Chapitre 1 455
Bien qu’il eût confiance en sa force, Zac savait que la situation s’était compliquée. Un rapide examen lui révéla que trois des treize intrus étaient des personnages puissants, au sommet des Porteurs de sceau. En apparence, ils étaient tous des Hégémons de pointe, mais ses sens lui indiquaient qu’ils dissimulaient une partie de leur puissance.
Le premier des trois était celui qui avait forcé Zac à s’éloigner du cercle magique. Ce n’était pas un lancier, mais un archer armé d’un immense arc en acier violet. Avec ses traits acérés, ses yeux brillants semblables à des soleils couchants et son allure héroïque, il aurait pu passer pour un fier fils du Ciel, n’eût été son immense corruption.
La souillure de l’Ère perdue avait des effets différents sur chacun. Dans le cas de cet homme, elle était particulièrement grotesque. Son épaule gauche s’était muée en une tête difforme, dont les yeux luisaient d’une malveillance démente. Sa bouche s’ouvrait sur un hurlement silencieux ; impossible de dire si elle exprimait l’agonie de son existence ou sa haine du monde.
Si Zac ne se trompait pas, il s’agissait d’A’Mesio Evor, un Fils saint d’une secte locale. Sa voie mêlait l’espace et la foudre. Voir une créature difforme cultiver un Dao du Pic céleste semblait absurde et paradoxal, mais ses accomplissements n’avaient rien de risible. À en juger par la pression qu’il dégageait, Zac était certain que ses deux Daos étaient au moins des Daos terrestres intermédiaires.
La deuxième menace était une mage corpulente, couverte d’énormes boursouflures et de marques de pustules. Pas un centimètre de sa peau visible n’avait été épargné, si bien que Zac était incapable de deviner sa véritable identité. À en juger par le danger qu’il percevait dans ces boursouflures, elle avait probablement maîtrisé son affliction et en avait fait une arme. Elle maniait un bâton noueux incrusté de Cristaux temporels ; le temps était donc lui aussi de la partie.
Le troisième fit hésiter Zac plus que les autres, et c’était la raison pour laquelle il ne s’était pas précipité dans la mêlée. L’homme était pieds nus, drapé dans une robe en lambeaux, et tenait une épée rouillée, tailladée. Un autre Porteur de sceau, celui-là membre de l’Armée impériale. Il s’appelait Aemod, et le véritable Aemod était mort sur la place pendant la cérémonie d’adoration. On aurait dit que ce double avait regagné sa propre ligne temporelle avant que les intrus ne soient chassés des Docks de la Transformation.
Contrairement aux deux autres, Aemod ne présentait aucun signe extérieur de corruption. Celle-ci s’était entièrement concentrée dans son regard vide. Il avait aspiré dans son esprit des quantités effroyables de corruption et l’avait aiguisée pour en faire une intention grotesque. Zac avait l’impression qu’il devrait risquer sa vie dès qu’il ferait un pas de plus vers lui.
Pris individuellement, les autres ne l’inquiétaient pas, même s’ils possédaient manifestement des compétences variées qui pourraient se révéler gênantes une fois combinées. Zac remercia sa bonne étoile : pour le moment, ils semblaient avoir atteint leur limite. Les restrictions pesant sur les portails temporels s’appliquaient apparemment jusqu’au royaume intérieur de la [Seconde Singularité]. Sans quoi, il aurait dû affronter une bande de Monarques et quelques Autarques.
Tout aussi important, le nombre d’intrus capables de se faufiler à travers était limité. À chaque combattant qui émergeait, le cercle magique soutenant la ligne temporelle s’estompait un peu plus. Envoyer les trois élites au sommet de l’Hégémonie en avant-garde avait poussé le portail à sa limite. Il semblait pouvoir s’effondrer d’un instant à l’autre, d’où le périmètre défensif qu’ils avaient formé autour de Zac.
La mauvaise nouvelle, c’était que la porte dimensionnelle se rétablissait à chaque instant. Elle ne faisait pas que siphonner de la puissance aux autres lignes temporelles : elle était activement nourrie des deux côtés. Deux des subordonnés dissimulés derrière l’épéiste étaient des Templiers déchus. Dès qu’ils franchirent le portail, ils se mirent à infuser les runes les plus faibles de Foi impériale.
