Chapitre 1 409
Zac se rua sans un mot de plus sur la barrière azur, sa hache déjà lancée. Son attaque n’y laissa pas la moindre trace, et il sentit que frapper avec la [Montagne du Vide] ne changerait pas grand-chose. La lumière lunaire qui alimentait le sceau avait gagné en puissance en un clin d’œil, et s’était imprégnée de Daos majestueux, trop puissants pour que sa lignée puisse les contrer.
Pour ne rien arranger, ce renforcement ne venait pas du clair de lune qui continuait à inonder les grandes fenêtres, de l’autre côté de la salle. Il émanait de l’intérieur même de la Salle de l’Abondance. Le sceau empêchait Zac de bien voir ce qui se passait à l’intérieur, mais impossible de manquer la lueur bleue qui éclairait les profondeurs. On y percevait aussi les traces de cette même présence qui les avait traqués jusqu’au seuil du pavillon. Elle gagnait peu à peu en puissance et empiétait sur la divinité de Sevona.
Quelques instants plus tôt, Zac avait cru que le plus dur était derrière lui. Tous les envahisseurs, à l’exception de Descartes, étaient hors de combat, et il avait réussi à ouvrir une brèche dans le sceau pour permettre à Esmeralda de se faufiler dans la Salle de l’Abondance. Il avait pensé qu’il ne lui restait qu’à gagner du temps pendant qu’Idiche absorbait le Noyau divin. Il venait de comprendre qu’il avait piégé ses deux compagnes avec un ennemi terrifiant.
En entendant le nom d’August, les pièces du puzzle s’assemblèrent. Le prétendu chef de l’invasion n’était ni un général ni un ancien corrompu des Cours mercurielles. C’était la présence qui s’était déversée dans les rivières illusoires et avait forcé le passage entre les dimensions pour s’emparer d’Idiche. La lune suspendue au-dessus d’eux, qui cherchait encore à atteindre le pavillon. Tout cela, c’était August, une personnification du péché et de la cupidité humaine.
Dans la vision de Sevona, August était le nom de son capitaine de la garde, celui-là même qui lui avait arraché le Noyau divin de la poitrine. Zac ne comprenait pas pourquoi il le voulait. Avait-il perdu celui de sa propre ligne temporelle ? Ou n’était-il tout simplement pas satisfait de celui qu’il avait pris ? Peut-être s’était-il allié à la ligne temporelle corrompue pour envahir la Chambre de l’Omniprésence. Il s’emparerait des Noyaux divins pendant que les impériaux corrompus massacreraient leurs alter ego.
Quoi qu’il en soit, cette entité d’une puissance exceptionnelle avait réussi à s’infiltrer dans le pavillon grâce à Descartes. Zac soupçonnait même de lui avoir involontairement prêté main-forte. Les envahisseurs pouvaient certes forcer le passage grâce à la lumière lunaire, mais leur mort ferait aussi avancer leurs desseins. C’était une situation sans issue, où Descartes faisait pencher la balance en sa faveur.
Kaltosa Lu était arrivé à la même conclusion. Tandis que Zac frappait le sceau azur, l’Élémentaire balaya la salle de sa manche. Tous les cultivateurs morts ou mourants se figèrent jusqu’à l’échelle moléculaire. Même leur spiritualité résiduelle fut emprisonnée par un froid intense, tandis que le temps était entièrement aspiré hors de leurs corps. Enfin, des Déchirures spatiales engloutirent les corps avant que le Fleuve du Temps ne puisse ramener les cadavres dans ses eaux.
Descartes observa la scène avec un sourire moqueur. « Ça ne changera rien. Les victimes offertes lors de la chasse sont symboliques. Les corps que j’ai emportés ne sont même pas les originaux. Ils pourrissent ailleurs sur l’île. Mon vœu exaucé, le Destin a retrouvé son équilibre. Chaque candidat a pu envoyer son champion. Astora a choisi Sevona, tandis que moi, je me suis allié à August. »
L’esprit de Zac s’emballa à la recherche d’autres solutions. Si l’entrée principale était impraticable, qu’en était-il de la porte latérale ? La divinité du pavillon s’étant affaiblie, il pourrait peut-être s’y frayer un passage de force. Bien sûr, encore fallait-il que Kaltosa Lu accepte de coopérer et qu’il puisse neutraliser Descartes.
