Chapitre 1 476
Des structures noyées dans les ténèbres filaient à toute vitesse tandis que le vaisseau volant traversait l’espace. Le Revenant de rang C supérieur ne semblait même pas faire d’effort, et pourtant ils avançaient des dizaines de fois plus vite que Zac avec [Brise-ciel] poussé à ses limites. Le Revenant eut même la bonté de réserver une partie de son embarcation, qu’il parvint à remplir d’énergie cosmique ordinaire, rendant le voyage dans l’atmosphère miasmatique plus supportable.
Pour Zac, ça ne changeait pas grand-chose, mais pour Jikasi, cette faveur aurait pu lui sauver la vie. Zac ne put s’empêcher de déplorer la malchance du Mentaliste. S’il avait réussi à tenir quelques secondes de plus, le Revenant aurait probablement pu le sauver. Cela dit, on ne pouvait pas vraiment mettre la fin de Jikasi sur le compte de la malchance.
« On vous a marqué », déclara soudain le Revenant.
« On m’a quoi ? » Zac se raidit, tandis que son esprit passait en revue sa liste habituelle de suspects.
La réponse ne fut ni la Flamme empyréenne, ni Primo, ni même l’Empereur Sans-Limites en personne. Zac observa avec une inquiétude perplexe le Revenant faire un geste de la main, comme s’il attrapait quelque chose. Ce n’est qu’alors qu’il vit des filets de poussière se détacher de son corps. La majeure partie venait de ses cheveux et de son cou, mais ses vêtements en étaient aussi couverts par endroits. Il s’avéra que le Revenant n’avait pas repéré une quelconque marque karmique, mais bien une marque réelle laissée sur Jikasi In’Vela.
« Un composé qui perturbe l’âme », commenta le Revenant en lui lançant un regard indéchiffrable. « On vous en a administré pendant longtemps. Une partie a forcément déjà été absorbée. »
« Merci, je n’en avais aucune idée », répondit Zac en s’inclinant, sans être particulièrement surpris au fond.
Zac avait déjà remarqué quelques détails suspects dans les souvenirs épars de Jikasi, et cette poussière invisible qui recouvrait son corps avait été le coup de grâce. Il se rappela plusieurs scènes où Bhutosi, l’aîné affectueux mais peu doué, avait posé une main tendre sur l’épaule de Jikasi ou lui avait ébouriffé les cheveux. Ce n’est qu’à ses derniers instants que Jikasi avait compris que quelque chose clochait.
Jikasi In’Vela était, pour résumer, un crétin en matière de cultivation. Certains auraient dit la même chose de Zac, mais leurs situations étaient radicalement différentes. Après d’innombrables affrontements où sa vie ne tenait qu’à un fil, Zac avait la prudence et la méfiance chevillées au corps. Jikasi, lui, était une fleur de serre. Il possédait une constitution unique et avait manifesté un talent remarquable dès sa naissance.
Le clan In’Vela avait investi des ressources considérables dans la cultivation de Jikasi, et sa personnalité se prêtait parfaitement aux longues périodes de cultivation recluse. Résultat : au moment où il avait reçu une invitation de la Cour de l’Anima, le jeune héritier possédait une âme d’une puissance écrasante, mais n’avait pratiquement aucune expérience du monde réel.
Quand les anciens du clan avaient enfin compris le problème, ils avaient décidé de donner à Jikasi un peu d’expérience pratique en le faisant voyager avec son frère aîné, un homme du monde. Ce fut le début de sa chute. Zac ignorait si Bhutosi savait exactement quel danger se cachait dans les sables nourriciers, mais il savait certainement que quelque chose n’allait pas.
Tout ce que Buthosi avait dit après leur arrivée dans la poche spatiale cachée visait à créer un sentiment d’urgence et à pousser Jikasi à agir. Jikasi avait déjà été exposé au poison perturbateur pendant Dieu savait combien de temps, et le résultat parlait de lui-même.
