Chapitre 1 404
Zac puisa dans ses réserves d’éclaircissements inexploités. Cela ne suffisait pas pour transformer sa théorie en une véritable méthode, mais la vérité sur Ultom suggérait fortement que son idée était fondée. Revigoré par les gains potentiels et armé de moyens de destruction, il rencontra peu de résistance tandis qu’il traçait une piste de dévastation en suivant la direction indiquée par l’antique dague.
Chaque mise à mort était une double bénédiction. Elle lui permettait d’intégrer quelques filaments d’ancienne Intention meurtrière à son corps spirituel, tout en nourrissant l’Idole du Porte-Guerre naissante. Triple bénédiction, si l’on comptait la lucidité extrême sur le champ de bataille que lui apportait l’absorption de cette intention affinée — même si massacrer des Hégémons du stade initial qui n’utilisaient ni Daos ni compétences ne lui procurait que peu d’éclaircissements.
La joie d’avoir trouvé un terrain de chasse béni fut de courte durée. Zac n’eut droit qu’à quelques dizaines de victimes avant que ses actes ne se retournent contre lui. La présence de l’autre côté s’était infiltrée dans le champ de bataille caché, et elle se renforçait à chaque soldat tombé. Zac interrompit rapidement son massacre, mais cela ne suffit pas à la faire disparaître.
« Quel emmerdeur tenace ! » jura Esmeralda, tandis que des runes apparaissaient sur son corps.
Le champ spatial qui les entourait se renforça. Il n’empêchait pas les guerriers spectraux de les attaquer, mais leur perception avait plus de mal à localiser leur position. Le royaume lui-même leur venait aussi en aide en résistant à la présence. Mais cela ne suffisait pas. Les actes de Zac avaient provoqué assez de remous pour perturber la Machine de guerre impériale, donnant aux bêtes frénétiques l’occasion de renverser la situation.
Chaque mort donnait davantage accès à l’entité, et le sentiment de danger imminent de Zac se faisait de plus en plus pressant. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne devienne assez forte pour surmonter les interférences. Idiche, qui dormait, ne proposa aucune solution cette fois. Sa cape la protégeait des attaques, et elle se contentait de se laisser entraîner dans l’aventure.
Zac avançait à un rythme effréné, veillant à ne pas libérer son aura de peur de révéler sa position. S’échapper de ce champ de bataille mouvant était plus facile à dire qu’à faire. Comme dans un cauchemar, il avait l’impression de courir sur place. Ils ne confirmèrent qu’au bout de cinq minutes qu’ils avançaient bel et bien.
« Je la sens ! » s’exclama Esmeralda. Idiche se réveilla en sursaut.
Les yeux ensommeillés, la vice-cheffe de guilde libéra une volute qui fila devant eux, empruntant un itinéraire sinueux entre les soldats qui se pressaient en masse et les bêtes assoiffées de sang. Le crapaud prit la tête, entraînant Zac et Idiche à peu près sur le même chemin. La volute s’étendit au moment où Zac sentit une anomalie juste devant eux, et Esmeralda plongea dedans sans hésiter.
Zac expira tandis que son corps s’immobilisait, tel un moteur qui s’arrête peu à peu. L’ancienne intention s’apaisa également, et la lucidité née de son expérience distillée s’évanouit. Zac poussa un soupir de regret. Malgré ses efforts pour limiter le nombre de victimes, il avait fini par abattre près d’une centaine de soldats pendant leur course. Cela avait suffi à affiner deux pour cent de l’intention restante, mais ne représentait qu’une infime part de la véritable valeur du champ de bataille.
Les éclaircissements d’Ultom lui avaient déjà apporté la réponse : pourquoi les illusions d’Hégémons du stade initial pouvaient lui être plus bénéfiques que de tuer des Rois des bêtes au stade de pointe et de se baigner dans leur sang. Les soldats qu’il avait combattus étaient de véritables étrangers. Leurs ennemis avaient utilisé les cercles magiques pour envoyer des fragments de leurs âmes à travers les lignes temporelles, et chaque âme portait la marque de cette entité.