« Tu nuis aux intérêts de l’Empire en t’alliant à cette chose », lança Zac.
Impossible de savoir si Descartes bluffait en proférant ses menaces. Même si c’était le cas, Zac ne pouvait pas prendre le risque de le mettre au défi. De l’autre côté, la lutte de pouvoir semblait se jouer dans un équilibre précaire, alors qu’une infime partie seulement de la puissance d’August avait atteint la Salle de l’Abondance. Il suffirait d’une poussée supplémentaire pour que tout soit fini.
Qu’il le veuille ou non, sa meilleure option était de jouer le jeu de Descartes. Zac devait le tuer, ou au moins le mettre hors d’état de nuire, avant de trouver comment aider ses alliés. Il se soucierait plus tard de la réaction de Kaltosa Lu quand il ne resterait plus qu’eux deux dans l’arène. Pour l’instant, leurs objectifs devaient coïncider.
« Nuire aux intérêts de l’Empire ? Comment ? ricana Descartes. Vous vous bercez d’illusions si vous croyez que ceux que vous venez de tuer ne sont pas de loyaux sujets de notre Empire. Ils sont peut-être devenus des monstres, mais quel véritable citoyen ne serait pas prêt à en devenir un pour servir notre cause ? Le simple fait qu’ils puissent passer de notre côté prouve que la légitimité finale est sujette à interprétation. Pourquoi devrais-je travailler avec les Theomore, qui gardent obstinément le Don de la Première Ère pour eux ? »
Zac comprit que Descartes cherchait à gagner du temps, mais choisit tout de même de jouer le jeu. Cette présence extérieure lui mettait une pression immense, et il ne comprenait toujours pas comment Descartes avait récupéré son bras. Il lui serait presque impossible de le tuer sans comprendre sa voie, et un aperçu de ses origines pourrait lui fournir un indice crucial.
Ce ne pouvait pas être une simple régénération : la manche et le brassard de Descartes étaient revenus avec la chair repoussée. Puisqu’il avait été envoyé à la Cour mercurielle, il devait posséder l’un des Daos associés. Si la mutilation de son bras n’avait été qu’une illusion, elle avait été d’un réalisme extraordinaire. Zac n’avait rien remarqué d’anormal et ne trouvait rien de suspect dans ses souvenirs. Mais si Descartes maîtrisait des illusions capables d’influencer son environnement à ce point, Zac n’aurait jamais pu ne pas remarquer l’embuscade à l’avance.
Il pouvait aussi s’agir d’une maîtrise exceptionnelle de l’espace. En reliant l’espace de son moignon à celui de son bras sectionné au moment même où il avait été tranché, Descartes aurait pu réunir les deux espaces et rattacher son bras. Poussée à un niveau extraordinaire, cette maîtrise lui permettrait de relier chaque cellule à ses voisines par des liens spatiaux. Ainsi, il pourrait être découpé à l’échelle moléculaire sans être réellement blessé.
Ou bien était-ce une manipulation du temps ? Descartes avait-il remonté le temps jusqu’à l’instant précédant la section de son bras ? Zac jugeait cette hypothèse la moins probable. Il avait déjà vu Kator et Kaltosa Lu utiliser des attaques temporelles. Ils ne pouvaient que manipuler le flux temporel à leur avantage. Remonter le temps était une tout autre affaire, et Zac soupçonnait que cela briserait les lois de la causalité, comme les Yeux célestes de Leviala Cartava.
« Les Theomore sont devenus trop conservateurs après que l’Empereur leur a confié les Cours d’Ultom. Ils ont gâché ce don, et leur compréhension des Cours d’Ultom n’est pas nécessairement supérieure à celle de mes nouveaux alliés. Notre grand projet approche de son aboutissement, mais l’Empire est rongé par la corruption. Nous avons été envoyés ici pour lui faire passer une dernière épreuve. Si Sevona tombe, cela signifie simplement que la fille Astora et le Clan Theomore ne sont pas dignes de gouverner les Cours d’Ultom. »
« Nous ? Qui es-tu, au juste ? insista Zac.
