Chapitre 176
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 176 : La toile du Ciel est vaste, rien ne lui échappe
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Yeon Sowol ouvrit les yeux.
« … »
Grâce au pouvoir de l’Étoile Tueuse de Ciel, il avait tué le Démon du cœur qui vivait en lui.
Il avait son visage et parlait de sa voix, mais ses racines étaient différentes.
La graine d’un démon, qui s’était glissée en lui à un moment donné, s’était logée dans les distorsions de son esprit et n’avait cessé de croître.
Peu à peu, il était devenu incapable de la distinguer de ses propres pensées.
Une fois qu’il l’eut éliminée, tout lui parut soudain nouveau.
Un monde limpide et éclatant.
Lorsqu’il passa la main sur son cœur, il n’y trouva aucun nœud.
Libre de toute entrave, il était
comme le vent,
comme l’eau,
et il avait presque l’impression d’avoir aperçu son propre dos.
« … Je ne sais plus. »
Tout ce qu’il avait connu lui était devenu étranger.
Toujours assis, Yeon Sowol contempla un moment son être intérieur.
L’univers au sein des Huit Vaisseaux Extraordinaires.
Le qi de l’univers que Yeon Sowol avait rassemblé et tissé à partir de toutes les forces du monde, jusqu’à lui donner l’apparence de l’univers.
Autrefois, il avait cru en comprendre chaque aspect.
Mais l’avait-il seulement compris ?
De ses propres mains, il en avait conçu et cultivé chaque détail, point par point.
Yeon Sowol avait cru tenir cet univers tout entier entre ses mains.
Mais à présent, il ne savait plus.
« … Je ne sais vraiment pas. »
Ce qu’il avait fabriqué.
Ce qu’il avait voulu fabriquer.
Ce que cela était réellement devenu.
Ce que cela deviendrait désormais.
Et ce que cela pourrait devenir…
« Quand j’atteindrai le Royaume du sommet, quelle énergie devrai-je faire naître ? »
Froufrou…
Une bourrasque soudaine agita les bambous.
La terre, tendue sous le vent froid, ne put que laisser rouler quelques grains de sable.
Yeon Sowol comprit.
« Un carrefour. »
La première voie ressemblait à celle qu’il avait suivie jusqu’alors.
Il pouvait examiner chaque principe un à un, les étudier sans fin et les enrichir, puis imiter l’univers aussi fidèlement que possible.
Mais une différence essentielle le séparait de son ancienne démarche.
À présent, Yeon Sowol savait que cet univers renfermait un espace qu’aucun modèle ne pouvait saisir.
Il lui suffisait de poursuivre son propre univers tout en reconnaissant cette vérité.
« Mais cette voie diffère de ce que le Maître m’a enseigné. »
L’Oubli de soi était un état d’esprit qui permettait de voir les choses telles qu’elles étaient, sans les définir ni les limiter. Tout, soi-même compris.
La première voie se situait à l’exact opposé.
Elle consistait à tout définir et à tout limiter.
Pourtant, puisqu’il garderait toujours à l’esprit que cette démarche n’avait jamais embrassé la totalité, elle rejoignait étrangement la compréhension de l’Oubli de soi.
« Depuis que je suis devenu le disciple du Maître à Wudang, la seconde voie est la bonne. »
La seconde voie consistait à détruire tout ce qu’il avait accompli.
L’énergie que Yeon Sowol avait créée jusqu’alors était en elle-même une définition et une limitation de l’univers.
C’était un modèle qu’il avait assemblé pour pouvoir comprendre l’univers.
Après avoir atteint l’Oubli de soi, il ne pouvait plus conserver une telle énergie.
Ce serait comme tenter d’ouvrir une serrure avec la mauvaise clé.
« Alors, je vais devoir tout détruire et recommencer. »
Tout ce qu’il avait bâti en quittant le Guangdong, en passant par Yuezhou et en arrivant jusqu’ici devrait être détruit.
Ensuite, il lui faudrait accueillir de nouveau l’univers.
Tel qu’il se présentait.
