Chapitre 1 270
« On l’a ! On revient tout de suite. » La voix d’Ogras était à peine audible dans les grésillements, mais son message était parfaitement clair.
Zac aurait pu pleurer, mais il était trop épuisé pour autre chose qu’un grognement approbateur. Enfin, une lueur apparaissait au bout du tunnel. Les sept derniers jours de sa percée avaient été presque insupportables : il avait dû continuer alors qu’il était à sec. Zac ignorait qu’on pouvait être aussi épuisé. Ses Noyaux d’âme étaient si vidés qu’une légère secousse suffirait à les réduire en poussière, et ses corps avaient rétréci de moitié après avoir extrait jusqu’à la moindre parcelle d’énergie et de vigueur.
Il avait atteint le mur auquel même les cultivateurs qui réussissaient finissaient par se heurter. Zac maniait un pouvoir bien supérieur à la norme et possédait des outils spatiaux remplis d’assez de trésors pour déclencher des guerres sanglantes. Il avait des compagnons de confiance prêts à parcourir le monde pour lui venir en aide. Et pourtant, la mort se rapprochait inexorablement.
Pour les rares chanceux, cet obstacle insurmontable prenait la forme du grand âge et d’une force vitale qui s’éteignait. La plupart de ceux qui poursuivaient le Dao de tout leur cœur n’allaient pas jusque-là. Leur parcours s’achevait après qu’ils avaient échoué à surmonter les nombreuses épreuves qui jalonnaient la voie de la cultivation. De ce point de vue, Zac avait de la compagnie.
Zac contempla les ravages affichés sur l’écran qui flottait devant lui. Les dizaines de morceaux de décombres de la taille d’une planète s’étaient quelque peu stabilisés. Ils suivaient des trajectoires fixes autour des cinq fleuves stellaires qui avaient transformé le sous-espace en fournaise. Impossible de dire combien de temps ce spectacle durerait. Les fleuves attiraient sans cesse des débris par leur immense gravité et les entraînaient dans les déchirures spatiales à leur extrémité.
Le départ des Gardiens éternels avait achevé la Base du Centurion. La bande extérieure avait disparu, déchiquetée par les dégâts causés par les marionnettes lors de leur sortie. Quelques morceaux flottaient encore, mais beaucoup d’autres avaient sombré dans les profondeurs, à jamais perdus. Les fleuves stellaires n’étaient pas assez puissants pour détruire les tours extérieures, mais la force des collisions en avait poussé la moitié hors de vue. Les autres étaient dans un état lamentable.
Seule la tour centrale semblait à peu près inchangée, même si les fleuves stellaires qui l’enlaçaient l’avaient chauffée à blanc, au point que l’espace alentour ne cessait de se courber. Partout, des traînées de chaleur mortelle et des morceaux de débris enflammés fusaient dans toutes les directions. Les trajectoires et les Daos en jeu étaient tout autres, mais Zac trouvait que ce décor infernal ressemblait beaucoup au microcosme de son Espace quantique.
C’était dans cet environnement que ses subordonnés avaient continué de s’aventurer, afin de lui donner une chance de se battre. Avant le début de l’épreuve, Zac s’était creusé la tête pour trouver un moyen de surmonter sa percée, et avait consulté ses compagnons à chaque occasion. Tous étaient arrivés à la même conclusion : c’était impossible. Même si le compte à rebours s’était stabilisé entre-temps, il ne leur restait que dix-huit jours sur les trente et un qu’indiquait initialement sa quête. C’était plus que pour sa précédente percée, mais pas assez compte tenu de la complexité supplémentaire et des efforts requis pour atteindre l’Hégémonie tardive.
Avec trois jours au compteur, Zac estimait qu’il lui faudrait encore une semaine pour achever son noyau. À condition d’être en assez bon état pour s’y consacrer normalement. Et sans compter l’étape finale, la Formation, durant laquelle le noyau fraîchement créé devait être comprimé et stabilisé pour obtenir sa forme définitive.
