Chapitre 1 299
« Tu as déjà brisé le sceau ? » s’exclama Zac, tandis que son double humain demandait à Ventus de tracer un nouvel itinéraire.
« Il y a quelques jours. Je ne voulais pas te distraire alors que tu avais déjà fort à faire », répondit Esmeralda en lui tendant l’Anneau spatial de Kator.
« Ce n’est pas un peu trop facile ? L’anneau de Valsa n’avait pas mis des années à s’ouvrir ? » demanda Zac.
« Ça n’a rien à voir. Je n’étais même pas encore un Roi des bêtes, à l’époque. Quelques mois suffisent largement pour les babioles de ce morveux », répondit Esmeralda. « Conformément à notre accord, j’ai choisi deux choses qui m’intéressaient. »
Zac ne prit pas la peine de lui demander ce qu’elle avait gardé pour elle. Esmeralda avait amplement mérité sa part en intervenant pendant le combat. De plus, elle n’aurait pas pris quelque chose qui aurait pu renforcer Zac alors qu’elle comptait sur lui pour entrer dans la Cour mercurielle. Cela dit, après avoir insufflé sa volonté dans l’anneau, Zac ne put s’empêcher de jeter un regard suspicieux au crapaud.
« Tu en as pris deux, ou les deux tiers ? »
Les objets contenus dans l’anneau de Kator ne représentaient qu’une fraction de ce que Zac transportait en permanence. Les piles de trésors soigneusement rangées n’arrivaient pas à la cheville de l’une des montagnes de ressources qu’il avait amassées. L’espace de l’anneau était également plus vaste que celui du meilleur de ses Anneaux spatiaux, ce qui le faisait paraître encore plus vide.
« Il allait droit au but », répondit Esmeralda en haussant les épaules. « Et même si la quantité laisse à désirer, tout est de qualité. »
Elle disait vrai. Les cristaux de miasme équivalaient tous à des Cristaux cosmiques de rang D supérieur. Les cristaux de ce niveau apparaissaient rarement à l’état naturel dans le Secteur Zecia. Ceux qu’on extrayait étaient monopolisés par les factions puissantes. Ceux de Kator étaient même supérieurs aux versions standardisées. Ils étaient tous gravés de matrices qui amélioraient leur capacité énergétique et leur vitesse de transfert.
Zac commença son inspection par les nombreux rapports, dont certains remontaient à plusieurs années. Un examen rapide ne révéla aucune information sur la rébellion ni sur d’éventuels agents infiltrés dans l’épreuve. Des détails aussi importants seraient dissimulés derrière des codes secrets ou n’auraient tout simplement pas été consignés. Il s’agissait surtout de rapports sur ses actions et sur les déplacements de porteurs de sceaux présumés pendant la guerre. Le traceur se révéla plus utile : il était clairement supérieur à celui qu’on avait remis à Zac. Grâce à lui, il pourrait repérer les autres membres du réseau des heures avant qu’ils ne le trouvent. Avant de l’activer, Zac se tourna vers Esmeralda. « Tu as vérifié si les objets étaient piégés ? »
« Oui, mais je n’ai rien trouvé », répondit Esmeralda. « Il ne m’a pas paru du genre à s’embarrasser de ce genre de choses. »
Zac devait reconnaître qu’elle avait raison. Kator ressemblait davantage à Yselio Tobrial qu’à un dévot de la mort prêt à tout pour servir la cause de la Phalange du Ciel blanc. Le reaver comme le jeune seigneur voyaient surtout leurs factions comme des outils au service de leur cultivation. Ce genre de personnes ne perdait pas son temps à s’inquiéter de ce qui arriverait après leur mort. Yselio garderait même ses secrets pour augmenter ses chances d’être ressuscité.
Kator avait menti par habitude pendant leur périple, mais Zac le croyait quand il affirmait se moquer de la victoire du Primo ou des rebelles. Il s’adapterait simplement à la situation et raflerait autant de ressources que possible dans le chaos. Il s’était ouvertement qualifié d’égoïste, et l’anneau ne contenait pas un seul objet destiné à ses subordonnés. Le plus proche, c’était un tas de Cristaux cosmiques intacts, que Kator gardait probablement en réserve comme monnaie d’échange.