Tel qu’il le ressentait.
Sans le définir ni le limiter à la légère.
Comme s’il était devenu un imbécile.
Ce ne serait pas si mal non plus.
S’il conservait la compréhension de l’Oubli de soi et laissait son énergie la suivre, son esprit et son énergie s’accorderaient parfaitement aux enseignements de Wudang.
Pour le disciple du Vénérable Chungdam, cela pouvait être considéré comme le meilleur choix.
Et pourtant…
« Cela prendra beaucoup de temps. »
Il lui faudrait cultiver depuis le début pendant très longtemps, jusqu’à pouvoir cultiver de nouveau le qi de l’univers.
Et…
« Ce serait du gâchis. »
Yeon Sowol observa l’énergie lovée dans ses Huit Vaisseaux Extraordinaires.
L’énergie qu’il avait créée au prix de tant d’efforts.
Cette cultivation accumulée, qui renfermait littéralement toute son histoire.
« … »
Devait-il vraiment la détruire ?
Ce qui rendait son choix plus difficile, c’était que l’énergie accumulée ne posait aucun problème en soi.
La première et la seconde voie n’avaient jamais été une question de supériorité.
Elles différaient simplement par leur orientation et leur état d’esprit.
Alors, détruire le tout dans le seul but de suivre les enseignements de Wudang n’était pas impossible, mais tout de même…
Ce serait du gâchis.
Une pensée en heurtait une autre.
Pourtant, Yeon Sowol ne ressentait aucune inquiétude.
Il était assis calmement et continuait de réfléchir.
« Ah. »
Alors une idée lui vint soudain à l’esprit.
« Une troisième voie. »
Cette idée…
Peut-être…
Yeon Sowol referma les yeux.
Il médita longuement sur cette pensée qui venait de surgir.
* * *
Plus de vingt Taoïstes de Wudang se tenaient à l’entrée de la Salle de la Manifestation du Dao.
Au centre se tenait le Maître de secte Hwagokja.
Les Anciens se tenaient à ses côtés, tandis que les disciples de première génération formaient les rangs derrière eux.
Ils étaient deux au Royaume du sommet transcendant et vingt au Royaume du sommet.
Une force suffisante s’était rassemblée en un seul lieu pour anéantir non pas une seule secte, mais toute une région.
Hwagokja se tenait là, les yeux clos.
La plupart des Anciens étaient agités.
Les disciples de première génération observaient les Anciens avec prudence.
« Vénérable Céleste Hyeoncheon Josun… Maître de secte, devons-nous vraiment aller à l’encontre de la volonté de notre Oncle martial… Non. Du Patriarche… ? »
C’était la voix de l’un des Anciens.
Patriarche était le titre donné au Vénérable Chungdam, le soixante-huitième patriarche de Wudang.
Le poids de ses paroles était manifeste.
Hwagokja lui répondit sans ouvrir les yeux.
« Les enseignements du Patriarche sont justes. Mais en ma qualité de Maître de secte de Wudang, cette décision l’est aussi. »
Ils attendaient Yeon Sowol.
Yeon Sowol avait pris l’Élixir du Rêve des Nuages et affronté son Démon du cœur.
S’il en ressortait sans l’avoir vaincu, ils s’étaient rassemblés pour le protéger.
« Mais… si le Patriarche entend abattre le Jeune Héros Yeon, comment pourrions-nous l’en empêcher ? »
« Vous n’avez pas à vous en inquiéter. Le Patriarche a dit qu’il arracherait la graine du démon, mais il n’a fait qu’évoquer une possibilité. En nous voyant rassemblés pour le protéger, il s’en détournera sans hésiter. C’est le genre d’homme qu’il est. »
« … Mais est-ce vraiment juste ? N’a-t-il pas dit que si le Jeune Héros Yeon succombait à la démonerie, il teindrait le royaume de sang ? »
« Je l’ignore. Mais le mont Wudang n’a-t-il pas promis de protéger ceux qui se plaçaient sous son aile ? C’est aussi tout naturel. »
« Cette promesse ne s’applique qu’à ceux qui déposent leur épée au bassin de l’Abandon de l’épée… »
L’Ancien grommela jusqu’au bout, mais Hwagokja ne répondit pas.
