Chapitre 183
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 183 : Les vers à soie du printemps filent jusqu’à leur mort (7)
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Hwamyeongja affichait une expression qu’il n’avait jamais eue de sa vie.
Ses joues se crispèrent, ses sourcils se haussèrent, un coin de sa bouche s’affaissa tandis que l’autre se relevait. Même ses paupières tremblaient.
L’effondrement de son Cœur limpide se lisait sur son visage.
Dans cet état, Hwamyeongja marmonna :
« Vénérable Céleste qui commande à tous les esprits par la crainte… »
Commander à tous les esprits par la crainte.
Cette formule provenait à l’origine de l’Incantation du Saint Protecteur, un sort destiné à chasser les mauvais esprits et les calamités tout en priant le Grand Empereur de la Vraie Martialité de protéger les fidèles.
L’Incantation du Saint Protecteur commençait ainsi :
Né du Grand Yin,
Tu devins l’esprit de l’eau.
Puisqu’il s’agissait du début de l’incantation, on invoquait d’abord la nature même du Grand Empereur de la Vraie Martialité.
Quand on demandait de l’aide à quelqu’un, mieux valait préciser qui était censé nous secourir.
Ainsi, l’invocation taoïste « Vénérable Céleste de la Grande Transformation Yin… » faisait en réalité référence à l’Incantation du Saint Protecteur. Son sens caché était : « À voir votre tête, on dirait que vous avez besoin d’une divinité pour repousser les calamités et vous protéger. »
Naturellement, on lançait cette invocation quand on avait pitié de quelqu’un.
Quant à « Commander à tous les esprits par la crainte », cette formule figurait au troisième vers de l’Incantation du Saint Protecteur.
Tu parcours les Six Directions,
Tu commandes à tous les esprits par la crainte.
Il s’agissait d’un éloge direct de la puissance et de l’autorité du Grand Empereur de la Vraie Martialité.
Ainsi, l’invocation taoïste « Vénérable Céleste qui commande à tous les esprits par la crainte… » ressemblait au renard qui se cache derrière le tigre. On l’employait quand on était profondément bouleversé ou effrayé.
Et c’était précisément l’état de Hwamyeongja.
« Vénérable Céleste qui commande à tous les esprits par la crainte… Frère cadet martial Yeon. Alors, euh… Vous dites que cette capacité est simplement produite par le qi du domaine du sommet, sans recourir à un autre art martial ? »
« Oui. J’ai créé un qi qui ressemble à l’univers, capable de contenir et de dissimuler toutes les forces en son sein, puis de les en extraire et de les révéler. Voilà le principe. »
« Juste… avec le qi… tout seul… ? »
L’expression de Hwamyeongja se déforma encore plus bizarrement.
Il tourna soudain la tête.
Il regarda Hwagokja, puis les anciens, puis le Vénérable Chungdam, puis de nouveau Hwagokja, puis encore les anciens.
Est-ce que c’est vraiment possible… ?
Une chose pareille pouvait-elle seulement exister ?
Il ne disait rien, mais son regard posait clairement la question.
« Hwamyeong. Le combat est déjà terminé ? »
Ce ne fut qu’après le rappel à l’ordre du Vénérable Chungdam que son regard errant s’immobilisa enfin.
« Hum ! Pardonnez-moi, Grand Maître. Je reprends. »
Comme pour chasser ses pensées, Hwamyeongja secoua vigoureusement la tête et reprit sa posture.
Sa présence et son regard s’ancrèrent bien plus profondément qu’auparavant.
Flap flap flap !
Bien qu’il n’y eût pas un souffle de vent, ses robes se gonflèrent et ondulèrent. Les veines saillaient sur ses bras, son cou et son front, tandis qu’une vapeur brûlante s’élevait de son dos et de ses épaules.
Il avait mobilisé son vrai qi de toutes ses forces.
