Chapitre 1 257
Une foi et une détermination assez puissantes pour déplacer des montagnes ne parvinrent même pas à faire tressaillir l’épée rouillée. Joanna s’en prit à sa faiblesse, à son incapacité à remplir son devoir. À quoi bon achever son sceau s’il ne lui permettait pas de protéger son Empereur et de repousser ses ennemis ? Était-ce là la récompense qui attendait ses compagnons après qu’ils eurent risqué leur vie pour l’amener ici ?
Ce n’était pas juste, mais Joanna n’avait plus aucune idée. La [Lame d’Orionis] n’était pas un ennemi que la [Suppression des Huit Enfers] pouvait vaincre. Ses portes déverrouillées étaient déjà grandes ouvertes, et elle échangeait sa longévité contre de la puissance. Elle avait même invoqué l’avatar de son maître, espérant que sa présence soumettrait l’épée réticente. Au contraire, celle-ci riposta avec une férocité accrue.
Ses muscles tremblants se déchiraient sous le rejet violent de la lame, et ses os craquaient comme des châtaignes sur le feu. Sa souffrance physique n’était rien face à l’agonie que lui infligeait cette foi antique, qui punissait sa tentative de bouleverser son existence. La douleur ne fit que la pousser à puiser plus profondément en elle et à redoubler d’efforts. Elle ne pouvait pas s’arrêter, pas tant que ses compagnons se battaient encore pour préserver l’espoir.
C’était inutile. Joanna eut l’impression de se retrouver sur ces marches célestes, avançant en connaissance de cause vers sa mort. Depuis qu’elle avait trouvé sa voie, elle ne craignait plus la mort. Elle ne ressentit que du regret en tombant à genoux. Elle aurait voulu contribuer davantage à la mission et à la sécurité de la Terre. Elle aurait voulu combattre encore un peu à ses côtés.
Il apparut dans une cascade de lumière stellaire, telle une révélation divine aux yeux d’un fidèle dévot. Une lumière aveuglante tira Joanna de sa torpeur, et des prières exaucées emplirent son corps épuisé de puissance. Rien ne pouvait résister à la descente de son Empereur. Une vague de puissance céleste balaya les rangs de l’essaim de marionnettes, qui s’effondra.
Une main de lumière stellaire apparut au-dessus de la sienne, et Joanna eut l’impression de renaître. Le mince flux qui alimentait la [Lame d’Orionis] retrouva sa vigueur, gonflé d’une énergie sans limites et d’une foi profonde et inébranlable. Toute la rouille et la corruption furent consumées, et les croyances hostiles qui protégeaient la batterie se soumirent à la volonté de l’Empereur. Elle était prête.
L’apparition impériale s’effaça, laissant derrière elle une salve d’images et un bref message.« Beau travail. Sauve-la. »
Joanna serra l’épée, l’esprit d’une clarté sans précédent. Elle ne se souciait pas de la transformation fantastique que subissait la foi accumulée en elle. Elle était la Lance de l’Empereur, et elle avait reçu ses ordres. Elle ferma les yeux et se changea en lumière stellaire et en mort.
La traînée mortelle qui jaillit d’une trappe dissimulée décrivit un arc, passant juste à côté de la créature difforme qui martelait la porte. Son aura cruelle emplit Joanna d’une haine renouvelée, mais elle continua de filer à une vitesse aveuglante. Même avec l’aide de l’Empereur, elle n’avait que quelques secondes. L’épée stellaire s’engouffra dans la brèche du mur, plus loin. Joanna sentit que sa cible était proche, mais un autre ennemi lui barrait la route.
Une Intention meurtrière, antique et sans limites, jaillit de la [Porte du Mandat impérial], tandis que la lumière stellaire croissante se rassemblait et prenait une teinte rougeâtre. Les ombres projetées par le métal tordu ressemblaient soudain à des silhouettes misérables, condamnées à souffrir éternellement pour s’être dressées contre l’Empire. Le Dieu étranger n’eut pas le temps de réagir : la [Lame d’Orionis], assoiffée de sang, lui transperça la poitrine, y creusant un trou de plusieurs dizaines de kilomètres de large. Un océan de corruption s’écoula de la plaie, déclenchant une résistance féroce de la lumière stellaire persistante. Joanna n’avait ni la force ni le temps d’achever sa cible.