L’état mental de Jikasi avait été anormal tout au long de leur exploration des ruines de Methele. Il était agité, impatient, impulsif — un état presque inconcevable pour un Mentaliste qui cultivait le Dao des Émotions. D’après ce que Zac avait compris de Jikasi grâce aux bribes de souvenirs héritées, il était en réalité plutôt casanier et prudent.
Qu’un homme comme lui se jette dans un bac à sable inconnu, d’où émanaient de dangereuses fluctuations capables de sceller l’âme, était impensable. Dans son état normal, Jikasi aurait renoncé à la pilule sans hésiter, une fois toutes les options sûres épuisées. Impossible de savoir pourquoi Buthosi avait décidé de ruiner son frère, qui avait le potentiel d’élever le clan In’Vela vers de nouveaux sommets. Les raisons pouvaient être nombreuses, et n’avaient pas forcément à être logiques.
« Il devait en avoir assez de vivre dans l’ombre de son petit frère », marmonna Zac en secouant la tête.
La fin pathétique de Jikasi lui avait appris une leçon précieuse. Comme Buthosi l’avait dit, le danger pouvait surgir de partout, et la force écrasante n’était pas le seul moyen de tuer quelqu’un d’un rang supérieur. Buthosi avait mené son frère, cultivateur de rang D inférieur, à la mort alors qu’il n’était lui-même qu’un cultivateur de rang E supérieur.
Zac mit une demi-heure à éliminer jusqu’à la dernière trace de composés toxiques ou de poison mental provenant du lit de culture de la pilule. Il n’avait pas le choix : il occupait actuellement le corps de Jikasi, et il craignait que les composés ne soient transportés dans son vrai corps si leur vision prenait fin avant qu’il ne les ait éliminés. À ce moment-là, ils auraient peut-être été si profondément ancrés qu’il lui aurait été impossible de s’en débarrasser avec son seul lignage.
Une demi-heure de vol suffisait à parcourir autant de distance que lors de son retour depuis l’Observatoire du Ravissement. Pourtant, Zac distinguait à peine le moindre changement dans les grands courants qui régissaient le Neuvième Enfer. Seul le fait que le royaume se trouvait dans un état intact au sein de la lanterne mémorielle pouvait expliquer une partie du phénomène.
La véritable raison, c’était que ce royaume artificiel avait autrefois été immensément plus vaste que l’état délabré dans lequel Zac l’avait découvert au présent. Il avait même pu abriter de véritables mondes ou continents, comme la plupart des Enfers et des Jardins. Zac n’en avait toutefois encore trouvé aucun signe. À en juger par le nombre de palais qu’ils avaient dépassés, des millions d’habitants devaient vivre dans le Neuvième Enfer, même sans cela.
Une fois Zac remis en état, le Revenant ne s’intéressa ni aux colonies ni à lui. Le Monarque fixait distraitement le vide spatial, perdu dans ses pensées. Peut-être cherchait-il à tirer des enseignements de la spiritualité singulière du royaume. Zac comprenait pourquoi. Celui-ci renfermait des Vérités suprêmes de la mort, qu’on pouvait cultiver jusqu’au sommet. Comprendre sa voie pouvait aussi permettre à un disciple de bénéficier d’un accompagnement plus poussé de Primo en personne.
La mémoire tenait toujours bon, laissant lentement fuir la Foi impériale comme un ballon percé. N’ayant rien d’autre à faire, Zac se joignit à son guide pour observer la Mort apocalyptique du Neuvième Enfer. Voir ces vérités stables lui offrit un contraste d’une valeur inestimable avec la mort en décomposition qu’il avait endurée au cours du mois écoulé.
Ce ne fut pas son Dao de la Mort scellée qui en tira le plus grand bénéfice. Sa voie avait déjà trouvé sa direction, qui ne côtoyait que de loin celle du Neuvième Enfer. Ce qui profita vraiment de cette expérience, ce fut sa compréhension du [Canon de la Grande Unité] de Fuxi, pièce maîtresse qui unissait la mort de l’œil droit de Primo aux vérités des Ères précédentes, puis rattachait cet ensemble au Cinquième Pilier.
