Chapitre 1 445
Le visage rayonnant d’impatience, Esmeralda grandit jusqu’à atteindre une taille qui permettait à Zac de tenir dans sa poche. Que ce fût à cause de leur destination ou parce qu’une plus grande part de sa lignée s’était manifestée au cours du mois écoulé, elle en imposait davantage qu’avant. Avec la lumière chaleureuse du lac Dome en toile de fond, Zac avait l’impression de contempler une montagne gigantesque plutôt que sa compagne espiègle.
Esmeralda prit les commandes et traversa le lac Dome d’un seul bond. Si concentrée sur sa tâche, elle oublia de reprocher à Zac les ravages qu’il avait causés dans les environs. Le quartier florissant, dont les trésors cachés avaient attiré Zac dans toutes les directions, avait disparu. Sa percée dans sa lignée n’avait pas seulement provoqué des destructions à grande échelle : elle avait épuisé jusqu’à l’essence même de la terre.
Les réseaux restants, qui frappaient tout ce qui les entourait, ne purent déstabiliser le Crapaud de la Grande Traversée. Les ruines se brouillèrent tandis qu’elle les emmenait vers les profondeurs de l’île, où [Seconde Singularité] était dissimulée.
Malheureusement, Esmeralda ne pourrait pas maintenir cette allure jusqu’au bout. L’île de la Cour mercurielle était plus vaste que les continents de la plupart des mondes de rang D, et ce n’était que sa couche superficielle. La véritable forme de la Cour extérieure était un immense labyrinthe composé d’innombrables replis spatiaux et royaumes, imaginaires ou réels. Même après s’être épuisés à courir partout au cours du mois écoulé, ils n’avaient toujours aucune idée de la véritable taille de la Cour.
La distance n’était pas leur seul problème. Une partie des préparatifs de Zac pour sa percée avait également servi de missions de reconnaissance en vue de leur cambriolage, et une chose était apparue clairement : plus ils s’enfonçaient dans l’île, plus ils devaient affronter de perturbations. Le lac Dome se trouvait déjà près de la frontière de la région intérieure, là où le monde ordinaire commencerait à céder la place au surnaturel. Ils devraient bientôt composer avec des Formations naturelles aussi meurtrières que celles qu’ils avaient rencontrées sur l’île de Sevona.
Il y avait des bourbiers temporels où passer une journée pouvait leur en faire perdre une année, des illusions hostiles qui prenaient l’apparence de vestiges de la Citadelle, ainsi que des pièges spatiaux capables de les expédier droit dans l’abîme. Rien n’obéissait à la moindre logique. Certaines formations avaient peut-être autrefois fait partie des défenses de la Cour mercurielle, tandis que d’autres étaient le fruit des circonstances et du temps. Avec des poches de Corruption qui s’infiltraient dans les environs et les déformaient, plus rien n’avait vraiment de sens.
Ils supposaient que cet environnement chaotique était le résultat de la bataille désespérée qui avait secoué la Cour mercurielle dans ses derniers jours. Les combats avaient dû faire rage avec une violence particulière en son centre, peut-être même entre des Suprématies. De tels affrontements pouvaient laisser des traces permanentes, surtout dans la Cour mercurielle, où la réalité était malléable.
Même Esmeralda ne pouvait traverser la plupart des zones dangereuses. Les formations se moquaient de leurs titres, et il était hors de question de forcer le passage. Les seules voies possibles étaient les zones corrompues qui traversaient les domaines persistants. Elles étaient toutefois plus meurtrières que les tempêtes spatiales. Zac ne se croyait pas capable de résister à leur infiltration mentale, même avec sa lignée améliorée, et de nombreux Qriz’Ul de rang C rôdaient dans les profondeurs.
Leur seule solution consistait à traverser les étendues les plus dangereuses en passant par le passé, comme ils l’avaient fait pour atteindre le lac Dome. Cette méthode risquait de les faire ressortir d’un souvenir au milieu d’un piège mortel, aussi avaient-ils pris de nombreuses précautions. Le voyage restait périlleux, et les bribes d’avenir qu’ils avaient aperçues ne pouvaient leur servir que de guide général.
