Chapitre 1 407
Idiche comprit où tout cela menait, et ça ne lui plaisait pas du tout. « Tu crois vraiment que la foudre peut frapper deux fois au même endroit ? Ils s’attendent évidemment à une embuscade après nos précédents coups. Cette barrière ne sert pas seulement à les cacher au pavillon. Elle possède aussi de solides propriétés défensives. »
« Je le sais », répondit Zac.
Comme Idiche venait de le faire remarquer, la barrière était un réseau de rang C polyvalent. À en juger par le soldat au torse troué, leur présence n’était pas aussi appréciée que celle de Zac et de son groupe. La barrière les protégeait principalement en dissimulant leur présence, y compris toute la lumière lunaire qu’ils avaient accumulée. Elle était entretenue non seulement par une douzaine de soldats, mais aussi par le mage de rang C lui-même. La franchir à court terme n’était pas une option. Mais pourquoi choisir une approche aussi stupide ?
Cette réponse expéditive ne calma pas Idiche. « Même si ton plan fonctionne, ça en vaut la peine ? Notre objectif n’était-il pas de dérober le Noyau divin tout en évitant nos ennemis ? On pourrait simplement entrer sans qu’ils s’en aperçoivent. »
« Ça ne suffira pas, marmonna Zac. Ils sont presque arrivés à la porte. Ils pourraient l’ouvrir dès maintenant s’ils étaient prêts à subir quelques pertes. »
Esmeralda acquiesça. « Notre situation n’est pas aussi favorable que je l’espérais. Ils surveillent toute la structure sans interruption. Cacher vos deux présences met déjà mes capacités à rude épreuve. Ils remarqueront immédiatement le changement dans le flux d’énergie quand nous ouvrirons la porte, et ils deviendront fous en comprenant que quelqu’un d’autre va s’emparer du Noyau divin. Nous nous retrouverons dans la même situation qu’à présent, mais sans l’effet de surprise. »
Zac passa sous silence d’autres problèmes. Il faisait confiance à Idiche pour ouvrir la porte, mais rien ne garantissait qu’elle laisserait passer les trois. Zac voulait causer quelques dégâts au cas où il se retrouverait bloqué de l’autre côté. Rien ne garantissait non plus que le passage mènerait au Noyau divin. Le subconscient d’Idiche guidait peut-être son moi éveillé vers un autre objectif.
« Et si on restait dans le coin pour entrer avec eux ? » proposa Idiche, dans une ultime tentative, peu convaincue, d’étouffer la détermination grandissante dans le regard de Zac.
« Ne t’en fais pas trop. Ces situations chaotiques finissent souvent par se résoudre d’elles-mêmes, la rassura Zac. J’ai plutôt de la chance, et la foudre frappe tout le temps deux fois au même endroit. »
Quand leur discussion prit fin, la grande barrière était presque entièrement noyée sous la fumée bleue. Zac frappa au moment où la lumière lunaire était dirigée vers la porte scellée, prenant les envahisseurs au dépourvu en pleine attaque. Ils n’eurent pas le temps de se préparer à la lame d’un noir absolu qui apparut sans bruit au milieu de la barrière.
La lame de Mort pure et de Guerre déchira le groupe en un clin d’œil, tranchant la barrière de l’intérieur. Des membres et des morceaux de chair volèrent dans toutes les directions, et douze lignes s’ajoutèrent aussitôt au parchemin apparu derrière Zac. Aucune ne représentait les deux Monarques, et la lame ne fit que trembler la barrière.
La surprise préparée par Zac fut[Fin du désespoir]activée uniquement avec de l’Énergie du Vide et renforcée par[Vide spirituel]. Cela lui permit de déclencher la compétence instantanément tout en contournant complètement la barrière. Il n’avait osé envisager ce plan qu’après avoir vérifié que le bouclier ne possédait ni attributs cachés ni marques hors de sa portée.
