Chapitre 184
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 184 : Les vers à soie du printemps tissent jusqu’à la mort (8)
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Après le départ de Yeon Sowol et du Vénérable Chungdam, le Maître de secte de Wudang et les anciens restèrent longtemps devant le Sanctuaire de Langmei.
Hwamyeongja, en particulier, tenait son épaule brisée et fixait le sol d’un air absent, comme plongé dans ses pensées.
Tous avaient beaucoup à dire, mais aucun ne savait par où commencer. Ils se contentèrent d’observer les réactions des autres, tandis qu’un silence gêné s’installait.
Le Treizième Ancien, qui avait été le plus jeune jusqu’à l’arrivée de Yeon Sowol, jeta un regard prudent à Hwamyeongja, puis demanda au Onzième Ancien, à côté de lui :
« Grand frère martial, qu’en pensez-vous ? »
« À propos de quoi ? »
« De cette chose que possède notre cadet. Le Qi cosmique, ou le Qi des Dix Mille Êtres, ou je ne sais plus comment il l’a appelée. »
« Notre cadet ? Ah, le frère cadet Yeon ? Hum. Cette… »
Le Onzième Ancien fit mine de ne pas comprendre, puis jeta un coup d’œil en coin à Hwamyeongja avant de répondre.
« …Ce n’était pas sans faiblesse. Son Stade de maturité semblait extrêmement difficile à atteindre. »
« Pas vrai ? Il s’est épuisé beaucoup trop vite. Un maître de son niveau était déjà essoufflé après l’avoir utilisé si peu de temps. »
Hwamyeongja, qui remettait lui-même son épaule en place, fronça soudain les sourcils.
« Qu’est-ce que vous fabriquez, tous les deux ? »
« Pardon ? Grand frère martial, nous voulions seulement… »
« Seulement quoi ? Vous, ses frères aînés, allez vraiment dénigrer l’exploit de notre plus jeune cadet ? »
« Grand frère martial, ce n’est pas ce que nous voulions dire. »
« Mais si ! »
Crac !
Hwamyeongja remit violemment son épaule en place. La douleur aiguë lui perla le front de sueur.
Pourtant, il ne laissa pas échapper le moindre gémissement et leur cria dessus :
« Vous dites ça parce que vous vous inquiétez pour moi ? »
« Ce n’est pas ça… »
« Ce n’est pas une insulte envers moi, peut-être ? Vous ne voyez pas que j’ai l’épaule brisée ? Si ça avait été une vraie épée, j’aurais perdu tout le bras. Dans le meilleur des cas, nous nous en serions tous deux tirés blessés et vaincus. Et vous, vous rabaissez notre plus jeune cadet ? Alors qu’est-ce que je suis, moi, si je ne peux que parvenir à un match nul en étant blessé contre quelqu’un comme lui ? Hein ? »
Hwamyeongja fit circuler son Vrai qi pour soigner sa blessure. Une brume de chaleur s’éleva de son épaule.
Même dans cet état, sa silhouette courroucée dégageait la présence écrasante d’une divinité gardienne au regard flamboyant.
« Grand frère martial, ce n’est pas ça. Nous voulions simplement… »
« Simplement quoi ? Choisissez bien vos mots. »
Hwamyeongja gronda. Les Onzième et Treizième Anciens ne purent que surveiller son humeur.
Finalement, Hwagokja intervint.
« Hwamyeong, ça suffit. »
« Mais, grand frère ! Ces salauds… »
« J’ai dit que ça suffisait. »
« Grrr… »
Hwamyeongja referma la bouche, l’air mécontent.
Hwagokja prit un ton apaisant.
« Pense aussi à la position de nos cadets. Puisque toi, leur frère aîné, as été blessé, ils seraient gênés de faire ouvertement l’éloge de Yeon Sowol. Et puis, leurs paroles ne sont pas dénuées de fondement. »
Hwagokja tourna soudain les yeux vers l’autre côté du mur, par où Yeon Sowol et le Vénérable Chungdam avaient disparu.