Les Trésors naturels ordinaires et les pilules de récupération ne lui étaient d’aucun secours. Son esprit et son corps étaient trop épuisés ; les énergies féroces des pilules de rang D et des Trésors naturels ne feraient que lui causer plus de mal que de bien. De toute façon, ça n’aurait pas changé grand-chose. Son corps avait déjà développé une résistance qui lui avait permis d’aller jusque-là. La solution logique aurait été d’achever sa percée après le début de l’épreuve, sauf que cela revenait à confier sa vie au Système. Il risquait fort de perdre le contrôle de son noyau instable et surchargé lorsque le Système l’emporterait. Le changement soudain d’environnement pouvait aussi provoquer des déchirures dans le sous-espace, qui entraîneraient son effondrement ou une déferlante d’énergie mortelle.
Pire encore, un autre changement s’était produit ces derniers jours. Zac jeta un coup d’œil aux particules de destinée qui flottaient autour de lui. Leur nombre avait plus que triplé depuis leur apparition, et leur éclat s’était intensifié. Certaines n’étaient déjà plus de simples ornements. Chaque lumière évoluée contenait toute une vie d’expériences. Au sens propre.
Ce n’était pas la clarté d’Ultom. Ces particules semblaient former une âme complète, avec ses souvenirs et ses émotions. Janos avait été le premier à découvrir le phénomène. Le lendemain, il était impossible de ne pas le remarquer. Il fallait désormais lutter sans cesse pour résister aux tentatives des fausses âmes d’entrer en résonance avec lui, surtout lorsque leurs souvenirs faisaient écho à sa voie.
Quelques-uns de ses porteurs de sceau s’étaient déjà perdus pendant des heures après un instant d’inattention. Zac avait utilisé son État du Vide pour échapper à ce sort, mais il craignait que ce ne soit qu’une question de temps. Elles devenaient plus insistantes d’heure en heure.
Zac doutait que les repousser jusqu’au bout change quoi que ce soit. Ces visions ne pouvaient pas apparaître au hasard. Ils pensaient qu’elles constituaient une occasion de prendre de l’avance sur l’épreuve, et que trouver les bons souvenirs leur serait utile d’une manière ou d’une autre. La théorie concordait aussi avec le fait que les porteurs de sceaux complets recevaient davantage de particules de mémoire que ceux dont les sceaux étaient incomplets.
Pour Zac, cette occasion était un désastre. Il soupçonnait la première étape de l’épreuve de se dérouler dans une illusion. Dès qu’un souvenir l’aspirerait, son noyau partirait en supernova. Malgré les chances qui jouaient contre lui, Zac n’avait pas renoncé. Si les règles établies rendaient sa percée impossible, il les renverserait.
Il s’obstina à poursuivre, tirant le maximum de ses ressources diminuées. Il n’avançait plus beaucoup, mais chaque débris qu’il améliorait et ajoutait à son noyau grandissant retardait un peu la catastrophe. La flamme de l’espoir continuerait de brûler tant qu’il lutterait, et le message d’Ogras venait précisément de le prouver.
Chaque seconde lui sembla une éternité, jusqu’à ce que les portes coulissent enfin pour laisser entrer Ogras et Catheya. Le cœur de Zac se serra à leur vue. Ils étaient tous deux couverts de brûlures, leurs auras vacillant dangereusement. L’objet dont il avait besoin se trouvait dans un trésor, au cœur de l’un des morceaux de débris en flammes. Il était clair que parvenir jusqu’à lui avait été une expérience frôlant la mort. Pourtant, ils ne s’étaient pas arrêtés pour se reposer et étaient venus directement lui apporter le salut.
« Alors, mon pote, tu es prêt ? » demanda Ogras en s’approchant à la hâte, une carafe de cristal à la main.
« Aussi prêt que je pourrai l’être », répondit Zac en regardant Catheya. « Et toi ? »
« Je… je ne sais toujours pas si ça marchera. Ce n’a jamais été conçu pour ça. J’ai peur que tu… » La voix de Catheya s’éteignit tandis qu’elle affichait une expression partagée entre l’inquiétude et la peur. Ȑ
« Ma fille, ne nous porte pas la poisse », marmonna Ogras.