Zac mit rapidement de l’ordre dans ses pensées et élabora un plan d’attaque. De toute évidence, le temps jouait en faveur de l’ennemi. Leur camp gagnerait en puissance à chaque seconde où le face-à-face s’éternisait. Zac devait frapper vite et fort, et en finir avant qu’ils aient le temps de s’installer. Ce genre de bataille ne convenait pas à sa classe d’Apôtre inexorable, mais cela ne voulait pas dire qu’il en était incapable.
Il ne fallut qu’un instant à Zac pour organiser ses idées, mais quelqu’un fut encore plus rapide.
« Vous croyez que je suis végétarien parce que je me suis tenu tranquille ? Ceux qui veulent gâcher mes affaires n’ont qu’à aller crever ! »
Ni Zac ni les intrus n’eurent le temps de réagir. Une traînée de lumière stellaire jaillit juste à côté du portail et traversa le groupe de cultivateurs. Trois subalternes, dont l’un des Templiers, s’effondrèrent en morceaux de chair tandis que l’espace se fissurait. Seule l’intervention conjuguée des autres empêcha les fractures de faire d’autres victimes. Mais surtout, l’épéiste, la plus grande menace, disparut sans laisser de trace.
Zac fut agréablement surpris de voir Esmeralda lancer une attaque directe, après s’être jusque-là limitée à soutenir les combattants. Ses adversaires, eux, furent bien plus étonnés encore. Ils cherchèrent frénétiquement des yeux une menace qui, Zac le soupçonnait, ne frapperait pas une seconde fois. Comme prévu, la voix d’Esmeralda résonna dans son esprit avant même que la poussière ne retombe.
« Je ne peux pas frapper de nouveau. La plupart de mes réserves sont déjà mobilisées par le trésor. Je garderai le gros morceau piégé aussi longtemps que possible et je couperai quelques-uns de ces ponts pour les ralentir. Je compte sur toi pour le reste. »
« Je m’en occupe », promit Zac.
Zac ne laissa pas à ses ennemis le temps de se remettre du spectacle viscéral de leurs compagnons réduits en lambeaux sanglants. Il activa deux compétences, et d’épaisses ténèbres s’abattirent sans prévenir sur le portail et ses alentours. Trois bandes gigantesques, formées d’innombrables statues, apparurent et divisèrent le monde en trois. En leur centre flottait un œil de ténèbres absolues, un anti-soleil crépitant d’une puissance destructrice.
Inutile de se retenir. Zac déchaîna d’emblée deux de ses compétences les plus puissantes : [Arbitre des Abysses] et [Œil de la Désolation] au stade avancé. Son amélioration figurait en tête de sa liste de priorités depuis qu’il avait atteint l’Hégémonie tardive, mais la Fractale de compétence était extrêmement complexe. Il n’avait pu en finaliser le schéma et procéder à l’amélioration qu’avec l’aide d’une grande quantité de corruption raffinée et des installations de la Cour mercurielle.
La compétence n’acquit aucune nouvelle fonction au stade de maîtrise avancée. Comme d’habitude, elle s’appuyait sur ses fondations en ajoutant une troisième couche et une bande supplémentaire. Autrement dit, ses cibles devraient affronter une bande de plus avant de pouvoir échapper à l’attraction de la désolation. Bien sûr, les statues et leurs chaînes étaient devenues beaucoup plus robustes depuis l’amélioration. Les cultivateurs ordinaires de rang D pouvaient oublier jusqu’à l’idée d’y laisser une égratignure.
L’archer et la peste ambulante furent piégés chacun de leur côté, contraints d’affronter seuls les chaînes d’une bande entière. Les autres subalternes furent placés dans la troisième couche, avec la porte dimensionnelle elle-même. Zac fut soulagé de voir que le portail s’y intégrait sans problème. Si sa compétence était entrée en collision directe avec l’Océan Peregrine, c’est sans aucun doute [Œil de la Désolation] qui en aurait pâti.