— Mon identité n’a aucune importance. Je ne suis que l’instrument d’un dessein plus vaste, répondit Descartes, tandis qu’une intense intention meurtrière s’amassait dans sa poitrine. C’est plutôt vous deux qui m’intriguez. Le Grand précepteur a dit qu’il n’y avait de place que pour un seul candidat Porte-Flammes par cour. J’espérais m’emparer du Destin d’Astora Theomore sur cette île, mais il semblerait qu’elle ait eu la sagesse de rester à l’écart.
« À la place, j’en traque non pas un, mais deux autres Porte-Flammes qui ne devraient pas exister, reprit Descartes d’un ton amusé. Curieusement, quelqu’un m’avait prévenu que cela pourrait arriver. Vous savez ce qu’il m’a suggéré ? »
« De battre en retraite avec élégance et de laisser cette occasion à vos supérieurs ? demanda Kaltosa Lu avec un sourire.
« Un simple Serviteur centigrade ose parler de supérieurs ? Je ne sais pas comment tu t’es échappé de l’installation, mais je veillerai à renvoyer les runes de Primordial, grinça Descartes, faisant passer une lueur de colère sincère dans le regard de Kaltosa Lu. » Sans chercher à cacher son mépris, il sortit un pinceau couvert de runes. « Il m’a conseillé d’effacer les anomalies. M’emparer de vos destinées rétablira le cours naturel des choses. Cela me donnerait aussi un avantage lors de mon prochain affrontement avec Astora Theomore. »
Une partie de Zac ne demandait qu’à poursuivre la conversation. Descartes possédait manifestement des informations extrêmement précieuses, et pas seulement sur Ultom et la Première Ère. Les soupçons de Zac s’étaient confirmés : Descartes était un disciple de haut rang venu de la lointaine Capitale impériale, dans l’Étendue Sans-Limites. Il saurait ce qu’il était advenu de l’Empire dans ses derniers jours. Il pourrait même connaître le sort ultime de Karz et les tentatives des Technocrates pour empêcher l’éveil du Système.
Mais le temps pressait, et Descartes ne dissimulait plus sa convoitise pour leurs sceaux de Porte-Flammes. Son attitude était presque identique à celle de Kator, lorsqu’il s’était précipité sur le dernier sceau à l’intérieur de la Base centurion. Une fois encore, Zac ferait en sorte que leurs manigances échouent à un cheveu du but.
Zac s’élança comme une météorite et ouvrit les hostilités d’un coup fulgurant vers la gorge de Descartes. Des chaînes noires, alourdies par le poids de la Mort, cliquetèrent en fonçant pour plaquer leur cible au sol. Dans le même temps, deux nuages gonflés de miasme mortel envahirent chaque recoin du hall. Zac savait qu’il aurait besoin de tous les avantages possibles ; il activa donc à la fois [Marque de la Mort] et [Champs du désespoir].
Kaltosa Lu fut naturellement pris dans les effets des compétences lui aussi. Zac contrôlait suffisamment bien ses compétences pour empêcher les spectres de viser l’Élémentaire, mais Kaltosa Lu dut affronter seul l’effet de [Champs du désespoir], qui privait les sens. Ce ne serait probablement pas un problème. Zac avait utilisé cette compétence plusieurs fois pendant leur affrontement ; l’Élémentaire avait donc sûrement déjà préparé des contre-mesures.
Descartes fit bouger son pinceau comme s’il peignait dans le vide, et le trésor prit la taille d’une épée à deux mains. Une traînée d’encre bleu-noir apparut au passage des poils, avant que le manche laqué ne s’abatte sur la [Dualité de la Mort]. L’attaque de Zac fut stoppée net, confirmant que la Force de son adversaire égalait la sienne.