Zac ignorait si cette marque était nécessaire pour survivre au passage ou pour atteindre leurs objectifs. Dans les deux cas, elle conférait aux fragments d’âme la force requise pour prendre forme dans le royaume illusoire. C’étaient des clones marqués par une grande existence, et c’était l’ombre du pouvoir de cette entité qui déclenchait l’ancienne intention.
Les filaments de spiritualité qui entraient dans son corps devaient servir de mesure de précaution pour démasquer tout ennemi qui tenterait de leur barrer la route. Il semblait de plus en plus probable qu’ils devraient affronter eux-mêmes les envahisseurs, à moins qu’Astora Theomore ne soit arrivée à temps sur l’île. Zac n’imaginait pas qu’un disciple quelconque puisse franchir les huit rivières sans déclencher le piège caché.
Malheureusement pour les étrangers, le corps de Zac était un vortex affamé auquel peu d’énergies pouvaient résister. Si l’ancienne Intention meurtrière ne s’en était pas emparée la première, le [Cœur du Vide] l’aurait engloutie. Au lieu de représenter un danger, elle était devenue le vecteur de son avancée, même si l’utiliser ainsi lui avait attiré des ennuis.
Ce n’était que le premier bénéfice de la traversée. Zac jeta un coup d’œil à la graine illusoire qui flottait toujours devant lui. Une fine fissure était apparue sur sa surface d’un noir d’encre, et il sentait une jeune vie prête à éclore. L’Idole naissante incarnait en réalité à la fois la Vie et la Mort. Elle différait de son idée originale, qui consistait à créer une idole par Dao, mais correspondait bien à la nature cyclique et interdépendante de la Vie et de la Mort qu’il avait éprouvée en tant que mortel sur l’Océan Peregrine.
L’idole en devenir lui paraissait bien plus illusoire maintenant qu’ils étaient revenus à la réalité. Malgré tout, Zac sentait qu’il bâtissait quelque chose de vrai. Et s’il échouait à la former en traversant les autres rivières, il retrouverait tôt ou tard cette sensation. Il ne pourrait échouer que s’il décidait d’en modifier la nature de force, en séparant la Vie de la Mort ou en la transformant en Idole du Chaos, par exemple.
Mais pourquoi le ferait-il ? Le [Dharma du Porte-Guerre] n’était qu’une méthode auxiliaire destinée à améliorer la synergie de l’[Apothéose de l’Empereur du Vide]. Il n’était pas un cultivateur du Cœur, et ne pouvait ni ne voulait consacrer trop de temps à nourrir son cœur. Son expérience sur l’Océan Peregrine avait déjà comblé ses lacunes, et une seconde Idole du Porte-Guerre suffirait à répondre à ses besoins pour très, très longtemps.
Après s’être assuré que la graine illusoire ne lui échapperait pas, Zac se tourna vers ses compagnes. « Vous allez bien toutes les deux ? »
« J’ai connu des jours meilleurs », grogna Esmeralda tandis que les derniers filaments de corruption quittaient son corps. « Au moins, les prochaines traversées seront moins pénibles. On pourrait même dire que le royaume nous a aidés à neutraliser un danger caché. Mais pourquoi ne pouvait-il pas s’y prendre avec plus de douceur ? »
Idiche ne répondit pas, mais son aura stable parlait pour elle. Elle allait non seulement bien, mais semblait avoir tiré autant de la traversée que Zac. Le royaume caché avait certes arraché de force davantage de corruption à son corps qu’à celui des autres, mais il lui avait aussi insufflé une grande quantité d’énergie illusoire. Son aura était devenue plus raffinée, et une touche de mystère et d’antiquité s’en dégageait avec plus de force qu’auparavant.
« Je le savais. Cette âme ancienne en elle s’agite », dit Esmeralda d’un ton grave par message télépathique.
Zac ne laissa rien paraître de son inquiétude, même s’il avait remarqué la même chose. La transformation d’Idiche avait commencé dès qu’elle avait posé le pied sur l’île, voire plus tôt. Sous prétexte de combattre leur ennemi commun, ils avaient peu à peu recueilli des informations sur ses épisodes de somnambulisme, et il était clair que sa personnalité endormie étendait son emprise sur son corps.