C’était comme si, lors de ses études précédentes, Zac avait examiné les lambeaux d’un manuel d’instructions, et qu’il contemplait maintenant l’original. Les heures passèrent, et les dizaines de runes illusoires dans son esprit devinrent de plus en plus tangibles. Bientôt, Zac oublia tout le reste. Il était même entré dans son État du Vide pour écarter toute pensée ou émotion inutile, car les runes de Fuxi étaient sur le point de se transformer en… quelque chose. Zac ignorait encore quoi exactement, mais il sentait que cela rendrait permanente sa maîtrise temporaire des méthodes de Fuxi.
Soudain, la barrière qui lui avait paru hors d’atteinte durant les semaines de méditation devant la statue de Fuxi se dressa juste devant lui. Zac saisit l’occasion et la traversa de plein fouet. D’innombrables idées isolées fusionnèrent en un tout cohérent, et quarante-sept runes devinrent quarante-neuf. Alors qu’une cinquantième allait apparaître, l’ensemble fusionna au lieu de cela en une seule rune, bien plus complexe que la somme de ses parties.
Au moment où Zac allait plonger plus profondément dans ses mystères envoûtants, une force irrésistible l’arracha à son propre esprit. Stupéfait, il découvrit un monde différent autour de lui. Le Neuvième Enfer avait l’air identique, mais seulement en surface. La mort s’était muée en autre chose, quelque chose de primordial qui approchait le concept théorique d’une énergie de la Grande Unité.
Peut-être était-il plus juste de dire qu’elle avait été élevée. Et la dégradation de la lanterne mémorielle s’était arrêtée. Elle était maintenue stable d’une façon bien plus mystérieuse que lorsque Roan avait directement insufflé à Tam Brooks un surcroît de foi pour raviver ses souvenirs. C’était comme si les lignes temporelles s’étaient de nouveau unifiées pour réduire la dépense, ce qui aurait dû être impossible puisque le véritable Jikasi était mort une heure plus tôt.
Le Revenant, debout à la poupe du vaisseau, ignorait toujours la transformation colossale qui venait de se produire. Il contemplait calmement l’horizon tout en propulsant l’embarcation. Le Monarque ignorait également la présence de l’homme apparu devant Zac. Vêtu de robes simples et propres, celui-ci dégageait l’aura d’un érudit mortel.
« À trop sonder la vérité, il ne reste que la vérité. Un érudit doit affiner son tempérament autant que son savoir », l’avertit doucement l’homme.
« Salutations, mon Seigneur ! » Zac avait l’esprit en désordre. Il venait de se retrouver face à une autre figure de premier plan.
Aucune rune ne recouvrait les robes de l’homme, et son arrivée soudaine n’était pas accompagnée de l’aura insondable de la statue de Fuxi. Pourtant, l’incapacité de Zac à distinguer les traits de Fuxi ne laissait aucun doute. Il se tenait devant l’original, Fuxi en chair et en os.
« C’est impressionnant d’avoir fait le premier pas vers l’unité à un si jeune âge. Il est encourageant de voir que le Dao demeure puissant dans ce futur lointain », dit Fuxi. Zac devina, sans trop savoir comment, un sourire sur le visage voilé du sage.
Quant à être démasqué en tant que visiteur du futur, Zac ne s’en émut pas. Grand Rêve, Roan ou le Seigneur du Royaume de l’Enfer des Fils l’avaient tous percé à jour d’un seul regard.
« Enfant, comment as-tu emprunté la Voie de l’Unité ? »
« J’ai trouvé une statue de vous dans les Salles Fuxi. J’ai étudié les runes qui couvraient ses robes pour parvenir à ma compréhension actuelle », répondit Zac avec sincérité, sans prendre la peine de préserver l’identité de Jikasi.
« Les Salles Fuxi ? Ils ont même érigé une statue après mon départ ? Quelle ostentation », rit doucement Fuxi.
« Votre départ ? » demanda Zac, perplexe. Après tout, l’homme se tenait juste devant lui, au beau milieu du Neuvième Enfer.
« Un monde façonné par ma main porte naturellement mon essence. Une part de moi existera à jamais dans sa trame, et il ne m’est pas difficile d’y envoyer ma conscience en empruntant l’instinct inné de convergence de l’univers », expliqua patiemment Fuxi.