Il attendit simplement, silencieux, les yeux clos.
Derrière lui, son disciple Hyeonjung marmonna :
« Il va quand même être sacrément surpris. D’après ce que j’ai entendu, Yeon Sowol a à peu près l’âge de mon plus jeune frère martial. Si on débarque tous comme ça… »
Hyeonjung s’interrompit, puis pencha la tête.
« L’âge de mon plus jeune frère martial ? Attends. Il a pris notre Grand-oncle martial pour maître, pas vrai ? Alors, qu’est-ce que ça fait de lui ? Il serait aussi mon Oncle martial ? J’ai dit une bêtise ? Je devrais l’appeler Oncle martial Yeon ? »
Le disciple de première génération à côté de lui lui donna un coup de coude.
« C’est vraiment le cas, Grand frère ? C’est un disciple laïc, non ? Il n’appartient pas à notre génération. »
« Ah. C’est vrai ? »
Hyeonjung hocha la tête, penchant de nouveau la sienne.
Puis il tourna soudain les yeux vers la Salle de la Manifestation du Dao.
« Ah. Le voilà qui sort. Il va être surpris. »
À peine Hyeonjung eut-il fini de parler que quelque chose bougea derrière le mur de la Salle de la Manifestation du Dao.
Pas.
Une ombre s’étira sous le soleil du début de l’hiver.
Pas.
Yeon Sowol sortit.
« … »
En voyant les Taoïstes de Wudang alignés devant lui, il s’arrêta sans un mot.
Il ne sursauta pas et ne sembla pas décontenancé.
Il était calme, comme s’il s’était attendu à ce que cela arrive.
Il salua Hwagokja avec soin, les mains jointes.
« Je vous salue, Maître de secte. »
« … »
Hwagokja ne lui rendit pas son salut.
Il se contenta de fixer Yeon Sowol un long moment.
Yeon Sowol soutint calmement son regard.
Ni lui ni Hwagokja ne montrèrent la moindre gêne.
Ce ne fut qu’après un long moment que Hwagokja prit la parole.
« Je ne comprends pas comment cela a pu arriver. »
Hwagokja fixa Yeon Sowol et lui demanda :
« Vous êtes-vous libéré du Démon du cœur ? »
« Oui. »
« Comment vous en êtes-vous libéré ? »
« J’ai vu ce qui exerçait une pression sur mon esprit. »
« Et ensuite ? »
« Je l’ai filtré. »
« … Entièrement ? »
« Pour le moment. »
Hwagokja fixa de nouveau Yeon Sowol.
Yeon Sowol ne détourna pas les yeux.
Hwagokja songea :
« Il est devant mes yeux, et pourtant, j’ai l’impression de ne pas le voir. Ce doit être l’Oubli de soi. Mais comment un cultivateur qui vient à peine d’atteindre cette compréhension peut-il se montrer aussi libre et serein ? A-t-il vraiment éliminé le Démon du cœur ? »
Il avait pensé que Yeon Sowol pourrait le repousser pour un temps, mais jamais qu’il le supprimerait entièrement.
« La toile du Ciel est vaste. Ses mailles sont larges, mais rien ne lui échappe. »
La toile du Ciel était vaste et immense. Elle pouvait sembler lâche, mais rien ne lui échappait.
« Du point de vue du Dao, même le démon qui se dissimule avec le plus d’habileté finit par se révéler… Pourtant, une telle chose peut arriver. »
Hwagokja poussa un léger soupir.
Les autres Taoïstes autour de lui échangèrent des chuchotements stupéfaits.