Des mois s’étaient écoulés depuis la chronologie théorique qu’Idiche leur avait montrée, assez longtemps pour que la Cour mercurielle se réinvente cent fois. Les vents mémoriels ne souffleraient plus aux mêmes endroits, et les passages sûrs auraient cédé la place à des zones dangereuses. Même les sanctuaires qu’ils avaient repérés — des structures qui avaient résisté au chaos et créé des zones sûres au centre de l’île — avaient peut-être succombé.
Zac ne voyait toujours aucune raison de demander à Esmeralda de ralentir. Ils n’étaient qu’à quelques heures des secteurs dangereux, et elle se calmerait bientôt d’elle-même. À la place, il ferma les yeux et se reposa confortablement dans sa poche. Plutôt que de s’accorder une dernière séance de cultivation à la va-vite, mieux valait qu’il s’assure d’être en pleine forme au cas où un problème surgirait.
Le problème se présenta plus tôt que prévu. Zac avait pris soin de ne pas étendre ses vrilles du Vide dans la Cour intérieure, de peur d’absorber quelque chose qui dépasserait ses capacités, mais il avait dévoré presque tout ce qui possédait de la spiritualité jusque-là. Cette pénurie spirituelle avait provoqué un effet de débordement : une rivière déchaînée, composée d’Énergie temporelle de rang C teintée de Corruption, leur barrait la route.
« Ça devrait être franchissable. Laisse-moi une minute pour calculer les transformations », dit Esmeralda, la prudence lisible sur son visage. Une accumulation de temps aussi massive causait déjà quelques problèmes à Zac malgré la distance, sans parler d’Esmeralda.
« Attends, laisse-moi essayer autre chose », dit Zac après avoir évalué la largeur de la rivière. « Va dans le sanctuaire un instant. »
« Hein ? D’accord », répondit Esmeralda, une lueur curieuse dans les yeux.
Zac ne voyait aucune raison d’isoler le [Sanctuaire de Kanba] à l’aide de sa lignée de rang C. Ils avaient dépassé ce stade depuis longtemps, et les réactions d’Esmeralda pourraient se révéler précieuses. Il ouvrit d’abord un Vortex du Vide juste devant lui, puis l’élargit jusqu’à ce qu’il soit assez haut pour le laisser passer confortablement. Répéter l’opération de l’autre côté de la rivière ne fut pas aussi facile.
La rive opposée devait se trouver largement à portée de [Dôme terrestre], mais la spiritualité de la rivière était assez puissante pour exercer son influence sur le Vide. Il restait possible d’ouvrir un passage, mais celui-ci commençait à se déstabiliser dès qu’il dépassait la taille d’une boule de bowling. C’était bien trop petit pour que Zac s’y faufile, et il referma le vortex à contrecœur.
Sa déception ne dura pas. Une nouvelle variante d’une vieille idée lui vint à l’esprit, et Zac sortit la [Porte de la Montagne Fuxi], le visage rayonnant. Un deuxième vortex apparut à côté du premier. Zac fit passer plusieurs fois le Trésor du Vide à travers pour s’assurer que le passage n’endommageait ni ses runes imprégnées de Foi ni le trésor lui-même. Puis son environnement disparut. La porte marquée de cicatrices apparut devant lui, tandis que la chaleur des Flammes impériales sans limites lui léchait le dos.
Zac ne resta que vingt secondes avant de regagner le monde réel. Il réapparut à son emplacement initial, les deux vortex flottant toujours devant lui. En pénétrant dans le Trésor du Vide, il n’avait pas perdu le lien qui l’unissait aux vortex, mais il n’était plus capable de les déplacer ni de leur fournir de l’énergie. Cela lui suffisait.
Après s’être assuré que son plan ne les piégerait pas, Esmeralda et lui, dans son Royaume du Vide, un autre vortex apparut au-delà de la rivière spatiale. Zac y passa le bras pour vérifier que l’environnement de l’autre côté était suffisamment sûr. Les traînées éparses d’Énergie spatiale qui imprégnaient l’air ne parvenaient même pas à lui entamer la peau.
Zac lança la [Porte de la Montagne Fuxi] à l’intérieur tout en se glissant dans le Trésor du Vide. À son retour, il se heurta à une certaine résistance. Bien qu’elle fût en bien meilleur état que lorsqu’il l’avait reçue, la porte de la montagne était loin d’être réparée. Il ressortit peu après, attrapa le Trésor du Vide et s’éloigna en un éclair. Par hasard ou à cause de ses actes, une petite éruption temporelle balaya les rives voisines. Cela ne tempéra pas son enthousiasme, et il s’éloigna encore de quelques kilomètres.
