Chapitre 19
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 18 : Chambre 102, la salle maudite – « Maison de l’Horreur » (4)
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[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 6
Emplacement actuel : Niveau 1, chambre 102 (Salle maudite – Maison de l’Horreur)
Conseil du Sage : 3]
L’église était plus propre que prévu. Le majordome avait dit qu’elle était à moitié en ruine, mais c’était peut-être seulement vrai comparée au manoir, impeccable de propreté.
Elle n’était pas très grande non plus. Une demi-journée de ménage suffirait pour y célébrer de nouveau des offices.
Nous suivîmes le majordome à travers la chapelle, puis sortîmes par la porte arrière. Nous découvrîmes un bateau et le lac.
La tempête avait fait monter le niveau de l’eau en flèche, et les vagues léchaient presque le seuil. Le bateau avait dérivé si près de la porte arrière qu’on aurait dit qu’il allait la heurter.
Bien sûr, le bateau était en piteux état. La tempête l’avait laissé à la merci des éléments et, en montant, l’eau l’avait peut-être poussé contre le terrain alentour, le couvrant de boue.
« Il n’est certes pas propre, mais il n’est pas assez abîmé pour être inutilisable. »
« Au cas où, tu sais conduire un bateau, n’est-ce pas ? »
« Bien sûr, mademoiselle. Cela dit, je ne pense pas qu’on puisse l’utiliser tout de suite. »
Le majordome tendit silencieusement la main et désigna la coque du bateau.
Avait-elle été endommagée en heurtant quelque chose quand l’eau était montée si brusquement ? De l’eau s’infiltrait dans l’embarcation. Pour l’instant, elle ne faisait que suinter lentement, mais il était clair qu’il fallait réparer la coque.
« Il y a des outils pour réparer les bateaux dans le manoir. Si nous les apportons et bouchons ce trou, le bateau devrait pouvoir traverser le lac. Le moteur doit encore fonctionner. »
Après avoir échangé un regard avec Eun-sol, elle répondit : « D’accord. »
« Hum, hum, atchoum ! »
« Ça va ? Tu es restée beaucoup trop longtemps sous la pluie et dans le vent. »
« Ça va. Ne t’inquiète pas pour moi. On peut rentrer. »
« Non, je pense que vous devriez vous réchauffer un moment. Le chemin du retour au manoir est long. Je vais aller chercher un chauffage. »
Quand le majordome partit chercher un chauffage, nous nous détendîmes un peu et nous assîmes çà et là sur les longs bancs de la chapelle.
Clac, clac.
Crrr…
Un bruit sinistre. Je refoulai mon malaise et levai les yeux vers l’une des portes en face de nous, qui tremblait.
« C’est quelle pièce, ça… ? »
« Probablement celle du prêtre. »
Suspect.
Le majordome avait insisté pour qu’on se repose malgré nos protestations, puis nous avait laissés seuls. Et maintenant, une porte s’ouvrait comme si elle nous avait attendus.
« Quoi, elle nous invite à fouiller les lieux ? »
« Je vais voir. »
« Allons-y ensemble. Ce sera plus facile si l’un de nous tient la lanterne. »
« Non, tu devrais rester près d’Eun-sol. Le majordome va revenir. »
Le majordome.
Dès le premier jour, Jin-cheol avait affirmé que le majordome était très fort et n’avait cessé de se méfier de lui.
Quand je lui dis qu’il fallait se préparer au retour du majordome, Jin-cheol acquiesça et se rassit.
Bien sûr, nous nous méfiions du majordome, mais…
Dans les endroits dangereux, une personne à la fois. Même si quelqu’un devait mourir, une personne à la fois.
Comme on ne met pas tous ses œufs dans le même panier quand on investit, nous ne devions pas entrer tous ensemble dans un endroit dangereux.
J’entrai dans la pièce, une lanterne à la main.
Une table à moitié pourrie. Des papiers éparpillés partout.
Je les parcourus rapidement, mais la plupart étaient des extraits de la Bible recopiés.
Ils avaient probablement servi pendant les offices, ou bien c’étaient des passages qui avaient touché le prêtre.
Je feuilletai les papiers, déchirai une Bible à moitié écrasée malgré mon pincement au cœur, puis tapotai le bureau vermoulu. Alors que je commençais à jeter des coups d’œil vers la porte, me demandant si le majordome allait bientôt revenir, je tombai sur un document inhabituel.
