Chapitre 1 298
Un rugissement pressant arracha Zac à l’obsession persistante d’Antuka. Les rêves éclatants d’un ciel ancien cédèrent la place au sang et aux ombres. Incapable de s’en dégager complètement, Zac agit par pur instinct. Sa hache fendit l’air vers la gauche dans un brusque mouvement horizontal et ouvrit une entaille sanglante dans le Roi des bêtes informe, juste au moment où celui-ci allait atteindre le cocon d’Ogras.
La créature ressemblait à une nappe de brume vivante, couverte de dizaines d’yeux parcourus de fissures inquiétantes. Sa forme insaisissable et ses mouvements agiles en faisaient l’ennemie naturelle des combattants au corps à corps. Elle avait déjà tordu son corps selon un angle impossible pour éviter le coup suivant de Zac, tandis qu’une énergie sinistre s’amassait dans ses yeux. Zac poursuivit son mouvement, le visage vide, sans manifester ni surprise ni exaltation lorsque[Morsure de Verun]
La puissance crépitante dans les yeux du Roi des bêtes se mua en confusion, tandis que son corps se ratatinait pour devenir une gelée gluante de la taille d’une baignoire. Zac ignora cette carcasse insolite et fixa sa hache, le cœur envahi de vagues de bien-être. Ce deuxième coup avait contenu l’étincelle de faim qui poussait la Vie vers de nouveaux sommets, cette férocité qui permettait aux déterminés de faire fi de la raison et de se défaire de leur enveloppe mortelle.
La Création faisait enfin partie de sa Posture évolutive : la création de son Dao terrestre de la Vie renaissante, et non le désir effréné de réinvention des Éclats de la Création.
La Posture évolutive était un cycle continu de perfectionnement de soi, où chaque coup incarnait le triomphe de la Vie et son échec ultime. Enchaînées, les attaques formaient le cycle sans fin du perfectionnement de soi, où les forts triomphaient et les faibles devenaient du terreau. La conception qui l’accompagnait depuis son séjour dans le Monde d’Orom ne lui avait jamais paru aussi vivante.
La Création était le carburant qui accélérait le rythme de l’Évolution : les attaques suivantes s’éloignaient toujours davantage de la précédente. Elle ajoutait de l’explosivité et de l’imprévisibilité au style de combat de Zac, rendant son adaptation difficile, même pour les guerriers chevronnés. La trajectoire anticipée par la bête d’ombre appartenait déjà à une attaque morte ; le véritable coup venait de la direction opposée.
Le chaos ambiant ne lui laissa pas le loisir de savourer l’instant. Les combats faisaient rage à perte de vue dans toutes les directions. C’était surtout une lutte entre les ombres et les cinq éléments, et les innombrables élémentaires et golems avaient un net avantage. Zac n’était pas le seul à avoir souffert du rugissement de l’ancien crocodile, et les habitants du désert avaient décidé de profiter de la situation.
Les amas de carcasses déchiquetées dans les environs immédiats racontaient une tout autre histoire. Le sang d’innombrables créatures de l’ombre avait noirci les pierres scintillantes, mais elles continuaient d’affluer. Zac et l’elfe toujours inconscient n’étaient que des cibles collatérales. Leur véritable cible était le cocon d’ombre, vibrant d’un Dao profond et d’une énergie sans limites. Pour les bêtes blessées piégées dans un milieu hostile, il devait ressembler à un élixir divin.
La joie et l’épuisement lui parvinrent par le lien de[Morsure de Verun], et Zac sourit à l’hyène massive qui les avait protégés pendant les vingt minutes où il était resté inconscient. Verun se battait encore. Elle happa un Roi des bêtes de stade précoce, dont la forme intangible ne lui fut d’aucun secours face à l’Esprit d’outil. Quelques coups de mâchoire furieux réduisirent la créature à une brume sans âme qui se dissipa sous le soleil implacable.
Zac se joignit à la mêlée et s’occupa rapidement des bêtes que Verun ne pouvait pas affronter. Heureusement, il avait gardé ses distances avec les créatures les plus puissantes durant la dernière partie de leur fuite. Mieux encore, les tyrans du royaume des ombres étaient occupés à combattre les maîtres du désert. Les ennemis les plus redoutables des environs étaient des Hégémons intermédiaires blessés, et les derniers tombèrent rapidement les uns après les autres. Le corps spirituel de Verun vacilla dangereusement lorsqu’elle trébucha jusqu’à lui. Elle avait déjà dépassé ses limites pour le protéger. Un grondement profond monta de sa gorge tandis qu’elle frottait son museau ensanglanté contre la poitrine de Zac. Il sourit et lui caressa doucement le menton.
