Chapitre 20
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 19 : Chambre 102, la salle maudite – « Maison de l’Horreur » (5)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 6
Emplacement actuel : Niveau 1, chambre 102 (Salle maudite – Maison de l’Horreur)
Conseil du Sage : 3]
« Eun-sol ! Snif, hoquet… »
« Eun-sol ! Ça va ? Tu me vois ?! »
Les pleurs, les gémissements et les cris qui résonnaient dans tout le manoir me vrillaient les oreilles. C’en était assez pour me rendre fou.
Song-i pleurait à chaudes larmes, comme ce matin, au point qu’on aurait dit que ses yeux s’étaient de nouveau transformés en fontaines. Les autres n’étaient guère en meilleur état.
Qu’est-ce qui avait bien pu se passer ?
Ça devait remonter à deux heures. Je n’aurais jamais cru que les choses tourneraient ainsi quand Eun-sol était entrée seule dans le bureau.
Sans même parler de l’atmosphère sinistre du manoir, nous avions tous jeté un coup d’œil à l’intérieur derrière elle quand elle y était entrée.
Le bureau était bien rangé et dégageait même une impression de confort et de sérénité.
Nous avions donc convenu de discuter de ce qu’elle trouverait une fois qu’elle serait sortie.
Pourtant, même à l’approche de minuit, Eun-sol ne montrait aucun signe de vouloir quitter le bureau.
En pensant à Elena, nous étions devenus nerveux et l’avions appelée de temps à autre.
« Je suis occupée ! »
« Ça risque de prendre un moment ! »
« Allez vous coucher. On en parlera demain. »
À plusieurs reprises, elle nous avait sèchement répondu qu’elle était trop occupée pour qu’on la dérange.
À la fin, tout le monde avait renoncé. Il était tard, alors nous avions décidé de remettre la discussion au lendemain.
En plus, Jin-cheol et moi avions traversé la tempête pour aller jusqu’à l’église, plus tôt. Nous étions si épuisés qu’il nous était difficile de garder les yeux ouverts.
Les deux survivants épuisés, accompagnés du jeune Seung-yeop, étaient allés dans leurs chambres. Environ une heure après que Song-i fut restée seule pour attendre Eun-sol…
Un gémissement déchirant retentit dans le manoir.
Aucun de nous ne dormait profondément. Nous nous levâmes précipitamment et nous ruâmes hors de nos chambres.
Song-i soutenait Eun-sol en pleurant à chaudes larmes, tandis que Jin-cheol la secouait si fort qu’on aurait dit qu’il voulait accélérer sa chute.
Un poinçon effilé. Ou peut-être une brochette.
Une chose terrifiante dépassait à moitié de la nuque d’Eun-sol, par l’arrière. Le sang jaillissait à flots et les cris qui emplissaient le manoir ne semblaient pas près de s’arrêter.
A-ri, qui avait accouru on ne savait quand, se tenait là, paniquée. Le majordome essayait d’enrouler des bandages autour du cou d’Eun-sol, mais…
Tous ceux qui étaient là comprirent d’instinct que c’était inutile.
Comment survivre avec un trou de la taille d’un doigt dans le cou ? Son artère avait dû échapper de justesse à une section complète, puisqu’elle respirait encore, mais ce n’était qu’une question de temps.
Alors Eun-sol tendit le bras et me désigna.
Quel effort avait dû lui coûter ce geste si clair, avec un trou dans le cou ! Je sentis ma poitrine se serrer et me précipitai vers elle.
Elle n’était déjà plus en état de parler, et ne parvenait même pas à me regarder.
Elle… se contenta de me serrer la main.
Était-ce là son dernier effort ? Moins de trois minutes plus tard, le corps d’Eun-sol devint inerte.
Le manoir se remplit de sanglots.
Alors, ce n’était toujours pas fini. Combien de cauchemars et de tragédies ce manoir, et l’hôtel qui l’abritait, avaient-ils dissimulés ?
Je laissai tout le monde derrière moi et regagnai ma chambre.
Mon cœur était gelé.
Je voulais pleurer comme Song-i. Je voulais déverser ma rage comme Jin-cheol. Je voulais me cacher en tremblant comme Seung-yeop.
Je ne le pouvais pas.
Il était évident que les autres n’étaient plus capables de réfléchir correctement. Si je me mettais moi aussi à pleurer, à crier et à me cacher…
Qui survivrait jusqu’au bout ? Qui renverserait le cours de cette tragédie pour lui donner une fin heureuse ?
C’était pour ça qu’Eun-sol m’avait serré la main tout à la fin.
Assis sur le lit, j’ouvris la main.
Un petit mot. Il n’y avait pas grand-chose d’écrit dessus.
— Grincement
Église C, servante, cloche.
