Chapitre 1 255
Zac vacilla sous le poids de ces révélations. L’essor et le déclin des Ères n’étaient pas naturels : l’Éternel les avait conçus. Et ce, au prix de sa vie et de celles des autres êtres suprêmes, sans parler de tous les êtres ordinaires qui avaient vécu durant l’Ère perdue.
« Les Voyageurs stellaires ont pris la perfection contenue dans la brume et façonné de nouveaux Cieux. Les Gurus ont codifié les Quatre Lois pour préserver le cycle du Samsara. L’Éternel y a insufflé son potentiel, lui accordant l’Éternité. »
Un grondement sourd résonna dans le Plan perdu, et Zac crut brièvement entendre au loin le fracas du tonnerre. Le Système avait-il senti qu’on interférait avec ses plans ? Le vieux gardien jeta un regard au loin, voyant sans doute bien plus que Zac. Une large brèche apparut l’instant d’après. Zac sentit l’appel puissant du destin qui en émanait, ce qui confirma qu’il s’agissait bien de la porte qu’il avait tenté d’atteindre.
« Notre temps est écoulé, dit Wal’Zo.
— Pourquoi m’avoir raconté tout ça ? » demanda Zac avec urgence, tandis qu’une force irrésistible s’exerçait sur son corps. Le royaume en ruine le rejetait. « Qu’est-ce que ça signifie ? »
« La nature du Vide est insaisissable. Elle te le restera à jamais, à moins que tu n’en comprennes l’origine et le but. Les Cours d’Ultom représentent cette possibilité. »
La plateforme de Wal’Zo s’éloignait bien plus vite que la distance jusqu’à la brèche ne pouvait l’expliquer. Lui aussi battait en retraite devant l’avancée du Système. Bientôt, Zac ne vit plus que ses yeux luire dans les ténèbres, deux globes blancs semblables aux pierres qui bordaient la cour d’Ultom.
« Huit ont atteint les sommets nécessaires pour laisser une marque durable sur les pentes. Quatre d’entre eux sont passés par mes salles. Prouve ta valeur, et tu maîtriseras le pouvoir de ta lignée. »
La dernière vision du Plan perdu fut engloutie par les ténèbres violettes. Sa force et ses souvenirs affluèrent quand le lien entre ses corps fut rétabli. Zac reprit ses esprits tandis que sa conscience retrouvait son intégrité. Cela ne prit qu’une seconde ; la brèche s’était déjà refermée derrière lui, empêchant toute nouvelle fuite. Quelques minutes seulement s’étaient écoulées depuis que le groupe avait été recraché, et tous, à l’exception du corps draugr de Zac, étaient toujours étendus au sol.
Son autre moitié s’employait à canaliser le Vide pour chasser la grande quantité de corruption qui rongeait les autres. Ils étaient revenus dans la base comme prévu, face à un pont enjambant un gouffre si vaste que Zac n’en apercevait ni le fond ni le plafond. De nombreux dispositifs flottaient dans le vide, les plus petits ayant la taille d’un gratte-ciel. Ils semblaient en parfait état et vibraient de puissance. Autant que Zac pouvait en juger, ce n’étaient pas des armes, mais des formations qui soutenaient la structure au centre du puits. Leur pont menait à un bâtiment octogonal au milieu de celui-ci. Il avait la taille d’une petite ville et rayonnait d’une chose que Zac n’avait pas encore sentie dans la base du Centurion : la Foi impériale.
C’était peut-être cette aura qui expliquait l’absence totale de corruption dans ce vaste espace. Ses souvenirs partagés lui montraient qu’il en était déjà ainsi avant que son côté humain ne le rejoigne et que la porte se referme. Bien sûr, ces détails comptaient moins que l’intense appel du destin que Zac sentait émaner de l’intérieur. Comme si la Foi impériale ne suffisait pas à lui mettre la puce à l’oreille.
Ils avaient atteint la Balise du Centurion, et juste à temps. Les secousses étaient bien pires qu’à l’intérieur du Coffre-fort de Polaris, preuve que l’octogone et le puits étaient fortement renforcés. Malgré tout, les grandes runes gravées sur les parois du puits vacillaient dangereusement, peinant à repousser les assaillants.
