Chapitre 227
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 226 : Chambre 202, Salle maudite — « La Petite Sirène » (4)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 100
Emplacement actuel : Niveau 2, chambre 202 — Salle maudite « La Petite Sirène »
Conseil du Sage : 2]
— Han Ga-in
Après ma rencontre avec la Sainte, le scénario s’actualisa et me donna un indice : recueillir des rumeurs concernant la Sainte sur l’Île de Haesin. Mais mettre cet indice en pratique s’avéra plus difficile que prévu. Chaque fois que nous sortions, les insulaires nous dévisageaient avec méfiance.
Heureusement, l’un de nous possédait une capacité qui permettait de recueillir des informations sans difficulté, même dans une situation pareille.
Moi. Grâce au Grimoire, je pouvais emprunter le corps d’un membre du Peuple des Merfolk.
Je m’en voulais un peu, mais je décidai d’« emprunter » temporairement le corps d’un jeune homme du Peuple des Merfolk venu régler une affaire au bureau du gouvernement. Un instant plus tard, Grand-père attaqua par surprise un jeune homme qui passait par là, l’assomma aussitôt et le traîna en silence jusqu’à la limousine.
Le Docteur, qui observait le jeune homme du Peuple des Merfolk kidnappé par Grand-père, prit la parole.
« Est-ce que je pourrais l’examiner un instant ? »
« L’examiner comment ? »
« J’observe l’espèce qu’on appelle le Peuple des Merfolk, et quelque chose me paraît étrange. J’aimerais étudier sa constitution physique plus en détail. »
« Sang-hyeon, s’il reste porté disparu trop longtemps, ça va faire des vagues. Ga-in doit emprunter son corps et recueillir des informations avant ça. Nous n’avons pas beaucoup de temps. »
« Dix minutes suffiront. Je pense que cet examen pourrait nous aider à progresser dans cette salle. »
Présentée ainsi, la demande du Docteur était difficile à refuser. Nous allongeâmes le jeune homme inconscient sur un lit, dans la chambre d’amis que nous avaient fournie la Sainte des Profondeurs — ou peut-être le gouverneur —, puis nous laissâmes le Docteur examiner son corps.
« C’est difficile à comprendre. C’est très étrange. »
« Quoi donc ? »
Le Docteur pencha la tête, puis me répondit simplement :
« Il est trop humain. »
« Quoi ? »
« Eun-sol m’a transmis des documents sur le Peuple des Merfolk, et je les ai lus. Dans ce monde, le Dieu de la Mer a fait surgir l’Île de Haesin et a ramené sur terre le peuple des profondeurs, qui vivait à l’origine sous l’eau. »
« C’est ça. On dit que leur histoire en tant qu’êtres intelligents est, à leur manière, plus ancienne que celle de l’humanité. »
« Autrement dit, ils ont suivi une évolution totalement différente de la nôtre. Pourtant, malgré cela, ne ressemblent-ils pas beaucoup trop aux humains ? »
« Euh… Il n’y avait pas une explication à ça ? À l’origine, le Peuple des Merfolk avait une apparence différente, mais le dieu l’a transformé pour qu’il ressemble aux humains, une espèce intelligente déjà adaptée à la vie sur terre. Forcément, ils se ressemblent si le dieu les a recréés à l’image de l’humanité. »
« Il y a des éléments que cela n’explique pas… »
« Attends ! Sang-hyeon ? Tu n’as pas dit qu’on manquait de temps ? »
« Toutes mes excuses. »
Le Docteur recula. Je m’empressai d’emprunter le corps du jeune homme, qui commençait à reprendre connaissance, puis quittai le bureau du gouvernement.
Une fois en ville, dans son corps, je ne sus pas où aller. Grand-père et le Docteur me suggérèrent des endroits comme des bars ou des restaurants, mais je ne savais pas si le Peuple des Merfolk, dont la culture différait de la nôtre, aimait bavarder de tout et de rien dans ce genre d’endroits.
[58:17]
Deux minutes s’étaient déjà écoulées. Il allait falloir que j’utilise un autre des pouvoirs que je gardais en réserve.
[Conseil du Sage : 2 → 1]
« Où pourrais-je aller pour entendre des informations ? »
[Les gens qui conduisent seuls toute la journée ont pris l’habitude de bavarder dès que quelqu’un monte dans leur voiture.]
Un métier où l’on conduisait seul toute la journée et où l’on avait la réputation de faire la conversation dès qu’un client montait à bord.
Un chauffeur de taxi.
* * *
Je montai dans taxi après taxi. Je choisissais une destination au hasard, puis je parlais l’air de rien de la Sainte pour tester la réaction du chauffeur. Si celui-ci ne disait rien et se contentait de conduire, je descendais aussitôt. Il me fallut répéter cette sélection de chauffeurs de taxi pendant près de quarante minutes avant d’en trouver enfin un qui aimait bavarder.
« Emmenez-moi à la banque en face du port de Haesin, s’il vous plaît. »
« Bien sûr ! »
Je commençais à prendre le coup de main. Plutôt que de parler de la Sainte sans crier gare, je devais lancer un sujet qui m’y amènerait naturellement.