Il ne restait qu’une mince portion de sa lame, et elle avait une cible bien précise. L’arme traversa plus d’une douzaine de couches de métal renforcé sans ralentir. Elle maniait le jugement dernier de la Base du Centurion, et rien ne lui barrerait la route. Elle se retrouva alors dans un vaste espace vide, face à la même créature que dans la salve d’images.
La [Lame d’Orionis] semblait plus petite qu’un grain de poussière lorsqu’elle se planta dans le front de la marionnette assoupie. Pourtant, son ultime décharge d’énergie était la plus pure. La cicatrice violette fut cautérisée et se referma, mettant fin à la corruption. Joanna sentit sa conscience s’évanouir et dépensa ses dernières forces pour transpercer une masse grouillante d’énergie invasive, plus loin.
L’Intention meurtrière, la foi et la lumière stellaire se répandirent comme une traînée de poudre, et la souillure violette fut impuissante face à leur fureur. Joanna esquissa un sourire en s’écroulant, sa connexion rompue. Mission accomplie.
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Zac expira en se retirant de la [Plateforme d’Orionis]. Joanna s’était surpassée : elle avait non seulement détruit la conscience de Qriz’Ul, mais aussi infligé une vilaine blessure à un Dieu étranger. Le trou se refermait déjà, mais cette attaque soudaine avait fait hésiter les envahisseurs.
Même le Dieu qui tentait de forcer les défenses de l’octogone avait cessé de se jeter contre le mur de foi. Il regardait prudemment autour de lui, à l’affût d’autres épées stellaires. Zac percevait toujours son désir intense de destruction et savait que ce répit serait de courte durée. Les Dieux étrangers étaient animés par une haine profondément ancrée, et Zac doutait qu’une menace quelconque les fasse reculer.
Zac ne continua pas d’allumer la balise, malgré le danger pressant. Il voyait déjà double après avoir activé les quatre premières tours. La fureur et l’angoisse ne pouvaient le porter qu’un temps, et aider Joanna à activer l’épée avait aggravé son état. S’il en faisait davantage, son âme s’effondrerait avant qu’il n’atteigne la ligne d’arrivée.
Il n’en était qu’à mi-parcours : trois tours extérieures et la flèche centrale restaient à activer. Les systèmes de la Base du Centurion n’étaient pas conçus pour être contrôlés par un Hégémon, et leur état délabré ne faisait que compliquer les choses.
Des boîtes et des fioles apparurent autour de Zac. Il avala un mélange de pilules nourrissant l’âme et de Trésors naturels. Un torrent chaotique, mais bienfaisant, pénétra dans son esprit, chassant l’épuisement et restaurant son Énergie mentale. Il faudrait un moment pour que ce breuvage explosif fasse effet, et Zac profita de ce répit pour se concentrer sur l’autre menace.
Les Dieux étrangers étaient temporairement contenus. Le pape, lui, ne l’était pas, et il avait presque franchi les barrières pendant que Zac s’occupait de la [Lame d’Orionis]. Zac se creusa la tête pour trouver une solution similaire aux agissements du cultiste, mais il ne trouva rien en fouillant dans les montagnes d’informations.
Zac eut soudain une idée. Des éclairs de lucidité protégés par le Vide traversèrent le tourbillon d’énergie médicinale et pénétrèrent dans ses Noyaux d’âme. Le chaos impénétrable des informations transmises par les éruptions solaires se dévoila grâce aux lumières d’Ultom, et des milliers de notes apparemment sans rapport s’assemblèrent pour former un plan.
