Chapitre 1 473
Zac apparut dans une bouffée de flammes, des volutes de cendres et de fumée jaillissant de ses narines. Son arrivée s’accompagna d’un claquement sec. Il toussa à plusieurs reprises, réprimant les flammes qui ravageaient ses entrailles, puis baissa les yeux vers [Épanouissement fulgurant], à son poignet gauche. Le Trésor d’évasion réutilisable avait finalement atteint la fin de sa durée de vie et se dispersa dans les ténèbres du Neuvième Enfer.
Voir le présent de Yrial se désagréger lui causa un pincement au cœur, même si le fait qu’il ait duré aussi longtemps était déjà remarquable. Comme pour Verun et presque tout ce qu’il possédait, son rythme effréné de cultivation l’avait amené à dépasser son équipement. Il l’avait obtenu lors de son épreuve de rang E ; il aurait vraiment dû le remplacer depuis longtemps.
En fait, Zac possédait déjà le [Réflecteur des Myriades de Voies]. À son arrivée à la Cour mercurielle, il avait reçu une illusion du Trésor d’évasion, qui combinait l’Espace et les Illusions pour permettre de s’enfuir. Malgré tout, face au danger imminent que représentait l’accumulation de mort, Zac préféra s’en tenir à une méthode éprouvée.
En canalisant le Mantra de Fuxi, Zac observa les environs. Les motifs sous-jacents du Neuvième Enfer se révélèrent à ses yeux, tels des milliers de fleuves coulant dans les ténèbres sans limites. Les mouvements les plus évidents étaient ceux de la tempête qui se rassemblait à des milliers de kilomètres de là, où Zac aperçut les ruines laissées par l’Observatoire du Ravissement.
La rupture semblait encore à quelques minutes de se produire, mais Zac n’avait aucune intention de rester pour assister aux retombées. [Épanouissement fulgurant] l’avait emmené aussi loin qu’il le pouvait, sans toutefois lui garantir la sécurité. Il ouvrit une série de Vortex du Vide, chaque saut lui faisant parcourir des dizaines de kilomètres supplémentaires.
Zac se dirigea vers l’endroit où le motif particulier de la Mort du Neuvième Enfer entrait en contact avec la Foi impériale. Avec pour seuls guides quelques signes vagues, il ne pouvait dire s’il approchait d’un Domaine mémoriel ou d’un amas de Déchirures spatiales. Il lui faudrait encore un moment avant d’atteindre sa destination.
Soudain, l’air sembla quitter tout le royaume. Zac se retourna juste à temps pour voir, au loin, un soleil d’un noir d’encre s’embraser, composé de mort et d’espace en ruine. Malgré l’immense abîme qui les séparait, il ne pouvait contempler la scène directement. Comme Tavza l’avait prédit, des centaines de Déchirures spatiales s’étirèrent dans toutes les directions pour engloutir la masse de Mort dont était fait le Neuvième Enfer.
La scène ne dura que quelques instants avant que le silence ne retombe sur le royaume, mais Zac sentit que cet enfer artificiel avait changé de façon irréversible. La profonde déchéance était passée du concept à la réalité. Le Neuvième Enfer avait commencé à pourrir pour de bon, et son intégrité spatiale s’affaiblissait. Il aurait bel et bien disparu à la fin de l’épreuve. La prochaine fois qu’il referait surface, ce serait à la fin de l’Ère.
Zac reprit sa route à un rythme tranquille, malgré l’effondrement imminent du royaume. Même si la situation tournait mal, il estimait qu’il faudrait quelques mois avant que les effets à grande échelle ne commencent à se faire sentir. Et ce ne serait pas forcément le pire. Le Neuvième Enfer était directement relié aux différents royaumes de la Cour creuse. Avec l’affaiblissement de son intégrité spatiale, il serait plus facile de regagner la surface en passant par une Déchirure spatiale.
Aussi, Zac privilégia la récupération plutôt que la vitesse. Ventus étant à l’abri dans son Anneau du Monde, il n’avait pas à craindre que la mort ne submerge son compagnon blessé. Par précaution, Zac lui insuffusait aussi de temps à autre un filet de son Dao accordé à la Vie. Il lui donnait également un sédatif pour le maintenir inconscient et avait demandé à Haro de garder un œil sur son invité.
