Chapitre 1 247
Sorothom frissonna, incapable d’empêcher son aura de fluctuer.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » cracha Eisorn.
« Rien, monsieur », répondit Sorothom en réprimant péniblement sa colère. Il était le Pape fondateur de Kan’Tanu, et pourtant il était forcé de ramper comme un serviteur. « Moro lutte contre ses entraves. Et avec les dépenses liées à l’installation des nœuds du rituel… »
Eisorn observa Sorothom quelques instants avant de ricaner. Il sortit néanmoins une tresse rouge et noire, à la grande surprise de Sorothom. Son surveillant devait être assez inquiet pour puiser dans ses propres réserves, au point de sortir une[Tresse altruiste]que seuls les Anciens du Cœur de rang B pouvaient confectionner.
Sorothom n’était qu’un acolyte lorsqu’il avait quitté la secte principale, mais il savait à quel point ces tresses coûtaient cher. Et il ne suffisait pas d’avoir l’argent. Les Anciens du Cœur étaient rares, et fabriquer une tresse prenait beaucoup de temps et d’énergie. Un Réincarné devait « participer » à leurs expériences ou accomplir des missions mortelles pour seulement espérer franchir le seuil. Heureusement pour Eisorn, il avait probablement échappé à ces tourments, puisqu’il dirigeait leur mission clandestine.
« C’est la seule. Si tu ne tiens toujours pas le coup jusqu’à ce que notre mission soit accomplie, nos promesses ne vaudront rien. Les véritables mantras ne te sauveront pas si tu ne parviens pas à regagner le terrain perdu. Tu tomberas de la ligne de défense, et ton compagnon n’est pas qualifié pour s’élever seul. »
« Ce n’est qu’un revers temporaire », assura Sorothom. « J’ai passé trop de temps dans le cimetière, et une partie des turbulences s’est infiltrée dans… »
« Ça ne m’intéresse pas », l’interrompit Eisorn. « Ton incompétence a laissé le Trône empyréen s’échapper. Si ton instabilité compromet davantage notre entreprise… »
« Ça n’arrivera pas », assura Sorothom au Maître de Salle du Cœur Noir.
Sorothom affichait une expression obséquieuse, ne laissant filtrer qu’une pointe de ressentiment à l’idée d’être réduit au rôle d’assistant d’un vulgaire Monarque du début. Eisorn était peut-être un Réincarné, mais cela ne suffisait pas à combler le gouffre qui le séparait de quelqu’un qui se préparait depuis des éternités à la Confirmation de son Dao. Sans compter que Sorothom était le Pape de Kan’Tanu, avec des milliers de milliards de citoyens sous sa bannière. Eisorn prenait plaisir à rabaisser ses cousins des confins, surtout ceux qui étaient plus puissants que lui. Sorothom avait presque perdu le contrôle pour de bon, tant ce bâtard arrogant lui avait brandi son Autorité de la Malédiction au visage.
Que penserait Eisorn s’il découvrait que tout n’était qu’une façade ? Dans son monde, l’avatar de Sorothom riait comme un dément en contemplant l’antique Disque de réseau qu’il tenait en main. C’était cet objet qui avait lancé sa longue et vaine quête dans le cimetière. Pour la première fois, il émettait un faible bourdonnement depuis qu’il s’était connecté à son Réseau mère.
La guerre intersectorielle était tombée du ciel comme une bénédiction, juste au moment où il avait renoncé à trouver l’endroit où menait le disque. Sorothom pouvait désormais s’élever grâce à un grand réseau sacrificiel, en prenant la guerre comme combustible. Sa joie fut de courte durée. La toile qu’il avait patiemment tissée fut déchirée juste avant qu’il ne passe à l’action, le ramenant à la case départ.
Il avait hésité à accepter la proposition de la Secte du Cœur Noir, gardant un mince espoir que le nexus du cimetière se dévoilerait maintenant que le destin atteignait son Zénith. C’est alors qu’il avait reçu le message qui avait tout changé. Sorothom était resté sceptique jusqu’au bout, mais tout se déroulait exactement comme annoncé.