« Ah, au fait, quand est-ce qu’ils comptent finir ces foutus travaux de rénovation du port ? Ils avaient dit qu’ils allaient le reconstruire ! »
« Monsieur, vous vous faites de fausses idées. »
« Hein ? »
Le chauffeur se lança alors dans une longue explication, sermonnant un jeune ignorant tout en débitant avec révérence son discours sur le complot maléfique du Groupe Cheongseong concernant le port et sur le jugement exceptionnel de la Sainte, qui l’avait fait échouer.
…
[09:24]
Il restait moins de dix minutes.
M’étais-je trompé ? Ce qu’il me fallait, c’était une « rumeur inquiétante » au sujet de la Sainte. Cet homme — non, ce chauffeur de taxi du Peuple des Merfolk — était peut-être bavard, mais il semblait la soutenir. Je devais lancer un nouvel appât.
« Bon ! Je comprends ce que vous dites, mais la Sainte n’a-t-elle pas pris pas mal de décisions téméraires, dernièrement ? »
« Jeune homme, surveillez votre langage ! Qu’est-ce que vous racontez ? »
Il venait de passer de « monsieur » à « jeune homme ». J’allais donc le titiller encore un peu.
« Quand même, elle a bien fait tuer l’héritier du Groupe Cheongseong… »
— Scccriiitch !
La voiture s’arrêta au milieu de la route, tourna soudain dans une ruelle, puis s’immobilisa de nouveau.
« … »
« … »
« Jeune homme, oublions mon métier un instant. Permettez-moi de vous donner un conseil, en homme qui a plus de vécu que vous. »
« … »
« Cette bouche ! Cette langue de vipère ! Si vous ne surveillez pas votre bouche de carpe, vous allez avoir de sacrés ennuis dans la vie ! Compris ? »
« J’ai dit quelque chose de mal ? »
« Le Dieu de la Mer avait trois filles. À présent, Sérénade est la seule qui reste. À votre avis, où sont passées les deux autres ? La Sainte est plus effrayante que vous ne le pensez. Alors ne déballez pas tout ce qui vous passe par la tête sans y réfléchir d’abord ! Si j’étais cruel, vous finiriez en sashimi dès demain. »
Le chauffeur me dit que je n’avais pas besoin de payer et m’ordonna de descendre. Bien sûr, la joie qui montait en moi m’incita à payer quand même, et je sortis du taxi.
Ce n’était pas mon argent, après tout !
Sérénade, la Sainte, avait éliminé les autres Filles du Dieu de la Mer et s’était emparée du trône. Qu’est-ce que cela pouvait signifier pour le scénario que nous suivions ?
* * *
« Voilà toutes les informations que j’ai trouvées. À titre indicatif, la limite de temps de la Possession a pris fin alors que je revenais près du bureau du gouvernement. J’ai donc libéré le jeune homme. Ça risque de poser problème ? »
Grand-père répondit comme s’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.
« Je l’ai attaqué par-derrière et assommé sur-le-champ. Il ne saura pas ce qui lui est arrivé. Il pensera probablement que la chaleur lui a fait perdre la mémoire. Même s’il se rend compte qu’une force surnaturelle inconnue l’a affecté, il ne saura pas que nous sommes responsables. Aucun problème. »
Eun-sol réfléchit un instant aux informations, puis prit la parole.
« Sérénade a éliminé ses deux sœurs et pris le trône de l’île. Est-ce le secret qu’elle cache ? Quel rapport avec le mystère du meurtre que nous devons élucider ? »
Le Docteur formula lui aussi prudemment son hypothèse.
« J’ai moi aussi une hypothèse. »
« Dites-nous. »
« Regardez la situation sur cette île. Si l’on fait abstraction des aspects surnaturels et qu’on l’examine avec bon sens, n’est-elle pas étonnamment banale ? Elle ressemble à de nombreuses îles modernes qui redoutent les envahisseurs venus du continent et s’en méfient, tout en dépendant des échanges avec celui-ci. »
« Dépendre des échanges avec le continent… »
« Quand nous sommes arrivés sur l’île et que nous avons vu le bureau du gouvernement, qu’en avez-vous pensé ? N’était-il pas beaucoup plus moderne que prévu ? »
« C’est sûr. On aurait dit l’île de Jeju au vingt-et-unième siècle. »
« Il y a probablement deux factions sur l’île. L’une veut renforcer les liens avec le continent, l’autre veut le rejeter. C’est assez courant. »
Les bribes d’informations s’assemblèrent et donnèrent naissance à une hypothèse monumentale.
Le Groupe Cheongseong était venu du continent dans le but de moderniser l’île et d’en tirer d’énormes profits. Une faction souhaitait repousser le Groupe Cheongseong, tandis qu’une autre voulait accélérer la modernisation de l’île à ses côtés.
Peut-être que les deux autres Filles du Dieu de la Mer, prétendument éliminées, soutenaient le développement de l’île grâce aux entreprises du continent.