« Tu me donnes une chance de vivre. De transformer une calamité en occasion. Que pourrais-je demander de plus ? » dit Zac avec un sourire.
« Exactement », lança Ogras avec un clin d’œil à Catheya. « À qui avons-nous affaire ? Pour lui, c’est juste un mardi comme un autre. »
Zac vérifia une dernière fois son état mental, pour s’assurer de n’avoir rien oublié. Autour de lui, les autres procédaient à des vérifications similaires. Galau et K’Rav inspectaient l’enchevêtrement chaotique de réseaux mis en place, auxquels Jaol et Ship Spirit avaient apporté leur aide grâce à leurs calculs complexes. Vilari et Kruta étaient assis non loin, prêts à intervenir au besoin.
Tout était en place. Il ne manquait que le trésor qu’Ogras tenait à la main, et ils l’avaient récupéré juste à temps. Zac sentit l’univers le pousser en avant, lui souffler que c’était maintenant ou jamais. S’il attendait davantage, il n’aurait plus assez d’énergie pour endurer l’étape suivante. Il sortit une boîte ancienne et entreprit d’en défaire le sceau complexe.
Des signaux d’alerte retentirent dans l’esprit de Zac dès qu’il souleva le couvercle, et une aura féroce envahit le hangar. On aurait presque dit qu’ils venaient de libérer un Empereur des bêtes ; la pression fit surgir des réserves dont Zac ignorait l’existence. Refoulant son instinct primaire de fuite, Zac enserra la boîte entre ses deux corps.
Défaire l’antique serrure, c’était comme percer un point faible dans une cocotte-minute : le jade aux trésors se transforma en éclats lorsque la boîte explosa, libérant un torrent d’énergie accumulée. Un nuage de poussière bleue, entièrement dépourvu d’énergie, se déversa au sol et forma un tas bien net entre les deux moitiés de Zac. C’était tout ce qui restait de la boîte et de son contenu.
Zac n’eut pas le temps de voir l’apparence véritable du Trésor de trempe corporelle ni de déterminer la meilleure façon de l’absorber. Le problème se régla de lui-même : sa force médicinale se déversa dans ses blessures comme attirée par sa chair trempée. Le soulagement fut de courte durée, vite remplacé par une douleur inimaginable, absolue.
La douleur approchait le niveau de son contrecoup temporel, et s’aggrava lorsqu’il sentit la morsure terrifiante des Quatre Lois. Pourtant, l’expérience était tout autre que celle qu’il avait vécue en endurant les Quatre Désolations. Les Lois présentes dans le Trésor de trempe corporelle qu’il avait échangé à Esmeralda n’étaient pas pures. Elles s’accompagnaient d’une force charnelle qui rappelait celle des Cristaux démoniaques qu’il avait récoltés au Phare du Centurion.
Une pointe de ressentiment et de folie s’y mêlait même. Leur origine était clairement différente, mais plus proche de ce qu’il avait senti chez les Gardiens éternels. Zac percevait aussi le pouvoir persistant des étoiles en leur sein. La Cour de la Chute des Étoiles avait probablement réussi à extraire une partie de la force qui avait donné naissance aux Dieux étrangers. Ils en avaient ensuite purifié toute la corruption possible sans en altérer la nature, comme ils l’avaient fait pour les marionnettes.
Il ne restait qu’un Trésor de trempe corporelle sans affinité, contenant une parcelle du pouvoir perfectionné de Starclad. En temps normal, Zac aurait accueilli la douleur avec exaltation, sachant qu’elle lui apporterait d’immenses bénéfices. Mais les choses étaient différentes. Son corps était affamé des énergies qui se répandaient dans chaque recoin de son être, mais les ouragans et les étangs de ses cellules étaient trop faibles pour les extraire.