Éliminer une douzaine de sous-fifres était un bonus appréciable, mais ce n’était pas l’objectif principal. Son coup de grâce visait naturellement les deux Monarques, engloutis par l’immense lame. On aurait dit qu’ils avaient déjà un pied dans les portes de l’enfer, mais qu’ils refusaient d’y entrer. Ils n’avaient pas réagi à temps à l’attaque soudaine, mais avaient déjà préparé une seconde ligne de défense.
Une série de miroirs azur apparut de nulle part et les souleva à trois mètres du sol.[Fin du désespoir]perdit la moitié de son énergie à traverser les panneaux. La vitesse fulgurante de l’attaque permit au reste de la lame d’atteindre ses cibles avant qu’elles ne puissent activer leurs talismans ou leurs compétences, mais Zac savait que ce ne serait pas suffisant pour les tuer.
Une[Fin du désespoir]affaiblie n’avait tout simplement pas assez de puissance pour détruire les Mondes intérieurs. Ils avaient dû subir quelques dégâts, et leurs formes extérieures étaient couvertes d’entailles, mais ils étaient loin d’être hors d’état de nuire. Zac soupira, déçu : même sa véritable cible n’avait pas été éliminée.
Zac voulait au moins détruire le saphir qui ornait le bâton du mage. Il en sentait l’immense puissance, comme s’il s’agissait de l’antithèse cristallisée de la divinité persistante de Sevona. Son instinct lui soufflait que la barrière avait été conçue davantage pour cacher le saphir que pour protéger les envahisseurs eux-mêmes. Il devait être essentiel à leurs plans, et sa destruction aurait idéalement provoqué une explosion secondaire plus puissante que son embuscade.
Zac hésitait entre renoncer et redoubler d’efforts lorsque le saphir, à part quelques fissures en surface, se révéla intact. Il lui restait quelques cartes en main. Il pouvait englober tout le hall dans[Œil de la Désolation], ce qui lui permettrait de se téléporter à l’intérieur de la barrière tout en séparant les Monarques. Mais il n’aurait alors presque plus aucune option face aux menaces à venir.
« Vous deux, avancez. Je vais… » La mâchoire de Zac s’affaissa lorsque la barrière entière disparut soudain dans un bruit sourd, exposant l’escouade d’envahisseurs.
C’était le scénario idéal, et le pavillon réagit avec la violence qu’il avait anticipée. Une immense rune apparut sur la porte en ruine, et Zac sentit ses cheveux se hérisser lorsque la rune se verrouilla sur sa position. Heureusement, le pavillon disposait de peu d’énergie et devait s’occuper de cibles plus urgentes. L’expression blême du mage de rang C indiquait qu’il était arrivé à la même conclusion. Il tenta de bouger, mais quelque chose le clouait sur place.
Le visage du Monarque se déforma tandis que des bubons semblables à des tumeurs se répandaient sur son corps. En libérant sa corruption, il retrouva sa mobilité, mais c’était trop peu, trop tard. Un rayon de divinité, des dizaines de fois plus puissant que le précédent, jaillit de la porte. Il visait droit le Monarque entravé, sans pour autant oublier de déchiqueter la plupart des créatures brumeuses qui fonçaient vers l’entrée. Deux cadavres calcinés s’effondrèrent dans son sillage.
« Non ! » rugit le mage, tandis qu’une tête fantomatique empestant le péché apparaissait devant lui.
Une vague de haine jaillit dans le cœur de Zac lorsqu’il contempla ses traits déformés. Il s’efforça de réprimer l’envie de traverser le mur et de se jeter sur la créature. Ce n’était pas une réaction naturelle : le mage employait une compétence de provocation défensive aux effets semblables à ceux de[Arbitre des Abysses], tout en se mettant à l’abri.
Cela ne devait pas arriver. Le pavillon restait fixé sur sa proie, et même la lumière lunaire se retira devant sa mission. Le destin semblait avoir scellé l’issue. Le Monarque clignotait comme un stroboscope, mais chacune de ses téléportations échouait à le déplacer ne serait-ce que d’un pouce. En revanche, le guerrier de rang C à ses côtés n’était pas soumis à de telles restrictions absolues. Un bras tomba au sol, tandis que le reste de son corps réapparaissait de l’autre côté du hall.