« Merci. Tu es toujours là quand j’ai besoin de toi, dit Zac. Je prends le relais, alors va dormir. »
Verun jeta un dernier regard vers l’océan qui s’éloignait, puis retourna dans[Morsure de Verun]. Après avoir passé des décennies ensemble, Zac savait que l’Esprit d’outil avait subtilement changé. Verun avait gardé la même apparence, mais son âme avait gagné en profondeur et en clarté. Zac suivit son regard, pensif. Le massacre des bêtes d’ombre ne pouvait expliquer cette percée ; la réponse se trouvait donc auprès d’Antuka, le colossal crocodile.
Résister à son ancienne lignée avait dû aider Verun à affiner et à polir son esprit. Un Esprit d’outil grandissait avec l’usage, mais le processus était lent. Les Esprits d’outil de haute qualité n’atteignaient généralement leur apogée qu’après être passés de génération en génération. Chaque propriétaire nourrissait leur esprit et le poussait vers l’étape suivante.
[Morsure de Verun] sortait clairement de l’ordinaire. Les occasions qui s’étaient présentées à Zac l’avaient placée sur une voie accélérée, et le crocodile en était le dernier exemple. Elle avait fait gagner des années de croissance naturelle à Verun, et même son potentiel semblait s’être accru. Zac ne put réprimer un pincement de regret. [Morsure de Verun] était presque prête à passer au stade suivant, mais Zac devait encore trouver quelques matériaux adéquats.
L’aura latente de la bête divine lui était déjà si utile… Et s’il avait réussi à lui arracher un os ? Zac secoua la tête. Il avait déjà tiré un immense profit de ce qui était censé être l’occasion d’Ogras. Et même si de telles bêtes anciennes ne couraient pas les rues, une autre voie s’offrait désormais à lui.
Zac avala une poignée de pilules de Nourriture de l’âme, puis plaqua une généreuse quantité de talismans d’isolement sur le cocon d’ombre pour atténuer son aura. Après avoir confirmé que l’aura de Ventus était faible, mais stable, il le jeta sur l’œuf. Haro avait lui aussi été assommé par le rugissement ; Zac sortit donc un paquet de cordes.
Avec un lac mortel derrière lui et des combats de rang C sur les côtés, Zac choisit de s’enfoncer davantage dans le désert. Toute bête d’ombre ou tout golem assez stupide pour lui barrer la route devenait la victime de sa Posture évolutive améliorée.
Zac était encore en assez bon état, mais ses Noyaux d’âme étaient aussi desséchés que le désert. La déferlante de Dao du crocodile contenait tant d’informations qu’on aurait pu la considérer comme une langue primordiale, semblable à l’Écriture du Dao d’Esmeralda dont elle se servait pour communiquer. À ceci près que l’ancien crocodile se moquait bien que son auditoire puisse supporter son message.
Il ne lui avait causé aucun dommage durable. Ce qui inquiétait vraiment Zac, c’était les effets sur Ogras. Celui-ci avait déjà du mal à absorber son descendant. Le rugissement de son ancêtre n’avait certainement pas arrangé les choses. L’aura féroce émanant du cocon devait provenir de l’absorption d’une parcelle du Dao d’Antuka.
Restait à savoir s’il s’agissait d’une occasion ou d’un désastre. Zac n’avait aucun moyen de communiquer ni d’aider, il ne pouvait donc que rester sur ses gardes. L’Ogras entré dans la chrysalide ne serait peut-être pas celui qui en ressortirait.
Zac vola à basse altitude au-dessus des dunes brûlantes, sans relâcher sa vigilance. Après avoir confirmé qu’il avait échappé au dangereux passage frontalier, il garda surtout un œil sur le ciel. La lumière implacable qui se reflétait sur les perles de Dao du désert provenait de cinq planètes flottant au-dessus de lui. Elles étaient encore plus petites que la Terre avant l’intégration, mais leurs ondulations énergétiques ne pouvaient venir que d’un monde de rang C.
