Chapitre 25
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 24 : Chambre 102, la Salle maudite — « Maison de l’Horreur » (10) Fin
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— Kim A-ri
Criiiic !
J’ouvris le portail du manoir et entrai.
Ah, je n’avais vraiment pas envie de revenir ici. Vivre comme une domestique dans cet immense manoir épuisant avait été d’un ennui insupportable.
Enfin… c’était presque terminé. Nous étions à moins d’un demi-pas de la sortie. Il ne restait qu’une chose à faire, et, bien sûr, c’était la partie la plus pénible.
Un instant plus tôt, Ga-in était parti détourner l’attention de l’Ancien.
En traversant le manoir désert, je me remémorai ce qui s’était passé quelques heures auparavant.
« Arrête… Arrête ça. Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
« Tu n’arrivais pas à te décider, alors j’essayais de t’aider. Mais tu t’obstines à résister. Si tu avais simplement accepté, tout se serait terminé facilement pour nous deux. »
« J’ai un meilleur plan ! »
Un meilleur plan.
Il comportait un certain risque, contrairement à la méthode d’évasion absolument garantie qui consistait à « se tuer sur-le-champ »…
Mais on ne pouvait pas survivre dans cet hôtel en ne prenant que des risques calculés. Quand on avait quelque chose à gagner, prendre un risque était plus sûr à long terme.
C’était pour ça que j’avais accepté son plan.
C’était la première fois que je me retrouvais seule depuis mon arrivée au manoir.
Il était vraiment immense. Peut-être me paraissait-il encore plus grand parce que j’étais dans un corps d’enfant. Après avoir marché un moment, j’arrivai tout naturellement au bureau de l’Ancien.
C’était probablement ici, non ?
Mes souvenirs étaient flous.
D’après les souvenirs de la « personnalité » que l’hôtel m’avait implantée, la petite-fille du prêtre était venue convaincre l’Ancien. Puis elle avait vu « quelque chose » qu’il lui avait montré, et son esprit comme son corps avaient sombré.
Le prêtre avait alors capitulé. En échange, l’Ancien avait rétabli sa petite-fille…
Pendant sa convalescence, ses souvenirs de « quelque chose » qu’elle avait vu étaient devenus flous. Le brouillage de ces souvenirs avait fait partie du processus de guérison dès le début.
« Je ne dis pas qu’on ne doit pas mourir. Je dis qu’on devrait faire encore un peu de chemin avant de mourir. »
« Tu veux faire autre chose ? »
« Quand j’ai vu le message après être sorti de la chambre 101, j’ai eu un soupçon… Puis, après avoir joué aux cartes avec toi, j’en ai eu la certitude.
S’échapper n’est pas le but d’une Salle maudite. Ce n’est qu’un moyen.
Au moins l’un de nous doit s’échapper. Ensuite, on continue d’essayer, on explore la Salle maudite jusqu’à finir par éliminer la Source de la Malédiction, pas vrai ?
Alors, même si on doit mourir, il faut d’abord en apprendre le plus possible. »
J’avais décidé d’aller me faire tuer de la façon la plus horrible qui soit.
En entrant dans le bureau, je vis des piles de papiers éparpillées partout.
C’était où, déjà ? Je ne me souvenais plus très bien. Par là, peut-être ? Je soulevai un tableau accroché au mur et découvris un levier. Il y avait quelque chose d’étrangement désuet dans ce genre de détails.
Quand je tirai le levier, la bibliothèque pivota avec un naturel déconcertant, révélant une porte en bois.
Derrière, un escalier descendait. Il y avait tant de marches que je ne voyais pas où elles s’arrêtaient.
Il n’y avait même pas de lumière.
Il fallait vraiment que je descende là-dessous ?
J’avais vu toutes les horreurs du monde un nombre incalculable de fois. Mais, même après en avoir vécu tant, je ne pouvais jamais m’y habituer.