Le C tout seul était-il une erreur, alors qu’elle essayait d’écrire « church » ?
— Grincement
Quoi qu’il en soit, je compris au moins deux mots. Nous étions allés à l’église, et il n’y avait qu’une seule servante au manoir. Mais que signifiait « cloche » ?
— Grincement strident
Si elle comptait me laisser un message aussi digne d’une scène d’agonie, j’aurais aimé qu’elle soit plus précise. Cela dit, vu son écriture extrêmement brouillonne, elle avait peut-être dû l’écrire à toute vitesse.
D’abord, je devais découvrir ce que signifiait « cloche ».
Et pour le programme de demain…
Je devais dormir.
Elena était morte ce matin. Eun-sol était morte le soir.
Le miroir s’occupait de me fixer sans ciller. L’horloge avait été couverte de sang plus de dix fois. Les poupées penchaient la tête dès qu’elles voyaient quelqu’un, et les tasses se promenaient toutes seules. Ce manoir était complètement dingue.
— Clac ! Frouu !
Et pourtant…
Pour survivre jusqu’au bout, quitter ce manoir avec tout le monde, garder mes forces pour l’enquête et la survie de demain…
Je devais dormir.
— Héhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhé
« J’ai dit de la fermer, putain !!! »
Je plantai sous le lit la Dague d’argent que j’avais dans ma poche. Je ne touchai rien, mais j’entendis quelque chose s’enfuir.
À ce stade, je me fichais de ce qui se trouvait sous mon lit ou de l’endroit où ça avait pu aller.
* * *
« Dis-moi franchement ! Tu me prends pour un idiot ? Tu croyais que je n’avais rien remarqué, alors que tu n’arrêtais pas de sourire hier ?! »
« Snif… Arrête, Jin-cheol, s’il te plaît. A-ri ne sait rien non plus. »
Je me réveillai au son des hurlements tonitruants de Jin-cheol qui résonnaient dans tout le manoir.
Qu’est-ce qui se passait encore ? Est-ce qu’il n’y aurait jamais un instant de calme dans ce manoir ?
Sans même prendre le temps de me laver correctement, je me précipitai dans le salon. Le visage rouge vif, Jin-cheol avait attrapé A-ri et lui criait dessus à pleins poumons.
Le plus absurde, c’était qu’A-ri semblait plus calme que prévu, tandis que Seung-yeop, à côté d’elle, était celui qui pleurait.
Seung-yeop était-il vraiment en train de jouer les Roméo et Juliette à lui tout seul ?
La vie amoureuse de Seung-yeop mise à part, il était clair qu’il fallait mettre fin à ce chaos.
Suspecte ou non, si le simple fait d’attraper quelqu’un et de lui crier dessus suffisait à lui faire révéler tous ses secrets, cet endroit ne s’appellerait pas la Maison de l’Horreur.
« Jin-cheol, ça suffit. Qu’est-ce qui te prend ? »
Au fond de moi, je craignais que Jin-cheol, aussi remonté qu’il était, se jette sur moi comme un sanglier. À vrai dire, ça aurait été effrayant…
Heureusement, Jin-cheol avait encore assez de bon sens pour reconnaître un allié.
« Tu tombes bien. Je ne la retiens pas sans raison. Tu crois que j’avais envie d’attraper une gamine et de lui hurler dessus ? J’allais interroger ce vieux salaud, mais il a disparu sans crier gare ! »
« Grand-père n’a pas disparu. Je te l’ai déjà dit : le matin, il est souvent hors de vue parce qu’il s’occupe du manoir et du jardin. »
« Par cette tempête ? Il s’occupe du jardin ? Tu crois vraiment que les adultes sont des… »
« Tu ne t’es jamais dit que je te méprisais parce que tu es idiot ? Je ne crois pas que tu t’en sortirais, même au bout de dix ans. »
?
Quoi ?
À l’instant, A-ri m’avait semblé être une personne complètement différente. Certes, elle se faisait engueuler pour quelque chose qui n’était même pas sa faute, alors elle avait toutes les raisons d’être en colère…
Mais avait-elle déjà été du genre à dire quelque chose d’aussi dur ?
Même sa façon de parler et sa voix étaient complètement différentes de d’habitude.
Jin-cheol lui-même semblait trop abasourdi pour se mettre en colère. Il ne savait pas quoi faire.
— Clac
« Je vous prie de m’excuser. Avec cette tempête, j’ai exploré les environs à la recherche d’un éventuel passage secondaire. Je vous ai inquiétés, semble-t-il. »
Le majordome revint au pire moment, rendant l’atmosphère terriblement gênante.