Les intrus semblaient croire que Zac voulait attaquer directement le portail avec ses compétences ; il se fit un plaisir d’entretenir cette méprise. Il ordonna aux statues souffrantes de viser l’Océan Peregrine, obligeant les intrus à rester sur la défensive. Quatre des sept cultivateurs encore présents prirent sur eux de lutter contre l’assaut des chaînes ; deux autres montèrent la garde contre les menaces extérieures tout en protégeant leur dernier Templier.
Zac ne perdit pas un instant. L’invisibilité que lui conférait l’activation de sa compétence lui permit de s’approcher de sa cible. Ce n’étaient pas les deux élites, déjà aux prises avec un essaim de chaînes. Elles n’étaient que des diversions destinées à détourner son attention. Sa véritable cible restait le portail. Il lui suffirait de le refermer pour prendre tout son temps et s’occuper des traînards.
August et les autres chefs pourraient peut-être encore trouver une autre route vers la [Seconde Singularité], mais il serait alors trop tard. La plupart des traces de corruption en avaient déjà été purifiées, et Esmeralda pourrait bientôt en prendre le contrôle.
Un coup de tonnerre soudain ruina le plan de Zac. Un éclair descendit des cieux et le prit immanquablement pour cible, malgré son déguisement. Pire encore, il ignora complètement les efforts de Zac pour dévier sa trajectoire à l’aide du domaine de rejet de l’[Arbitre des Abysses]. On aurait dit que la foudre avait été envoyée par les cieux eux-mêmes, rendant toute esquive impossible.
Pourtant, s’il y avait bien une force que Zac ne craignait plus, c’était la foudre. Il avait perdu le compte des éclairs de tribulation qu’il avait encaissés ; qu’était donc un éclair fabriqué par l’homme ? De plus, cette attaque particulière avait sacrifié une grande partie de sa puissance destructrice au profit de la vitesse et de la capacité de poursuite. Il balança sa hache et trancha l’éclair en deux.
La scène qu’il attendait — le voir disperser la foudre dans une explosion de mort — ne se produisit pas. Au contraire, l’éclair sectionné remonta le long de son arme, puis de son bras, tel deux serpents. Il s’enfonça enfin dans son corps, passant d’une manière ou d’une autre outre le [Lien d’amour]. Il ne ressentait toujours aucune douleur, mais la situation était mauvaise.
« Bon sang ! » jura Zac en se voyant illuminé comme un sapin de Noël.
Cette lumière n’avait pas pour seul but de le démasquer. La foudre était imprégnée d’une sorte de malédiction, diamétralement opposée à l’[Inflexibilité d’Eoz]. Son Miasme était soudain devenu cassant comme un morceau de bois sec. L’effet annulait l’avantage que lui conférait son sang d’Eoz, et l’[Immutabilité d’Eoz] ne parvenait pas à l’effacer d’un seul coup.
Exposé et affaibli, Zac se retrouva soudain dans le viseur de six Porteurs de sceau. Même ceux qui étaient retenus par la tempête de chaînes lui envoyèrent quelques attaques. Zac changea aussitôt de stratégie. Deux vagues de ténèbres superposées envahirent l’espace scellé de l’[Œil de la Désolation], noyant encore davantage le monde dans la mort.
Même l’effet de privation sensorielle du [Champ du désespoir] n’eut aucun effet sur la foudre tenace, mais il renforça sa puissance. Pendant ce temps, les Spectres de la Hache accentueraient la pression sur les défenseurs ; Zac n’aurait donc qu’à s’inquiéter des trois autres. Du moins le croyait-il.
Grâce à son Sens du danger, Zac esquiva de justesse une flèche crépitante qui déchira le tissu de l’espace. L’attaque n’avait rien à voir avec le faible éclair précédent. La flèche était imprégnée d’une puissance telle qu’on aurait pu la prendre pour une attaque de Machine de guerre. S’il avait été touché, perdre un membre aurait été le cadet de ses soucis.
L’archer était à l’origine de l’attaque. Il était pourtant censé être piégé dans une autre couche de l’[Œil de la Désolation]. Et bien qu’il fût toujours aux prises, seul, avec les chaînes d’une bande entière, il avait réussi d’une manière ou d’une autre à lui envoyer une attaque mortelle. Il avait échoué, mais le cri d’alarme dans la tête de Zac n’en devint que plus pressant.