Zac se servit du traceur pour confirmer qu’aucun mort-vivant ne se trouvait près de lui ou d’Esmeralda, puis le transmit à son double humain. Toujours aucune réponse ; Zac estima que c’était mieux ainsi. Dans l’idéal, les camps adverses de l’Empire des morts-vivants régleraient leurs différends avant qu’il n’ait à intervenir. Il préférait saisir d’autres occasions en attendant de retrouver l’équipe de Tavza.
Les ressources de cultivation étaient toutes adaptées aux besoins de Kator. Zac examina sept réserves plus importantes et confirma qu’il s’agissait de Trésors naturels d’une qualité exceptionnelle. Les herbes et les minéraux qu’il ne connaissait pas semblaient liés au Manuel de tempérage du corps de la lignée de Kator. À ce propos, l’anneau contenait bel et bien un Cristal d’héritage avec les six premières couches de la [Discipline du Ciel blanc], le manuel de cultivation emblématique de la Phalange du Ciel blanc.
Zac ne pouvait évidemment pas pratiquer un manuel de lignée conçu pour une espèce si différente. L’étudier valait tout de même largement le coup. Les reavers avaient ceci de particulier que leur âme était répartie dans les os qui formaient leur enveloppe extérieure. Ainsi, le Manuel de tempérage du corps des Izh'Rak Reaver, de premier ordre, faisait également office de Méthode de nourrissement de l’âme. La [Discipline du Ciel blanc] apportait de précieux éclairages sur le lien entre le corps et l’âme — exactement le genre d’éclairages dont Zac avait besoin pour son [Avatar des Mille Haches].
Zac avait depuis longtemps atteint les limites du [Chapitre des Mille Lumières] de l’Eidolon. Pour aller plus loin, il lui fallait un corps immatériel de Spectral. Cette incompatibilité fondamentale avec la source expliquait pourquoi il progressait si lentement dans la refonte de la méthode.
À côté de la [Discipline du Ciel blanc] se trouvait une petite collection d’analyses de grande qualité, abordant tous les sujets, des techniques aux formations en passant par l’intention meurtrière. La méthode permettant de créer les Formations d’intention que les Izh'Rak Reaver semblaient affectionner manquait malheureusement à l’appel. Il y avait même quelques dissertations sur le Vide, sans doute rédigées par Kator pour tenter de comprendre les capacités de Zac. Courtes et pleines de conjectures savantes, elles méritaient assurément d’être étudiées plus en détail.
Comme tout guerrier, Kator s’était constitué une bonne réserve de concoctions, de talismans, de matrices et de tout ce qu’on pouvait avoir besoin d’emporter dans une épreuve dangereuse. Malheureusement, il n’avait pas prévu de pilules d’ascension. La plupart des concoctions étaient généralement inutiles, car elles étaient conçues pour la physiologie des Izh'Rak Reaver.
Le plus intéressant était la collection d’objets rangés dans des contenants haut de gamme faits sur mesure. Il y en avait quatorze au total, et beaucoup surpassaient sans doute le reste de l’anneau en valeur. L’un d’eux était l’antique chaudron que Kator avait récupéré dans le Coffre-fort de Polaris. Le deuxième était une plume qui exhalait une Mort d’une pureté extrême. Zac n’oublierait jamais cette aura.
Il s’agissait d’une expression unique de la Mort, propre au Primo, que Zac avait ressentie en signant l’acte de coopération. La plume n’avait pas d’utilité évidente. Elle devait servir de boussole dans la Cour creuse et guider l’expédition vers le trésor du Primo.
Le troisième trésor était étonnamment une bouteille soigneusement scellée, remplie d’une eau émeraude débordant de Vie. Quand Zac la sortit, toujours bouchée, sa constitution d’Eoz trembla comme si elle avait rencontré son ennemie naturelle. S’il avait été un Draugr ordinaire, la sensation aurait été bien pire. En observant les autres objets, Zac eut l’impression que les supérieurs de Kator l’avaient préparée contre Tavza.
La lignée Azol incarnait le Lac abyssal. Verser cette Eau céleste dans son domaine déclencherait une guerre. C’était presque dommage que Kator ait eu assez de jugeote pour ne pas s’en servir pendant leur combat. La surprise de voir son arme anti-Draugr échouer lamentablement aurait peut-être permis à Zac de mettre fin au duel à mort plus tôt.