Jin-cheol, qui avait dit qu’il interrogerait le « vieux », ne put cacher son embarras d’avoir été pris sur le fait en train d’attraper et d’engueuler la petite-fille du vieil homme, juste devant lui.
« A-ri, présente aussi tes excuses à notre invité, tout de suite. Je vous prie de m’excuser également. Elle est encore jeune, elle n’a pas su maîtriser sa colère sur le moment. Je vous prie de lui pardonner. »
Après avoir engueulé une enfant devant son grand-père, pouvait-il vraiment dire : « Je ne peux pas vous pardonner », sous prétexte qu’il s’était emporté ? Jin-cheol n’était pas aussi cruel.
« Non… Je n’essayais pas de me mettre en colère contre elle. C’est juste que… Enfin, la situation était… »
Cette conversation allait s’éterniser sans rien régler. J’intervins.
« La situation au manoir est mauvaise depuis hier, alors je crois que tout le monde est à cran. N’en parlons plus. Avez-vous trouvé un passage secondaire, majordome ? Vous aviez aussi parlé de réparer le bateau hier, je crois. »
« Malheureusement, je n’en ai pas trouvé. Je crois que nous devons réparer le bateau, après tout. Accepteriez-vous de m’aider ? J’ai préparé les outils nécessaires aux réparations. »
« Alors, je vais aller me changer tout de suite… »
« Je crois que tu devrais rester ici, Jin-cheol. »
Jin-cheol me regarda, surpris. Je désignai Seung-yeop du menton. Allait-il vraiment laisser Seung-yeop seul dans ce manoir dangereux ?
Heureusement, il comprit et se détourna.
Bien sûr, l’idée de laisser Seung-yeop seul m’inquiétait aussi…
Mais je pensais surtout que Jin-cheol ne réussirait pas à maîtriser ses émotions s’il accompagnait le majordome.
Et j’avais quelque chose à demander au majordome, de préférence en privé.
« Depuis hier, les événements tragiques se succèdent, et moi aussi, j’en suis profondément ébranlé. Pourtant, même dans un moment pareil, monsieur Ga-in, vous ne vous emportez pas facilement. Vous devez avoir une maîtrise de vous-même remarquable. »
« C’est exagéré de parler de maîtrise de soi. Je passe simplement mes journées à réfléchir à la façon de rester en vie. Je n’ai pas la place de penser à autre chose. »
« Voilà ce que c’est, la maîtrise de soi. Rien de plus. »
Était-ce une pique indirecte à Jin-cheol, qui ne parvenait pas à se calmer ? Les tensions entre le majordome et Jin-cheol m’importaient peu. Il était temps de poser ma question.
« Majordome, y a-t-il quelque chose dans ce manoir qui soit lié à la cloche ? »
« La cloche ? Hmm… Je ne sais pas où vous en avez entendu parler. »
Devais-je lui dire la vérité ? Non, mieux valait inventer quelque chose.
« Oh, je crois avoir entendu une sorte de cloche pendant que je dormais. Depuis hier, des choses qui ressemblent à des fantômes courent partout dans le manoir… »
« Une cloche… Je n’en ai pas entendu moi-même, mais le manoir a déjà eu des problèmes liés à la cloche. »
« Quel genre de problèmes ? »
« L’église où vous êtes allés hier. En fait, elle possédait une très belle cloche. À une époque, son tintement clair, matin et soir, attirait les visiteurs des environs.
Mais… le patriarche a fini par détester ce son de tout son cœur. Chaque fois qu’il entendait la cloche matin et soir, il se prenait la tête entre les mains. »
« Hmm. C’est à cause de ça que les relations entre le manoir et l’église se sont détériorées ? »
« C’est exact. À cause de la cloche, le patriarche avait même essayé de les chasser en rachetant le terrain de l’église. Je ne suis pas instruit et je ne connais pas grand-chose aux procès, mais à l’époque, le conflit ne s’est pas entièrement déroulé comme le patriarche le souhaitait.
Malgré tout, l’église a fini à moitié en ruine, et il ne restait plus personne pour sonner la cloche… À long terme, le patriarche a sans doute obtenu ce qu’il voulait. »
« Alors, la cloche est toujours à l’église ? »
« Bien sûr. La cloche appartient à l’église, et le patriarche n’avait aucune raison de toucher à une cloche que personne ne pouvait de toute façon faire sonner.
Si vous montez l’échelle jusqu’au sommet de l’église, vous trouverez un petit clocher. À ma connaissance, la cloche s’y trouve encore. »
J’appris deux choses.
Le patriarche détestait profondément le son de la cloche. Celle-ci se trouvait toujours dans le clocher, tout en haut de l’église.
Tandis que je repassais dans ma tête ce que je venais d’apprendre et ce que je savais déjà, nous arrivâmes à l’église sans que je m’en rende compte.
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