Hwamyeongja se dit :
Si le frère cadet martial Yeon dit vrai… Bon. Même ainsi, ce n’est que du qi. Une forme de qi assez particulière, certes.
C’était assurément stupéfiant, mais cela ne signifiait pas qu’il était impossible d’y faire face.
S’il ne s’appuie que sur le qi, sans autre technique ni art martial profond, sa dépense d’énergie ne peut qu’être énorme.
Des ouvriers dépourvus d’énergie interne pouvaient porter des charges plus lourdes et marcher plus longtemps sans se fatiguer que des artistes martiaux de troisième rang ayant cultivé leur énergie interne.
Voilà ce que permettait une technique.
Elle permettait de déployer plus de puissance avec moins de force, et de la maintenir plus longtemps.
Au bout du compte, le frère cadet martial Yeon sera le premier à s’épuiser.
Même si leurs mouvements se ressemblaient, Hwamyeongja maîtrisait l’Échelle des Nuages au niveau d’un expert, tandis que Yeon Sowol ne faisait que déverser grossièrement son vrai qi dans ses gestes.
Et si je parviens à placer une seule Paume de Coton…
Hwamyeongja ne doutait pas de sa victoire.
Je gagnerai d’abord. Ensuite, nous pourrons continuer à discuter.
Les paroles du Vénérable Chungdam lui revinrent en tête.
Notre Wudang n’a aucune raison de ne pas poser des fleurs sur l’arbre qu’a fait pousser Sowol.
À l’époque, il s’était demandé ce que cela pouvait bien vouloir dire.
À présent, il comprenait parfaitement.
Le jeune artiste martial Yeon Sowol avait fait pousser un arbre assez grand et profondément enraciné pour accueillir les fleurs de Wudang.
Gloups.
Sans s’en rendre compte, Hwamyeongja avala sa salive. Un sourire s’était déjà dessiné sur ses lèvres.
« Alors ! Reprenons, frère cadet martial ! »
Fffou !
Son corps accéléra comme un fantôme et apparut soudain devant le nez de Yeon Sowol.
Fffou !
Au même instant, le corps de Yeon Sowol glissa de côté comme de la fumée.
Deux maîtres du domaine du sommet se déplaçaient comme s’ils défiaient l’inertie, se poursuivant et se dérobant tout en mettant leurs arts martiaux à l’épreuve.
* * *
« Huff… Hoo. »
La respiration était le fondement du Stade de maturité.
De même qu’on soufflait dans un poêle à bois pour régler les flammes, on faisait descendre sous le nombril le qi primordial mêlé à l’air, puis on le mélangeait à l’essence postnatale la plus pure et la plus raffinée.
On dirait un peu un moteur à combustion interne.
Quand on pulvérisait l’essence en minuscules gouttelettes et qu’on la mélangeait à l’air, elle pouvait exploser.
De même, le qi primordial absorbé par la respiration, mélangé à l’essence chauffée et allégée, produisait un qi doté d’une chaleur et d’une pression immenses.
On appelait cela le Feu véritable.
Mais à présent qu’il avait atteint le domaine du sommet, Yeon Sowol ne se contentait plus de produire du Feu véritable. Il réfléchissait à la nature du Feu véritable qu’il devait produire.
Je ne peux pas utiliser n’importe quelle essence. Je dois adapter le qi le plus pur des Dix Troncs célestes à la situation.
Toutes les essences ne se valaient pas.
Quand le qi se refroidissait, il devenait de l’essence.
Quand l’essence se refroidissait, elle devenait matière.
Même parmi les essences, on distinguait les Troncs célestes, les Branches terrestres et les Étoiles maléfiques selon leur degré de refroidissement et de turbidité.
Le qi le plus terne et le plus trouble, le plus proche de la matière, était celui des Soixante-douze Démons terrestres.
Le qi, tout aussi terne mais plus clair que celui des Démons terrestres, était celui des Trente-six Esprits célestes.