L’objet suivant était une sphère de verre qui contenait une fumée à vous glacer les os. Sans trop savoir pourquoi, Zac jugea qu’elle servait à contrer les flammes empyréennes d’Iz Tayn. L’objet constituait une solution de repli au cas où Zac ferait équipe avec le Clan Tayn pendant l’épreuve. Il ne semblait pas assez puissant pour tuer quelqu’un comme Iz, mais il aurait peut-être pu créer une ouverture pour fuir.
Trois autres objets étaient conçus de la même manière pour contrer de dangereux adversaires dans l’épreuve : un Vajra, une épée ensanglantée à la lame brisée et un os antique imprégné de Mort. C’était le Vajra d’un noir de jais qui intéressait le plus Zac. Il contenait une part du Dharma karmique qu’on aurait pu attendre d’un objet bouddhique, mais elle avait été pervertie.
Zac sentit la transformation du Pic inverse, accompagnée d’une bonne dose de Mort pure. C’était comme si l’Empire des morts-vivants avait élevé un puissant Arhat, qui avait réaligné son Trésor dharmique. Quand Zac le sortit, il se sentit coupé du monde. La spiritualité intense de l’Étendue impériale occidentale lui parut soudain moins envahissante.
Protéger le Dao n’était pas sa fonction principale. Zac était certain que ce Vajra accordé à la Mort était un Trésor protecteur du Destin, conçu tout particulièrement pour résister aux manipulations karmiques de la Sangha bouddhique. Il comprit pourquoi Kator l’avait gardé sous scellés au lieu de le porter sur lui. Dès qu’il le sortit, un chant monotone résonna dans son esprit.
Les paroles étaient déformées et incompréhensibles, mais leur cadence rappelait celle de n’importe quel sutra bouddhique. Toutefois, ce sutra était empreint d’une fureur sans limites qui tentait de faire de Zac un instrument de destruction dénué de pensée. C’était une rage aveugle, tournée contre tout le cosmos et désireuse de renverser les Cieux.
Le Vajra contenait le chant d’un véritable Asura, un moine déchu qui ne promettait le salut qu’après avoir réduit toute existence en cendres. C’était l’exact opposé du Dharma bouddhique orthodoxe, qui dissimulait généralement ses complots malveillants derrière des sourires doux et des paroles réconfortantes. Au bout d’une minute d’écoute, Zac le rangea.
Le Vajra pourrait servir de catalyseur à sa Cultivation du Cœur, mais Zac craignait que les chants n’influencent subtilement son Cœur du Dao. Mieux valait le garder rangé jusqu’à ce qu’il tombe sur des moines — ce qu’il estimait inévitable dans cette épreuve. À long terme, il serait peut-être possible de purifier le ressentiment du Vajra et d’en faire un Trésor protecteur du Destin. Zac pourrait remplacer ses [Perles de chance], dont la moitié avait été sacrifiée pour invoquer la [Cloche de l’Épiclèse].
Si le Vajra servait à se prémunir contre Sacred Insight, le Porte-Flammes d’Ultom présumé, l’épée protégeait contre la personne que les Sept Cieux enverraient remplacer Yselio. Zac percevait une trace de Qi impérial dans le sang qui recouvrait la lame. On aurait dit que son absorption avait transformé l’épée en arme taboue, investie du pouvoir de régicide. Elle pourrait aussi agir, dans une moindre mesure, contre la Foi impériale.
La esquille d’os devait provenir d’un être semblable à Primordial, celle qui dirigeait les bêtes stellaires. Zac n’avait jamais vu de ses propres yeux ce monstre ressuscité, mais l’os dégageait une aura semblable à celle d’Antuka. Il espérait sincèrement ne pas avoir à s’en servir. Après avoir effacé la malédiction sinistre gravée dessus, il en ferait un complément parfait à la Morsure de Verun.
Ces armes surpassaient tout ce que Zac avait pu préparer, et les largesses de Kator ne s’arrêtaient pas là. Les derniers trésors n’étaient pas d’autres armes à usage unique. Kator avait prévu que l’épreuve offrirait une occasion d’atteindre l’Hégémonie suprême et s’y était préparé. Il y avait en tout cinq Trésors suprêmes de rang D supérieur, tous du même niveau que ceux qui avaient servi à former le Noyau intérieur de Zac.