« Il a vaincu son Démon du cœur ? Cela signifie-t-il qu’il a atteint l’Oubli de soi ? »
« L’Oubli de soi ? Le Jeune Héros Yeon n’était-il pas au stade avancé du Premier rang ? »
« Au stade avancé du Premier rang ? Alors, il tente maintenant d’atteindre le Royaume du sommet ? »
« Il atteindra le Royaume du sommet alors qu’il a déjà atteint l’Oubli de soi… ? »
« Quel genre de royaume est-ce… ? »
« Vénérable Céleste, Incarnation du Palais d’Or qui soumet les démons… »
Les Anciens et les disciples de première génération continuèrent de chuchoter.
Au milieu d’eux, Hwagokja murmura :
« Quoi qu’il en soit, il semble qu’on puisse aussi s’y prendre de cette façon. L’ami du Dao Yeon a surmonté seul son Démon du cœur, tandis que j’ai rassemblé jusqu’à mes disciples pour tenter d’imposer un résultat. Au fond, tout cela était inutile. »
Hwagokja ferma lentement les yeux.
Comme s’il savourait quelque chose.
« J’ai été le seul à m’agiter. Mon Oncle martial demeure serein, même maintenant, alors que moi seul me suis agité. Le Dao ne laisse rien inaccompli sans même agir… »
La présence déjà discrète de Hwagokja s’enfonça encore davantage.
Sa respiration devint parfaitement calme, comme si elle s’était arrêtée.
Les regards des disciples de Wudang changèrent soudain.
« Le Maître de secte est entré en contemplation. »
La voix d’un Ancien donna le signal.
Frouf.
Frouf.
Les Anciens et les disciples de première génération encerclèrent Hwagokja.
Ils montaient la garde pendant qu’il entrait en contemplation.
Hyeonjung s’avança.
« Jeune Héros Yeon, le Maître sera plongé dans sa contemplation pendant un moment. Nous pourrons reprendre notre conversation plus tard. Pour l’instant, vous feriez mieux d’aller voir le Patriarche. Suivez ce chemin tout droit, vous le trouverez là-bas. »
Yeon Sowol resta tout aussi calme.
Sans un mot, il le salua, les mains jointes, puis se mit en route.
Hyeonjung le héla, un grand sourire aux lèvres.
« Félicitations pour avoir atteint l’Oubli de soi ! Je n’en suis plus qu’à une étape, moi aussi, alors je vous rattraperai bientôt ! »
Yeon Sowol se retourna, le salua les mains jointes, puis poursuivit sa route.
* * *
Toutes les feuilles étaient tombées, mais le ruisseau de montagne n’avait pas encore gelé.
Au milieu d’une petite cabane d’où l’on entendait couler l’eau se tenait le Vénérable Chungdam.
Contrairement à ce que Hwagokja et les autres Anciens s’imaginaient, il n’avait jamais eu l’intention d’aller chercher Yeon Sowol.
Hwagokja avait vu juste.
Il était vrai qu’il avait dit qu’il arracherait la graine du démon, quitte à tuer Yeon Sowol, mais il n’avait pas cru que c’était là la seule solution et n’avait pas non plus voulu imposer cette issue.
Il s’était contenté de le dire.
C’était pour cela que Yeon Sowol avait d’abord rencontré Hwagokja en sortant après avoir affronté son Démon du cœur.
Et si Yeon Sowol avait succombé à la démonerie ?
Il serait alors revenu à Hwagokja, le Maître de secte de Wudang, de décider quoi faire de Yeon Sowol.
Et si Yeon Sowol avait vaincu le démon ?
Alors Hwagokja l’aurait envoyé auprès du Vénérable Chungdam.
Il n’était pas nécessaire d’agir à l’avance.
Si Yeon Sowol venait, il lui enseignerait.
S’il ne venait pas, il l’oublierait.
Telle avait été dès le départ l’intention du Vénérable Chungdam.
Pourtant.
Qu’était-ce donc ?
« … »
« Je vous salue, Maître. »
Le Vénérable Chungdam contempla Yeon Sowol un moment, puis lui demanda soudain :
« C’est étrange. Comment diable as-tu fait ? »
« J’ai tué le Démon du cœur. »
« Justement. C’est pour cela que c’est étrange. Toi qui viens à peine d’atteindre l’Oubli de soi, tu as accompli une telle chose. »
Le Vénérable Chungdam ne le pressa pourtant pas de lui donner plus de détails.