Ensemble, on les appelait les Cent Huit Étoiles maléfiques.
En se réchauffant et en s’éclaircissant davantage, jusqu’à s’écouler comme du sable ou des perles, l’essence devenait les Douze Branches terrestres. Comme le type de qi d’essence circulant entre ciel et terre variait légèrement selon les saisons et les directions, les gens ordinaires se servaient aussi des Douze Branches terrestres pour indiquer les heures et les directions.
Après les Branches terrestres venaient les Dix Troncs célestes.
Il s’agissait du qi d’essence le plus chaud et le plus pur, qui dérivait au rythme des cycles du ciel et de la terre. Lorsqu’il se fixait dans des êtres ou des objets, comme des personnes ou des pierres, il en influençait les propriétés.
C’est pourquoi on évoquait les Dix Troncs célestes pour parler des arts divinatoires tels que les Quatre Piliers, ou des propriétés des matériaux.
À cet instant, Yeon Sowol examinait chacun des Dix Troncs célestes, de Jia et Yi jusqu’à Ren et Gui.
Pour m’arrêter tout en défiant l’inertie, mieux vaut produire un Feu véritable à partir de l’essence Gui.
Gui était l’eau yin. Le Feu véritable allumé à partir de l’essence Gui se prêtait particulièrement bien à une diffusion régulière et à une stabilité durable.
Il stabilisait le Stade de maturité dans tout son corps, permettant au qi de l’univers d’absorber les autres qi sans vaciller.
En revanche, quand je m’arrête pour repartir brusquement, mieux vaut produire un Feu véritable à partir de l’essence Jia.
Jia était le bois yang. Il convenait pour s’élever avec force, saisir un grand courant et se déployer vers l’extérieur.
Il rendait plus facile la transformation simultanée du Stade de maturité dans tout son corps, ce qui le rendait idéal pour expulser le qi qu’il avait absorbé.
Personne ne lui avait enseigné tout cela. Yeon Sowol l’avait compris seul.
Jusqu’à récemment, réguler le Stade de maturité consistait à choisir les méridiens où faire circuler le qi et à déterminer la force du flux. Rien de plus…
À l’époque, il ne se préoccupait pas de la nature de l’essence servant à produire le Feu véritable. Du moment que le Feu véritable apparaissait, cela lui suffisait. Il mélangeait tout sans distinguer Jia, Yi, Bing, Ding, Wu, Ji, Geng, Xin, Ren ou Gui, puis allumait la flamme.
Mais à présent, il ajustait la nature même des flammes en alternant correctement entre les essences de plus de dix Troncs célestes.
C’était comme quelqu’un qui achetait autrefois n’importe quelle essence et qui se mettait à choisir du carburant haut de gamme, en triant même les marques. Ou comme quelqu’un qui n’utilisait que du sel aromatisé et qui commençait à choisir entre le sel de Maldon et celui de Guérande selon le plat.
C’était excessif.
Mais il n’avait pas le choix. Il devait être aussi excessif pour utiliser correctement le qi de l’univers.
Sérieusement… Cette étude exige un Stade de maturité complètement dingue.
Résultat : plus Yeon Sowol utilisait de qi, plus vite il se fatiguait. Bien plus vite qu’il ne l’avait prévu.
Le Stade de maturité plus profond qu’il maintenait faisait rapidement souffrir ses méridiens et les rendait douloureux. La chaleur émanant de ses Huit Vaisseaux Extraordinaires semblait sur le point de faire fondre tout son corps.
Faire circuler cette chaleur pour la dissiper exigeait un autre Stade de maturité, si bien que son corps et son esprit déjà épuisés étaient soumis à un effort toujours plus intense.
« Hahk. Haaah… Hup ! »
Au moment où le souffle jusque-là régulier de Yeon Sowol finit par se briser,
Vroum !
pour la première fois, la Paume de Coton de Hwamyeongja frappa Yeon Sowol à la poitrine.