« Parle pour toi », pensa Zac.
Sentir l’éveil de quelqu’un à l’autre bout du cosmos et créer un avatar à l’endroit où il se trouvait était une prouesse inconcevable, même avec les circonstances atténuantes. Zac s’était déjà entretenu avec Esmeralda des limites des Suprématies. S’il leur était si facile d’intercepter quelqu’un, alors Zac n’aurait plus le moindre espoir dès qu’il quitterait la piste.
Heureusement, cette Suprématie en particulier semblait appartenir à la catégorie des bienveillants, tout comme Grand Rêve.
« Notre rencontre dans ces circonstances peut être considérée comme le fruit du destin. Le fait que tu sois allé aussi loin par tes propres moyens prouve tes affinités avec l’unité. Je peux sentir en toi, à l’instant même, l’effet de la convergence », réfléchit Fuxi en détaillant Zac du regard. Zac eut la nette impression qu’il ne voyait pas la constitution de Jikasi, mais la véritable situation de Zac. C’était comme s’il se retrouvait de nouveau face au seigneur Sendor.
« Convergence ? » se demanda Zac.
Il ne semblait pas faire référence à la mystérieuse rune qu’il venait de former dans son esprit. Fuxi parlait-il de [Apothéose de l’Empereur du Vide] ? Elle reposait bel et bien sur le concept d’unité : harmoniser l’intérieur pour puiser dans l’extérieur. Zac n’allait pas poser la question. Bienveillant ou non, Fuxi restait une Suprématie antique aux objectifs insondables.
« La transmission du savoir est un pilier du progrès. Laisse-moi être la lumière qui guidera tes pas, afin que tu puisses ajouter un nouveau maillon à la chaîne de la prospérité. »
Zac n’eut pas l’occasion de refuser l’offre de la Suprématie : le visage de Fuxi n’était plus entièrement voilé. Il distingua soudain un œil vertical à l’endroit où aurait dû se trouver son front. Ce n’était pas un véritable œil, mais plutôt une porte ouverte sur le cosmos. D’un bleu profond et mystérieux, il scintillait d’étoiles innombrables.
Bientôt, Zac ne vit plus que cet œil. Il envahit sa perception, puis tout son être, repoussant le vaisseau volant, le Neuvième Enfer et même le vernis de Foi impériale qui maintenait la mémoire. L’instant d’après, une vaste galaxie spirale aux étoiles innombrables s’étendit devant lui. En son centre se dressait un pilier d’une majesté aveuglante qu’il n’osait affronter.
Zac nota distraitement qu’il avait perdu le contact avec le corps de Jikasi et qu’il se trouvait dans cet espace uniquement sous forme spirituelle. Il repoussa cette constatation à l’arrière de son esprit lorsqu’il examina une étoile quelconque, à la périphérie de la galaxie. Pour une raison inconnue, il parvenait à en saisir parfaitement l’éclat argenté et les sept planètes singulières qui gravitaient autour.
Avant même de s’en rendre compte, Zac vit double. Un œil contemplait toujours l’étoile argentée ; l’autre faisait face à une sphère de lumière scintillante entourée de sept piliers de cristal. Chacun était couvert de runes et contenait plus d’informations qu’un millier de Cristaux d’héritage dans ses Tours des Myriades de Dao. Toute une bibliothèque s’était condensée sous une forme éthérée.
Zac sut instinctivement qu’il pourrait s’emparer de tout ce savoir s’il tendait la main pour saisir la sphère lumineuse. Il lui suffit de la fixer un instant pour ressentir un léger mal de tête et recevoir des bribes confuses d’informations inconnues. L’expérience ressemblait beaucoup à la Transmission du Dao de Yrial. Mais au lieu de lui présenter ses Daos sous forme de vérités faciles à assimiler, Fuxi avait d’une manière ou d’une autre dévoilé le cosmos entier devant lui.