Les marches. Je descendais encore et encore, sans fin. Jusqu’au fond de l’enfer.
L’air qui remontait des profondeurs semblait ronger chaque parcelle de mes poumons.
J’étais descendue jusqu’où ?
J’avais l’impression qu’au moins une heure s’était écoulée, mais je n’en étais pas sûre. Dans un endroit pareil, ma notion du temps ne pouvait que se brouiller.
Au bas de l’escalier, j’aperçus pour la première fois une lueur bleutée. En dessous se dressait une vieille porte en fer, presque entièrement rouillée et prête à tomber en morceaux.
Je poussai la porte de toutes mes forces et entrai.
Un livre brillait d’une lueur bleue.
À l’instant où je le vis, je compris. C’était ça.
C’était sans doute la récompense finale de cette salle.
Dès que je le toucherais, j’apprendrais quelque chose et mourrais dans d’atroces souffrances. Mais il était trop tard pour faire demi-tour et remonter ; je n’avais pas le choix.
Le livre avait l’air ordinaire. Sa couverture était faite d’un cuir noir inconnu.
Des lettres inconnues y étaient gravées.
J’ouvris le livre.
L’obscurité m’engloutit.
Je tombai sans fin.
Un gouffre sans fond. Une chute éternelle.
Un endroit où je pourrais tomber pendant dix millions d’années sans jamais atteindre le sol.
Comme au-delà du pôle Nord, il n’y avait plus de nord et toutes les directions menaient au sud…
Ici, il n’y avait ni commencement ni fin, aucune différence entre le haut et le bas.
Toutes les directions menaient vers le bas.
Il n’y avait clairement aucune source de lumière, et pourtant, d’une manière ou d’une autre, je distinguais les formes sur les murs.
Des parois noires et rouges, qui se tordaient. Des choses grotesques, semblables aux entrailles d’un être vivant.
Je n’étais rien de plus qu’un insecte tombant entre les organes d’une créature.
Pour une raison qui m’échappait, ma chute s’arrêta en plein air.
J’aperçus quelque chose au loin.
À quelle distance ? Je n’en savais rien. Cela semblait incroyablement loin, mais j’arrivais à en distinguer la forme.
C’était peut-être plus près que je ne le pensais. Ou peut-être était-ce simplement énorme. Impossible à dire.
Une forme ondulante apparut. On aurait dit un insecte qui grimpait sans arrêt le long d’une paroi extérieure.
Chaque fois qu’un de ses bras touchait le mur, il fondait, mais d’autres bras repoussaient sans fin à sa place.
Ah. On aurait dit un parasite qui rampait entre des organes.
J’avais l’impression que des centaines de millions d’insectes me grimpaient dessus, tout en me remplissant l’estomac. Le dégoût bouillonnait en moi.
Je devais me forcer à penser à autre chose.
Le manoir, non, la majeure partie de cet hôtel était fausse.
Le manoir, la montagne, la rivière… Tout cela n’était qu’un décor que l’hôtel avait façonné dans l’argile.
Pourtant, même dans un film, les acteurs sur le plateau existaient bel et bien.
Il y avait des choses « réelles » dans l’hôtel.
Pourquoi l’hôtel avait-il été créé ?
Quelqu’un avait dit que c’était un processus visant à sélectionner des héros en les soumettant à des épreuves.
Quelqu’un d’autre avait affirmé qu’il servait à offrir de grands trésors aux personnes dignes de les recevoir.
Peut-être que l’hôtel était un lieu d’élevage.
Un enfer où l’on gardait à jamais enfermés des monstres trop dangereux pour être relâchés dans le monde, en les nourrissant périodiquement d’humains qu’on leur jetait en pâture.
La chose rampante tourna les yeux vers moi.
Avait-elle toujours eu des yeux ? Elle n’en avait pas besoin dans un endroit pareil… Alors, les avait-elle créés ?