Woumm !
Une étrange onde de choc balaya les environs.
Yeon Sowol fut projeté en arrière comme par une grosse boule de coton, puis atterrit en traînant les pieds.
« Hmm… ? »
Il se toucha la poitrine. Bien qu’on l’eût repoussé, il n’avait pas mal du tout. Il se sentait aussi bien que s’il avait vraiment reçu une boule de coton.
À peine eut-il penché la tête et mobilisé de nouveau son vrai qi que
Argh !
il vomit du sang malgré lui.
Un sang épais coula entre ses dents et ses lèvres.
« Qu’est-ce que… »
Quand il s’essuya les lèvres, sa main fut couverte de sang.
Ce ne fut qu’alors que Yeon Sowol comprit que son vrai qi vibrait follement à l’endroit où la Paume de Coton l’avait frappé à la poitrine.
Ce n’était pas une force pénétrante.
S’il s’était agi d’une force pénétrante, le vrai qi de Hwamyeongja aurait dû s’insinuer en lui comme un poison.
Or, rien n’avait pénétré son corps.
Seul le vrai qi de Yeon Sowol tremblait de lui-même, comme s’il appartenait à quelqu’un d’autre.
« Vénérable Céleste du Palais d’Or qui soumet les démons… »
Peut-être était-ce déjà devenu un réflexe. Yeon Sowol murmura l’invocation taoïste, puis demanda :
« De quelle technique s’agit-il ? »
Cette fois, Hwamyeongja ne l’ignora pas et ne l’attaqua pas par surprise. Il relâcha sa posture et répondit :
« C’est la Paume de Coton. La Paume de Coton que tu as rapportée, frère cadet martial Yeon. »
« Ah. »
« La Paume de Coton est comme le coton. Elle n’abîme pas la surface et ne repose pas sur un qi qui transperce. Elle transmet simplement des vibrations, comme une grosse boule de coton. C’est pourquoi il est impossible de s’en défendre. »
Une profonde fierté se lisait sur le visage de Hwamyeongja.
« Peu importe la puissance de l’art de protection par le qi qu’on a maîtrisé — même s’il s’agit du légendaire Corps de diamant indestructible de Shaolin —, on ne peut pas arrêter la Paume de Coton. Au bout du compte, ce sont les vibrations des choses les plus solides qui les font tomber. »
Comme s’il avait dit tout ce qu’il avait à dire, il reprit lentement sa posture.
« Le deuxième coup te secouera plus que le premier, et le troisième plus que le deuxième. N’en fais pas trop. Reconnais ta défaite au bon moment. »
Le jugement de Hwamyeongja était raisonnable.
L’Art de la légèreté de Yeon Sowol commençait déjà à ralentir.
Et voilà qu’il avait reçu un coup de Paume de Coton.
Il ne lui restait plus qu’à en encaisser un deuxième, puis un troisième.
En pratique, le combat avait déjà tourné en faveur de Hwamyeongja.
« La Paume de Coton… »
Pourtant, Yeon Sowol était trop occupé à l’admirer.
Elle peut passer outre un art de protection par le qi ?
Les arts martiaux de Wudang étaient vraiment incroyables.
Son cœur se mit à battre à tout rompre.
Le contact n’était-il pas la condition nécessaire pour activer l’Étoile Tueuse de Ciel ? Les ennemis dotés d’un puissant art de protection par le qi lui avaient toujours posé problème à cause de cela.
Mais…
Puisqu’il dit que ce n’est pas une force pénétrante, frapper avec la Paume de Coton ne déclenchera peut-être pas tout de suite l’Étoile Tueuse de Ciel.
C’était possible.
Mais quelle merveille que de pouvoir frapper au-delà des arts de protection par le qi ! S’il accumulait suffisamment de coups, l’art de protection lui-même pourrait commencer à trembler.
Et si j’étudie attentivement le principe, je trouverai peut-être un moyen de faire passer la puissance de l’Étoile Tueuse de Ciel à travers un art de protection par le qi.