Trois ne lui étaient d’aucune utilité, car ils étaient liés aux Pics de l’Impulsion, du Taiji et de l’Inverse. Zac supposa qu’il y avait aussi eu un Trésor temporel, désormais en possession d’Esmeralda. Les deux Trésors suprêmes liés à la Mort et au Conflit pourraient servir à sa prochaine percée ou à ses Esprits d’outil.
Mieux encore, un mystérieux cube couvert de motifs ne correspondait pas au Système de cultivation de l’Apostat de l’Ordre. Il devait néanmoins appartenir à cette Ère. Zac n’arrivait pas à déterminer ce qu’il renfermait exactement. Ses sens et ses filaments spirituels ne parvenaient pas à en créer une représentation fidèle. Il avait l’impression qu’un morceau du Big Bang était emprisonné à l’intérieur.
Après avoir utilisé un trésor similaire, Zac était presque certain qu’il s’agissait d’un trésor de raffinage du noyau de rang D supérieur. Il n’était pas pressé de s’en servir. Son noyau devait d’abord se stabiliser. C’était pour cette raison qu’il avait gardé le trésor acheté à l’Échange limité au lieu de l’utiliser directement pour faire passer son noyau à la qualité supérieure.
À en juger par les intenses fluctuations du cube, Zac ferait peut-être mieux de le garder jusqu’à atteindre le rang D supérieur. La percée finale de l’Hégémonie était plus intense et dangereuse que les trois autres formations de noyau réunies. Même s’il progressait dans des conditions optimales, son noyau en prendrait forcément un coup.
Zac finit par retirer sa volonté de l’Anneau spatial, un sourire satisfait aux lèvres. Kator était vraiment à la hauteur de son statut de chef de l’expédition de l’Empire des morts-vivants. Son anneau contenait un peu de tout, de quoi l’aider aussi bien dans l’épreuve que dans sa cultivation.
« Désolé de t’avoir fait attendre », lança Zac de l’autre côté, remarquant l’air pensif de Ventus, qui scrutait l’horizon. « Tu as découvert quelque chose ? »
« Tu te souviens de ce que je t’ai dit sur les signes d’une ancienne gloire ? » demanda Ventus.
« Tu as trouvé des indices sur un domaine mémoriel ? »
« J’en ai trouvé un qui pourrait en être un », répondit Ventus en désignant un point légèrement à l’écart du pilier de la Cour creuse. « Dans cette direction, une très grande quantité de providence s’écoule. Cela a déformé le cours naturel des régions alentour. Un événement majeur a forcément eu lieu. »
Zac scruta l’horizon. Son double humain avait déjà parcouru la moitié du chemin vers leur destination, et Esmeralda se trouvait encore plus près du pilier mercuriel. Il était temps de commencer sérieusement à chercher des informations sur les Cours extérieures et des lanternes adaptées. Un domaine mémoriel stable comme Black Zenith serait aussi un bon endroit pour améliorer quelques-unes de ses compétences les plus simples.
« À quelle distance ? »
« Une semaine, à peu près. Le signal ne s’écarte pas beaucoup de notre route, alors nous ne devrions pas perdre plus d’une journée. »
« Allons-y. »
Les deux équipes reprirent leur route, sans rencontrer la moindre surprise pendant la semaine qui suivit. Zac passa l’essentiel de son temps à s’habituer aux percées qu’il venait d’accomplir et à finaliser les plans de quelques compétences. L’antique chaudron du Coffre-fort de Polaris se révéla très utile à cet égard. Après avoir séjourné si longtemps près d’une brèche, le vieux trésor était gorgé de la corruption du Plan perdu ; Zac disposait ainsi d’une source mobile d’inspiration. Il lui suffisait de laisser l’objet quelques heures dans son espace de purification pour qu’il regorge d’idées.
Une fois encore, ce fut le double humain de Zac qui s’arrêta finalement pour examiner une occasion, tandis qu’Esmeralda filait à toute allure vers le pilier lumineux. Tous deux avaient suivi la piste du Numérologue jusqu’à un immense cratère où s’amassait une brume si dense qu’on aurait pu la prendre pour un lac bleu foncé.