D’après Idiche, son don s’était d’abord manifesté sous la forme de rêves prémonitoires sporadiques. Quand elle s’était emparée d’Esmeralda, c’était la première fois que son autre personnalité prenait le contrôle de force. Depuis, elle s’était endormie à plusieurs reprises sans prévenir, pour pousser leur groupe dans une direction précise. Sa transformation s’était considérablement accélérée après qu’Idiche eut absorbé le trésor de Marai.
Zac ne savait plus à qui il avait affaire. Il avait l’impression de se tenir à côté d’une aînée insondable tandis qu’Idiche contemplait la lune luisante d’un air absent. L’autre personnalité transparaissait même lorsqu’elle était éveillée. Combien de temps faudrait-il avant que cette inconnue ne remplace complètement la véritable Idiche ?
La personnalité cachée était manifestement bien plus puissante que l’Idiche originelle, mais ses objectifs et ses allégeances demeuraient inconnus. Elle les avait aidés jusque-là, mais peut-être parce qu’elle avait besoin d’eux pour accéder au pavillon. L’y faire entrer risquait de leur attirer plus d’ennuis qu’autre chose. Zac envisagea brièvement de la neutraliser sur-le-champ, puis renonça. Il ne se sentait toujours pas capable de réussir le cambriolage sans son aide.
« Nous devrions continuer. Chaque seconde de retard ne fera qu’aggraver les choses », marmonna Zac.
Esmeralda et Idiche avaient toutes deux expulsé la majeure partie de leur corruption pendant la traversée, mais la souillure au-delà de la première rivière était sensiblement plus dense qu’à l’extérieur. Même Zac sentait l’énergie profane du Plan perdu tenter de s’infiltrer dans son corps par le bas. Pire encore, quelque chose clochait avec la lune. Son rayonnement s’était intensifié, et sa simple lueur azur agitait son esprit. Il s’agissait d’une forme de corruption mentale invisible.
Idiche se détourna lentement de la lune, son expression redevenant plus normale. « Je me suis encore endormie ? »
« Tu t’es réveillée avant qu’on émerge, je crois », répondit Zac avant d’ajouter, après une brève pause : « Tu as vu quelque chose de nouveau ? »
« Cette lune… Elle ne doit pas se coucher », dit-elle.
Zac hocha la tête, nullement surpris que la lune leur réserve de mauvaises nouvelles. « Autre chose ? »
« Je l’ai vue. Le Noyau divin de Sevona, celui de la vision. Il flottait au milieu d’une salle en bois, projetant une immense ombre et entouré de quatre silhouettes », ajouta Idiche, dont le regard redevint absent.
« Bien. Allons-y », dit Zac. Pour lui, savoir que le Noyau divin était toujours là était une bonne nouvelle. Leur plan avait une cible bien précise. Zac supposa que les quatre silhouettes étaient celles qui se le disputaient, et que leur groupe pouvait être l’une d’elles. « Il nous reste encore sept rivières à traverser, alors je vais éviter de sacrifier mon sang à la dague. »
Ils repartirent. La bande de désert entre les rivières ne recelait ni dangers cachés ni formations. La seule menace était cette corruption anormalement active qui avait repoussé toutes les autres énergies. Elle cherchait activement tout ce qu’elle pouvait souiller. Grâce à la vitesse d’Esmeralda, ils n’eurent à endurer cela que pendant cinq minutes avant de pénétrer dans la rivière suivante et d’être transportés sur un autre champ de bataille.
Les combats étaient plus acharnés, et les combattants étaient en moyenne un cran plus puissants. La distorsion était également plus forte : elle modifiait sans cesse les points cardinaux et rendait tout imprévisible. Comme prévu, la perception écrasante couvrait déjà le champ de bataille, à la recherche de tout élément qui n’y avait pas sa place. L’air contenait même une quantité appréciable de corruption, qui déclenchait un cycle destructeur en s’infiltrant dans leurs corps. Heureusement, l’énergie illusoire ambiante était elle aussi plus puissante. Elle avait largement réinitialisé la perception, qui ne remarqua pas l’arrivée de Zac. Ce n’était toutefois qu’une question de temps.