Des documents concernant un procès entre l’église et le manoir.
Comme le majordome nous l’avait expliqué la veille, les deux parties revendiquaient la propriété de l’église et des terrains alentour pour diverses raisons.
En fouillant plus attentivement, je découvris des lettres qu’ils s’étaient envoyées.
Au début, les lettres commençaient par des formules comme « Au révérend père » ou « À Lee Se-hyeon, fidèle croyant », ce qui révélait le nom de l’Ancien. Elles avaient été échangées sur un ton courtois, mais des mots de plus en plus durs avaient fini par apparaître.
Les arguments juridiques et les raisons invoquées dans les lettres du milieu étaient difficiles à comprendre, mais une chose me frappa.
À un moment donné, ils avaient commencé à s’insulter en se traitant de « prêtre véreux, fou d’argent » et de « salaud satanique, gangrené par une hérésie perverse ».
Fou d’argent.
C’était dans la limite des insultes ordinaires qu’on pouvait s’échanger lors d’un litige foncier.
Mais « hérésie perverse »… Ça ne ressemblait pas à une insulte ordinaire. Avec tous ces phénomènes occultes qui se succédaient, nous ne pouvions pas faire comme si cette expression ne signifiait rien.
Nous devions nous méfier de l’Ancien.
Cette conclusion générale en tête, je sortis de la pièce. Je ne voyais rien d’autre qui méritait d’être examiné.
Le majordome n’était toujours pas revenu, et Jin-cheol comme Eun-sol tremblaient de froid, ça se voyait.
« Il n’est toujours pas revenu ? Il avait dit qu’il allait chercher un chauffage… »
« Exactement. Mais où est-ce qu’il va chercher ça ? Ça fait bien plus de trente minutes. On dirait une heure. »
« Ce vieux salaud essaie clairement de nous tuer ici. C’est pour ça que je disais qu’on devrait— »
« S’il te plaît, tais-toi. Je t’en supplie. »
Je me rappelai ce qu’Eun-sol avait dit un peu plus tôt. Jin-cheol avait perdu la tête.
Je commençais à comprendre. Depuis la mort d’Elena, Jin-cheol n’arrivait manifestement plus à maîtriser ses émotions…
Le majordome ne revint que plus de dix minutes plus tard.
Il portait un chauffage, mais plus personne ne voulait rester dans cette église sinistre pour s’y réchauffer.
Alors, dès son arrivée, nous repartîmes pour le manoir, rendant sa course inutile.
Le majordome ne protesta pas quand nous lui annonçâmes qu’il était temps de partir et se mit aussitôt en route.
Comme si nous réchauffer n’avait jamais été son intention.
Ce ne fut qu’une fois de retour au manoir que nous nous reposâmes tous ensemble et nous réchauffâmes.
Nous avions passé tout ce temps à nous inquiéter les uns pour les autres. Seung-yeop et Song-i, qui étaient restés au manoir, sortirent donc, visiblement inquiets. Même A-ri se joignit à eux et s’affaira à faire bouillir de l’eau et à chauffer la baignoire.
Après avoir vite réglé le dîner, comme nous l’avions fait pour le déjeuner, nous mîmes à exécution le plan que nous avions élaboré en chemin vers l’église.
« Majordome, donnez-moi la clé du bureau. »
« Pardon ? »
« La clé du bureau. Je veux aller chercher quelque chose. »
« Ho ho, mademoiselle. Comme je l’ai expliqué au jeune maître Seung-yeop, l’Ancien nous a expressément interdit d’entrer dans le bureau. Il s’y trouve beaucoup de documents juridiques et financiers, alors… »
« Majordome, alors appelez mon oncle. »
« Mademoiselle… »
« Je dois voir ce qu’il y a dans le bureau. Il se passe des choses étranges dans ce manoir depuis un moment, non ? Qui sait ? Peut-être que mon oncle y a caché quelque chose. Alors, allez chercher la clé. Je vous en prie. »
« Eun-sol, quoi qu’il en soit, le propriétaire de la maison nous a bien interdit d’entrer… Tu ne t’emportes pas un peu, tout à coup ? »
« Tu pourrais la fermer deux minutes ? Même si quelqu’un meurt ici, on ne peut même pas contacter ce soi-disant propriétaire. Si on continue à l’écouter, il y aura bientôt deux cadavres de plus. »
Après avoir joué la comédie et échangé quelques répliques, je me retournai et vis les autres me fixer, les yeux écarquillés.