Plongeant son esprit dans la tour extérieure, Zac réachemina une série de voies tout en libérant des salves d’Énergie stellaire dans des salles vides. Ces gestes anodins s’accumulèrent et provoquèrent une vague de changements qui se propagea dans toute la région, réveillant des dizaines de formations. La barrière qui faiblissait fut remplacée par une autre, bien plus puissante, et des kilomètres de tentacules charnus furent déchirés par un éclair. Un rugissement sauvage, débordant de fureur, fit trembler la tour, et le pape se mit à regarder frénétiquement autour de lui.
Soudain, il sembla fixer Zac droit dans les yeux. L’éruption solaire qui transmettait les informations sur la Chambre de l’Ascension s’effondra, et Zac chancela lorsqu’une vague de brutalité et de folie s’abattit sur son esprit, fissurant ses Noyaux d’âme. Il se redressa tant bien que mal, remerciant sa bonne étoile que le réseau n’ait transmis qu’une fraction de la force contenue dans l’aura du pape.
Son plan improvisé avait fonctionné. Ses modifications avaient réussi à faire croire à la chambre que quelqu’un se trouvait déjà à l’intérieur, ce qui avait activé une autre série de barrières. Comme pour les Dieux étrangers, ce n’était qu’une solution temporaire. La pièce ne tarderait pas à se réinitialiser, et Zac n’osa pas y reporter son attention.
Il était hors de question de désactiver complètement la Chambre de l’Ascension. Des contre-mesures et des systèmes de secours avaient été installés pour garantir une ascension sans encombre, et la plupart de ses fonctions étaient indépendantes de la Balise du Centurion. Pour garantir le succès, il n’y avait qu’une solution : désactiver toute la tour. Mais cela désactiverait également la balise.
Zac avait encore besoin d’un peu de temps pour absorber les médicaments. Il tira donc d’autres révélations de la [Pureté du Vide]. Cette intuition lui avait permis d’accomplir des miracles à partir de données éparses, et il espérait que les autres éruptions solaires dissimulaient un moyen d’alléger la pression qu’il subissait.
Une à une, les éruptions furent démontées et analysées. Il ne lui fallut pas longtemps pour acquérir une compréhension du projet Centurion bien plus approfondie que tout ce que le tome des [Dieux étrangers] avait pu lui apporter. Zac parvint même à assembler des milliers de fragments pour reconstituer les derniers jours de la Base du Centurion. Il y avait de bonnes et de mauvaises nouvelles.
Comme prévu, le projet Centurion était encore au stade expérimental. Il était toujours en cours de développement lorsque le Système s’était éveillé. Pris au dépourvu par l’Âge sombre, les dirigeants avaient choisi de sceller la base et de l’envoyer dans les profondeurs du Vide. Ils n’avaient laissé qu’une équipe réduite et les équipes de recherche pour poursuivre les travaux, tandis que le reste s’était dirigé vers la capitale la plus proche de l’Empire Sans-Limites, craignant d’affronter un ennemi puissant.
Les Cieux s’étaient éteints, mais le Plan perdu n’avait pas été affecté par l’éveil du Système. La Base du Centurion était déjà reliée à ce fragment rejeté, et son influence corrosive s’aggravait de jour en jour. Les gardiens avaient tenu moins de mille ans avant de tous succomber. Ils avaient tenté d’achever le projet, mais n’avaient fait qu’empirer les choses.
Le plus gros problème était déjà résolu : couper les marionnettes du Plan perdu sans leur faire perdre leur force distinctive. L’étape suivante consistait à les intégrer pleinement aux Cieux actuels, afin qu’elles puissent puiser leur énergie et leur subsistance dans l’environnement, comme un cultivateur. Pour l’instant, les marionnettes dépendaient de l’énergie particulière de l’Étoile du Centurion pour fonctionner. Toute autre énergie entrait en conflit avec la composition unique de leur corps.
Autrement dit, une dépendance en avait remplacé une autre, ce qui ne correspondait pas aux ambitions du projet Centurion. La Cour de la Chute des Étoiles visait bien plus haut. Elle voulait utiliser le Plan perdu pour élever des Dieux étrangers comme du bétail et poster ses Gardiens éternels aux quatre coins de l’Empire. Cela ne fonctionnerait pas si les marionnettes devaient retourner dans cette étoile lointaine pour se recharger.
