrement à nous.
Je poussai discrètement les autres oies du bec et me frayai un chemin jusqu’à un endroit aéré, au bord extérieur de l’enclos.
Les oies réagirent avec irritation. Désolée, les amies. Mais une oie qui pense avait beaucoup à faire.
Quand je passai prudemment la tête dehors, je ne vis rien.
Le monde entier était plongé dans le noir. Il y avait pourtant eu du clair de lune, un peu plus tôt. Des nuages l’avaient-ils cachée ?
Ou la vue d’une oie était-elle pire que je ne le pensais ?
Je tournai la tête dans un sens, puis dans l’autre, mais ne vis toujours rien. Aaaah-HOOOOOOONK !
Quelque chose d’énorme descendit sur moi.
Je laissai échapper un cacardement instinctif et compris. Ce n’étaient pas des nuages qui avaient caché la lune !
Quelque chose d’inimaginablement gigantesque, vu par les yeux d’une oie, se tenait simplement juste devant l’enclos !
J’étais si surprise, si terrifiée, que tout mon corps se figea.
Une immense forme noire, semblable au visage d’un géant, s’abaissa et regarda dans l’enclos.
Non, pas dans l’enclos.
Elle me regardait, moi. Je ne voyais pas ses yeux, mais je le savais. Elle avait braqué son attention sur moi.
Tout mon corps tremblait. Ce n’est que maintenant que je compris à quel point j’étais petite et insignifiante.
Pitié, épargnez-moi. Je ne veux pas mourir comme ça.
La suite fut inattendue.
Une chose semblable à un tentacule s’étira depuis la forme noire et pendit dans l’enclos. Elle me repoussa doucement à l’intérieur, moi qui dépassais, me tapota la tête, puis disparut.
Le geste m’était étrangement familier. On aurait dit un maître qui caressait son animal de compagnie et le remettait à l’intérieur quand celui-ci essayait de sortir de la maison.
Environ cinq minutes passèrent avant que je reprenne mes esprits. J’étais un oiseau, mais j’avais l’impression que la tension m’avait trempée jusqu’aux os.
L’enclos était silencieux, comme si rien ne s’était passé.
C’était étrange.
Depuis toute petite, j’avais élevé toutes sortes d’animaux, des chiens et des chats aux perroquets. Je le savais donc très bien.
Les petits animaux étaient terriblement craintifs.
Un perroquet qui criait et venait se poser sur mon épaule chaque fois qu’un cintre tombait. Un chiot qui s’accrochait à la jambe de quelqu’un et ne lâchait plus dès que l’aspirateur robot se mettait en marche. Un chat qui poussait des cris et s’enfuyait au bruit de la douche.
Les petits animaux savaient qu’ils étaient faibles sans que personne ait besoin de le leur apprendre.
Les gènes hérités de leurs ancêtres depuis des millions d’années le leur disaient.
Vous n’êtes que de minuscules grains de sable dans cet immense monde. Le monde entier est un danger.
Et pourtant, cette chose terrifiante, si terrifiante qu’une oie dotée d’un esprit humain ne pouvait même plus respirer, s’était approchée de l’enclos et y avait glissé un tentacule. Pourquoi l’enclos était-il si silencieux ?
Toutes les oies ne dormaient pas. Plusieurs étaient réveillées…
Et pourtant, c’était comme si rien ne s’était passé.
Je devrais en parler à tout le monde demain. Mais je ne pensais pas qu’en discuter nous mènerait à une quelconque conclusion.
En songeant que les mystères ne faisaient que se multiplier, je glissai mon bec sous mon aile.
Je m’habituais aussi à la vie d’oie. Et puis, mes plumes étaient si duveteuses, c’était vraiment agréable. Hors de question de me laisser plumer.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>