J’avais peur que notre jeu sonne faux, mais nous avions peut-être trop bien joué.
Ou peut-être que notre dispute, dans cette atmosphère si sombre et oppressante, avait encore accru leur peur.
Même Jin-cheol me regardait avec surprise. Il aurait été gênant d’expliquer la situation maintenant ; je m’assis donc sans rien dire.
C’était amusant, mais les autres avaient si bien réagi que nous ne risquions probablement pas d’éveiller les soupçons.
* * *
— Lee Eun-sol
Le bureau était d’une propreté remarquable, et d’un banal absolu. « Lee Eun-sol » trouvait que c’était justement ce qui le rendait le plus suspect.
Depuis la mort d’Elena, le manoir avait commencé à devenir fou. Dans le miroir, je me voyais me tourner en dérision ; l’horloge à coucou s’activait pour exploser toutes les heures, et la poupée s’était prise d’intérêt pour les gens.
Même pas besoin d’aller chercher si loin. Alors que nous nous contentions de sandwiches et de café pour dîner, n’avais-je pas attrapé la tasse sur pattes quand elle avait essayé de bouger toute seule et de verser de l’eau chaude ?
Et pourtant, ce bureau…
Il était complètement à part de l’ambiance du manoir.
Il était beaucoup trop accueillant.
Je restai immobile, réfléchissant aux informations que Ga-in m’avait données.
L’Ancien avait sombré dans l’hérésie. Cette information devait avoir un sens.
Depuis la veille, le majordome s’obstinait à nous entraîner à l’église. Il avait fini par nous y conduire, puis nous avait fait attendre à l’intérieur pendant une heure.
Il devait vouloir que nous découvrions quelque chose. Si ce que nous avions trouvé était la preuve de l’hérésie de l’Ancien, alors il devait y avoir quelque chose en rapport dans le bureau.
Je fouillai la pièce. J’ouvris tous les livres et vérifiai les tiroirs du bureau.
Pourquoi moi ?
C’était une question que je me posais depuis que les événements du manoir avaient commencé à se dérouler. Dans la voiture, Elena avait dit que notre situation ressemblait à une sorte de pièce de théâtre.
En quelque sorte, chacun de nous avait reçu un rôle.
Peu importe comment je voyais les choses, mon rôle était le plus important dans cette Maison de l’Horreur.
Tous les autres n’étaient venus au manoir que parce qu’ils étaient les amis de Lee Eun-sol à l’université.
J’étais la nièce du propriétaire du manoir et, grâce à ce statut, je pouvais donner des ordres aux employés suspects. Mon rôle était clairement le plus important.
Mais pourquoi moi ? Pourquoi m’avait-on attribué le rôle le plus important ? Qu’avais-je que les autres n’avaient pas ?
J’étais l’héritière d’un conglomérat ? Ce n’était pas comme si je pouvais utiliser l’argent sur mon compte bancaire, alors ça ne devait pas être important.
J’étais peut-être un peu plus intelligente que la moyenne ? D’après ce que j’avais vu, Ga-in n’était pas moins capable que moi. Il avait assez de jugeote pour que j’aie envie de le faire travailler pour moi si nous sortions un jour de l’hôtel.
Moi…
Je parlais plusieurs langues étrangères.
En glissant la main dans l’espace étroit entre les deuxième et troisième tiroirs du bureau, je trouvai une épaisse enveloppe.
Elle contenait des documents rédigés dans différentes langues. En espagnol, en français, en allemand, en anglais, et dans d’autres encore.
Les langues n’étaient pas les seules à varier : l’écriture, la mise en page et le papier étaient différents aussi.
On aurait dit que quelqu’un avait rassemblé des informations fragmentaires provenant des quatre coins du monde. Chaque document parlait d’un seul et même sujet.
Dès que je lus la dernière ligne du quatrième document, je compris. J’avais essayé de m’y préparer, mais je ne pouvais pas m’empêcher de trembler.
À présent, c’était à moi de me sacrifier.
Notes de bas de page :
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