Voilà le problème que les gardiens avaient tenté de résoudre. Mais ils étaient déjà à moitié fous pour avoir passé trop de temps dans le Dao mort, d’où leurs idées délirantes, comme la marionnette que Vilari s’efforçait de contenir. C’étaient les chercheurs qui avaient implanté la brèche dans son front, espérant faire du Plan perdu une batterie mobile. Une douzaine d’autres marionnettes avaient été détruites au cours d’expériences similaires, dont l’une des deux marionnettes de Dieu ancien.
La bonne nouvelle, c’était qu’il restait largement assez de marionnettes en état de marche, et que leur constitution sans égale renfermait assez d’énergie pour leur permettre de fonctionner pendant des décennies avec une seule charge. C’était amplement suffisant pour porter un coup dévastateur à Kan’Tanu, surtout s’ils parvenaient à éliminer le pape avant de partir.
Malheureusement, il était hors de question de prendre le commandement de toute l’armée de marionnettes. Comme Joanna, il ne pouvait libérer qu’une fraction de la puissance de la Balise du Centurion à son niveau actuel. Impossible aussi d’envoyer plusieurs groupes à la suite, avec des pauses entre les départs, puisque l’énergie du traqueur avait déjà été consommée. Sans compter que Zac n’était pas convaincu que la base délabrée tiendrait encore longtemps. Elle avait déjà largement dépassé sa date de péremption, et l’activité récente ne faisait qu’aggraver les choses.
Zac récupéra enfin assez d’Énergie mentale pour reprendre le travail. À ce moment-là, les secousses provoquées par les attaques du Dieu étranger avaient déjà repris. Zac percevait même son aura à travers le réseau protecteur de lumière solaire. La moitié des éruptions solaires échappaient à son contrôle, le laissant dans l’ignorance d’une grande partie de la base. Cela ne gênait pas son travail, si ce n’est que cela faisait office de compte à rebours. Jusqu’ici, seules des zones non essentielles étaient touchées, mais il commençait à en manquer.
La compréhension acquise grâce à la [Pureté du Vide] devint le salut de Zac. Elle lui permettait de saisir les principes sous-jacents plutôt que de suivre aveuglément un plan qui ne convenait pas tout à fait à l’état actuel de la base. Il réachemina des milliers de canaux d’énergie, réduisant drastiquement les fuites et les dégâts. Le processus relevait désormais autant de l’habileté que de l’endurance.
Cette approche mesurée fit durer l’allumage une minute entière, au lieu de quelques secondes. En contrepartie, Zac ne dépensa qu’un cinquième de son Énergie mentale et poursuivit sans s’arrêter. La sixième tour était en un peu plus mauvais état, mais pas au point d’empêcher son activation. Sans se soucier des dégâts à long terme, Zac inonda même les couloirs résidentiels de lumière stellaire, les transformant en circuits énergétiques de fortune.
Un coup de tonnerre assourdissant fit trembler l’octogone au moment où le sixième brasier s’alluma, et Zac faillit perdre connaissance lorsqu’une quantité écrasante d’informations inonda son esprit. La Chambre de l’Ascension avait déjà été forcée et activée ; Zac ne pouvait plus rien faire pour arrêter le pape. D’immenses nuages, bouillonnant de fureur, se rassemblèrent au-dessus d’eux.
La première salve d’éclairs ne tarderait pas à s’abattre. Savoir qu’il s’agissait d’une Confirmation du Dao ne suffisait pas à remonter le moral de Zac. La percée du pape provoquait une instabilité encore plus grande que prévu : sous la pression, des morceaux de l’anneau extérieur s’effondraient complètement.
La descente des Cieux plongea également les Dieux étrangers dans une frénésie, et la barrière de foi gémit sous leurs assauts. De plus en plus de corruption franchissait les défenses, et l’aura de cette chose hérissa les cheveux de Zac. C’était du Dao mort raffiné, libéré par le Dieu étranger lui-même, bien plus dangereux que la brume violette qu’ils avaient affrontée auparavant.