Le Neuvième Enfer paraissait vide, mais abritait de dangereux courants souterrains et de redoutables monstres. Zac devait parfois traverser le Vide, et il ne voulait pas risquer que Ventus découvre cette capacité. Il avait eu de la chance que Ventus se mette hors combat juste avant le début de la bataille. Désormais, seule Tavza avait vu son nouveau Talent du Vide. Tous les autres témoins étaient morts dans l’escarmouche.
Tout en voyageant, Zac repassa la bataille dans son esprit. Ses pensées étaient surtout accaparées par la culpabilité et les reproches qu’il se faisait pour avoir poussé [Morsure de Verun] au-delà de ses limites. Une journée de récupération et une mue n’avaient pas suffi à réparer la profonde fissure sur le tranchant de la hache. Les dégâts touchaient les fondations de Verun ; seul un long repos ou un forgeron compétent pourrait régler le problème.
Aucun des participants à l’épreuve qu’il avait tués ne maniait la hache, et les armes de rechange qu’il possédait n’étaient que de simples haches de rang D inférieur. S’il ne s’agissait que d’affrontements entre membres d’un même camp, mieux valait utiliser l’un des Esprits d’outil de haut rang qu’il avait récupérés. Dommage que l’épée spirituelle de rang D suprême ait été détruite avec son propriétaire ou emportée dans les profondeurs de l’enfer lorsque l’Œil de Primo s’était mis à fuir. Cela dit, une arme dotée d’un esprit aussi raffiné était généralement liée à une lignée ou à d’autres critères du même genre. Zac, surtout, aurait bien du mal à manier l’épée après avoir tué son ancien maître.
Coincé dans le vaste vide du Neuvième Enfer, Zac ne pouvait rien faire pour remédier à la situation. Il se concentra donc sur des sujets plus réjouissants. Pour commencer, il avait raflé plusieurs trésors uniques durant son blitz. De tels objets étaient extrêmement rares aux confins du Multivers, et même les factions les plus puissantes de Zecia hésiteraient à en offrir de ce niveau à leurs jeunes élites. Dans les trésors des cours extérieures, ils coûteraient au moins 5 000 points de Mérite.
Esmeralda était très occupée à intégrer [Seconde Singularité], mais il lui suffit d’un regard pour identifier la nature des deux objets que Zac avait raflés. Le premier était un orbe capable de créer un domaine gravitationnel extrêmement puissant. Une fois activé, ceux qui se trouvaient dans son périmètre avaient l’impression qu’un Monarque intermédiaire les écrasait de tout le poids de leur monde.
On pouvait contrôler l’emplacement de son domaine, mais sa portée n’était pas très grande. Son ancienne propriétaire n’avait jamais eu l’occasion de s’en servir : Zac s’était téléporté au milieu du groupe avant qu’elle ne puisse l’activer. À ce moment-là, il était déjà trop tard. Seul l’utilisateur échappait aux effets de l’orbe ; l’activer aurait donc fait plus de mal que de bien. Zac aimait beaucoup cet orbe, même s’il ne disposait que de moins de trente secondes de charge. C’était un outil idéal pour un combattant solitaire comme lui, particulièrement utile contre les adversaires rapides difficiles à attraper.
Le second trésor posait davantage de problèmes. Nul besoin de l’avis d’experte d’Esmeralda pour savoir que la sinistre poupée de paille était maudite. Le simple fait de croiser son regard emplissait les oreilles de Zac d’un bruit de métal qu’on raclait contre du métal. Elle n’était pas accompagnée d’un mode d’emploi, mais Zac avait trouvé un récipient dans l’Anneau spatial de son ancienne propriétaire.
Esmeralda lui proposa une solution acceptable : il pouvait détruire la poupée sur-le-champ, puis fuir dans un Vortex du Vide. Grâce au déguisement du Vide et à sa résistance innée aux malédictions, il devrait échapper à la plupart des effets secondaires. La malédiction libérée s’accrocherait alors à la personne assez malchanceuse pour se trouver à portée. Bien sûr, cette méthode risquée devait rester une solution de dernier recours.