Le traverser en volant prendrait au moins cinq jours, et Zac s’en garderait bien s’il pouvait l’éviter. La brume isolait parfaitement tout ce qui se passait en dessous, mais Zac reconnaissait un piège mortel quand il en voyait un. C’était dommage, car le cratère abritait un nombre inhabituel de lanternes, comme Ventus l’avait prédit. Dominant le tout, près du centre du cratère, se dressait un domaine mémoriel à la forme étrange.
Il se trouvait à plus de trois kilomètres d’altitude, et cette hauteur ne suffisait pas à expliquer sa forme insolite. Le domaine ne faisait pas plus de quelques kilomètres de large, une infime fraction de l’immense champ de bataille que Zac avait visité la dernière fois. Il se dressait sur une pyramide voilée par la brume qui s’élevait. À cette distance, impossible de savoir s’il s’agissait d’une montagne, d’une mégastructure ou d’une partie du souvenir lui-même.
« Qu’est-ce que tu en penses ? »
Ventus observa la chute presque verticale devant eux. « C’est trop régulier pour être une vallée formée naturellement. On dirait que quelque chose a mordu dans le continent. Tu vois ces crêtes ? Ce sont les traces laissées par une éruption d’énergie intense, imprégnée d’un Dao profond. »
« Cet endroit est assez grand pour abriter une capitale provinciale. On dirait une partie d’une ville, non ? » dit Zac en désignant le domaine mémoriel presque entièrement dissimulé. « Tu peux déduire ce qui s’est passé ? »
« Non. Le temps a effacé la plupart des indices pertinents, et j’ai l’impression qu’il y a autre chose. Comme si quelque chose brouillait délibérément mon jugement », répondit Ventus en jouant pensivement avec ses longs cheveux. « Si je devais faire une supposition, je dirais que le Pic inverse est impliqué. »
Zac aussi trouvait le mur du cratère étrangement familier. Les cicatrices et les formes qui semblaient aléatoires recelaient des vérités — des vérités qui lui échappaient de peu. Cette familiarité pouvait certainement venir des Daos du Pic terrestre, qui rendaient la voie de Kator si difficile à cerner. Quelqu’un aurait-il ouvert une brèche instable vers les Plans inférieurs, provoquant une gigantesque explosion ?
« À en juger par la position du domaine, il pourrait être apparu après le cratère », avança Ventus. « Sans visiter le passé, il sera difficile d’obtenir des réponses claires. »
Zac jeta un regard pensif au cocon d’ombre, toujours silencieux. « Suivons le bord pendant un jour ou deux. Nous chercherons des lanternes tout en étudiant la brume. Elle m’inspire un mauvais pressentiment. »
« D’accord. »
Le lendemain, les deux hommes passèrent leur temps à communier avec les lanternes locales, à la recherche de spécimens remarquables ou de liens liés au destin. Jusqu’ici, aucune ne dégageait l’aura de la Cour creuse ni d’aucune autre cour. La brume azur resta silencieuse pendant leurs survols de plus en plus longs. Rien n’en sortit et rien n’y pénétra. Même les lanternes l’évitaient, flottant à au moins un kilomètre au-dessus de sa surface.
Ils finirent par atteindre un point où continuer les éloignerait du domaine. Alors que Zac se demandait si l’un d’eux devait partir en éclaireur, l’œuf qu’il portait sur le dos s’agita enfin. Zac et Ventus s’éloignèrent, tandis que les secousses s’intensifiaient. Contre toute attente, les énergies naissantes ne provoquèrent pas une explosion d’ombres.
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Au lieu de cela, la couche semblable à une coquille se rétracta et prit vaguement la forme d’un homme. Quelques instants plus tard, Ogras avait absorbé le cocon et toutes les énergies qui s’en échappaient.
« J’ai raté quelque chose ? » demanda Ogras en s’approchant d’un pas nonchalant, un sourire assuré aux lèvres.
« Tu as raté quelque chose ? » répéta Ventus dans un rire sans joie, tandis qu’un sourire crispé se dessinait sur le visage de Zac.
« Rien de bien palpitant », répondit Zac en ignorant le regard incrédule du Numérologue. « Il s’avère que le petit croco avait bien un gardien. »
« C’est généralement le cas », rit Ogras en observant les environs. « Je dirais bien que je regrette d’avoir raté ça, mais j’ai l’impression que cet endroit nous réservera bien assez de sensations fortes. »