Plus étonnant encore, la traînée d’encre se transforma en volée d’oiseaux. Les créatures peintes saisirent un maillon dans leur bec et se mirent à tirer les chaînes, tandis que d’autres se jetaient sur le premier Spectre à la hache apparu, entraînant leur destruction mutuelle. Les chaînes agitées se libérèrent en un instant. Descartes avait déjà bloqué la hache de Zac une nouvelle fois ; son geste fit surgir une troupe de singes qui lui servit de gardes du corps.
« C’est ça. Sers-toi de ta grosse face pour l’occuper ! » hurla Kaltosa Lu, tandis que des centaines de petites Déchirures spatiales formaient une constellation au plafond du hall.
Il ne fallut pas longtemps avant qu’une pluie ininterrompue d’attaques chirurgicales ne s’abatte sur Descartes, visant la moindre faille dans sa défense. Elles mobilisaient tout un éventail de Daos, et des Disques de réseau entraient sans cesse dans les Déchirures spatiales, remplacés aussitôt par de nouveaux dispositifs. Zac reconnut immédiatement l’approche scientifique de l’Élémentaire. Il avait subi exactement la même technique quand on l’avait poursuivi jusqu’aux Docks de la Transformation.
Kaltosa Lu dépensait sans compter pour trouver les mélanges de Daos les plus efficaces contre leur ennemi. Dès qu’il en trouverait un qui fonctionnait, il sortirait l’artillerie lourde pour en finir. Le problème, c’était qu’ils n’avaient pas plusieurs jours pour comprendre comment fonctionnait Descartes, et que l’homme semblait vraiment immortel.
Descartes ne relâchait pas sa pression dans son duel contre Zac. Sa technique était perfectionnée à l’extrême et faisait écho à de grands concepts qui ne pouvaient pas être les siens. Quelqu’un d’une puissance phénoménale — peut-être le Grand précepteur évoqué plus tôt — lui avait enseigné une méthode fondée sur le Dao accompli.
Grâce à l’encre magique, apparemment inépuisable, de son pinceau, Descartes bloquait toutes les attaques de Zac et plus de la moitié de celles de Kaltosa Lu. Celles qui l’atteignaient réellement ne servaient à rien. On lui fendait le crâne en deux, on lui brûlait les membres, des poisons dévastateurs ravageaient son corps. Le temps d’une respiration, Descartes retrouvait son état normal.
Zac ne progressait pas. Tout ce qu’il avait obtenu en poussant sa Posture inexorable à ses limites, c’était la confirmation que Descartes s’appuyait bel et bien sur des illusions pour se soigner d’une manière ou d’une autre. Le procédé semblait comparable à la façon dont le Seigneur du Royaume de l’Enfer des Fils avait « tué » les blessures de Zac grâce au Dao de la Mort. De même, Descartes pouvait transformer toute blessure ou entrave en illusion.
Il en allait de même pour l’encre. Elle était à la fois illusoire et réelle. La [Arbitre des Abysses] se révéla totalement incapable de manipuler la trajectoire de ces créations éphémères. En revanche, le nabot à la lanterne excellait à les incinérer. La plupart des coups portés par Zac étaient dus à sa flamme spectrale.
Deuxièmement, quelque chose de terrifiant était scellé ou caché dans les profondeurs du corps de Descartes. Zac avait vaguement entendu un rugissement terrifiant lorsqu’il avait réussi à injecter une partie de ses Daos dans une blessure. Il avait immédiatement perdu le contact avec son énergie mentale. Celle-ci avait été déchirée avant que la blessure purifiée ne disparaisse.
Zac comprenait en partie que l’apparente immortalité de Descartes devait avoir un prix. Ne serait-ce que parce qu’elle devait lui coûter sans cesse de l’énergie cosmique. Pourtant, ses fondations étaient d’une profondeur inouïe, et son objectif n’était manifestement pas de tuer Zac. La lueur azur qui s’échappait de la Salle de l’Abondance gagnait en puissance à chaque seconde, à mesure qu’August avançait. Descartes n’avait qu’à tenir encore un peu, avant qu’un allié de rang B ne vienne régler l’affaire.