Avec les Anneaux spatiaux et l’équipement de qualité qu’il avait récupérés sur les autres envahisseurs, Zac avait largement compensé l’utilisation de la tempête de neige enfermée dans une bouteille. L’équipement du gardien, en particulier, était d’une qualité exceptionnelle. S’il parvenait à réparer les dégâts causés par la liane imprégnée de Chaos, ses Insignes de guerre pourraient même constituer une amélioration par rapport au [Rempart ossuaire].
En parlant de [Édit primordial], cette technique de grande envergure avait révélé une puissance inattendue dans l’environnement hostile de l’Observatoire du Ravissement. Sa principale particularité était de faire repousser ses lianes, toujours plus fortes, en les adaptant à ce qui avait détruit leurs prédécesseures. Pourtant, Zac n’avait pas imaginé qu’elles parviendraient à absorber assez de Mort pour engendrer le Chaos. Plus étonnant encore, cette transformation s’était révélée assez puissante pour éliminer d’un seul coup le tank de l’équipe adverse.
Bien sûr, plusieurs facteurs s’étaient conjugués pour produire ce miracle. D’abord, la Mort apocalyptique du Neuvième Enfer semblait s’accorder parfaitement avec les concepts de [Édit primordial], où la destruction précédait la renaissance. Sans cela, les lianes n’auraient pas pu absorber assez de mort pour atteindre une masse critique aussi vite.
Ensuite, les lianes étaient par nature incapables de fusionner la Vie et la Mort, contrairement à Zac. Le Dao étranger était isolé dans des veines miasmiques et touchait à peine la Vie vigoureuse qui circulait dans le reste de la liane. Enfin, la combinaison de son Intention meurtrière ancienne accumulée et de la folie du Vajra bouddhique avait forcé les deux forces opposées à se mêler. Ce n’était pas un exploit qu’il pouvait reproduire à l’infini.
Pour l’instant.
Techniquement, Zac possédait tous les éléments nécessaires pour faire pousser ses propres lianes du Chaos. Il pouvait imprégner directement [Édit primordial] de Miasme provenant de son Noyau cosmique, et son Corps spirituel avait presque achevé son harmonisation avec le Dao de la Guerre.
Une fois qu’il aurait trouvé une méthode de cultivation et consolidé son [Avatar des Mille Haches], il devrait pouvoir transformer sa propre Intention meurtrière en une version plus faible de l’intention résiduelle qu’il avait ramassée dans l’Enfer écrasant. Ni son intention ni ses Daos n’avaient encore la profondeur nécessaire pour invoquer des veines du Chaos sans aide extérieure, mais c’était une piste intéressante à explorer plus tard.
Il devrait attendre avant d’expérimenter. Le Mantra de Fuxi ne le rendait pas complètement immunisé à la Mort ambiante du royaume, surtout depuis que ses règles avaient commencé à se dégrader. À cela s’ajoutait la tension croissante causée par les lignes temporelles survivantes, de l’autre côté. Zac devait donc réduire sa dépense d’énergie au minimum.
Les jours suivants ne réservèrent pas de grandes surprises. Zac fut attaqué à plusieurs reprises par des habitants agités, qui avaient sans aucun doute senti les changements inquiétants de leur habitat. Il écrasa les plus faibles par la force brute et évita les créatures dangereuses grâce au [Dôme terrestre]. Il vit aussi passer au loin quelques structures, bien plus imposantes que les ruines qu’il avait explorées aux confins du Neuvième Enfer.
Bien qu’elles fussent tentantes, Zac résista finalement à l’appel de l’aventure. Il avait des problèmes plus urgents à régler, et les vestiges les plus vastes abritaient presque certainement des monstres de rang C. Les risques ne justifiaient pas l’exploration. Après tout, les chances que des trésors aient survécu dans ce royaume depuis sa mise sous scellés étaient quasi nulles. Ils auraient pourri depuis longtemps.