La bataille était perdue d’avance : son corps se faisait broyer avant même de pouvoir assimiler les bienfaits. Zac était déjà entré dans son État du Vide pour endurer la douleur, et sa volonté inébranlable força ses membres à bouger alors que ses muscles ne répondaient plus. Un grondement sourd résonna dans la salle lorsque Zac piétina les disques de réseau tout en formant des mudras de ses mains tremblantes.
C’était la première étape d’une méthode à la fois étrangère et familière, qui faisait écho aux concepts de la[Sublimation Vajra du Vide], de la[Domination stellaire] et de diverses méthodes fondées sur la lignée des Draugr. La mort et la vie évoluaient en parfaite synchronie, et les souffrances de Zac atteignirent de nouveaux sommets à mesure que l’énergie pénétrait plus profondément dans ses cellules.
Il devait continuer. Zac jeta un coup d’œil à Ogras, qui s’était avancé avec la carafe. Celle-ci s’arrêta juste entre les réseaux de formation du Noyau, et une main d’ombre en retira le bouchon avant de disparaître. Un linceul de lumière stellaire, semblable à la cape de Starclad, jaillit du vase, et l’âme de Zac frissonna, tiraillée entre la peur et la faim. Une deuxième source de Loi venait d’apparaître dans la pièce, mêlée à une spiritualité profonde et durable.
Les runes nouvellement gravées autour des réseaux de Zac s’illuminèrent, et les réseaux de formation du Noyau s’imbriquèrent selon des motifs qu’il avait vus des milliers de fois. Ils étaient presque identiques à ceux qu’il utilisait pour s’exercer au[Manuel des neuf réincarnations]. Le Trésor d’âme liquide était déjà attiré par la faim qui rongeait l’esprit de Zac, et les réseaux l’aidèrent à tout aspirer avant qu’il ne se disperse.
Zac mit sa théorie en pratique en activant sa technique de nourrissage de l’âme. Les deux galaxies de son Ouverture de l’âme furent bientôt envahies par un système stellaire écrasant, qui semblait déterminé à dévorer le système déjà présent. Ses Noyaux d’âme tremblèrent, noyés sous leur éclat, et Zac ne parvenait même plus à penser tant la douleur était intense.
Il n’en avait pas besoin. Son cœur savait ce qu’il devait faire. Sa volonté pure le maintint en mouvement ; il poursuivit le[Manuel des neuf réincarnations] tout en passant à la deuxième posture de sa méthode de trempe corporelle remaniée. Le mouvement provoqua une onde de choc qui atteignit les profondeurs de son âme et ranima ses forces vacillantes. L’esprit de Zac retrouva sa clarté.
Le cœur dirigeait le corps, le corps nourrissait l’âme, et l’âme renforçait le cœur. Le Vide faisait le pont entre eux, formant un cycle complet de nourriture et de stabilité. Voilà ce qu’il avait saisi dans la lumière d’Ultom : une méthode unifiée d’une ampleur prodigieuse, où tout pouvait contribuer à quelque chose de plus grand.
Zac avait discuté de cette question avec Rava plus d’une fois : étendre une méthode pour qu’elle englobe davantage d’aspects que nécessaire pouvait-il aider ou nuire ? Au départ, il avait cru que c’était une mauvaise idée. La voie du Système reposait sur la spécialisation, qui permettait de tirer le meilleur parti de chaque technique pour progresser efficacement.
Réunir tous ses manuels en une seule technique pouvait s’apparenter à une répartition égale des attributs. Le total des attributs serait le même que celui d’une personne comme Zac. Mais ce manque de spécialisation empêcherait chaque aspect de se démarquer, et le résultat serait moins avantageux que s’il s’était spécialisé. Plutôt que d’intégrer la Cultivation du Cœur à son[Manuel des neuf réincarnations], mieux valait nourrir le cœur séparément.