Zac avait encore quelques cartes en main, mais aucune ne servirait à rien s’il ne parvenait pas à contrer la résistance de Descartes, digne d’une triche. Il ne voyait pas en quoi imprégner sa Posture inexorable du Vide changerait quoi que ce soit. Il pourrait facilement passer au travers du pinceau, mais après ? Descartes se rétablirait même s’il était découpé en mille morceaux.
« Nous manquons de temps. Tu as trouvé la solution ? » demanda Zac avec urgence.
« Notre ami a choisi le bon endroit pour s’emparer de notre destin. Ses illusions sont renforcées par une Autorité empruntée. Et sur cette île où les limites de la réalité s’estompent, elles sont devenues encore plus puissantes », répondit Kaltosa Lu. « Je me demande si c’était prévu ou s’il a simplement de la chance. C’est assez agaçant. »
« Une Autorité empruntée ? Toi aussi, tu n’as pas quelque chose de ce genre ? Ton ancêtre n’est-il pas censé être un gros bonnet ? » dit Zac, réprimant son agacement devant le ton désinvolte de Kaltosa Lu.
« Ha ! Tu ne dirais pas ça si tu savais à quel point mon grand-père est pingre. Il pique une crise chaque fois que j’envoie quelques petits cadeaux de courtoisie à ma fiancée. Me prêter son Autorité ? Même pas en rêve », rit Kaltosa Lu. « Il ne le ferait que si son état mental se dégradait au point qu’il doive réduire la pression du Ciel. »
« Ce n’est pas le moment de plaisanter », grogna Zac. « On est foutus si on laisse la situation s’éterniser. Tu dois bien voir que quelque chose de grave va arriver au pavillon dans les prochaines minutes. »
« Hein ? Foutus ? Parle pour toi. Tu croyais que j’entrerais dans ce nid à problèmes sans me garder une porte de sortie ? Je me tire dès qu’August s’empare du Noyau divin. Ce serait dommage, mais il existe d’autres moyens d’accumuler du Potentiel », répondit l’Élémentaire. Zac aurait presque pu sentir le salaud rire de l’autre côté du hall.
Le sous-entendu était clair : « Quel idiot se jette dans le danger sans plan de secours ? »
Sans se laisser décourager, Zac continua de chercher une solution. « Mais tu prendrais aussi du retard sur les autres Porte-Flammes. Tu crois qu’Iz Tayn échouera quand le Destin la mettra à l’épreuve ? Ou que les autres Porte-Flammes en lice pour les Cours d’Ultom échoueront ? Tu peux tout aussi bien renoncer à tes chances si tu jettes l’éponge. Et Iz Tayn finira par épouser ce prince des Sept Cieux. »
« Mes objectifs ne sont pas nécessairement ceux que tu crois, mais tu n’as pas tort — hormis tes propos blasphématoires sur ma bien-aimée. Si je devais trouver une solution, je te dirais de semer le doute dans son esprit. »
« Quoi ? » dit Zac.
« Il croit que ses illusions peuvent réécrire la réalité, alors c’est le cas. Tu dois donc ébranler cette certitude. Déchire-le jusqu’à ce que sa conviction vacille. Fais-le douter de lui-même, douter de sa propre existence. Détruis son Dao et rejette ses artifices », dit Kaltosa Lu. « En d’autres termes, fais-lui une bonne grosse frayeur. »
L’idée semblait absurde, mais elle avait indéniablement une logique simple. Zac n’avait pas de meilleure piste. Mais comment effrayer quelqu’un qui se croyait immortel ? Il n’avait même pas cillé quand Kaltosa Lu lui avait fait exploser toute la tête. Son corps continuait simplement de bouger jusqu’à ce que sa tête réapparaisse. Libérer l’[Œil de la Désolation] ou ses autres compétences changerait-il quelque chose ? Probablement pas. Il lui fallait quelque chose qui sorte de l’ordinaire, qui dépasse tout ce que Descartes croyait possible.
Le cœur de Zac se serra. Il venait enfin d’atteindre le point qu’il avait longtemps réussi à éviter. « Je suis désolé, je vais peut-être avoir besoin de ton aide. »
« Ne t’excuse jamais pour ça, répondit Alea. « Ça fait longtemps que j’attends de t’entendre dire ça. »