De telles planètes étaient généralement des mondes artificiels ou naturels transformés en domaine d’un cultivateur puissant. Elles devaient receler de grandes occasions pour les cultivateurs gravissant le Sommet de la Grande Matière. Zac supposa aussi qu’elles faisaient partie d’une ancienne formation en interaction avec quelque chose sous terre, vu la quantité d’énergie et de Dao qu’elles déversaient dans les sables.
Zac imagina l’expression de Yrial s’il tombait sur cet endroit, mais cela ne lui servirait à rien. Visiter ces mondes exigerait une préparation et un équipement spécialisé, et il avait deux compagnons inconscients à prendre en charge. Aucun d’eux ne cultivait les cinq éléments ; le risque ne valait donc pas la peine.
La lumière aux cinq couleurs se fit plus envahissante à mesure qu’il avançait. Malgré cela, Zac garda le cap vers la Cour creuse. Il lui fallut moins de deux jours pour atteindre le désert intérieur : la région était donc assez petite. La lumière était agaçante, mais la zone était plutôt sûre, car la plupart des habitants s’occupaient de l’exode du royaume des ombres.
Les quelques bêtes qui remarquèrent Zac sur leur passage devinrent des mannequins d’entraînement et l’aidèrent à se familiariser avec sa Technique nouvelle et améliorée. L’illumination pouvait survenir à tout instant, sans raison apparente, même si elle reposait souvent sur des efforts inlassables. Ce fut le cas pour Zac, qui saisit enfin l’étape suivante de l’Évolution et fit progresser sa Posture évolutive au stade d’intégration avancée.
Ironiquement, s’il ne passa pas immédiatement au stade d’intégration avancée, c’était parce qu’il avait trop vu en pointant sa hache vers le Terminus. La Voie évolutive avait brièvement dépassé l’intégration à soi pour devenir une conception unique. La magnifique illusion qui se dessinait au loin avait éclipsé l’étape que Zac devait franchir. Le rugissement du crocodile avait ramené ses ambitions sur terre, lui rappelant qu’il était encore une fourmi qui devait apprendre à marcher avant de pouvoir voler.
Cette percée ne concernait que sa Posture évolutive, mais ce n’était qu’une question de temps avant que sa Technique inexorable franchisse la même étape. Ses Daos et ses Techniques s’harmonisaient et s’entremêlaient de plus en plus ; progresser dans l’une revenait donc à trouver des réponses pour l’autre. Zac n’aurait pas besoin d’une deuxième révélation, seulement de quelques semaines de pratique et de méditation.
Peut-être à cause de la chaleur accablante du centre du désert, Ventus se réveilla dans un grognement.
« Quel dommage. J’étais sur le point de déchiffrer son message avant de succomber. Il m’a échappé », soupira l’elfe en observant les alentours.
« Il s’appelait Antuka, le Crépuscule suintant. »
« Ah ? Tu as réussi à le déchiffrer ? » demanda Ventus avec intérêt.
« La plupart des visions entassées dans ma tête ne sont qu’un méli-mélo. Je n’en ai compris que l’essentiel. Antuka a été attiré dans l’Étendue impériale occidentale par son immense providence. Il voulait dévorer l’ombre du continent et, par ce biais, s’emparer du destin de l’Empire », expliqua Zac.
Ventus sourit en regardant en direction du royaume des ombres. « Je crois que nous avons vu comment ça s’est terminé. »
« Son territoire a été déchiré et transformé en pluie nourricière, et son corps a été enterré pour devenir un engrais pérenne », dit Zac en secouant la tête devant l’audace et la puissance de l’Empire Sans-Limites. « Je suppose qu’Antuka a été laissé là parce qu’il est, en quelque sorte, devenu partie intégrante du continent. Il ne reste que sa chair et son obsession. »
« Comme c’est merveilleux. Le royaume des ombres est né de sa chair, et la pluie est une tentative d’Antuka pour expurger la restriction du poignard », songea Ventus. « Alors, d’où venait le petit croco ? Conception immaculée ? »
« Peut-être, répondit Zac. Je n’ai aucune idée de ce que peut accomplir la volonté persistante d’une bête divine. Son obsession a peut-être créé une image d’elle-même, naturellement résistante au sceau. Qui sait ce qui se serait passé si on l’avait laissé faire ? Il aurait peut-être pu renaître à travers le petit croco. »
« Monsieur Azh’Rezak va bien ? » demanda Ventus en donnant quelques coups hésitants sur le cocon où il était assis.