Incapable de comprendre d’où venait la menace, Zac poussa le champ de rejet de l’[Arbitre des Abysses] à sa limite et s’imprégna du Vide de la Vie. Il n’utilisa la version de sa Technique inexorable imprégnée du Vide qu’un instant, le temps de faire un pas discret vers la gauche. Cela ne put empêcher une douleur fulgurante d’exploser dans son poumon gauche. Un second projectile l’avait atteint sans qu’il le voie et lui avait traversé la chair en l’effleurant.
La crasse du Plan perdu se déversa dans son corps par la blessure, mais sa constitution l’écrasa rapidement. Même affaibli, le Dao hostile laissé par une blessure superficielle ne pouvait pas menacer Zac. Ce qui l’inquiétait davantage, c’était qu’on l’attaque sans prévenir, son Sens du danger suffisant à peine à le protéger. Vu la force de pénétration de l’attaque, le prochain coup pourrait lui pulvériser le cœur s’il ne réagissait pas à temps.
Zac balaya le champ de bataille du regard et comprit bientôt que la source était toujours l’archer. La mage avait fort à faire avec les chaînes qui arrivaient. Elle les ralentissait à l’aide de vents temporels et les réduisait en poussière par la corrosion. Pourtant, ses compétences étaient clairement mieux adaptées aux cibles biologiques, et elle devrait rester occupée encore un moment.
« C’est cette tête-là ! »
Tandis que l’archer tirait une deuxième flèche de son carquois, sa seconde tête en forma silencieusement une autre dans son ombre. C’était une flèche purement spirituelle, faite d’un Dao de l’espace corrompu. Elle était extrêmement discrète, et Zac ne remarqua sa forme qu’après qu’elle eut été maculée de son ichor. Comprendre la menace ne changeait rien. Il devait toujours s’occuper du portail. À tout le moins, il lui fallait briser quelques runes et tuer le dernier Templier.
Zac était déjà près du portail au départ, et il s’en était encore rapproché avant d’être démasqué. La ruse étant désormais impossible, il opta pour une attaque frontale. Trois chaînes formèrent l’avant-garde et visèrent trois des défenseurs du portail.
L’un d’eux s’était déjà transformé en géant à trois yeux, dont la force physique crépitante surpassait celle de la plupart des rois des bêtes. Le deuxième était un Porteur de bouclier, dont l’arme avait fait apparaître un solide barrage spatial. Le dernier était, naturellement, le Templier, qui s’efforçait frénétiquement de renforcer le portail afin qu’il puisse envoyer une nouvelle vague de renforts.
Le géant et le défenseur se portèrent à leur rencontre, dressant un mur infranchissable d’espace et de chair. Mais juste avant que les deux camps ne se percutent, trois portails tourbillonnants apparurent au milieu des chaînes. La section détachée s’abattit un instant plus tard sur les intrus, sans grand effet. Les chaînes conservaient leur élan initial, mais elles n’étaient plus ancrées et ne bénéficiaient plus du renfort du [Lien d’amour] ni de la [Soumission inexorable].
Quand les deux hommes comprirent qu’il s’agissait d’une diversion, il était déjà trop tard. Trois autres portails étaient apparus au même moment autour du Templier. Les chaînes d’Alea jaillirent de l’au-delà et l’empalèrent avant qu’il ait le temps de réagir. Deux portails se refermèrent tandis que le troisième s’élargissait, laissant passer Zac. Deux flèches sifflèrent inutilement à quelques centaines de mètres de là ; leur cible avait soudain disparu.
« Arrête ! »
La [Dualité de la Mort] s’était déjà enfoncée dans la tête du Templier grièvement blessé lorsque le géant rugissant se retourna. Entre les mouvements imprévisibles de Zac, le capuchon funèbre de l’[Arbitre des Abysses] et les chaînes cliquetantes qui l’entouraient, il incarnait à la perfection un faucheur sinistre descendu sur le monde des mortels.
Zac ne prenait aucun risque en l’absence d’Énergie meurtrière pour confirmer la mort. Il déchiqueta le Templier, corps et âme, à grands coups rapides. Son bras gauche toujours dans le portail, il semblait vouloir s’enfuir après l’embuscade. Mais un deuxième éclair descendit du ciel, suivi d’un poing de la taille de tout le haut du corps de Zac.