Le temps leur était compté. Zac regarda en direction de la balise, se demandant s’il devait partir seul. Un léger craquement interrompit ses réflexions. Zac disparut dans un éclair spatial et se réfugia dans le Sanctuaire de Kanba, juste avant qu’une vague de spiritualité ne traverse les Ossements de guerre de Kator.
Le Reaver se redressa, jeta un coup d’œil à Zac, puis reprit la circulation de l’[Écriture de la Chute des Étoiles] pour chasser la corruption. Des quatre, c’était de toute évidence Kator que Zac avait le moins aidé à purifier. « Que s’est-il passé dans le royaume déchu ? »
« Je n’en suis pas sûr, répondit Zac. Une immense projection est apparue et a tout submergé. Je me suis échappé par la brèche juste avant de perdre connaissance. »
Kator jeta un regard aux trois autres, toujours étendus au sol, puis examina leur environnement. « Où est la brèche, maintenant ? »
« Elle avait disparu quand je me suis réveillé. Je crois que notre présence a déstabilisé le Plan perdu », répondit Zac en haussant les épaules. « Concentre-toi sur ta récupération. Nous sommes dans la dernière ligne droite. »
« Te revoilà ! » l’accueillit une voix épuisée depuis le sanctuaire.
« Me revoilà. » Zac regarda Esmeralda avec amusement. La crapaude avait rapetissé au point de ressembler à un caillou au fond de son marais. « Je ne crois pas que la boue te protégera de la corruption. »
« Quelle corruption ? Je me cache des voleurs de corps », signa furieusement Esmeralda en émergeant des eaux visqueuses. « Un instant, tu es là, tu retiens cette saleté répugnante comme tu es censé le faire. L’instant d’après, tu disparais sans laisser de trace. Comme si ton existence avait été effacée. »
« Il s’est passé certaines choses. C’est réglé, maintenant », dit Zac.
« Pour combien de temps ? Avec toi, il n’y a jamais de répit », se lamenta Esmeralda, la gueule béante, encore terrorisée. « J’ai affronté plus de calamités ces derniers mois qu’en des millénaires passés à être traquée par des Suprématies. »
« Eh bien, les risques vont de pair avec les occasions », dit Zac en s’asseyant avec un grognement.
« Alors pourquoi ma bourse est-elle vide ? »
« Vide ? » ricana Zac. « Tu croyais que je ne sentirais pas que tu chapardais deux trésors quand les piliers se sont enfoncés dans le sol ? Comment ta technique aurait-elle pu fonctionner si je n’avais pas relâché mon pouvoir ? Sans que je me place comme il fallait ? »
« Ne te fais pas d’idées ! » le fusilla Esmeralda du regard. « Je les ai obtenus grâce à mes propres capacités. C’est une indemnisation pour la catastrophe. »
« Je n’ai rien dit, répondit Zac. Tu as quelque chose qui pourrait m’être utile ? On pourrait échanger. »
« Il y a un objet qui te plaira, et mon prix est très raisonnable », dit Esmeralda, une lueur rusée dans les yeux. « Je veux savoir ce qui t’est arrivé. »
« C’est tout ? »
« C’est tout », répondit Esmeralda, visiblement impatiente. « Je sens quelque chose… de précieux… en toi. »
« Vraiment ? » Zac inspecta son corps, sans rien trouver d’inhabituel.
« C’était un souffle d’énergie qui donnait l’impression que tu existais dans plusieurs réalités, où tu pouvais décider de l’avenir qui se réaliserait. J’ai senti qu’avec ce pouvoir, j’aurais pu sortir tout droit de mon maudit cycle de réincarnations », dit Esmeralda. « Il a disparu, maintenant. »
« Plusieurs réalités ? » songea Zac.
Ça ne ressemblait pas exactement aux Voyageurs stellaires ? Les souvenirs de Starclad s’étaient déjà en grande partie effacés, mais Zac se rappelait encore son apparence et quelques bribes. De toute évidence, les Voyageurs étaient des entités de dimension supérieure, des êtres qui existaient à la fois dans plusieurs plans et à plusieurs époques. Ils ne regardaient pas dans l’avenir pour découvrir qu’ils n’avaient pas le choix. Ils vivaient déjà dans tous les avenirs.