Cette fois, Zac tenta de s’en remettre surtout à ses chaînes, pour immobiliser les soldats plutôt que les tuer. Son plan buta presque aussitôt sur un obstacle. La graine du Cœur avait recouvré ses pouvoirs après leur entrée dans un sous-espace, mais les chaînes n’étaient toujours que semi-corporelles. Pendant ce temps, les soldats semblaient plus malins qu’avant. Ils comprirent rapidement les limites des chaînes, et Zac se retrouva bientôt de nouveau au cœur de la mêlée.
La pression restait gérable, même si Zac remarqua que les attaques contenaient une parcelle de Dao. Sur le champ de bataille précédent, ils s’étaient battus uniquement avec leur force physique. Chaque rivière leur révélait-elle une nouvelle facette de leur véritable puissance, jusqu’à ce qu’ils deviennent impossibles à distinguer de vrais soldats à la dernière ?
Zac chassa ces pensées inutiles. Il changeait constamment de direction tout en faisant face à la résistance croissante de l’armée, suivant sans se tromper celle qu’indiquait la dague. Même cela s’avéra plus difficile qu’avant, car une force quelconque brouillait le signal.
Confier la dague à Esmeralda pour se concentrer sur les soldats ne donna rien. Elle discernait mieux que Zac les transformations du champ de bataille, mais son lien avec la dague était plus faible. Elle perdait sans cesse le nord et n’était pas immunisée contre les murmures de la corruption ambiante. Ceux-ci perturbaient constamment ses décisions, et Idiche y était encore plus sensible. Au bout du compte, ils ne purent que revenir à leur méthode initiale.
La situation se détériora rapidement. De plus en plus de soldats délaissèrent les bêtes pour s’en prendre à lui. Zac n’eut d’autre choix que de commencer à réduire leurs rangs lorsque l’assaut devint trop intense. Il était gratifiant de voir sa cultivation reprendre sa progression, mais cela ne compensait pas le sentiment de catastrophe imminente qui ne cessait de grandir.
La traversée du champ de bataille prit dix minutes, et la lune brillait comme un joyau lorsqu’ils en émergèrent. Sa lumière se concentrait surtout juste en dessous, et semblait capable de forcer le pavillon à se matérialiser. Pour l’instant, seuls les sommets de quelques flèches de bois étaient visibles. Vernies de couleurs différentes, elles mêlaient d’une façon ou d’une autre le charme rustique à une solennité archaïque.
Il suffisait d’en apercevoir la pointe pour comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un simple pavillon de chasseur. À en juger par la hauteur des flèches et l’espace qui les séparait, le terme de château forestier aurait été plus juste. Attirés par le spectacle autant qu’inquiets, ils poursuivirent leur route sans s’arrêter. Ils franchirent les troisième, quatrième et cinquième rivières sans rencontrer de contretemps majeur. Pourtant, Zac hésita à l’approche de la sixième.
Il n’était pas en mauvais état. Se battre en ne comptant que sur ses Idoles du Porte-Guerre lui coûtait très peu d’énergie, et chaque rivière lui rapportait davantage que la précédente. Il avait l’impression qu’il ne manquait à la graine qu’une dernière impulsion pour éclore et devenir réelle. Le problème, c’était de savoir s’il survivrait à cette impulsion.
Chaque traversée prenait plus de temps et opposait une résistance plus féroce. Lorsqu’ils trouvèrent la sortie de la cinquième rivière, la perception semblait sur le point de les localiser, à quelques secondes près. Ils ne s’en sortiraient pas à temps s’ils abordaient le prochain champ de bataille de la même façon.
« On pourrait attendre quelques heures », proposa Esmeralda à contrecœur.
« Je ne suis pas sûr qu’on survive à la pause », hésita Zac.
La lune les accablait avec une intensité égale à celle d’un soleil brûlant. Zac sentait son Ouverture de l’âme dépérir sous son éclat, et la corruption de la cinquième bande était tout bonnement insupportable. Le sable se mit à onduler comme s’il avait entendu ses pensées, puis un homme de sable se dressa sur la dune. Le disperser d’un coup de pied ne changea rien. Un autre commença à prendre forme, puis d’autres encore.