Il y avait encore de l’espoir.
Les heures qui suivraient seraient cruciales. Il ne fallait commettre aucune erreur, et Sorothom ne pouvait pas laisser son maître d’œuvre apprendre qu’une occasion exceptionnelle se présentait à proximité. Heureusement, Eisorn était entièrement absorbé par la vérification de leurs préparatifs. Ce qu’ils s’apprêtaient à faire risquait d’attirer l’attention des Cieux impitoyables et, par extension, de ceux qui pouvaient entrevoir leurs agissements.
Ils ne pouvaient pas se le permettre. La Secte du Cœur Noir avait été opprimée au point de ne même plus pouvoir obtenir une place à la table des négociations, ce qui l’avait obligée à s’introduire par une voie dissimulée depuis la Tempête éternelle. Les factions orthodoxes feraient front commun si elles comprenaient ce qu’ils manigançaient.
La plateforme d’occultation céleste était déjà activée, et des milliers d’Ancres stygiennes avaient stabilisé la zone. Leur aura détournait les tempêtes du Cimetière impérial intérieur, formant une vaste région stable. Tout était prêt pour l’étape suivante.
« Activez la Rupture du Destin », ordonna Eisorn.
Les subordonnés du Maître de Salle obéirent sans un mot, et un mur de séparation isola le destin et le Karma des mille Hégémons répartis sur la plateforme d’occultation céleste. Les Cieux ne seraient pas concernés par ce qui se déroulerait à l’intérieur, et cela n’impliquerait pas non plus les observateurs à l’extérieur qui avaient tout organisé.
« Les enfants sont prêts », annonça le Prêtre du Sang depuis son autel, un sourire délirant aux lèvres.
Depuis sa position, Sorothom sentait l’odeur du sang putride et du Karma souillé. Ces fous ne lui manquaient vraiment pas, même s’ils étaient indispensables pour révéler tout le potentiel des Rituels du Cœur Noir.
« La force est le seul credo de la Secte du Cœur Noir », déclara Eisorn, sa voix résonnant dans toute la région. « Prouvez que vous en êtes dignes. Faites des faibles le combustible de votre ascension. Commencez le rituel. »
Des fleuves de sang se déversèrent sur le plateau gravé tandis que les pions se battaient pour leur vie, massacrant leurs frères et sœurs ou se faisant massacrer par eux. La plateforme ne faisait que trois kilomètres de large, ce qui rendait le désespoir et la férocité bien plus intenses que lors d’un rituel traditionnel s’étendant sur des dizaines de kilomètres de terrain varié. Pas de manigances, pas de plans, pas le temps de préparer une embuscade. Des ennemis leur soufflaient dans le cou de toutes parts : il fallait tuer ou être tué.
Pendant ce temps, les doigts d’Eisorn s’agitaient sous ses manches. Ses gestes pouvaient paraître anodins, mais ils ne trompaient pas l’œil exercé de Sorothom. Le Maître de Salle influençait subtilement le cours de la bataille, veillant à ce qu’aucun de ses protégés ne trouve un sceau trop tôt. À la place, c’étaient les élites rassemblées par Sorothom qui avaient la « chance » de dénicher des sceaux dans les coffres de leurs ennemis.
Des éclats de lumière transcendante inondaient le plateau les uns après les autres, répandant une vérité glorieuse. Pour les participants, c’était un phare, leur seul espoir de survie. Paradoxalement, en trouver un équivalait à une condamnation à mort. Les participants fondaient sur ces lumières comme des fantômes affamés, et ceux qui déterraient un sceau mouraient presque toujours les premiers sous une avalanche d’attaques.