L’Ancien vénérait cette chose comme un dieu.
Quelle absurdité.
Pour une fourmi, même une poule aurait l’air d’un dieu. Mais une fois entre les mains d’un humain, ce n’était qu’un amuse-gueule à grignoter avec un verre.
Aussi impressionnante soit-elle, elle n’était au bout du compte qu’une abomination minable, piégée dans les organes de quelque chose de bien plus inconcevable.
Je sentis tout ce que je voyais commencer à se désagréger.
Cette fois, j’avais vraiment atteint mes limites.
Au moment où je me forçai à lever les yeux, quelque chose émergea des « organes » et s’approcha de moi.
Il m’avait fait subir une chose aussi horrible et avait osé appeler ça un « meilleur plan ».
Dès que je sortirais, j’allais lui en coller une bonne.
La longue nuit du manoir prit fin.
/Vous avez réussi à vous échapper !
Participation non autorisée ! Vous avez clairement enfreint les règles ; vous avez donc été puni et avez commencé avec un désavantage.
Malgré tout, vous avez fait de votre mieux et aidé un participant à un moment crucial.
Cette stratégie qui consistait à tuer le sacrifice plutôt que le démon, sans la moindre pitié ! Cela dit, il faut parfois savoir faire preuve d’une telle détermination.
Le rituel du propriétaire du manoir corrompu par le démon a ainsi échoué.
Vous avez échappé à la Malédiction. Pourtant, vous sentez toujours la présence de la Source de la Malédiction.
Un compagnon a réussi à s’échapper ! Félicitations ! Puisqu’un participant a réussi à s’enfuir, tous les membres reviendront sains et saufs./
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 8
Emplacement actuel : Niveau 1, couloir
Conseil du Sage : 0]
— Han Ga-in
Pris de vertige, je me remis debout. Comme à ma sortie de la chambre 101, j’eus l’impression d’avoir été projeté hors de la porte, d’avoir perdu connaissance, puis d’avoir repris mes esprits.
En regardant autour de moi, je vis « sept » personnes qui s’agitaient comme moi.
Elena, Cha Jin-cheol, Lee Eun-sol, Yoo Song-i, Park Seung-yeop. Et les deux personnes avec qui nous avions maintenant beaucoup de choses à éclaircir.
Des scènes d’agonie dans l’hôtel me traversèrent l’esprit. Mon cœur se mit soudain à battre à tout rompre et une vague d’émotion me submergea.
Elena était morte étranglée, Eun-sol avait été empalé sur une broche, Jin-cheol était mort empoisonné, et je m’étais tué avec une dague. Comment Seung-yeop était-il mort ?
Je chassai ces horribles souvenirs.
C’était maintenant. En cet instant précis.
Combien de fois m’étais-je imaginé sortir de la salle avec tout le monde et les retrouver, le sourire aux lèvres… ?
Le repas d’aujourd’hui à l’hôtel allait probablement se transformer en torrent de larmes. Moi-même, j’avais les yeux qui s’embuaient sous le coup de l’émotion.
À bien y réfléchir, une question avait trouvé sa réponse.
Même si nous mourions à des moments différents dans la Salle maudite, nous en ressortions tous en même temps.
Bien sûr, ce n’était que le début. Nous avions encore beaucoup trop de questions auxquelles répondre ensemble.
Sans même parler des secrets de l’hôtel, ne connaissions-nous pas trop peu de choses les uns sur les autres ?
Alors que je réfléchissais à tout ce que nous devions découvrir, petit à petit, quelqu’un s’approcha de moi.
C’était une silhouette familière, que j’avais vue tout au long de notre séjour dans le manoir. Son apparence n’avait presque pas changé.
« Tu es réveillé ? Toi… Tu t’appelles toujours pareil ? So- »
Un coup de poing cinglant s’abattit sur moi sans la moindre pitié. Je retombai par terre.
Notes :
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