Et Zac portait une trace de ce pouvoir ? Il inspecta de nouveau son corps, sans parvenir à déceler la moindre énergie cachée ou le moindre changement. Était-ce une illusion laissée par les souvenirs du Voyageur, ou quelque chose l’avait-il réellement marqué ?
Un coup de langue humide d’Esmeralda le ramena au présent. Il y réfléchit un instant, puis accepta. Ce que Wal’Zo lui avait révélé n’avait pas besoin de rester secret. Et s’il pouvait échanger quelques informations contre un trésor du Coffre-fort de Polaris, pourquoi s’en priver ?
« L’Éternel, hein ? Quel esprit généreux. Presque trop généreux », gloussa Esmeralda quand Zac eut terminé son récit.
« D’abord, paie », dit Zac.
« Pff », protesta Esmeralda avant de sortir un paquet de paille de sa joue.
Zac sentit une puissance charnelle phénoménale émaner de l’objet ; même son corps draugr, à l’extérieur, frémit de convoitise. « Qu’est-ce que c’est ? »
« Je ne sais pas, sinon que c’est lié au renforcement du corps. Et c’est extrêmement rare. Il y a des traces de Loi à l’intérieur », répondit Esmeralda. « Ça devrait t’aider à poursuivre ce que tu as commencé avec cette chaise. »
« Pas mal », dit Zac en hochant la tête, avant de le ranger soigneusement dans l’un de ses meilleurs coffrets à trésors. « Tu ne crois pas à cette histoire ? »
« La façon dont tu décris les origines ne colle pas », répondit Esmeralda, l’air contrarié. « Il y a quelque chose… Je n’arrive juste pas à me rappeler quoi. »
« Certains détails semblent suspects », acquiesça Zac. « Si les Voyageurs stellaires l’ont aidée dans son entreprise, alors que sont les Trônes ? La voie qu’ils incarnent semble aller directement à l’encontre de son grand dessein. »
« Peut-être que la moitié d’entre eux s’opposait à l’idée de servir de matériaux de construction », dit Esmeralda en haussant les épaules. « Je sais que moi, je l’aurais refusée. Si j’étais l’un de ces Voyageurs, je partirais dans l’au-delà pour un dernier voyage. Je réussirais ou je mourrais. »
Zac hocha la tête. Les Voyageurs stellaires semblaient semblables, mais ça ne signifiait pas qu’ils prendraient tous la même décision. C’était pareil pour la troisième race des Arcanes antiques. Au lieu de codifier les Lois, l’Éternel aurait tout aussi bien pu les tuer et s’approprier leur pouvoir.
« Il y a autre chose. Le gardien a dit qu’à chaque Ère, quelques êtres atteignaient le niveau de l’Éternel, ajouta Zac. Alors pourquoi rien n’a-t-il changé depuis tout ce temps ? »
« Pourquoi personne d’autre n’est-il venu avec une meilleure idée pour refondre le Multivers ? » reprit Esmeralda. « Ou le sacrifier pour accéder à l’Éternité véritable. Il ne manque pas de personnages sans scrupules au sommet. »
« On dirait que l’Éternel a coupé la voie vers l’Éternité, dit Zac. Mais était-ce pour protéger ses intérêts ou pour s’assurer que personne ne défasse son œuvre ? »
« Pourquoi pas les deux ? »
Zac se rappela soudain les paroles de mise en garde prononcées par la voix impassible du Système. Méfiez-vous du Terminus. Le Système l’avertissait-il de ne pas se mêler des affaires de l’Éternel ? En un sens, si l’histoire de Wal’Zo était vraie, elle représentait le Terminus. Le gardien ne l’avait pas dit franchement, mais il avait reconnu avoir existé avant le concept de Destin.