Cette comparaison ne rendait pas compte de toute la situation, même si Zac soupçonnait que c’était le résultat le plus fréquent avec les anciens manuels. Parfois, un plus un ne faisait pas deux, et la fusion de deux aspects distincts pouvait donner naissance à quelque chose de entièrement nouveau. C’était le but de l’[Apothéose de l’Empereur du Vide] : faire surgir la divinité du banal, grâce à une méthode unificatrice qui réunissait sa voie.
Ce que Zac mettait en œuvre n’était qu’un prototype rudimentaire de ce qu’il avait imaginé, mais il parvenait à faire ce dont il avait besoin. Un cycle fragile s’était formé, synchronisant son Cœur, son Corps et son Âme. Aucun des trois n’aurait pu résister seul à la destruction provoquée par les deux trésors imprégnés de Loi. Ensemble, ils tenaient bon, de justesse.
Plus important encore, ses méthodes manifestèrent soudain une caractéristique propre à sa lignée : la faim de l’Empereur du Vide. Les forces incontrôlables qui ravageaient ses corps s’interrompirent brièvement tandis que des filaments d’énergie pure étaient absorbés par ses cellules et ses Noyaux d’âme. Et toute cette énergie ne disparut pas dans le Royaume du Vide.
C’étaient sa[Sublimation Vajra du Vide] et son[Manuel des neuf réincarnations] qui avaient hérité de la faim du Vide ; ce furent donc elles qui puisèrent dans l’énergie sans propriétaire pour améliorer leur efficacité. Bien sûr, les Trésors suprêmes ne se laisseraient pas raffiner sans combattre, et Zac n’avait plus la force de lutter bien longtemps.
« Vas-y », haleta Zac, et Catheya joignit les mains.
Un froid sans limites s’abattit sur eux comme un coup de poing dans le ventre, forçant les autres à se réfugier aux bords de la salle. La source en était une petite écaille bleue apparue sur le front de Catheya. On aurait dit qu’elle avait été taillée dans la glace primordiale, mais son aura indéniable révélait son origine. Elle dégageait la puissance tyrannique des dragons.
L’écaille s’envola et prit la place de la carafe vide. La peau de Zac se mit aussitôt à geler, lui donnant l’impression d’être poignardé par un million de dagues. Le froid glacial s’enfonça toujours plus profondément, guidé par la volonté de Catheya. Zac lui ouvrit la voie, attirant l’essentiel du froid dans son Espace quantique. Il déferla comme une avalanche accélérée par le temps, recouvrant chaque parcelle d’un froid mortel.
La vie s’immobilisa, la mort fut retardée et tout conflit cessa tandis que l’Espace quantique entrait dans un âge glaciaire artificiel. Même le flux d’énergie venu du Cosmos s’arrêta lorsque les fractures spatiales gelèrent et se changèrent en parois infranchissables.
Le maître de Catheya lui avait donné cette écaille comme garantie de sécurité, au même titre que les marques de Sendor. Même si sa puissance était limitée à celle d’un Monarque, elle provenait d’une véritable Suprématie de premier ordre qui maniait l’Autorité de la Glace. Rien ne pouvait résister à son pouvoir, et surtout pas Zac. Catheya avait essayé de diriger autant que possible la puissance de l’écaille dans son Espace quantique, mais elle ne pouvait pas en contrôler parfaitement une telle force.
Heureusement, cela faisait partie de leur plan. La destruction de ses corps s’arrêta lorsque ses cellules gelèrent, et les lumières exubérantes qui harcelaient son Ouverture de l’âme se figèrent avec ses tourbillons nébuleux. Zac sentit son esprit ralentir jusqu’à ramper, ses pensées elles-mêmes se gelant, mais il conserva assez de lucidité pour maintenir l’effet de l’[Apothéose de l’Empereur du Vide].
Après deux semaines de lutte acharnée, un calme absolu s’abattit sur les corps meurtris de Zac. Il était gelé jusqu’à la moelle, impuissant, au bord de la mort véritable. Mais il était aussi vivant, luttait et gagnait en puissance à chaque minute. Enfin, les choses prenaient la bonne direction.