« Et Ogras disait que mon idée était stupide », rit Zac en rangeant la [Porte de la Montagne Fuxi].
« Tu as contourné l’espace ! » s’exclama Esmeralda en réapparaissant, les yeux littéralement en feu. « C’était… ? »
« Une nouvelle capacité », confirma Zac.
« Tu pourrais… »
« Il faudrait que tu apprennes à maîtriser le Vide », répondit Zac avec un sourire. « Tu veux les notes que j’ai trouvées dans la Demeure de la Terre cachée ? »
« Ah, laisse tomber. L’espace reste ce qu’il y a de mieux. Ce n’est pas comme si je ne pouvais pas aller où bon me semblait avant », dit Esmeralda en essayant de dissimuler sa jalousie.
« J’en suis sûr », rit Zac en remontant dans sa poche.
« Quand même, ce serait dommage que tu restes une brute à la tête remplie de violence, maintenant que tu as acquis une capacité aussi merveilleuse. Alors, qu’en dis-tu ? Il n’est pas trop tard pour changer de voie et te consacrer vraiment au commerce de la récupération de richesses. »
« J’ai bien peur que mes ennemis continuent de me trouver, que ça me plaise ou non. Comme je ne suis pas aussi agile que toi, je dois garder ma hache affûtée », répondit Zac en haussant les épaules.
« Je suppose que tu as raison. Je n’ai jamais vu quelqu’un attirer autant les ennuis », ricana Esmeralda. « Jusqu’où peux-tu aller avec ces portes ? »
« Ça dépend du niveau d’interférence. S’il n’y en a pas, je devrais pouvoir parcourir des dizaines de kilomètres », répondit Zac avant d’ajouter : « Il y a peut-être des limites que j’ignore. »
« Tu auras largement l’occasion de tester ta marche dans le Vide ces prochaines semaines », dit Esmeralda.
Pendant que les deux poursuivaient leur route, la moitié humaine de Zac n’avait toujours pas quitté l’espace isolé du Plateau du Jugement. C’était en partie par prudence. Sa montagne était à l’origine des bouleversements qui avaient secoué la Cour creuse, et nul ne savait ce qui l’attendait dehors. Il ne pouvait pas non plus se défaire de l’inquiétude tenace que ceux qui tiraient les ficelles dans l’ombre n’en aient pas fini avec lui.
Sans surprise, les scans de Zac ne révélèrent rien. [Ancrage spirituel] ni ses capacités spirituelles ne lui seraient d’aucune utilité si Roan avait décidé de lui implanter quelque chose par l’intermédiaire de l’Arbre du Vide. Quel dommage que la Tribulation des Quatre Désolations ait probablement été dévorée pendant sa percée de lignée. Il n’existait pas de meilleur moyen de remettre les compteurs à zéro et d’éliminer les marques cachées ainsi que les toxines incrustées.
Une autre raison retenait Zac : il ne savait pas quoi faire. La marche à suivre semblait évidente : rejoindre Ogras et poursuivre le Trésor de Primo en suivant les traces de Tavza. Pourtant, il hésitait à quitter les Salles Fuxi après avoir déboursé plus de six mille Longanimité pour y accéder. Et cet endroit avait toujours les meilleures chances d’abriter l’objet de Primo.
Tout ce que Zac savait, c’était que Tavza avait peut-être plongé dans une déchirure spatiale parce qu’elle pouvait la mener ici. Il aurait aimé trouver un indice pour lui montrer la bonne direction. Mais s’il en existait un, il ne le trouverait pas dans son espace isolé. Cessant enfin de temporiser, Zac sortit de son isolement. Le monde qui l’attendait dehors lui était à peine reconnaissable.
Aucune montagne n’avait échappé au cataclysme qui avait balayé l’Étendue impériale occidentale. Leurs immenses réserves d’Énergie de Foi avaient été épuisées, et elles étaient couvertes de brûlures d’où émanaient des traces de Courroux du Ciel. Des dizaines de montagnes s’étaient complètement effondrées, laissant de vilaines cicatrices dans la vaste Formation naturelle des Salles Fuxi. Les rivières d’Énergie du Vide qui remplissaient les vallées s’étaient taries.