Vingt-sept fragments de sceau étaient répartis parmi les milliers de participants, ce qui signifiait que vingt-sept personnes au maximum en sortiraient vivantes. Il y en aurait probablement moins, car les plus forts en ramasseraient plusieurs. Sans compter ceux qui seraient réduits en cendres pour avoir surestimé leur destin ou choisi la mauvaise cour.
La plupart des sceaux avaient été récoltés au fil des années de guerre. Ils en avaient vendu la majorité pour sauver les apparences, tout en en gardant quelques-uns pour eux. Une douzaine avaient été récupérés au cours de la frénésie qui s’était emparée du cimetière, et parmi ceux qui avaient pris part au festin.
Bientôt, le massacre atteignit l’équilibre attendu dans une mêlée générale. Les participants les plus faibles étaient devenus le combustible de la plateforme, et leur sang emplissait déjà les sillons gravés. Les plus forts s’étaient chacun postés près d’un sceau, sans oser le revendiquer. Ils attendraient que leur nombre diminue encore un peu avant de passer à l’action.
Les sceaux non réclamés émettaient des pulsations de vérité toujours plus puissantes, comme pour attirer un porteur digne d’eux. Chaque pulsation faisait trembler la plateforme, et Sorothom ricana en entendant les échanges surexcités des Maîtres des réseaux.
« Où en êtes-vous ? » demanda Eisorn avec une fausse modestie. Sorothom savait parfaitement que la récompense du Maître de Salle dépendait de leur réponse.
« C’est terminé ! » s’exclama le Tisseur de fils en chef. « Le signal est en train d’être transmis par le Réseau stygien. »
Quelques instants plus tard, une lumière s’alluma sur le grand orbe de cristal autour duquel s’étaient rassemblés les Maîtres des réseaux.
« Ça fonctionne », souffla Eisorn en jetant un regard vers Sorothom. « Ton idée de relier le plateau à tes Ancres stygiennes pour étendre la portée était excellente. »
« Ce n’est qu’une modeste contribution, après avoir appris quelques astuces de cet endroit », répondit Sorothom en s’inclinant, tout en ricanant intérieurement. Ils n’avaient rien remarqué !
« Malgré tout, l’exploit d’aujourd’hui aurait été impossible sans les puissants moyens de la secte principale. »
« C’est vrai », acquiesça Eisorn.
De nouvelles lumières apparurent l’une après l’autre sur le cristal, tandis que ses opérateurs balayaient différentes zones du Cimetière impérial. Chacune d’elles augmentait l’excitation générale, et Eisorn semblait prêt à organiser un banquet dès la quinzième apparition. Sorothom joua les impressionnés, même si tous les signaux étaient faux. Après tout, les Ancres stygiennes n’étaient pas conçues pour détecter les sceaux.
Elles servaient à tout autre chose.
Au bout d’une demi-heure, le carnage avait nettement ralenti. Il restait moins de deux cents candidats, presque tous épuisés et couverts de blessures. Certains avaient réussi à arracher leur ticket par la seule force de leur brutalité. Le sang se faisant plus rare et les lumières visibles moins nombreuses, le réseau perdrait aussi en efficacité.
Sorothom craignait qu’ils ne remarquent les anomalies une fois leur fièvre retombée. Il était un peu tôt, mais autant y aller. Il avait assez attendu ce moment.
« Ça traîne trop. Les ancres céderont avant qu’on arrive au bout. Je vais accélérer les choses », gronda Sorothom tandis que des veines saillaient sur ses bras et que des dents rouge sang y poussaient, imitant une rupture mentale.
« Imbécile, arrête ! » rugit Eisorn, tandis qu’un mur se dressait entre eux.
Sorothom ricana intérieurement, conservant l’apparence de quelqu’un qui perdait le contrôle. Ce petit tyran avait mille ans d’avance sur lui s’il croyait pouvoir l’arrêter une fois sa décision prise. La cascade d’acide qu’il avait lancée disparut soudain après avoir percé un trou dans le tissu dimensionnel, puis réapparut juste au-dessus de la plateforme. Une pluie toxique s’abattit, et les participants tombèrent par dizaines, ne laissant derrière eux que du sang putride. Douze sceaux furent déterrés en un instant, la plupart par les élites qu’Eisorn avait subtilement aidées.