« Le qi du frère cadet Yeon est assurément singulier et puissant, mais ses faiblesses sont tout aussi évidentes. Si son Stade de maturité est si difficile à atteindre et qu’il l’épuise aussi vite, il peut se débrouiller en duel, mais il aura bien du mal face à plusieurs adversaires. »
Quelle que fût la puissance d’une force, elle ne pouvait venir à bout de nombreux ennemis si elle s’épuisait et épuisait son utilisateur trop rapidement.
Si Yeon Sowol était de nouveau envoyé soumettre les pillards du lac du Lac Dongting, il pourrait même se battre moins bien que la fois précédente.
La puissance de son Vrai qi était devenue infiniment supérieure, mais l’effort nécessaire pour le libérer avait lui aussi considérablement augmenté.
« Hum. »
« C’est vrai. »
Tous les autres anciens approuvèrent Hwagokja. Même Hwamyeongja, qui avait paru fort mécontent, hocha cette fois la tête.
Hwagokja promena son regard sur ses cadets et conclut :
« Nous pouvons donc voir les choses ainsi. De même que nous pouvons chercher l’illumination dans le qi du frère cadet Yeon, les arts suprêmes de Wudang peuvent alléger ses difficultés. En ce sens, notre rencontre mérite véritablement d’être appelée un grand lien du destin. »
Si Yeon Sowol avait beaucoup à offrir à Wudang, Wudang avait encore davantage à lui offrir.
« En effet… »
« Cela doit être ça. »
Ces paroles rassurèrent étrangement les anciens de Wudang.
Wudang avait toujours été une secte qui donnait aux autres, et recevait rarement quoi que ce soit. Ses membres brûlaient d’étudier le qi singulier de Yeon Sowol, et savoir qu’ils avaient assez à lui offrir en retour, sans avoir à en rougir, les réconfortait.
Le Treizième Ancien demanda soudain :
« Alors, qu’est-ce que l’Oncle martial lui enseignera, à votre avis ? »
Le Onzième Ancien, à côté de lui, répondit :
« Il commencera sans doute par une Méthode de culture interne. À ce que j’ai vu, celle du frère cadet Yeon est trop simple et manque de subtilité. Il lui est naturellement difficile de maîtriser un qi aussi terrifiant avec une méthode pareille. S’il apprend une nouvelle Méthode de culture interne de Wudang, même ce Stade de maturité si compliqué et difficile à atteindre lui deviendra bien plus accessible. »
« Oh, c’est logique. Hum. Alors, quelle Méthode de culture interne lui transmettra-t-il… ? L’Art divin du Yin et du Yang ? Rien ne vaut cet art pour approfondir le Stade de maturité. »
« Non ! Pas celui-là ! »
Le Onzième Ancien l’interrompit aussitôt.
« L’Art divin du Yin et du Yang n’est-il pas un Art divin ? Avec l’Épée de sagesse du Suprême Ultime, il constitue la racine la plus profonde et l’identité même de Wudang. Ce n’est pas quelque chose qu’on transmet à un disciple laïc, quelle que soit la contrepartie. L’Oncle martial pense sûrement la même chose. »
« C’est vrai. Laisser cette tradition secrète quitter la secte reviendrait à laisser Wudang tout entier partir avec elle… »
« Exactement. À moins qu’une affaire ne serve le grand dessein pour lequel le patriarche fondateur a établi Wudang, cet art ne doit jamais être enseigné à l’extérieur. »
Les propos du Onzième Ancien étaient sensés, et Hwagokja lui-même, le Maître de secte de Wudang, hocha la tête en signe d’approbation.
Voyant cela, le Treizième Ancien changea de sujet.
« N’est-ce pas ? Je disais ça parce que l’Art divin du Yin et du Yang semblait lui convenir au premier abord… Alors peut-être que l’Oncle martial lui enseignera l’Art des Huit Trigrammes. »
« Qui sait ? Il pourrait même lui enseigner la Formule du Cœur du Suprême Ultime ou l’Art du Yang pur et sans limites. »
« Grands dieux. Ce sont tous deux des arts suprêmes parmi les plus importants de notre secte. »
« Mais ce n’est pas l’Art divin du Yin et du Yang. Si l’illumination du frère cadet Yeon approfondit les racines de Wudang, nous ne devrions peut-être pas rechigner à lui accorder cela. »
« C’est vrai aussi. »
On aurait dit que les Onzième et Treizième Anciens ne faisaient que discuter entre eux, mais en réalité, ils parlaient pour que tous les entendent.