Ce ne fut qu’une fois à l’abri que le second Monarque s’occupa de son compagnon. Une main gantelée, solide comme une montagne, se leva devant le visage provocateur. Ce léger retard s’avéra crucial et changea radicalement le cours des événements. Le rayon sacré allait trop vite pour qu’on puisse réagir posément, et le gantelet fut déchiqueté avant d’avoir pu se solidifier.
La tête fantomatique, derrière lui, ne s’en tira guère mieux face à l’assaut. Elle avait attiré la haine comme prévu, mais explosa en tentant d’engloutir la divinité de Sevona. Le rayon jaillit de l’arrière de son crâne, et le mage parvint à soutirer juste assez d’avidité au saphir pour créer trois nouveaux miroirs azur.
Le sort en était jeté, et l’issue inéluctable. Le mage poussa un cri déchirant —« QUI ? »— tandis que le rayon mettait son corps en pièces. Une tempête spatiale, chargée de corruption et de divinité résiduelle, déferla dans le hall et sema le chaos. Trois survivants chanceux furent déchiquetés, tandis que les blessures des autres s’aggravèrent. Même le Monarque restant ne put éviter un coup terrible à cause d’un faux pas malheureux.
Idiche contempla le spectacle, bouche bée, oubliant toute idée de s’éclipser. Le sourire d’Esmeralda manquait de peu de lui fendre le visage, tant elle savourait les souffrances de ses ennemis. Son seul regret était sans doute d’avoir joué un rôle si minime. Zac fronça les sourcils et resserra sa prise sur la hache.
La tempête n’avait pas eu le temps de s’apaiser qu’une sphère azur s’embrasa comme un soleil au cœur des destructions. L’énergie sinistre emprisonnée dans le saphir fut libérée. Elle n’explosa pas comme une bombe sale, contrairement à ce que Zac avait imaginé. On aurait plutôt dit qu’elle possédait une volonté propre. Elle se contracta pour résister à la divinité, puis fila vers la porte à une vitesse supersonique.
La rune sacrée s’était déjà effacée, et le bois sous-jacent paraissait encore plus délabré qu’avant. La porte avait tout donné dans son ultime frappe, la laissant entièrement exposée. La boule azur explosa en une lumière aveuglante. Quand Zac recouvra la vue, l’immense porte et une partie du mur alentour avaient tout simplement disparu.
Depuis leur position, Zac ne pouvait voir ce qui les attendait de l’autre côté, mais l’appel du Noyau divin s’était nettement intensifié. Comme prévu, le hall principal donnait directement sur la Salle de l’Abondance. Malgré tout, Zac jeta un coup d’œil à Esmeralda et lui demanda de ne pas bouger. Elle acquiesça d’un air pensif.
« Je suis d’accord. Quelque chose cloche. »
« Des ennemis ! Activez le sceau ! » rugit l’un des soldats, et ceux qui le pouvaient lancèrent une série de sphères gravées.
Les boules de métal pulsèrent de signes azur en filant dans toutes les directions. Au même moment, l’immense fenêtre explosa en un rayonnement aveuglant, inondant le hall d’une lumière lunaire intense. Au lieu de s’engouffrer dans le couloir désormais à découvert, la majeure partie de cette lumière se lança à la poursuite des sphères flottantes. Seul un quart resta devant l’entrée éventrée pour former une barrière de fumée azur.
Zac observa calmement leur pièce et le couloir extérieur se remplir de fumée azur. Il regrettait quelque peu de ne pas être retourné vers l’entrée latérale qu’ils avaient prévue. En même temps, il n’était pas resté par curiosité ou par stupeur. De nouvelles variables étaient apparues, imposant un changement de plan.
L’entrée principale avait été forcée, et leurs adversaires étaient très affaiblis. Deux Monarques et trois douzaines d’hommes de main, c’était trop pour lui ; mais un Monarque blessé, il pouvait s’en charger — surtout avec leur allié caché.