Zac retira son esprit avant que la cupidité ne l’emporte, mais il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil à une autre étoile, plus proche du centre de la galaxie. Sa vision se dédoubla de nouveau. Un œil contemplait un système solaire composé de trois planètes géantes sur des orbites identiques. Chacune était à son tour en orbite autour de exactement deux cent cinquante et une lunes. Leurs mouvements formaient une symétrie parfaite.
Dans son autre champ de vision, Zac aperçut une seconde sphère d’illumination, bien plus puissante, entourée de trois chênes imposants. Les feuilles de leurs deux cent cinquante et une branches portaient les mêmes écritures que les piliers de cristal et la statue de Fuxi. Zac examina encore quelques étoiles pour vérifier son intuition. Comme il le soupçonnait, le savoir qu’elles renfermaient gagnait en niveau à mesure qu’on se rapprochait du centre de la galaxie.
Lorsqu’il approcha du quart intérieur, les étoiles renfermaient un savoir qui dépassait celui de sa Bibliothèque du Chaos. Zac n’osa pas s’aventurer plus près, car cela endommagerait son esprit. Sa conscience vacillait déjà tandis qu’il détournait le regard, aussi bien à cause du savoir qui s’était infiltré en lui par osmose que de ce qu’impliquaient les millions d’étoiles de la galaxie.
Était-ce là le fondement d’un sage antique ?
C’était tout bonnement terrifiant. Zac ne connaissait presque rien des Voies confucéennes, mais il soupçonnait qu’un mortel possédant un tel savoir pourrait accumuler assez d’Intention littéraire pour tuer un Autarque sans le moindre effort. Il semblait presque impossible qu’un seul être atteigne un tel degré de maîtrise, même en consacrant des millions d’années à l’étude.
Zac entra péniblement dans son État du Vide pour se recentrer et contenir son écrasant sentiment d’infériorité et son désir insatiable. Les enseignements dépassaient en un sens l’illumination d’Ultom, puisqu’ils ne dépendaient pas de la compréhension qu’il avait déjà acquise. Une part de lui voulait dévorer sans retenue des pans entiers de la galaxie jusqu’à en être repu, se forgeant ainsi des bases de savoir inégalées parmi les Hégémons.
Mais une part plus grande encore savait que c’était tout bonnement impossible. Comme pour la Transmission du Dao de Yrial, ce qui était exposé dépassait de loin la capacité d’assimilation de Zac. La seule étoile entourée du trio de planètes identiques contenait déjà plus d’enseignements qu’il ne pouvait en supporter. Il ne pouvait qu’en grignoter un ou deux petits morceaux, et devait choisir ceux dont il avait réellement besoin.
Zac n’hésita qu’une seconde avant de faire part de ses besoins à l’univers, et des dizaines d’étoiles se mirent à scintiller plus vivement. Il passa en revue ses options, puis se concentra sur une étoile en particulier. Ce n’était pas la plus proche du centre de la galaxie, mais sa composition lui indiquait que c’était le choix optimal. Elle n’avait que deux planètes en orbite. L’une était dorée, l’autre noire, si bien que le système solaire ressemblait beaucoup à son Espace quantique actuel.
Une grande question restait en suspens dans l’esprit de Zac. Pourquoi Fuxi faisait-il cela ? Était-ce une manigance, comme lorsque Virtues lui avait offert une version altérée de la [Sublimation du Vajra sans limites] ? Était-ce une nouvelle étape des efforts continus de l’Empire Sans-Limites pour l’attacher à son char, ou Fuxi jouait-il sa propre partie ?
Mais il devrait remettre ces questions à plus tard. Zac se rua sur l’étoile avec la férocité d’une bête affamée. Une mer immense de connaissances l’engloutit, et des idées vagues se muèrent rapidement en schémas cohérents. Zac s’accrocha de toutes ses forces tandis qu’il sentait sa conscience lui échapper. Alors qu’il ne parvenait presque plus à tenir, une voix résonna dans son esprit.
« Je n’ai offert à dame Theomore que la moitié de mon [Mantra de la Grande Unité]. Je sens que l’autre moitié a déjà été découverte à ton époque. Trouve-la et réussis l’épreuve, et cette Bibliothèque de l’Unité sera à toi. »