Une vérification urgente confirma que Joanna était toujours inconsciente et que Carl ne pouvait toujours pas accéder aux armes principales. Zac ne pouvait compter que sur lui-même, et il n’avait plus le temps de faire les choses avec finesse. Il eut l’impression que son âme se déchirait lorsqu’il força l’activation de la dernière balise, provoquant un bouleversement radical dans la chambre.
Le soleil, qui était resté figé au sommet de la flèche, sembla fondre. De l’or liquide coula sur la flèche et fut absorbé, tandis que des milliers de runes jusqu’alors dissimulées s’illuminaient. Les sept brasiers qui les entouraient suivirent. L’un après l’autre, ils se déversèrent dans la flèche, renforçant encore les runes.
Le cœur de Zac se serra lorsqu’une rune après l’autre s’éteignit. Il ne se calma qu’un peu lorsque plus de vingt runes subsistèrent, chacune diffusant une lumière stable. Après tous ces efforts, il n’avait réussi à mobiliser qu’un pour cent de la véritable puissance de la Balise du Centurion. Il faudrait que cela suffise.
Un sens et un but affluèrent dans la flèche, tandis que Zac visualisait les Dieux étrangers et le pape Kan’Tanu. Les runes fusionnèrent les unes après les autres, formant un ensemble d’ordres indestructibles. Un cinquième des runes fut utilisé pour désigner les trois cibles à éliminer, soit davantage que ce que Zac avait espéré.
Cela signifiait qu’il pouvait envoyer cinq marionnettes au maximum, à condition de limiter leurs ordres à la menace immédiate. Après un bref examen, Zac dupliqua les instructions. Deux marionnettes devraient suffire.
Il insuffla ensuite aux runes de plus en plus complexes son expérience du Cimetière impérial, les avertissant des dangers qu’il représentait. Enfin, il imprima le secteur Zurbor et les auras variées des branches de Kan’Tanu, désignant leur voie hérétique comme ennemie de l’Empire. Zac grogna et fut forcé de reculer d’un pas en plein transfert. Il comprit alors qu’il avait épuisé ses runes.
Zac n’avait aucun moyen de savoir si ces ordres trop succincts fonctionneraient. La seule façon de le découvrir était de passer de la théorie à la pratique. Prenant une inspiration pour se stabiliser, il poussa vers le bas les immenses quantités d’énergie contenues dans la flèche, en direction des Gardiens éternels qui attendaient.
Le pragmatisme l’emporta sur la cupidité. Zac renonça à contrecœur à l’immense Dieu ancien qui se trouvait au pied de la tour, sachant que ses runes de commande rudimentaires ne suffiraient absolument pas à réveiller ce colosse. Il choisit plutôt deux marionnettes à peine plus grandes que les Dieux étrangers, trouvant un équilibre entre puissance et contrôle.
Les runes s’enfoncèrent dans les profondeurs des géants assoupis jusqu’à atteindre le centre de leur réseau extraordinaire de formations reliées. Elles fusionnèrent sans heurt avec leur noyau, comme la dernière pièce d’un puzzle, et une force primordiale remonta le long de la tour. Les marionnettes étaient fidèles à leur nom. Le temps n’avait laissé aucune trace sur leurs corps antiques. Elles étaient prêtes à servir longtemps après la disparition de leurs maîtres.
Zac inspira péniblement lorsque deux liens se formèrent. Il eut l’impression que son ichor avait été remplacé par un feu primordial datant de l’aube des temps, et il vit le monde d’un œil nouveau. Son corps avait la puissance de briser des montagnes et de renverser des mers. Même les nuages tourbillonnants au-dessus n’étaient pas à l’abri de sa force. Ils se figèrent lorsque l’aura majestueuse qui s’échappait de la tour les toucha.
Les Gardiens éternels s’étaient éveillés pour une ultime mission.