« Je n’en sais pas plus que toi. Tu peux deviner quelque chose ? »
Ventus secoua la tête après une minute. « Rien ne permet de trancher. Il va falloir attendre. »
Zac jeta un regard désolé au cocon. « Je vais bientôt devoir m’isoler, moi aussi. Tu dois te tenir prêt, car je ne pourrai pas repousser l’occasion quand elle se présentera. »
« Tu as compris ? Je sentais que tu étais sur le point d’accomplir quelque chose. »
« Oui, Antuka m’a aidé à franchir la ligne d’arrivée. Mais ce n’est pas de ça que je parle », répondit Zac.
Près d’une semaine s’était écoulée depuis qu’il était sorti de sa deuxième lanterne mémorielle. À en juger par la quantité de foudre avalée par le[Cœur du Vide], le raffinage serait terminé dans les prochains jours. Vu l’instabilité de la Foudre de Tribulation raffinée, Zac devrait tout abandonner dès qu’elle jaillirait.
Ventus ne chercha pas à en savoir davantage sur la cultivation de Zac et se concentra plutôt sur la manière de l’aider. « Dois-je déterminer le lieu de bon augure le plus proche ? »
« Continuons, dit Zac. On devrait pouvoir sortir de la zone d’ici un jour ou deux, et je préfère affronter ma percée loin de cette lumière accablante. »
Trois jours plus tard, Zac s’arrêta et posa le cocon d’ombre au sol. « C’est le moment. »
« Maintenant ? Nous ne sommes qu’à une demi-heure du lieu que j’ai choisi », dit Ventus en regardant le paysage dégagé.
Zac ignora sa question et lança déjà plusieurs disques de réseau pour dissimuler sa percée.
« Très bien ! » marmonna Ventus en traînant Ogras plus loin. « C’était à moi de profiter de la protection. Pourquoi les rôles sont-ils inversés ? »
Malgré ses protestations, le Numérologue érigea consciencieusement une constellation autour du dispositif de Zac. Ne se sentant pas en sécurité avec cela seulement, Ventus installa aussi quatre réseaux aux points cardinaux afin d’en amplifier l’effet. Esmeralda, elle, alla droit au but. Elle sortit simplement le Regard draugr de Zac de sa besace et le laissa tomber comme un sac de patates.
Sans rien laisser au hasard, Zac conserva une parcelle de conscience tournée vers son environnement, tandis que la majeure partie de son énergie servait à contenir le[Cœur du Vide]. C’était comme essayer d’empêcher un volcan d’entrer en éruption en lui plaquant un couvercle sur le cratère. Cela pouvait marcher à court terme, mais ne réglait pas le problème de fond. Zac n’avait besoin que d’une ou deux secondes.
Le scintillant[Cristal de restauration céleste]émergea de[Pureté du Vide], et Zac l’envoya dans son Espace quantique, où l’attendait son Noyau cosmique. Il infusa ses trois Daos dans le réseau gravé sur la surface du cristal, qui s’illumina comme un sapin de Noël. La lumière gagna rapidement en intensité et rejoignit les lueurs noire, grise et dorée qui émanaient déjà du Noyau cosmique.
Les rayonnements s’harmonisèrent, et le[Cristal de restauration céleste]se liquéfia avant de se déverser dans les innombrables voies du noyau. C’était comme une bouffée d’air frais qui balayait des couloirs poussiéreux. Le noyau reprenait vie, de sa surface jusqu’aux profondeurs de son noyau. Ses imperfections disgracieuses s’estompèrent et ses corridors tortueux s’alignèrent sur le Cosmos.
Le processus ne nécessitait aucune intervention de Zac. Il avait déjà fourni le schéma en y infusant son Dao. Mais il pouvait encore faire quelque chose pour améliorer le résultat. Zac relâcha son emprise sur le[Cœur du Vide] ; un battement contenu fut suivi d’un grondement sourd.
« Par les Cieux, qu’est-ce que… ? » murmura Ventus, qui jeta un regard inquiet au réseau d’illusion avant de lever les yeux vers le ciel.
Une parcelle d’aura céleste s’était échappée du réseau, et le spectacle était encore plus saisissant du côté draugr de Zac. Il avait dirigé la majeure partie de la foudre raffinée vers son corps mort-vivant, car celui-ci avait absorbé bien plus d’Élixir du Zénith. Sa Souillure terrestre avait déjà été éliminée, mais l’élixir contenait aussi une quantité appréciable d’impuretés tenaces qu’il fallait expulser.