« Non ! »
« Pleurez ! Désespérez ! » hurla Sorothom en riant, tandis que des bouches apparaissaient sur tout son corps. « Les lumières… ! Les lumières brillent ! »
« Tu as souillé le destin, espèce de bâtard arriéré ! Je savais qu’on ne pouvait pas compter sur un chien errant comme toi », gronda Eisorn, ses yeux se changeant en glyphes frétillants. « Offre ta vie en apaisement au Fleuve du Destin. »
Et rien ne se produisit. Moro s’agita avec déplaisir dans le Monde intérieur de Sorothom ; c’était tout ce que le mécanisme sacrificiel du Maître de Salle parvint à accomplir. Les deux compères avaient attendu cet instant. Moro s’était affaibli après avoir insufflé presque toute sa force à Sorothom, sans laisser paraître les nombreux sceaux ni les couches de suppression dont il était censé être prisonnier.
Sorothom se brouilla, tirant encore davantage parti de ses attributs supérieurs et de sa compréhension. Sa main était déjà enfoncée dans la poitrine d’Eisorn avant que celui-ci ait pu réagir ; il scella son compagnon et son Monde intérieur sous le poids d’un monde presque parfait.
« Tu es immunisé… » haleta Eisorn. « C’est impossible ! »
« Rien n’est impossible, monsieur », sourit Sorothom en serrant le poing. Une vague de destruction déchira le Monde intérieur de l’Ancien du Cœur Noir et en dispersa les fragments dans le vide.
Un imbécile borné comme Eisorn ne comprendrait jamais comment un cultivateur des confins pouvait déjouer leurs méthodes ; inutile de lui expliquer. Ce qu’il avait découvert dans les profondeurs ne lui avait peut-être pas suffi pour devenir un Monarque divin, mais cela lui avait conféré des avantages uniques.
« Fou », souffla Eisorn, qui perdait sa vitalité et sa force comme par une passoire. « La Secte du Cœur Noir sait ce qui s’est passé ici. Tu n’obtiendras pas ce que tu cherches. »
« Ah oui ? » ricana Sorothom en saisissant le Monarque infirme à la gorge. « J’en ai assez de t’entendre. Offre ta vie en apaisement au Fleuve du Destin. »
Sorothom expira, libérant une nuée de bestioles qui s’enfoncèrent dans le corps d’Eisorn. Celui-ci tressaillit de douleur, mais les[Scarabées de lien vital]ne le laisseraient pas mourir. Sorothom lui arracha un doigt et s’en servit pour tracer une série de runes sanglantes sur la poitrine du Maître de Salle. Le Karma fut souillé, et Sorothom fit porter à Eisorn la majeure partie de la responsabilité d’avoir interféré avec les sceaux.
Une vague d’épuisement profond faillit faire s’effondrer Sorothom. Il avait trop détourné, trop souvent. Malgré sa longévité, il ne ferait pas long feu s’il ne progressait pas et ne s’emparait pas d’une plus grande part de providence. Il fallait que tout cela en vaille la peine.
Tous les cultistes présents sur la plateforme avaient été réduits en sang lorsque Sorothom eut réglé le sort des subordonnés d’Eisorn à l’extérieur. La pluie toxique les avait balayés sans distinction. Même son grand disciple n’avait pas été épargné. Que valaient de tels liens fragiles face au Grand Dao et à ses ambitions ?
Sorothom agita sa manche, et des centaines de têtes gravées volèrent vers le plateau. Chacune prit place selon le motif indiqué. Pendant ce temps, des dizaines de guerriers encapuchonnés sortirent de l’un des Vaisseaux cosmiques capturés, sans la moindre trace des marques censées les sceller. Ils s’envolèrent vers la plateforme, mais un reniflement de Sorothom les arrêta net.