Les deux anciens, de rang modeste et proches amis, avaient indirectement soulevé la question.
Grâce à eux, chacun des autres anciens se mit à y réfléchir de son côté.
« C’est vrai. Alors, qu’est-ce que l’Oncle martial lui enseignera ? »
Une fois la discussion lancée, ils commencèrent à échanger discrètement leurs idées.
« L’Oncle martial ne lui enseignera-t-il pas la Formule du Cœur du Suprême Ultime ? Rien ne vaut cette méthode pour manier un qi puissant. »
« L’Art du Yang pur et sans limites ne serait-il pas préférable à la Formule du Cœur du Suprême Ultime ? Il est parfait pour maîtriser des principes profonds et subtils. »
« Hé ! Espèce d’idiot ! L’Art du Yang pur et sans limites n’est-il pas un art de célibat ? Nous sommes des Taoïstes qui vivons dans les montagnes ; ce n’est pas grave si nous n’en faisons jamais usage de toute notre vie et préservons notre chasteté. Mais faut-il enseigner un tel art à un disciple laïc ? »
« Qu’est-ce que ça peut faire s’il doit endurer un peu ? Le cœur d’un cultivateur, c’est de se dire que si l’on entend le Dao le matin, on peut mourir le soir l’esprit en paix. Pour le Grand Dao, qu’est-ce qu’une affaire entre les jambes ? »
« Ah ? Euh… Hum. C’est vrai ? »
« Je te le dis, oui. »
En écoutant les anciens se chamailler au sujet de leurs idées, Hwagokja s’enfonça dans ses réflexions.
Se déplacer comme avec l’Échelle des Nuages et encaisser la Paume de Coton avec son seul qi…
Yeon Sowol avait appelé ça le Qi cosmique, c’était bien ça ?
Le nom était grandiloquent, mais approprié.
Que se passerait-il si l’on ajoutait à un tel qi les arts martiaux de Wudang, comme l’Échelle des Nuages et la Paume de Coton ?
Ses cadets ne parlaient que des méthodes de culture interne, mais Hwagokja voyait plus loin.
Si c’est l’Oncle martial… Il ne s’arrêtera peut-être pas à une Méthode de culture interne, et lui transmettra aussi d’autres arts martiaux.
Lesquels ?
Hwagokja y réfléchit en silence.
Ce ne serait pas l’Épée de sagesse du Suprême Ultime.
Avec l’Art divin du Yin et du Yang, elle formait le fondement de Wudang.
Pour des raisons similaires, ce ne serait pas non plus la Paume du Brocart Décuplé.
Il pourrait tout de même enseigner l’Art de l’Épée de la Grande Clarté, la Paume de Coton et l’Échelle des Nuages.
Hwagokja hocha lentement la tête.
Si c’était tout, alors, en échange du service rendu en rapportant l’Art de la Paume de Coton et du partage de cette illumination particulière appelée Qi cosmique, Wudang le récompenserait avec une générosité plus que suffisante.
Mais c’est surtout la suite qui m’intrigue.
Quel niveau les arts martiaux de Yeon Sowol atteindraient-ils après qu’il aurait appris tout cela ?
Il était déjà ainsi avec son seul qi.
Si on y ajoutait des arts suprêmes…
Même alors, il ne pourrait pas rivaliser avec un maître du Royaume du sommet transcendant.
Le Royaume du sommet transcendant était un monde tout à fait différent du Royaume du sommet. Il ne fallait jamais les comparer directement.
Malgré tout, parmi les maîtres du Royaume du sommet, il n’aura vraiment aucun égal.
Hwagokja regarda Hwamyeongja en silence.