C’était exactement ça.
Il voulait vraiment apprendre la Paume de Coton.
À cette pensée, Yeon Sowol adopta lui aussi sa posture.
« J’aimerais en apprendre davantage. »
« Je te l’enseignerai petit à petit une autre fois. »
C’était sa façon d’annoncer qu’il allait mettre fin au combat.
Fffou !
Hwamyeongja chargea à toute vitesse.
Mais cette fois, Yeon Sowol ne l’évita pas.
Il était déjà trop épuisé pour exécuter l’Art de la légèreté qui défiait l’inertie.
À la place,
« Tu ne vas pas esquiver ? »
« Non. »
« Tu le regretteras. Voici le deuxième coup. »
Vroum !
La Paume de Coton de Hwamyeongja s’enfonça dans sa poitrine.
Yeon Sowol déploya un art de protection par le qi de l’univers et encaissa le coup. En même temps, il agrippa fermement la poignée de Miroir limpide et lança l’arme, fourreau compris, en contre-attaque.
Fuit !
Hwamyeongja s’échappa grâce à un brusque changement de direction exécuté avec l’Échelle des Nuages, et Miroir limpide ne trancha que le vide.
Après s’être éloigné, Hwamyeongja prit légèrement appui sur le sol avec la pointe des pieds et s’approcha de nouveau comme un fantôme.
« Troisième coup. »
Vroum !
La Paume de Coton de Hwamyeongja frappa de nouveau Yeon Sowol à la poitrine.
Tac !
Au même moment, Miroir limpide, toujours dans son fourreau, effleura l’épaule de Hwamyeongja.
Hwamyeongja fronça les sourcils.
Quel entêté.
Il avait déjà reçu trois coups de Paume de Coton. Il aurait dû être dans un état lamentable, à présent…
Sur cette pensée, Hwamyeongja mobilisa de nouveau son vrai qi et visa Yeon Sowol.
Badoum !
« Quatrième coup. »
Badoum !
« Cinquième. »
Un coup. Puis un autre.
À chaque fois, Yeon Sowol encaissait l’attaque avec son art de protection par le qi et cherchait une ouverture pour contre-attaquer.
Donner.
Recevoir.
Pourtant, aux yeux des spectateurs, Yeon Sowol essuyait clairement des pertes bien plus lourdes.
Mais alors,
« … Dix ? »
Le visage de Hwamyeongja se tordit de nouveau de façon grotesque.
Vroum !
« … Quinze… ? »
Sa voix se brisa et trembla.
« V-vingt ? »
Enfin,
Badoum !
Clac !
« Argh ! »
Tandis que Hwamyeongja frappait Yeon Sowol à la poitrine, Miroir limpide s’abattit sur son épaule. Il recula en titubant.
« Hahk ! Haa… Hahk ! »
Yeon Sowol était dans un état épouvantable.
Ses épaules se soulevaient et s’abaissaient, son souffle lui remontait jusqu’au menton. Son Stade de maturité déstabilisé faisait vaciller son vrai qi. Tout son corps était brûlant et étourdi.
Mais Hwamyeongja n’était pas en meilleur état.
« Huff ! Hoo… »
Son souffle était haletant, pour commencer. Son état n’était pas aussi grave que celui de Yeon Sowol, mais le refus de ce dernier de tomber l’avait contraint à mobiliser toujours plus de vrai qi, jusqu’à l’épuisement.
Plus important encore,
Mon os de l’épaule… Il est cassé ?
S’il s’était agi d’une vraie lame, son bras aurait été tranché.
Yeon Sowol vacillait comme s’il avait atteint ses limites.
Une vraie lame aurait tranché le bras de Hwamyeongja.
S’ils avaient poursuivi le combat jusqu’au bout, dans un affrontement à mort, il n’aurait pas été étonnant que les deux adversaires soient grièvement blessés.