L’éclair l’immobilisa brièvement, et le cogneur frappa avec une telle force qu’elle résista à l’effet déviateur de l’[Arbitre des Abysses]. On aurait dit qu’il avait réussi à reproduire l’effet d’un Monde intérieur alors qu’il n’était qu’un Hégémon tardif. Un mur de brume miasmatique s’éleva pour bloquer le coup, mais les défenses passives du [Lien d’amour] ne purent résister à cette puissance.
Zac eut l’impression d’avoir été percuté par un train. Chassé du vortex, il fut projeté au loin jusqu’à s’écraser contre une barrière spatiale. Alors qu’il semblait acculé, le cercle magique qui entourait l’Océan Peregrine se souleva. Les eaux argentées, déjà surchargées par une force empruntée, déclenchèrent soudain une marée qui engloutit deux des intrus aux prises avec les chaînes.
Comment Zac aurait-il pu prévoir de s’enfuir après avoir abattu le Templier ? Il était la Mort, un loup au milieu des moutons. Sa main gauche était restée dans le vortex uniquement parce qu’il s’occupait d’autre chose : frapper le cercle magique avec la [Montagne du Vide], hors de vue des autres. Il venait tout juste d’épuiser une autre rune lorsqu’on l’interrompit.
La vague meurtrière d’eau argentée devint l’alliée de Zac. Elle ne se contenta pas de tuer deux malchanceux Porteurs de sceau chargés de garder la porte dimensionnelle : elle défit aussi la prison spatiale du Porteur de bouclier. Zac aurait naturellement pu s’échapper par ses propres moyens, mais cela aurait révélé les capacités inhabituelles de ses vortex du Vide. Pour l’instant, on pouvait encore les prendre pour de simples portails spatiaux.
À l’effondrement de la barrière, Zac surgit dans une bourrasque de Miasme, suivi de quatre squelettes pygmées. Un cercueil scintillant apparut juste à temps pour intercepter une troisième salve de flèches. La flèche dorée couvrit sa surface de larges fissures ; la flèche cachée le réduisit directement en miettes. L’un des pygmées des [Exposants profanes] avait péri en un seul échange, mais Zac était désormais libre d’affronter directement le géant.
Six chaînes l’entravèrent, chacune ajoutant une couche suffocante grâce à la [Soumission inexorable]. Ralenti et ses mouvements manipulés par l’[Arbitre des Abysses], l’homme n’était plus qu’une proie. Il n’eut pas le temps de libérer la puissance terrifiante accumulée dans son poing gauche : Zac lui trancha le bras. Dans un sifflement lugubre, sa tête s’envola, proprement séparée du corps par le coup suivant de Zac.
Zac fronça les sourcils en ne ressentant aucun retour à travers le [Fatehew]. Il avait manqué l’âme du cogneur. Il n’eut pas le temps de s’interroger sur ce mystère : son esprit hurla de nouveau au danger lorsque le corps décapité se mit à enfler rapidement, tandis que la corruption affluait. Un vent funeste lancé par un squelette pygmée s’abattit sur le corps et détourna son énergie autodestructrice droit sur le Porteur de bouclier.
Le défenseur bloqua habilement l’attaque autodestructrice sans perdre une seconde, tandis que le géant faisait déjà apparaître un nouveau corps grâce à une poussée de flux temporel corrompu. La situation empira encore lorsqu’un gémissement assourdissant secoua tout le royaume. Deux bandes de l’[Œil de la Désolation] avaient cédé de nulle part.
Zac tourna la tête et fut stupéfait de découvrir la mage, censée lutter avec difficulté, flottant juste au-dessus de l’œil empli d’Oubli. Le violent combat s’était révélé être une illusion qui avait trompé même ses sens, tandis que la véritable instigatrice s’affairait à démanteler la cage de Zac. Les trois royaumes n’en formaient plus qu’un, permettant aux intrus de joindre directement leurs forces.
Un soupir échappa à Zac tandis qu’il se ruait sur le géant pour en finir. Il devait bien le reconnaître : ces gens savaient se battre.