Si Hwamyeongja affrontait de nouveau Yeon Sowol, il aurait sans doute du mal à s’en tirer même en le blessant en même temps que lui.
* * *
Le Maître de secte et les anciens de Wudang s’étaient creusé la tête pour deviner les intentions du Vénérable Chungdam, mais en vérité, celui-ci n’avait pas encore pris sa décision.
Qu’est-ce que je devrais enseigner à Sowol ?
Au départ, l’Art divin du Yin et du Yang ou l’Épée de sagesse du Suprême Ultime lui avaient semblé de bons choix.
Mais cela causerait des soucis à Hwagok.
Qui savait ce qui arriverait si les fondements de Wudang quittaient la secte ?
Le Vénérable Chungdam trouvait lui-même cela tout à fait naturel, mais il serait difficile pour le Maître de secte de simplement fermer les yeux.
Même s’il vivait dans la quête du non-agir, le Vénérable Chungdam savait tout de même faire preuve d’autant d’égards.
Alors, que devrais-je lui enseigner ?
Le Vénérable Chungdam observa Yeon Sowol.
Ils se trouvaient dans la chaumière où vivait le Vénérable Chungdam. Laissant de côté les chaises et la table modestes, ils étaient assis en tailleur l’un en face de l’autre sur une large estrade en bois.
« Sowol. »
« Oui, Maître. »
Le Vénérable Chungdam l’avait appelé après un long silence, mais Yeon Sowol répondit calmement, sans manifester la moindre réaction particulière.
Ravi de cette réponse, le Vénérable Chungdam demanda :
« Je comprends maintenant à peu près où tu en es. Mais tu ne m’as pas encore montré quelque chose. Je crois que je dois le savoir aussi avant de décider quoi t’enseigner. »
« Y a-t-il quelque chose que ce disciple ne vous ait pas montré ? »
Malgré la perplexité de Yeon Sowol, le Vénérable Chungdam hocha fermement la tête.
« Oui. »
« Je suis désolé, mais ce disciple ne comprend pas. Si vous pouviez au moins me donner un indice… »
« Tes habitudes pendant nos entraînements étaient inhabituelles. »
Le regard du Vénérable Chungdam était calme et ordinaire.
Pourtant, Yeon Sowol eut l’impression que ce regard le disséquait de part en part.
« Tu as consacré une grande partie de ton entraînement au jeu de jambes, aux arts du déplacement et aux Techniques de légèreté. Oui, ces trois éléments sont les fondements des arts martiaux. Mais même en tenant compte de cela, tu les as travaillés avec un zèle exceptionnel. Tu avais moins l’air d’un épéiste que d’un assassin. »
« Ah. »
« Et même lorsque tu recevais les coups de la Paume de Coton, tu savais remarquablement bien contre-attaquer de toutes tes forces. On aurait dit exactement… »
Le Vénérable Chungdam s’interrompit et observa silencieusement Yeon Sowol avant de poursuivre.
« Le combat de quelqu’un qui croit pouvoir gagner à condition de porter un seul coup. »
… !
Yeon Sowol garda le silence.
Il eut l’impression que sa gorge se resserrait.
Le Vénérable Chungdam demanda :
« Je te pose la question parce que je crois pouvoir trouver des arts martiaux parfaitement adaptés à toi, à condition de savoir ce que c’est. Ou bien est-ce un secret que tu dois me cacher, même à moi ? »
Yeon Sowol déglutit avec difficulté.
C’était un secret qu’il avait gardé pour lui depuis le jour où il était tombé dans ce monde, sans jamais en parler à personne.
À un moment donné, il avait même cessé de penser qu’il le dissimulait. Il n’en parlait tout simplement pas, n’y réfléchissait pas vraiment et détournait machinalement le regard, comme s’il faisait semblant de le cacher.
Son plus grand pouvoir.
On venait de le mettre directement sur la table.
Je me doutais qu’un jour, ça arriverait.
Mais se retrouver face à cette question le décontenança tout de même.
Yeon Sowol mit calmement de l’ordre dans ses pensées.
Que devait-il faire ?