Zac avait l’impression d’être revenu dans les bas-fonds plutôt que dans l’une des Cours extérieures. Il contempla la scène, l’air parfaitement déconcerté, comme s’il n’avait rien à voir avec ces destructions. À la pensée que des anciens courroucés puissent surgir pour exiger réparation, il faillit faire demi-tour et se cacher de nouveau dans le Plateau du Jugement. Son potentiel était épuisé, et il avait échangé son Mérite impérial contre les Fruits du Vide : il ne lui restait plus que sa Longanimité.
C’est alors que Zac aperçut l’homme qui se tenait à quelques centaines de mètres. Son aura se confondait si parfaitement avec son environnement que Zac ne remarqua d’abord pas sa présence. Même s’il lui tournait le dos, Zac le reconnut sans peine. Rassemblant son courage, il s’approcha.
« Salutations, ancien », dit Zac en s’inclinant.
C’était le vieux Templier qui leur avait offert trois graines de [Lotus de Ketumati] au sommet du Gouffre creux. Il n’avait pas changé : il portait toujours de simples robes de chanvre, comme la plupart des membres de l’ordre, et son aura était si parfaitement contenue qu’il aurait tout aussi bien pu être un mortel. Pourtant, lorsqu’il se retourna, Zac ne put se méprendre sur la profondeur de son être. Il fut immensément soulagé de constater que le Templier ne lui en voulait pas du tout.
« Regarde cette terre. Qu’y vois-tu ? »
Le premier mot qui vint à l’esprit de Zac fut désolation, mais le prononcer aurait presque été un aveu de culpabilité. Il ne pouvait pas non plus se contenter d’une réponse banale. Il observa donc le paysage pendant une bonne minute avant de parler.
« La renaissance. »
Le vieux prêtre afficha un sourire satisfait. « Puisque le Ciel a choisi la foudre pour rétablir l’équilibre, la plupart des cultivateurs la considèrent comme une force destructrice. Pourtant, le Mandat céleste ne se limite pas à tout abattre. En réduisant l’excès, il nourrit aussi le manque. C’est la première foudre du printemps, celle qui ranime la terre. »
Ses paroles recelaient un pouvoir mystérieux qui fit penser Zac à Roan. Bien moins puissant que celui de Roan, le discours du prêtre influença néanmoins leur environnement. Sa conviction donna un nouveau souffle à la montagne scarifiée. Une terre fertile combla les fissures, et des lianes luxuriantes jaillirent des fentes. Une couche sphérique de végétation commença à s’étendre autour d’eux.
« Le Cosmos suit des cycles, tout comme nos vies. Après avoir arraché la longévité aux Cieux, nous sommes destinés à connaître la gloire comme le désespoir. Que les vallées se remplissent d’une pluie qui donne la vie ou deviennent des crevasses érodées dépend de ta conviction. »
« Je n’oublierai pas les conseils de l’ancien », dit Zac. « Êtes-vous venu transmettre les instructions du Sage de la Terre ? »
« Disons plutôt une suggestion », répondit le prêtre avec un sourire. « Te souviens-tu de ce que je t’ai dit lors de notre première rencontre ? »
« Que le voyage comptait autant que la destination ? » demanda Zac.
Le prêtre hocha la tête. « Ne te presse pas de rejoindre ton ami. Il a son chemin à parcourir, tout comme toi. La voix de cette terre est unique, et le Sage de la Terre pense que tu es particulièrement apte à entendre ses enseignements. Parcours les vallées, gravit les montagnes, découvre un monde qui puise la vie dans la mort et le Dao dans le Vide. »
« Mon autre compagne a disparu pendant les bouleversements. J’ai peur qu’elle… »
« Qui sait ? La réponse que tu cherches est peut-être plus proche que tu ne le crois », dit le prêtre en tournant le regard vers une montagne voisine.
Zac n’eut pas le temps de lui demander des précisions. Le vieux Templier se désagrégea en mottes de terre d’un noir d’encre, gorgées de Foi impériale. Elles fertilisèrent les flancs de la montagne, accélérant considérablement leur transformation verdoyante.
« Parcourir les montagnes et les vallées ? » marmonna Zac. Il ne réfléchit qu’un instant avant de décider de suivre le conseil.