Zac était certain qu’un troisième camp était impliqué, car il n’arrivait pas à croire au déroulement des événements. Au sens littéral. Il avait espéré que[Fin du désespoir]perturberait la barrière assez longtemps pour déclencher une réaction du pavillon. Or, ce n’était pas ce qui s’était produit. La chute de la barrière n’avait aucun rapport avec son attaque. Quelqu’un avait profité du chaos pour frapper depuis l’ombre, en recourant à une méthode si discrète que Zac ignorait toujours comment elle avait procédé.
« Il y a un troisième camp. Tu le sens ? » murmura Zac.
Ils ne pouvaient pas partir tant que la situation n’était pas réglée. Ce camp caché était puissant et rusé, mais pas assez fort pour anéantir directement les envahisseurs. Idiche était la suspecte la plus probable, mais Zac était certain qu’elle n’avait rien fait en secret. Il l’avait surveillée tout du long, et elle avait à peine modifié son énergie.
Il y avait donc bien quelqu’un d’autre qui avait réussi à atteindre le pavillon à temps. Le meilleur scénario serait de faire sortir cette personne de l’ombre et de lui faire porter le chapeau pour toute l’affaire. Pendant ce temps, Zac pourrait se faufiler jusqu’au Noyau divin. Le problème, c’était que le nouvel arrivant avait probablement la même idée.
« Rien », répondit Esmeralda. Idiche n’en savait pas plus.
Le Monarque restant avait l’air d’avoir mangé une énorme pile d’ordures encore fumantes lorsqu’il regagna le centre du hall. Ses blessures se refermaient déjà, mais son aura confirmait qu’elles étaient bien réelles.
« Séparez-vous et fouillez toutes les salles adjacentes, aboya-t-il. Trouvez les rats pris dans notre toile. »
Les yeux de Zac s’illuminèrent devant cet ordre stupide. Qui était-il pour refuser, si le général ennemi voulait lui envoyer quelques victimes ?
« Je vais éliminer le premier groupe, puis me précipiter à l’intérieur. Essayez d’en attirer quelques-uns dans une illusion, puis foncez vers le Noyau divin », dit Zac. Mais un second ordre réduisit aussitôt son plan à néant.
« Ignorez cet ordre, bande d’imbéciles. »
Les soldats encore en vie se figèrent, puis s’inclinèrent profondément devant les silhouettes qui entraient depuis l’extérieur. « Nous saluons le seigneur Descartes ! »
L’une des deux silhouettes était un puissant étranger qui avait perdu son bras avant de le voir réapparaître par magie. Il était donc bel et bien de connivence avec les envahisseurs de l’autre ligne temporelle. À en juger par la peur et la déférence dans le regard des soldats, il dirigeait probablement toute l’opération. À ses côtés se tenait un autre Monarque, dont l’aura était assez instable. Descartes avait réussi à franchir les deux derniers fleuves sans une égratignure, mais son disciple semblait avoir souffert en chemin.
Descartes ne se troubla ni devant les corps éparpillés sur le sol ni devant la perte du saphir.
« Des incapables qui ne voient même pas qu’on vous a infiltrés, les réprimanda-t-il. Vous sortez, ou je viens vous chercher moi-même ? »
Le corps de Zac se tendit, prêt à fuir à toutes jambes. À cet instant, une voix familière résonna dans les couloirs.
« Tu as l’œil. Et de bonnes bases, en plus. Dommage que je dépasse déjà largement mon budget. Lompo ne me pardonnerait jamais si je prenais une bouche de plus à nourrir. »
« Ne me dis pas… » Esmeralda frissonna tandis que le corps du guerrier commençait à se déformer.
« QU… » Le Monarque n’alla pas plus loin : un flot de lumière stellaire jaillit de sa bouche.
Zac fut à la fois stupéfait et déconcerté lorsque le trait lumineux prit la forme de Kaltosa Lu. Son hôte, derrière lui, ne cessait de balbutier et de trembler, incapable d’aligner des paroles cohérentes. Il s’effondra en quelques secondes, et une brume qui hurlait le danger aux sens de Zac s’échappa de ses orifices et de ses blessures. C’était une toxine extrêmement puissante.