Si c’était le cas, Sérénade avait peut-être éliminé ses deux sœurs pour rejeter le continent. À mesure que j’y réfléchissais, la réponse à l’une de nos questions commençait à se dessiner.
« Sérénade a dit qu’elle n’avait aucune raison de s’en prendre au fils aîné du Groupe Cheongseong, pas vrai ? »
« Elle a fait valoir que le tuer ne mettrait pas fin au procès concernant le port. Elle a demandé à quoi bon. »
« Franchement, elle avait raison. C’est un procès sur la propriété du port. Est-ce que le procès s’arrêterait vraiment parce que le fils du président est mort ? Sérénade avait peut-être une tout autre raison. »
« Lee Su-ho faisait peut-être le lien entre la faction réformatrice de l’île et le continent. »
« Ce n’était pas une attaque dirigée contre le Groupe Cheongseong. C’était peut-être l’un de ses objectifs, mais ça prend tout son sens si son véritable but était d’utiliser la terreur pour écraser la faction opposée sur l’île. »
« Grand-père, si Sérénade a tué Lee Su-ho, est-ce pour effrayer la faction réformatrice de l’île ? »
« Si l’on interprète les choses ainsi, toutes les informations que nous avons réunies s’emboîtent plutôt bien. Repense à l’attitude du chauffeur de taxi qui t’a donné ces informations. Il avait l’air d’avoir peur d’un dictateur et de peser chacun de ses mots, tu ne trouves pas ? »
« Oui, c’est exactement l’impression qu’il donnait. »
Même si elle avait tué Lee Su-ho, Sérénade ne pouvait pas faire grand-chose contre le Groupe Cheongseong. C’était une entreprise privée, protégée par le Bureau de gestion. Tant que le Groupe Cheongseong aurait le Bureau de gestion pour puissant allié, il ne céderait jamais.
La faction adverse sur l’île, en revanche, était différente. Elle n’avait aucun soutien. Sa représentante, une autre Fille du Dieu de la Mer, avait disparu, et la personne qui la reliait au continent avait été assassinée.
Pouvait-elle encore résister à Sérénade ?
Peu à peu, les manigances de la Sainte dictatrice se dessinèrent dans l’esprit de chacun. Nous commençâmes à préparer nos arguments pour la réunion du lendemain.
* * *
— Park Seung-yeop
Dans les films, au moment d’une crise désespérée, le protagoniste voyait souvent sa vie défiler devant ses yeux comme un panorama, alors qu’il affrontait la mort…
Moi aussi, une seule pensée m’obsédait.
Mais qu’est-ce que les autres faisaient, en ce moment ? Ils ne souffraient quand même pas plus que moi ?
— Rooooar !
Le rugissement d’un Ver marin colossal fit trembler le ciel et la terre. Des citoyens innocents, trop épuisés pour seulement crier, s’effondrèrent en attendant leur dernière heure.
Et maintenant, en cet instant même, l’énergie du Grand Empereur Céleste qui Fend le Cosmos résidait en moi !
« Maintenant ! »
Je sautai du toit du terminal en direction du Ver marin. Au moment où mon corps s’envola dans les airs…
Quelque chose qui ressemblait à une langue ou à un tentacule, que le Ver marin avait « par hasard » projeté à cet instant précis, passa « naturellement » sous mes pieds !
Je ne savais pas ce que j’étais censé faire, mais il fallait bien que je fasse quelque chose ! Je pris appui sur la chair rouge et courus, puis courus encore.
— Vrille !
Le tentacule se tortilla violemment dans les airs et m’envoya voler vers le haut. Mon corps flotta dans le vide et, l’espace d’un bref instant, tout sembla s’arrêter.
Je remarquai une petite silhouette inconnue sur la tête du Ver marin.
Qui était-ce ? Un sorcier maléfique qui contrôlait le Ver marin ? Je ne savais pas ce que c’était, mais je ne devais pas laisser ce salaud s’en tirer, non ? Sauf que j’étais en plein vol ?
Une foule de pensées me traversèrent l’esprit en un instant, mais la réalité ne changea pas. Je flottais toujours dans les airs, et il y avait encore une sacrée distance entre moi et la tête du Ver marin…
— Fwouu !
Une puissante rafale turbulente se leva « par hasard » et me poussa dans les airs. Je fis naturellement un tour complet, puis atterris sur la tête du Ver marin comme si c’était la chose la plus normale du monde.
Waouh ! C’est dingue ! Même moi, je trouve ça dingue ! On dirait que je suis le héros d’un film, non ? Tom Crxse ne serait-il pas sidéré par cette scène ?
Au moment où je m’enivrai de ma propre classe, digne d’une tempête, la « fille » en face de moi marmonna, abasourdie :
« Pas dans le vide, un état où l’on court comme si l’on marchait sur du vide ? S’élever à contre-courant, un état où l’on maîtrise son énergie et où l’on monte dans le ciel ? »
… Mais qu’est-ce qu’elle racontait, cette fille ?
Notes de bas de page :
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