Après six jours de voyage ininterrompu, une lueur finit par apparaître dans les ténèbres. À ce moment-là, Zac avait digéré la majeure partie de la Mort apocalyptique, même s’il sentait vaguement qu’une quantité terrifiante continuait d’être raffinée dans son Vide personnel.
La vision familière d’une barrière scintillante, éclairée par des lanternes mémorielles, dissipant les ténèbres, confirma que Zac était finalement revenu à son point de départ. Seul le monde-miroir accordé au Vide possédait un véritable mur de Foi impériale pour le stabiliser, contrairement aux Domaines mémoriels ordinaires de la Cour creuse.
Une heure plus tard, après avoir franchi la frontière, Zac put aussi confirmer qu’il s’agissait bien du même royaume scellé où il avait opéré. Même après une demi-heure de marche, il n’avait pas aperçu la moindre ombre en mouvement. Il finit par s’arrêter au-dessus de la montagne miniature, dont l’aura de Foi impériale s’était considérablement renforcée depuis sa dernière visite. Rien d’étonnant : les déferlements réguliers de Mort apocalyptique qui en drainaient l’excédent avaient cessé.
Zac observa un instant Ventus, emmitouflé dans l’Anneau du Monde, puis le déposa dans la barrière de Foi impériale. Il griffonna un mot pour lui demander de ne pas bouger, puis pénétra dans le souvenir. En volant droit vers le bas, il atteignit bientôt la montagne. Malheureusement, celle-ci était scellée, anéantissant l’espoir de Zac d’examiner une nouvelle fois le réseau qui se trouvait à l’intérieur.
Ce n’était pas la fin du monde. Il avait bien observé les quatre stations de l’Observatoire du Ravissement. Tout ce qu’il avait appris récemment, du Mantra de Fuxi aux révolutions complexes qui menaient au Chaos, demeurait ésotérique sans application concrète. Il était toutefois convaincu qu’avec le temps ou une inspiration soudaine, ce savoir viendrait s’ajouter aux fondations qu’il bâtissait.
Zac sortit son communicateur, qui se connecta sans problème à la surface. « Tout est réglé. »
« Je m’en doutais quand les nouveaux halos sont apparus, répondit Ogras en riant à l’autre bout du fil. Des complications ? »
« Il y a eu… un peu d’opposition, répondit Zac avant de décrire brièvement le groupe d’assaillants et le sort qui lui avait été réservé. Fais attention ; leurs alliés pourraient chercher à se venger. »
« J’aimerais bien les voir essayer. Il y a de la place pour creuser encore quelques tombes, ricana Ogras. Alors, le petit devin a survécu, finalement. Ça ne m’étonne pas. Et la princesse Draugr ? Elle s’en est sortie ? »
« Elle devrait aller bien, dit Zac. Tu ne l’as pas vue ? »
« Non, mais je ne l’ai pas vraiment cherchée. Tu veux que je me renseigne encore ? »
« Non, ce n’est pas la peine. Elle explore probablement les ruines du Neuvième Enfer, répondit Zac. Quoi de neuf, de ton côté ? »
« Il y a une nouvelle. On raconte qu’un téléporteur menant au Sceau du Palais impérial de gauche va bientôt s’ouvrir. Apparemment, on peut y monter si le destin nous a choisis. Enfin, quoi que ça veuille dire, expliqua Ogras. »
À en juger par le fonctionnement des choses jusqu’ici, Zac supposa qu’on pouvait payer son passage avec le Mérite accumulé. Bien sûr, il n’y avait probablement pas besoin de se donner tout ce mal si l’on possédait les titres requis, par exemple celui de véritable Porte-Flammes. S’il récupérait une autre lanterne, il pourrait entrer dans les Domaines mémoriels sous sa propre identité.
« Tu comptes y aller ? » demanda Zac.
À sa connaissance, Ogras avait à peine dépensé le Mérite et la Longanimité accumulés durant l’épreuve. Creuser des tombes aux côtés de l’ancien de la Cour creuse ne lui coûtait rien non plus. À moins que le téléporteur ne soit d’un prix exorbitant, Ogras devrait pouvoir s’offrir le voyage.
