Chapitre 247
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 246 : Chambre 202, Salle maudite — « La Petite Sirène » (24)
──────
— Elena.
— Yoooo ! Rayleee !
Une étrange mélodie me chatouilla les oreilles.
Un instant plus tôt, ma « Seconde Création » avait englouti tout rond le Rudah qui se tordait. C’était une variante de Conducteur qui transformait en slime tous les corps humains qu’elle investissait, mais elle ne semblait pas capable de faire le moindre mal à ma « Seconde Création ».
La musique continua. Une gamme étrange, dépourvue de motif discernable, emplit le laboratoire de recherche.
Les cris s’éteignirent peu à peu. Les Ondes aberrantes qui m’irritaient la peau cessèrent elles aussi. Les gens qui se tordaient au sol retrouvèrent une expression paisible, comme s’ils étaient tombés dans un profond sommeil.
Je regardai autour de moi, soulagé en silence, quand…
« Ah ! »
N-Ne me fiche pas ta tête sous le nez comme ça ! C’est moi qui t’ai créée, mais tu me fais quand même peur !
…
Le papillon de nuit qui ressemblait à une fille m’observait en silence. Peu après, une poussière inconnue se mit à flotter dans l’air.
« Qu’est-ce que c’est ? »
La fille ne répondit pas. Je n’étais même pas sûr qu’elle soit capable de parler.
Pourtant, je compris aussitôt l’effet de cette poussière.
Toute ma force m’abandonna…
* * *
« Atchoum ! »
Des gouttes d’eau glacée me cinglèrent le visage et je repris enfin connaissance.
C’était l’odeur de la mer ? Elle m’avait emmené près de la côte ? Et surtout, pourquoi m’avait-elle endormi tout à l’heure ?
Je ne pouvais pas bouger le moindre membre. Une énorme masse de fourrure m’enveloppait, ne laissant dépasser que ma tête. J’étais coincé dans un Cocon aussi grand qu’une personne.
« Hé… toi ? »
…
« Tu pourrais me laisser sortir ? »
Pas de réponse. Peut-être qu’elle ne savait vraiment pas parler.
Faute d’autre solution, je tournai la tête — la seule partie de mon corps qui dépassait du Cocon — pour examiner les environs.
C’était bizarre.
Depuis mon entrée dans cette salle, j’avais vu d’innombrables scènes étranges et grotesques, mais la situation actuelle était vraiment bizarre.
En tête du cortège, ma « Seconde Création », la fille papillon, avançait en volant lentement, se contorsionnant dans les airs. Derrière elle, un nombre incalculable de Flûtes vivantes marchaient tout aussi lentement.
On aurait dit une version infernale du joueur de flûte de Hamelin : la flûtiste monstrueuse de Busan.
La poussière flottait dans l’air. Pendant un instant, je crus que c’était de la neige, mais non : c’était de la poussière. Une poudre s’échappait du papillon de nuit et emplissait l’air tout autour.
Alors, le monde entier se mit à pourrir.
Comme si on avait éclaboussé partout, sans soin, de la peinture trouble provenant d’un pinceau pourri. Le sol touché par la poudre qui flottait devenait gris. L’herbe pourrissait, l’eau s’asséchait et même le ciel perdait sa lumière.
Quel genre de monstre avais-je créé ? À quoi pensait cette fille, au juste ?
Je n’en savais rien. Vraiment rien.
J’avais simplement peur. Une peur terrible.
Au milieu d’une plage de sable bordant la mer sombre, tandis que la nuit tombait lentement, se dressait un immense pilier de bois. La fille qui se tenait devant était quelqu’un que je connaissais bien.
« Elena, tu es encore en vie ? »
« … Salut. »
« C’est quoi, cette masse de fourrure ? Tu la portes parce que tu as froid ? Un manteau de fourrure ne suffira pas par un temps pareil, tu sais ? »
À ses mots, le Cocon fondit et disparut. Quel tour de passe-passe ! On aurait dit que Riringanor l’avait fait disparaître.