« Ils essaient de sortir des rivières ? » lâcha Esmeralda en reconnaissant leur silhouette familière. Ils ressemblaient trait pour trait aux soldats en armure à l’intérieur.
« Il va falloir tenter le coup. Donne-la-moi », dit Idiche.
Zac hésita un instant, puis lui tendit la dague. Elle leur avait assuré qu’elle avait assez de force pour les faire traverser toute la rivière sans manquer d’énergie. Si cela échouait, elle utiliserait un autre trésor salvateur laissé par son maître. Après avoir été témoin du pouvoir de l’autre présent du Huitième Ancien, Zac avait approuvé l’idée. Il espérait simplement garder cette solution pour la rivière suivante.
Idiche fit glisser le tranchant sur sa paume, et l’outil sacrificiel accepta avidement son offrande. Il émit une pulsation, et la route cachée s’étendit au-dessus de l’eau. Ils ne parcoururent que la moitié du chemin avant qu’Idiche ne grogne et que le pont ne s’effondre. Zac récupéra vivement la dague tandis qu’ils plongeaient dans l’eau. Il s’était déjà préparé à cette issue, mais avait choisi de tenter le coup malgré tout. Il pensait qu’en entrant au milieu de la rivière, ils seraient plus proches de la sortie.
Il était trop tôt pour savoir s’il avait raison, mais la différence était évidente. Cette fois, ils tombèrent à travers des nuages instables au lieu d’apparaître épaule contre épaule avec l’armée des ombres. Zac jura en comprenant que ses pouvoirs de vol étaient scellés. Sa voix se brisa lorsque des centaines de soldats levèrent les yeux en même temps.
« Un plan de secours ? » demanda Idiche, les joues rouges de fatigue et de gêne lorsque Zac se tourna vers elle.
« J’en avais assez de jouer à chat, de toute façon », la rassura Zac avec un sourire de travers.
« Je suppose qu’on n’a pas le choix. Dix secondes, alors autant en profiter », soupira Idiche en sortant une fiole de cristal remplie de lumière stellaire.
Elle tapota le bouchon contre la main de Zac, puis versa le contenu sur les soldats en contrebas. Soudain, Zac ne descendit plus seul. Une centaine de copies de lui-même s’abattirent sur le champ de bataille comme une pluie de météores dévastatrice. C’étaient des illusions, et pourtant pas vraiment ; à certains égards, elles étaient plus réelles que l’armée corrompue.
Des dizaines de soldats furent déchiquetés en un clin d’œil, et la descente de Zac ne fut plus le centre de l’attention. En fait, sa présence avait entièrement disparu, masquée par un tourbillon d’étoiles. Les lignes ennemies étaient plongées dans le chaos, et la puissante perception se dispersa en commençant à examiner cette escouade meurtrière apparue de nulle part.
Dès qu’il toucha le sol, Zac se changea en éclair et trancha en deux le soldat le plus proche. La lumière scintillante qui le dissimulait tint bon, et même la puissante entité ne remarqua pas ses actes. Idiche avait décrit la fiole comme un Trésor d’évasion à usage unique, capable de créer des copies de soi tout en dissimulant sa présence. Mais ces copies disposaient de plus de la moitié de la puissance de Zac ; on pouvait donc tout aussi bien considérer la fiole comme un terrible objet offensif.
Il n’y avait pas une seconde à perdre. Zac laissa une traînée de lumière stellaire dans son sillage et partit à toute vitesse. Il ne prit pas la peine de zigzaguer pour limiter les pertes. Il devint un faucheur de vies, insufflant la mort dans la graine au cours de sa course folle. Maintenant que la situation en était arrivée là, Zac n’avait plus qu’un seul objectif en tête. Idiche lui avait offert dix secondes de totale liberté, et il comptait bien en profiter. La façon de franchir les deux dernières passerelles serait un problème pour plus tard. Pour l’instant, il avait des points d’expérience à récolter.