« Avons-nous fait quelque chose qui ait déplu à Votre Éminence ? »
Sorothom se tourna vers la personne qui avait posé la question. « Pas du tout. Mais vous ne m’avez pas particulièrement satisfait non plus. »
« Le message de notre seigneur devait être exact pour que Votre Éminence passe à l’action », dit l’Envoyé impérial. « Pour la prochaine étape… »
« Au fait, où est ce petit prince fourbe ? » demanda Sorothom en haussant un sourcil. « Il ne me semble pas du genre à se retenir devant un tel butin. »
« Il remplit sa part de l’accord en attendant que nous agissions », répondit-elle en s’inclinant. « Les sceaux disparaîtront bientôt si nos gens ne sont pas autorisés à franchir le voile. Comme convenu, notre camp s’emparera des sceaux. »
« Je m’en souviens. Mais je ne vois toujours pas ce que vous m’apportez en échange. Où est-ce ? »
« Un Acte de pairie vierge, comme promis », répondit l’Envoyée en exhibant un parchemin archaïque chargé de puissance. « Prenez garde : si votre situation est révélée… »
« Je sais, vous me laisserez me débrouiller seul », répondit Sorothom.
Cet avertissement était inutile. Après tout ça, il ne s’installerait pas au Septième Ciel. Il était un fil qui dépassait et un personnage peu recommandable. Il aurait de la chance s’il survivait jusqu’au soir. Mais il pourrait échanger l’acte contre un statut équivalent ailleurs, là où personne ne connaissait son identité.
Les yeux de Sorothom brillèrent d’avidité lorsqu’il constata qu’ils avaient vraiment satisfait sa demande, et il dut lutter contre l’envie de s’en emparer de force. Il aurait pu massacrer ces impériaux d’un revers de manche, mais il risquait ainsi de gâcher le véritable prix. L’acte ne lui servirait à rien s’il laissait filer l’occasion de franchir un cap.
C’était Yvin Tobrial qui l’avait approché avec un plan, allant jusqu’à lui fournir des schémas que seul Sorothom connaissait, ceux qu’il avait vus en découvrant le Réseau fille au cœur du Cimetière impérial. Le petit prince semblait presque aussi bien informé que Sorothom, et connaissait même certains détails qu’il n’avait pas réussi à reconstituer.
Le message de Yvin était simple. Le sale gamin infernal qui avait ruiné les plans de Sorothom visait la même chose que lui, et il avait même la clé. Mais cela causerait sa perte. Atteindre sa destination réveillerait la base, ce que le Réseau fille de Sorothom avait confirmé. La trouver n’était plus un vain espoir.
Mais il s’agissait au bout du compte d’une base clandestine créée par l’Empire Sans-Limites. Savoir où elle se trouvait ne résolvait que la moitié du problème. Sans la clé, Sorothom ne pouvait pas l’atteindre, et le petit prince encore moins. Il leur fallait quelqu’un d’autre pour ouvrir la voie, d’où le rituel. Les Ancres stygiennes n’avaient jamais été destinées à chercher des sceaux. Elles devaient amplifier un signal tout en stabilisant l’espace suffisamment pour qu’il atteigne sa destination lointaine.
Les têtes gravées modifièrent les réseaux inscrits sur la plateforme d’occultation céleste, lui permettant de se connecter pleinement aux Ancres stygiennes. Une impulsion concentrée, imprégnée de l’aura du Sceau du Palais impérial de gauche, fila vers un endroit lointain : une formation de tempêtes apparemment ordinaire, remplie de déchirures spatiales et de ressentiment.
Seul un voyageur chevronné du cimetière aurait remarqué que quelque chose clochait, que l’endroit était dangereux. Ce n’étaient pas des failles ordinaires. Elles menaient aux fissures entre les réalités.
Le message avait été envoyé. Il ne leur restait plus qu’à attendre la réponse.