Il était logique que l’Éternel soit devenue le Destin cosmique si les deux autres races des Arcanes antiques avaient formé le Dao et les Lois. Cela remettait en question les motivations du Système. L’Empereur Sans-Limites avait certainement été au courant de tout cela au faîte de sa puissance. Et pourtant, il avait créé un Destin impérial distinct, qui allait à l’encontre de l’ordre naturel. On aurait presque dit un acte de guerre contre l’Éternel, et pourtant Wal’Zo parlait de l’Empereur comme d’un vieil ami.
Et pourquoi organiser les épreuves de la Quête des flammes ? Zac n’avait pas manqué que Wal’Zo n’en avait jamais parlé. Il s’était contenté de distiller des allusions énigmatiques et de lui agiter une carotte sous le nez avant de partir. Une carotte à laquelle Zac avait du mal à résister. Le vieux savait clairement sur quels boutons appuyer, et il n’avait pas débité de sottises au sujet de cette dernière partie.
Zac se rappela les huit puissantes auras qu’il avait senties juste avant que le Système ne le rappelle depuis la Montagne du Vide et le terrible au-delà. C’était forcément les huit marques durables sur les pentes dont Wal’Zo avait parlé. Zac avait d’abord supposé qu’il pouvait s’agir des huit piliers du Système. Était-ce plutôt des marques laissées par des Cultivateurs du Vide extrêmement puissants ? Pouvait-il vraiment laisser passer l’occasion de comprendre le Vide et sa lignée ?
Sa seule autre piste était le Clan Sindris. Cependant, se rendre sur leur terre natale, aux confins du Multivers, serait extrêmement dangereux. Rien ne garantissait même qu’ils possédaient ce qu’il cherchait. Karz ne semblait pas du genre à laisser un héritage, ce qui concordait avec les explications de Leandra. Les méthodes de Karz seraient-elles seulement utiles à la lignée corrompue de Zac ?
Zac se gratta la tête, regrettant désespérément de ne pas avoir pu discuter de ces questions avec Ogras tant que les souvenirs étaient encore frais. Pour l’instant, il devrait se contenter de la crapaude. « Qu’en penses-tu ? On doit changer nos plans ? »
« À cause d’une vieille histoire ? On ne sait toujours rien. Au moins, le vieux fantôme n’a pas eu l’air de mal prendre ma présence », répondit Esmeralda d’un ton désinvolte. « Tu peux te lancer dans la course. L’Héritage de l’Éternel ne m’intéresse pas tellement. »
« Ça ne t’intéresse pas ? » demanda Zac, surpris. « Si c’est vrai, les Cours précèdent tout ce qu’on connaît. Même le Dao. »
« Pourquoi faudrait-il que ce soit une bonne chose ? Leurs trésors ne seraient-ils pas réduits en poussière, et leurs héritages si étrangers qu’ils en seraient inutilisables ? Ils ont peut-être lancé le mouvement, mais il s’est passé beaucoup de choses depuis. Crois-en mon expérience : la grandeur des origines importe peu si tout ce qu’il en reste, ce sont des ruines. Regarde cette base en ruine », répondit Esmeralda. « En plus, je suis une voleuse. Je ne participe pas aux épreuves. Je vole ce que je veux. »
Une onde de choc formidable, à l’extérieur, interrompit leur conversation. Le souffle projeta Zac au sol, et du sang se mit à couler de l’oreille de Galau. Zac avait l’impression qu’ils se trouvaient dans un tambour de guerre frappé par un géant. L’impact était bien pire que les secousses incessantes. Sans les runes, qui absorbèrent la majeure partie du choc, ils auraient été grièvement blessés.
La méditation de Kator fut interrompue. Il leva solennellement les yeux vers la grande fissure qui venait d’apparaître dans le puits. « Les assaillants ont dû réussir à franchir l’une des défenses. Des monarques de pointe, peut-être même plus puissants. »
Une deuxième onde de choc força Zac à activer les [Exposants profanes]. Puis un silence inquiétant retomba, semblable au calme avant la tempête. Kator sembla ressentir la même chose et se leva d’un bond.