Une sueur froide coula le long du dos de Hwamyeongja.
Ce qui voulait dire…
Nous avons… fait match nul ?
Lui, qui se tenait à l’extrême limite du domaine du sommet, avait fait match nul avec un artiste martial qui venait tout juste de l’atteindre ?
Hwamyeongja fixa Yeon Sowol d’un air absent, puis demanda soudain :
« … Frère cadet. As-tu dissipé le qi de ma Paume de Coton avec ce qi de l’univers ? »
« Hahk. Hahk. Oui… Le qi de l’univers est vaste et profond, alors je pense qu’il est naturellement compatible avec… presque toutes les sortes de qi. Hoo. J’ai neutralisé le qi de la Paume de Coton… avec mon art de protection par le qi. »
C’était la stratégie de Yeon Sowol.
Trop épuisé pour esquiver, il avait simplement encaissé les coups sans se laisser blesser.
Du point de vue de Hwamyeongja, devoir affronter une telle chose était tout bonnement absurde.
… Quel fichu qi peut bien être capable de ça…
Les lèvres de Hwamyeongja remuèrent.
Il n’en pouvait plus.
Je dois lui demander.
Il voulait savoir immédiatement comment Yeon Sowol avait créé un qi pareil.
Wudang ne pourrait peut-être pas le reproduire à l’identique, mais la secte pourrait sûrement l’adopter à sa manière.
Si c’était possible,
l’Échelle des Nuages et la Paume de Coton pourraient-elles progresser encore davantage ?
Hwamyeongja n’était pas le seul à avoir cette idée.
« Hmm… »
« Le combat est enfin terminé ? »
« Hum ! Hum ! »
Les anciens se tortillèrent sur place et remuèrent les orteils.
Même le Maître de secte Hwagokja commençait à avancer les pieds, prêt à s’approcher.
Ils avaient tous beaucoup de questions à poser à Yeon Sowol.
Cependant,
« Sowol. »
quand le Vénérable Chungdam intervint, ils ne purent que jeter des coups d’œil furtifs autour d’eux pour jauger son humeur.
« Oui, Maître. Huff. Hoo. »
Yeon Sowol répondit tout en s’efforçant de reprendre son souffle.
« Toi. »
Le Vénérable Chungdam le fixa et demanda :
« Accepterais-tu de devenir disciple gardien de la montagne de Wudang ? Je t’accepterai comme disciple direct. »
Les yeux de Yeon Sowol s’écarquillèrent.
Offrir à un disciple laïc le rang de disciple direct.
Et cette offre venait du Vénérable Chungdam, connu comme l’Immortel de l’Épée.
Il comprenait l’importance de cette proposition.
Mais Yeon Sowol secoua la tête.
« Je suis désolé, Maître. »
S’il devenait le disciple direct du Vénérable Chungdam, il ne pourrait plus rester affilié à l’Alliance Martiale de Guangdong.
Il devrait rompre ses liens avec le monde profane et mener une nouvelle vie en tant que taoïste de Wudang.
Yeon Sowol aimait Wudang, mais pas à ce point.
Il voulait étudier avec assiduité, puis retourner un jour à Guangdong et y vivre heureux auprès de Yi Yubaek et des Trois Jeunes Seigneurs de Windflow.
Voilà l’avenir que Yeon Sowol imaginait.
« Je vois. »
Le Vénérable Chungdam ne parut pas déçu. Il se contenta de hocher la tête, puis se tourna vers le Maître de secte Hwagokja.
« Tu as entendu ? »
« Oui, Grand Maître. »
« Sowol est un disciple laïc. »
« Oui, Grand Maître. »
« Malgré tout… »
Chungdam ferma les yeux un instant, puis les rouvrit.
« Peux-tu me le confier entièrement ? Laisse-moi décider de ce que je lui enseignerai. »
Hwagokja regarda le Vénérable Chungdam.