Le papillon fit un pas en avant.
Au même moment, Riringanor recula d’un pas.
« Beurk… Grande sœur, tu ne trouves pas que tu exagères un peu ? Pourquoi tu as créé un monstre pareil ? »
« Je sais. »
« Franchement, je n’ai pas envie de me battre contre elle. Mais ce n’est pas grave. De toute façon, le temps est écoulé. »
« Le temps ? »
Au lieu de répondre, Riringanor mit le pilier en feu. Elle l’avait imbibé d’huile avant ? En un instant, les flammes l’engloutirent tout entier.
Ce ne fut que lorsque le feu illumina les alentours de Riringanor que je vis l’incroyable spectacle.
Le visage de la fille n’avait ni yeux, ni oreilles, ni nez.
« Ton visage… »
« Tu as déjà entendu parler du minimalisme, grande sœur ? »
« Quoi ? »
« Le secret du bonheur, c’est de ne pas avoir trop de choses… »
« Non ! Quelle espèce de folle applique le minimalisme à son propre visage ? »
« Moi. »
Sur ces mots, Riringanor ricana et s’avança vers le pilier en flammes. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ?
Je ne tardai pas à comprendre.
Elle s’offrait en sacrifice vivant.
Le corps de la fille prit feu…
C’était peut-être une fin appropriée à cette longue et sombre nuit. Un grondement retentit depuis la mer.
— Goooo !
Une immense forme s’éleva des profondeurs insondables. Je sentis le Juge de la chambre 202, le Dieu de la Mer, remonter des flots.
Ironiquement, ce qui allait se passer ensuite ne dépendait plus de moi. Tout reposait sur la créature que j’avais créée.
Le papillon s’éleva dans les airs.
— Roooh~ !
Une mélodie inconnue emplit le ciel. Au même moment, les Flûtes vivantes qui avaient suivi le cortège en chantant leur étrange mélodie se mirent à chanter à l’unisson.
La mer nocturne de Busan sous une tempête déchaînée, des flammes qui brûlaient les gens et éclairaient les ténèbres, et des monstres qui chantaient pour empêcher la destruction.
Ah…
Je commençais moi aussi à avoir du mal à tenir. C’était vraiment dur.
À présent, je voulais voir jusqu’au bout, d’une manière ou d’une autre.
Avez-vous déjà senti que vous vous désagrégiez peu à peu ? Avez-vous déjà senti un esprit solide comme un câble d’acier tendu se défaire fil après fil et se disperser dans toutes les directions ? Avez-vous senti chaque fragment de cet esprit éparpillé se changer en un morceau de chair frémissant ?
Et pourtant…
À cet instant, je sentis que je m’approchais d’un lieu plus élevé que jamais.
Je grandissais.
Mon esprit, mon âme, ou quelque chose qu’on ne pouvait décrire avec de tels mots, sortait de sa coquille.
La véritable forme du Dieu de la Mer, qui m’avait paru n’être qu’une silhouette brumeuse, s’imprima nettement sur mes rétines. L’étrange mélodie qui me chatouillait les oreilles s’y grava profondément.
Je compris alors pourquoi le Dieu de la Mer avait remis la Flûte à ses fidèles, ce qui avait tant intrigué le Bureau de gestion.
Pourquoi le Dieu de la Mer avait-il offert à ses fidèles un artefact sacré qui affaiblissait sa propre influence ?
Il n’y avait rien de compliqué. L’idée que la Flûte affaiblissait le Dieu de la Mer était fausse depuis le début.
Ce n’était qu’une berceuse.
Une berceuse qui permettait au Dieu de la Mer, accablé par un long Cauchemar, de dormir paisiblement. Tout comme les humains boivent pour oublier leurs souvenirs douloureux, le Dieu de la Mer avait donné la Flûte à ses fidèles.
La colère de la mer, qui grondait comme des vagues déchaînées, s’apaisa lentement…
Une forme sombre errait au loin. En son centre, une lumière ardente se tourna vers moi.