« Nous n’avons pas le temps de nous reposer. Tu dois activer ces marionnettes, sinon il sera trop tard. »
Zac baissa les yeux avec hésitation vers le trio toujours inconscient. Il venait à peine de stabiliser leur état, et une quantité considérable de corruption était encore logée dans leurs corps. Leurs Daos résistaient instinctivement, mais Zac n’était pas sûr qu’ils puissent se débrouiller seuls s’il cessait de les aider.
Leur sécurité n’était pas la seule chose qui l’inquiétait. Zac sentait que l’aboutissement de multiples fils du destin l’attendait de l’autre côté du pont. N’avoir que Kator à ses côtés était une recette pour le désastre. Malheureusement, les assaillants ne leur laisseraient pas le temps nécessaire. Ils devaient vraiment se mettre en route.
« Moi, je les abandonnerais. Mais je suis sûr que tu ne le feras pas », dit Kator en s’engageant sur le pont.
Zac enveloppa les autres de chaînes après avoir vérifié que le [Lien d’amour] était intact. Il rejoignit Kator, leurs pas résonnant dans le puits, à présent que les secousses s’étaient arrêtées. Leur marche prudente se mua en sprint à mesure que l’atmosphère oppressante se faisait plus urgente. Le Sens du danger de Zac semblait vouloir hurler à pleins poumons, mais quelque chose lui bâillonnait la bouche.
La source de leur inquiétude grandissante ne tarda pas à se manifester. Un déchirement assourdissant rompit les tympans de Zac, mais la douleur n’était rien face à la terreur de voir un doigt grand comme une montagne percer la barrière renforcée du puits comme si elle était en argile. Un côté entier de la chambre fut arraché, faisant s’effondrer des dizaines de formations flottantes, et une pression insoutenable força Zac et Kator à s’arrêter.
« Argh… » haleta Zac, levant les yeux vers leur attaquant sans espoir.
C’était l’un des géants qu’il avait brièvement aperçus dans cette succession de visions : une Dimension du dieu étranger. Les traits désordonnés et abîmés de son visage, semblables à des brûlures au troisième degré, prenaient soudain tout leur sens. Ce n’était pas le contrecoup de sa traversée forcée d’un soleil hostile. C’était une tentative vaine d’imiter la tête d’un Voyageur stellaire. Il lui était impossible d’exister dans plusieurs réalités comme leur processeur ; aussi ne ressemblait-il qu’à des amas de chair maintenus ensemble par la force brute et le Dao de la Mort.
L’assaillant les considérait de toute évidence comme de simples fourmis et concentrait toute son attention sur l’octogone, qui rayonnait d’une foi inébranlable. Zac voulut profiter de l’occasion pour se ruer en avant, mais rien ne fonctionnait. L’aura cruelle de la Dimension du dieu étranger était assez puissante pour les clouer sur place. Il ne pouvait même pas activer la [Zone du Vide] : la sphère de nullification était refoulée dans ses cellules, incapable de rivaliser avec la pression.
Une éruption aveuglante de Courroux stellaire submergea tout le reste, et Zac comprit qu’il pouvait bouger.
« Allez ! » rugit Kator, les enveloppant tous deux d’une bulle de temps accéléré.
Zac endura de nouveau le vertige désagréable causé par l’instabilité temporelle tandis qu’ils fonçaient sur le pont. Ils pénétraient dans le ventre de la bête, mais que pouvaient-ils faire d’autre ? Un seul coup de l’ennemi, aussi immense, aurait tout rasé sur des dizaines de kilomètres, peut-être davantage. La lumière aveuglante s’atténua, permettant à Zac de voir ce qui leur avait donné l’occasion de renverser la situation.
Une flotte d’anciens vaisseaux de guerre venait de percuter de plein fouet la tête de la Dimension du dieu étranger, libérant une vague de destruction en s’écrasant. Plus de trente d’entre eux avaient dû se sacrifier pour repousser l’envahisseur. Zac remercia le ciel que certaines défenses de la base soient encore intactes tandis qu’ils s’engouffraient dans la structure, désormais sans verrou.
À l’intérieur les attendait exactement la scène qu’il avait déjà vue : un soleil miniature flottant au sommet d’une flèche. Et, dans ce soleil, se trouvait la dernière pièce de son Sceau du Porte-Flammes.