Il réfléchit simplement au fait qu’une telle chose avait pu se produire.
Puis il laissa échapper un petit rire incrédule.
« Vraiment étrange. Ton esprit est dans l’Oubli de soi, mais ta liberté relève du non-agir. »
Le Vénérable Chungdam lui demanda soudain :
« Alors, pourrais-tu m’apporter la pierre la plus laide ? »
Yeon Sowol se mit en mouvement sans hésiter, comme s’il s’était préparé d’avance à cette demande.
Il s’accroupit avec aisance, ramassa une pierre à ses pieds et la tendit au Vénérable Chungdam.
Le Vénérable Chungdam observa la pierre, puis demanda :
« Est-ce la pierre la plus laide ? »
« Je ne sais pas. »
« Tu ne le sais vraiment pas ? »
« Non. Je ne le sais pas. »
« Pourquoi ne le sais-tu pas ? »
« … »
Les lèvres de Yeon Sowol remuèrent.
Pourquoi ne le savait-il pas ?
Il aurait pu répondre s’il l’avait voulu.
Parce qu’une pierre n’était qu’une pierre.
Chacun pouvait lui attribuer des qualificatifs, la dire précieuse, vile, laide ou belle, mais ce n’étaient que des points de vue ou des modèles.
Ou simplement l’un des innombrables phénomènes qui entouraient cette pierre.
Quoi qu’on en dise, on ne pouvait jamais prétendre l’avoir saisie dans son intégralité.
La pierre telle qu’elle existait, et celle que l’on avait saisie.
L’espace qui les séparait toujours…
Ainsi, la pierre la plus laide n’existait pas, ou bien il y en avait beaucoup trop.
Une pierre n’était qu’une pierre.
Alors, laissant de côté ce qui échappait à toute compréhension, il s’était contenté de saisir une pierre qu’il pouvait saisir et de la lui tendre.
…
…
Il aurait pu tout expliquer avec autant d’aisance que l’eau qui coule.
« … »
Mais Yeon Sowol referma la bouche.
Il sentit que même ces mots ne pourraient pas tout contenir.
Il parlait moins.
Il voulait parler, puis s’arrêtait.
Il voulait parler, puis s’arrêtait.
À la place, il dit :
« Le temps s’est rafraîchi. Quel bel automne. »
Oui. Comme dans ces vers.
« Tu n’as pas de mots. »
Le Vénérable Chungdam demanda :
« Si tu ne le sais pas, pourquoi m’as-tu apporté cette pierre ? »
Yeon Sowol répondit :
« Parce que vous m’avez demandé de vous apporter une pierre. »
Chungdam fixa Yeon Sowol, puis sourit.
« Oui. J’ai posé une question stupide. »
D’un côté, on aurait dit que Yeon Sowol faisait remarquer à son maître qu’il lui avait demandé l’impossible.
De l’autre, on aurait dit qu’il révélait le sérieux avec lequel il avait fait de son mieux pour répondre, au lieu de simplement renoncer.
La Voie du Ciel ne lutte pas, et pourtant elle triomphe.
Elle ne parle pas, et pourtant elle répond parfaitement.
Elle n’appelle pas, et pourtant les choses viennent d’elles-mêmes.
Elle est lâche, et pourtant elle prévoit tout.
La toile du Ciel est vaste.
Ses mailles sont larges, mais rien ne lui échappe.
…
Chungdam plaça les mains derrière le dos et se détourna.
Il se dirigea vers la cabane.
« Sowol. »
« Oui. »
« Mangeons d’abord. »
« Oui. »
Le maître et son disciple entrèrent côte à côte dans la cabane.
Bientôt, de la fumée s’éleva tandis qu’on faisait cuire le riz.
Notes de bas de page :
Les vers répétés sur le désir de parler, puis le fait de s’interrompre, sont tirés d’un poème de Xin Qiji. Il y dissimule un chagrin indicible derrière une remarque anodine sur la douceur de l’automne.
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