Étrangement, je distinguai clairement que cet œil avait changé.
Il avait retrouvé sa « raison » !
Encore une fois
?
T u y e s p r e s q u e. P o u r q u o i e s - t u u n m e r f o l k ?
??
Le Dieu de la Mer venait-il de me parler ?
Pourquoi fallait-il recommencer encore une fois ? Parce que ce n’était pas une véritable résolution, seulement un moyen d’apaiser sa colère ?
Non, s’il voulait me dire quelque chose, il ne pouvait pas être plus précis ?
Tandis que je restais là, confus, incapable de faire autre chose que bafouiller, l’immense corps du Dieu de la Mer commença lentement à replonger dans l’océan.
Puis la poussière s’épaissit au point de me cacher la vue.
— Krrrik !
Un son inconnu retentit.
Un long dard inconnu jaillit soudain du corps du papillon. Submergé par un dégoût si intense que je ne pouvais pas le décrire, je reculai.
« Hein ? Hé… qu’est-ce qui te prend, tout à coup ? »
Le dard se tortilla.
Quelque chose grouillait à sa pointe.
« Aaaah ! Kyaaaah ! »
Des fils jaillirent de toutes parts et me clouèrent sur place tandis que le dard s’approchait lentement de moi.
À la vue des innombrables « formes » qui grouillaient à sa pointe, je jurai de ne plus jamais créer ce monstre complètement dingue !
/Vous vous êtes échappé !
Le laboratoire de recherche, qui avait pour ambition de créer des Humains évolués, aurait dû sembler au premier abord être un lieu plein d’espoir. Pourtant, en vérité, c’était un royaume démoniaque stupéfiant ! En créant un démon encore plus grotesque dans ce laboratoire imprégné de pouvoir démoniaque, vous avez obtenu avec succès la carte préparée par le Bureau de gestion.
Cela dit, il vaudrait peut-être mieux invoquer à l’avenir des monstres un peu plus faciles à maîtriser.
Vous avez échappé à la Malédiction. Toutefois, vous sentez que la Source de la Malédiction est toujours là.
Un compagnon a réussi à s’échapper ! Félicitations ! Puisqu’un fugitif s’est échappé, tous les membres rentreront sains et saufs./
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 106
Emplacement actuel : Niveau 2, couloir
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in.
« Ouf ! »
Je me réveillai devant le couloir familier.
Ces salauds du Bureau de gestion étaient vraiment sans pitié. D’accord, ils avaient abattu mon corps d’origine. Mais j’avais pris possession du corps de quelqu’un qui, à peine quelques instants plus tôt, était leur compagnon, et ils l’avaient tué sans même hésiter ?
Grâce à eux, je compris une faiblesse de la Possession à laquelle je n’avais jamais pensé.
Chaque fois que je changeais de corps, je sentais ma conscience s’élever et passer de l’un à l’autre.
Ce processus entraînait un délai. Autrement dit, il fallait un peu de temps pour passer d’un corps à l’autre, et si je mourais avant la fin de ce délai, c’était terminé.
Je ne pensais toutefois pas que c’était une faiblesse majeure. À moins de combattre des ennemis comme ces salauds dingues du Bureau de gestion, capables de tuer leurs propres compagnons sans hésiter ne serait-ce que 0,1 seconde, j’aurais généralement le temps de passer dans un autre corps.
Mais surtout… si j’étais ici, ça voulait dire que quelqu’un s’était échappé, non ? Peut-être même qu’il avait résolu la situation ?
« Ouf ! Celui-là était plutôt difficile aussi. Pas vrai ? »
D’un air joyeux, A-ri tendit un « doigt » et donna une petite tape à Elena, qui se tenait à côté d’elle.
Elena donna aussitôt un coup de pied à A-ri et s’enfuit !
« Kyaaaah ! »
« Hein ? »
Même en roulant par terre, A-ri ne comprenait pas pourquoi on venait de la frapper.
Notes de bas de page :
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