« Je ne crois pas, répondit Ogras après une pause. Ce serait amusant de voir quel genre d’ennuis tu pourrais provoquer dans la capitale, mais je suis bien ici. Je vais suivre le vieux fouilleur jusqu’à la fin du compte à rebours. »
« Compris. Je reviendrai probablement à la surface dans une semaine ou deux. On se parlera à ce moment-là, dit Zac. »
« Ça marche. Appelle-moi si quelque chose arrive. Et je garderai l’œil ouvert pour ces Impériaux de la Nouvelle Ère. »
Depuis la montagne miniature, Zac retourna une dernière fois auprès de la statue de Fuxi. Fort de ses nouvelles expériences, il avait l’impression de saisir quelques nouveaux aspects du mantra. Bien sûr, il savait qu’il n’en faisait encore qu’effleurer la surface. Cette révision achevée, Zac regagna enfin la barrière dans le ciel.
L’elfe dormait toujours profondément quand Zac revint. Un peu surpris, Zac libéra une partie de son Intention meurtrière pour déclencher l’instinct de survie de Ventus. Et, effectivement, celui-ci fut bientôt tiré du confort de l’inconscience.
« Hein ? Je suis vivant ? » marmonna Ventus en se frottant le visage. « Pourquoi ma langue est-elle si râpeuse ? »
« Ce sont les tranquillisants. »
Naturellement, Zac ne le dit pas à voix haute. « Tu es vivant, pour l’instant. Alors, pourquoi as-tu l’air encore plus mal en point qu’à mon départ ? »
« Je me suis réveillé un peu plus tôt. Je n’ai pas pu résister à un petit coup d’œil dans l’avenir, avoua Ventus, penaud, le visage d’une pâleur sinistre. Puis-je te demander ce qui est arrivé à mes… compagnons ? »
« Ils sont tous morts, répondit Zac en haussant les épaules. »
« Quel dommage », soupira Ventus, sans en penser un mot.
« Que s’est-il passé ? » demanda Zac.
Le récit de Ventus correspondait dans l’ensemble à ce que Zac s’était attendu à entendre. Celui qui l’avait capturé était l’épéiste, un descendant direct de l’Alliance de Phusudor. Apparemment, il n’avait jamais participé à la guerre intersectorielle et n’avait pas non plus acheté de sceau aux Kan’Tanu. Il était plutôt parvenu à franchir la barrière vers la fin et avait tué un porteur de sceau local de Zecia.
Le groupe de Phusudor avait entamé sa descente peu avant qu’Ogras ne trouve Zac, mais l’épéiste n’était arrivé à la Cour creuse qu’une semaine avant eux, à l’Observatoire du Ravissement. Il s’avérait que presque tous les paliers du Gouffre creux possédaient des raccourcis permettant d’éviter les Jardins et les Enfers. Mais les trouver était difficile et prenait du temps.
Le triste état du Numérologue ne s’expliquait pas seulement par le fait qu’il avait été gardé dans les Abysses de Tavza. On l’avait forcé à enchaîner les divinations pour accélérer la descente du groupe. C’était une tâche ingrate, qui provoquait des contrecoups répétés susceptibles d’endommager les fondations. Sans compter qu’éviter les épreuves empêchait d’accumuler de la Longanimité. Ventus était donc arrivé à la Cour creuse avec à peine 800 points de Longanimité, sans la moindre occasion de se remettre de cette perte une fois sur place.
« Je m’en sortirai, et mes fondations se rétabliront en quelques années. En fait, ça pourrait être une bénédiction déguisée. Répéter des calculs dans un royaume aussi singulier m’a apporté des éclairages uniques. » Ventus sourit doucement en voyant l’expression de Zac. « Surtout, les nuages noirs de mon avenir se sont enfin dissipés, maintenant que l’affaire de l’observatoire est réglée. Le ciel est parfaitement dégagé devant moi. »
« Le ciel est dégagé, hein ? » dit Zac en contemplant l’immensité des ténèbres. « Ce ne serait pas de refus. »