« Pas mal, mais pas génial, marmonna Kaltosa Lu. Trop peu de temps pour personnaliser la chose. »
L’Élémentaire semblait ne pas remarquer qu’il était encerclé, et Descartes ne donna pas l’ordre d’attaquer. Il continuait de scruter les alentours, et Zac comprit pourquoi. Descartes savait que Kaltosa Lu n’était pas le seul ennemi à avoir atteint le pavillon.
« On devrait l’aider ? » demanda Idiche d’un ton pressant.
« Pour qu’il nous tue tous en guise de remerciement ? » répliqua Zac en grimaçant.
« Tu connais cet Élémentaire ? demanda Idiche. C’est un ennemi ou un ami ? »
« Ni l’un ni l’autre. Les deux », marmonna Zac, tandis que les rouages de son esprit s’activaient.
La soudaine apparition de Kaltosa Lu expliquait sans doute comment la barrière avait été franchie. Il s’était caché dans le corps du Monarque, Dieu savait depuis combien de temps. Vu ses origines et son talent terrifiant pour les formations, il avait probablement une douzaine de façons de perturber le bouclier. Il avait dû attendre qu’ils ouvrent la porte pour agir.
Ce que Zac ne comprenait pas, c’était comment Kaltosa Lu les avait rattrapés si vite. Il était parti pour allumer une auréole sur le pilier de la Cour mercurielle au lieu de participer à la cérémonie de vénération aux Docks de la Transformation. La chronologie ne collait pas, à moins qu’il ne soit jamais parti des Docks de la Transformation ; pourtant, il avait clairement allumé son auréole pendant le mois qu’avait duré la traversée de Zac.
Il était théoriquement possible qu’il ait déjà traversé l’Océan Peregrine, mais atteindre si vite les profondeurs de l’archipel ? Trouver sans se faire remarquer un envahisseur à parasiter ?
Zac était loin de se réjouir de voir Kaltosa Lu débarquer à la dernière minute. Sa puissance était certainement rassurante, mais Zac aurait préféré n’importe quel disciple intérieur des Cours mercurielles à sa place. Un disciple intérieur pourrait bien vouloir s’emparer du Noyau divin, mais il n’avait aucune raison de tuer qui que ce soit, hormis les envahisseurs. Kaltosa Lu, lui, pourrait davantage chercher à éliminer ses concurrents pour Ultom qu’à mettre fin à l’invasion. Et il ne les laisserait jamais filer sans les remarquer.
« Mon ami, tu comptes me faire attendre encore longtemps ? Je commence à croire que ta promesse de coopération était un mensonge », dit Kaltosa Lu dans un soupir abattu, poussant les soldats à jeter autour d’eux des regards méfiants.
« Qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Esmeralda.
« Vous deux, restez ici. Je vais essayer de nous ouvrir un passage pendant le combat », répondit Zac.
« Ne fais pas l’imprudent. Tu es plus fort que la dernière fois que nous l’avons affronté, mais ne te berce pas d’illusions en croyant qu’il sera facile à abattre. Kaltosa Lu est un véritable descendant de l’ancien Pryer. Il doit posséder des artefacts terrifiants », l’avertit Esmeralda.« Sans parler de l’autre type. L’un comme l’autre représente un problème. »
« Je vais essayer de temporiser et de maintenir l’équilibre entre nous », répondit Zac.
« Très bien. Je m’occupe de mon côté. Et le Noyau ? Si nos soupçons sont fondés… »
« Laissons les choses suivre leur cours. De toute façon, nous n’avons pas besoin du Noyau. »
« D’abord chasser une déesse, puis en éveiller une autre. Avec toi, on ne s’ennuie jamais », gloussa Esmeralda.« C’est pour ça que j’ai tenu si longtemps. Comment accepter le cours du destin quand il me reste tant de choses à vivre ? »
Idiche, qui n’avait rien compris à leur échange, s’inclina solennellement devant Zac. « Merci de m’avoir fait confiance. Je mettrai fin à cette chasse, même si je dois y laisser la vie. Je ne laisserai pas ces salauds parvenir à leurs fins. »
« Bonne chance », dit Zac en sortant du repli spatial protecteur d’Esmeralda.
Ça allait être un sale combat.