Il cherchait justement un signe pour savoir où aller. N’était-ce pas celui-là ? Zac s’inclina devant le sommet effondré derrière lui, puis s’envola vers la montagne voisine. Le dernier message du prêtre n’était clairement pas une remarque générale. Cette montagne devait avoir quelque chose de particulier. Aucun appel du destin ne lui signalait de trésor caché, mais cela ne calmait en rien son goût naissant de l’aventure.
Zac s’arrêta à mi-chemin lorsqu’il remarqua une anomalie, et plus il observait, plus sa perplexité grandissait. Difficile d’en être sûr, puisque le Ciel n’avait épargné aucun recoin de la chaîne de montagnes Fuxi, mais les destructions étaient plus ou moins importantes. L’épicentre de la tribulation semblait se trouver sur cette montagne sans particularité plutôt que sur son propre sommet.
Les rumeurs étaient-elles donc vraies ? Un ancien avait-il déclenché une tribulation au moment même où Zac avait percé ? S’il débarquait chez lui, risquait-il de perturber sa consolidation ? Zac finit par décider de continuer, et l’absence de barrières montagneuses était bon signe. Il fit des allers-retours en planant, à la recherche du moindre détail qui sortait de l’ordinaire.
Ses percées récentes ne lui furent d’aucune utilité cette fois. Son noyau avait peut-être atteint le sommet du rang D, mais il n’avait aucun moyen d’en tirer parti. Il avait progressé trop vite, et seule la moitié de ses compétences avait été améliorée jusqu’au rang D avancé. Il avait déjà établi les plans de la plupart de celles qui étaient encore au rang D intermédiaire, mais n’avait pas réussi à concevoir une seule compétence de rang D supérieur.
Le problème ne tenait pas seulement à la complexité accrue, contrairement à ce qui s’était passé auparavant. Les prochaines améliorations devaient préparer le terrain pour son ascension à la Monarchie. S’il établissait ses plans en l’état, ses compétences risquaient de perdre leur potentiel d’amélioration et d’atteindre leur maximum au rang D supérieur. Il devait mieux comprendre les rouages du Monde intérieur et la manière dont ils alimentaient une compétence.
Sa lignée de rang C ne l’aidait pas davantage à trouver des indices. [Dôme terrestre] pouvait s’étendre au loin, mais n’élargissait pas réellement ses sens. Sans sa vue ni l’appel des trésors pour le guider, il devrait ouvrir ses vortex à l’aveuglette. Certes, il pouvait ouvrir une porte de l’autre côté de la montagne et y passer la tête, mais cela attirerait l’attention et ne lui ferait pas gagner beaucoup de temps.
Au bout du compte, Zac trouva ce qu’il cherchait grâce à son mélange habituel de travail acharné et de chance insolente. Quelques pierres dévalèrent la paroi après avoir atterri près du sommet. En suivant leur chute, il remarqua que l’une d’elles disparut brièvement. Il y avait une barrière illusoire et, puisque la pierre l’avait traversée, aucune défense physique ne la protégeait.
Zac dissimula sa présence autant que possible avant de s’approcher à pas lents. Après quelques essais pour vérifier qu’il ne courait aucun danger, il jeta un coup d’œil à travers. Derrière la barrière se trouvaient un rebord caché et une porte qui ressemblait à l’entrée d’un manoir de cultivation ordinaire. Zac ne s’y attarda qu’un instant avant de reporter son attention sur l’homme étendu à plat ventre au milieu du plateau.
Ce ne fut qu’en cultivant le Dao de la Vie et en sentant une flamme de vie obstinée que Zac comprit que la momie desséchée était toujours vivante. De plus, ses cheveux et ses vêtements réveillèrent un vieux souvenir. Zac compara ses traits émaciés à ceux de son ancien ennemi. Aucun doute, c’était bien lui.
Le vieux prêtre l’avait mené jusqu’à l’impérial présumé de la Fissure de Pesvati. C’était l’un des adversaires les plus puissants que Zac avait affrontés lors de l’épreuve, au point qu’il avait préféré s’enfuir dans une tempête plutôt que de risquer sa vie sans raison. À présent, l’homme ne tenait plus qu’à un fil, et Zac était devenu l’arbitre de son destin.