Les arts secrets suprêmes de Wudang ne pouvaient être enseignés à des étrangers.
Le Vénérable Chungdam, le plus grand maître d’entre eux, pouvait accueillir n’importe quel disciple et lui enseigner ce qu’il voulait. Mais s’il s’agissait des arts secrets suprêmes de Wudang, la situation se compliquait.
La transmission des arts secrets suprêmes devait respecter les règles de la secte, et il revenait au Maître de secte de les faire appliquer.
Le Vénérable Chungdam pouvait enseigner ce qui lui plaisait. Qui aurait pu l’en empêcher ?
Mais quiconque apprendrait ces arts devrait devenir disciple gardien de la montagne de Wudang. En tant que Maître de secte, Hwagokja avait le devoir de l’y contraindre, quitte à employer la force.
Voilà pourquoi le Vénérable Chungdam demandait l’avis de Hwagokja.
Quel que soit l’enseignement transmis à Yeon Sowol, Hwagokja pouvait-il s’abstenir de le forcer et le laisser simplement disciple laïc ?
En était-il capable ?
« … »
Hwagokja ne put s’empêcher d’hésiter.
Cela risquait de contrevenir aux règles de la secte.
Mais les paroles du Vénérable Chungdam lui revinrent en mémoire.
Notre Wudang n’a aucune raison de ne pas poser des fleurs sur l’arbre qu’a fait pousser Sowol.
Une étude qui permettait d’utiliser les techniques de l’Échelle des Nuages avec le seul qi et d’encaisser sans difficulté la Paume de Coton.
Si Wudang pouvait apprendre de Yeon Sowol au lieu de se contenter de lui enseigner…
Le calcul était évident.
« Comme vous voudrez. »
À l’approbation de Hwagokja, un sourire effleura les lèvres du Vénérable Chungdam.
« Bien. Alors, je déciderai moi-même quoi lui enseigner, et dans quelle mesure. Avec modération, pour que tu n’aies pas trop à t’inquiéter, Hwagok. »
« Merci, Grand Maître. »
« Bien. Alors… »
Chungdam jeta un regard aux anciens.
Ils n’arrêtaient pas de regarder Yeon Sowol, les mains et les pieds agités. Sans la présence du Vénérable Chungdam, ils auraient eu l’air prêts à se précipiter sur lui et à le bombarder de questions.
Mais le Vénérable Chungdam les ignora tous et dit :
« Sowol, allons-y. »
« Oui, Maître. »
Ayant repris son souffle, Yeon Sowol répondit, les yeux brillants.
Il ne parvenait pas à dissimuler la joie dans sa voix.
Pourrai-je apprendre ne serait-ce qu’un peu des arts secrets suprêmes ?
C’était manifestement ce qu’avait voulu dire la conversation entre Hwagokja et le Vénérable Chungdam.
Le Vénérable Chungdam eut un petit rire et se détourna.
« Viens. Et si ces gaillards t’importunent en se prévalant de leur rang de frères aînés martiaux, viens me le dire aussitôt. »
« Ah… ! »
« … ! »
Les anciens affichèrent des visages rouges de frustration et de regret.
Le Vénérable Chungdam s’éloigna d’un pas nonchalant.
« Alors, à bientôt, grands frères martiaux ! »
Yeon Sowol s’inclina profondément et se hâta de suivre Chungdam.
« Ah. »
Hwamyeongja tendit la main comme pour arrêter Yeon Sowol, puis la rabaissa avec hésitation.
« Ah. »
Son regard hésitant croisa celui des autres anciens.
« Ah… »
Ensemble, ils fixèrent d’un air absent le dos de Yeon Sowol, qui disparaissait au-delà du mur.
Ce petit frère martial sans cœur se contenta de rire aux éclats avec son oncle martial indifférent, sans même jeter un seul regard en arrière.
Seul le froid vent d’hiver secoua les branches des pruniers langmei en passant.
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