La foudre marquée par le Vide traversa les corps de Zac et purgea toutes les saletés qui avaient échappé aux efforts de[Pureté du Vide]. Il y en avait plus que prévu, mais il ne laissa la foudre faire qu’un seul circuit dans son corps avant de la renvoyer entièrement dans son Espace quantique. Le[Cristal de restauration céleste]avait déjà été entièrement absorbé par son noyau, qui se trouvait brièvement dans un état malléable, semblable à celui qu’il avait connu pendant sa Formation du Noyau.
La Foudre céleste inonda les corridors fraîchement restaurés, leur offrant une deuxième vague de raffinement. Contrairement au[Cristal de restauration céleste], la foudre éliminait aussi les impuretés incrustées. Sa percée précipitée avait obligé Zac à faire avec ce qu’il avait sous la main. Une bonne partie du noyau avait été remodelée à partir de matériaux trouvés dans l’Espace du Vide de sa lignée, sans bénéficier d’un dernier raffinement par la[Forge cosmique].
Zac était extrêmement heureux d’avoir gardé le[Cristal de restauration céleste]jusqu’à présent. Le cristal et la foudre de tribulation, en agissant de concert, produisaient un résultat bien meilleur que séparément. La moitié de la tribulation aurait été gaspillée à rendre d’abord le noyau malléable. Quant à la spiritualité particulière du[Cristal de restauration céleste], elle semblait revigorée par le contact des Cieux et redoublait d’efforts.
C’était le grand classique : un plus un égale trois. Zac regretta même que Roan n’ait pas attiré une tribulation des Quatre Désolations. La Foudre de Tribulation ordinaire ne pouvait aligner son noyau que sur les Cieux et le Dao, pas sur les Quatre Lois. Bien sûr, le corps de Tam n’aurait jamais survécu à une foudre imprégnée de Loi.
La foudre échappa à son emprise plus tôt qu’il ne l’aurait voulu et se glissa dans les replis de la réalité. Le[Cristal de restauration céleste]continua à agir quelques minutes de plus, pendant lesquelles Zac effectua fébrilement quelques ajustements manuels. Il passa ensuite cinq fois plus de temps à inspecter chaque recoin. Plus il examinait le résultat, plus il en était satisfait.
Zac puisa dans son noyau, et un flux d’énergie régulier répondit aussitôt à son appel. Le minuscule, mais fort agaçant délai causé par l’état défectueux de son noyau avait presque disparu. Son Noyau cosmique était passé du risque d’être rétrogradé à une qualité faible à une qualité infiniment proche de la qualité élevée. Seule une légère résistance lorsqu’il puisait de l’énergie à sa limite absolue confirmait qu’il n’avait pas tout à fait atteint le seuil.
Cela suffisait pour les besoins actuels de Zac. Améliorer ses compétences jusqu’au rang D avancé ne surchargerait pas son noyau, à l’exception peut-être de[Jugement d’Arcadie]. Il pouvait aussi abandonner la prudence qui l’empêchait de gagner des niveaux. Son Noyau cosmique était assez stable pour éveiller ses corridors sans risquer de se déstabiliser davantage.
« Tu as déjà fini ? Tout va bien ? » demanda Ventus, perplexe, lorsque Zac sortit du réseau. « Tu as dû… »
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« Je ferai avec », grogna Zac, devinant ce que pensait l’elfe.
Ventus avait senti les Cieux, mais aucun nuage ne s’était amassé au-dessus d’eux. Moins d’une heure plus tard, Zac ressortit, aussi semblable à lui-même qu’avant. Il devait donner l’impression d’avoir échoué ou d’avoir été contraint d’interrompre sa percée — une idée fausse qu’il ne jugea pas utile de corriger.
De l’autre côté, Esmeralda tapota la tête de Zac tandis qu’il se relevait. « Tu as l’air en pleine forme ! Il faudra que tu m’apprennes à stocker la Foudre de Tribulation. »
« Dès que tu m’auras appris à bouger aussi vite que toi », répondit Zac avec un sourire.
« Alors, ce n’est pas près d’arriver. Comment espérer que tu imites mes bonds gracieux avec ces moignons que tu appelles des jambes ? » Esmeralda secoua la tête avec une tristesse exagérée. « Enfin, avec toutes ces bonnes choses qui te tombent dessus, j’imagine que tu n’as pas besoin des babioles que trimballait le petit Reaver ? »