Devait-il le cacher même au Vénérable Chungdam ?
Non.
Yeon Sowol prit une profonde inspiration.
Je ne peux pas continuer à détourner le regard éternellement.
Le pouvoir qu’il avait obtenu en tombant dans ce monde.
Qu’en savait-il, au juste ?
Rien du tout.
Il rendait le monde plat à ses yeux.
Il lui permettait de tuer par le contact.
Les fantômes l’avaient convoité.
Voilà tout ce qu’il savait.
C’était son plus grand pouvoir, et pourtant, il s’en était servi sans même savoir exactement ce que c’était.
Sans connaître ses limites.
Sans savoir quels effets secondaires il pouvait avoir.
Alors…
C’est peut-être ma dernière chance.
Il devait découvrir, au moins une fois, ce qu’était ce pouvoir et ce qu’il devait savoir à son sujet.
Yeon Sowol soutint en silence le regard de son maître.
Le Vénérable Chungdam.
Un artiste martial qui comptait parmi les plus puissants sous le Ciel, et le Taoïste le plus profond au monde.
S’il existait une personne capable de lui enseigner quelque chose sur le pouvoir de l’Étoile Tueuse de Ciel, c’était probablement le Vénérable Chungdam.
Ayant lui-même fait l’expérience du royaume de l’Oubli de soi, Yeon Sowol pouvait peut-être faire confiance au Vénérable Chungdam, qui aurait atteint un royaume encore supérieur.
Yeon Sowol prit sa décision.
« Maître, ce disciple va vous le dire. »
Yeon Sowol se redressa et prit la parole.
« Je possède le pouvoir de l’Étoile Tueuse de Ciel. »
Le Vénérable Chungdam fronça les sourcils.
« …L’Étoile Tueuse de Ciel ? Toi ? »
« Oui. Je vais vous montrer. »
« Très bien. Montre-moi. Je connais moi aussi certaines choses sur l’Étoile Tueuse de Ciel. »
Yeon Sowol regarda autour de lui, puis s’arracha simplement un cheveu.
Il tint la mèche noire et luisante devant les yeux du Vénérable Chungdam.
Sans libérer de Vrai qi ni contracter ses muscles, il la cassa tout bonnement, d’un geste léger…
Net.
Fssss.
Le cheveu de Yeon Sowol se transforma en poudre et se dispersa.
« Voilà le pouvoir de l’Étoile Tueuse de Ciel. Que ce soit une personne ou un objet, je peux tuer tout ce que je touche. Dans plusieurs sens du terme. »
S’il tuait une personne, il pouvait lui ôter la vie sans laisser la moindre blessure visible.
S’il tuait un objet, comme il venait de le faire, il pouvait en briser l’essence et le réduire en fragments.
Un pouvoir capable de tout tuer, de toutes les manières possibles.
Un pouvoir redouté même par les fantômes et les rois fantômes.
Un pouvoir dont le Dragon des Inondations s’était lui aussi méfié.
Son secret.
Je l’ai dit…
Yeon Sowol regarda le Vénérable Chungdam. Il se sentait soulagé, mais aussi étrangement inquiet.
Et puis…
Le Vénérable Chungdam, qui avait écouté son explication sans broncher, demanda :
« Qu’est-ce que… c’était, à l’instant ? »
Il tendit, hébété, la main vers le cheveu réduit en poudre et dispersé.
Yeon Sowol n’avait pas libéré la moindre trace de Vrai qi, et pourtant le cheveu s’était désagrégé comme de la poussière. Il n’en restait pas une miette.
Le Vénérable Chungdam pencha la tête.
« Quoi… ? »
Même son esprit, qui avait dépassé l’Oubli de soi et posé un pied dans le non-agir, ne parvenait pas à comprendre ce qui venait de se produire sous ses yeux.
« Tu as dit que c’était l’Étoile Tueuse de Ciel… »
Notes de bas de page :
La phrase sur le fait d’entendre le Dao le matin fait écho à un passage des Entretiens de Confucius : entendre la Voie le matin permettrait de mourir le soir l’esprit en paix.
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