Chapitre 1 243
Le sommet de l’Hégémonie intermédiaire, avec la Vie, la Mort et le Conflit élevés au rang de Daos terrestres avant Ultom. Voilà l’objectif ambitieux que Zac s’était fixé et qu’il s’était efforcé d’atteindre à toute vitesse, avec l’impression constante de prendre du retard. Ces deux derniers mois avaient tout changé.
L’entraînement du Calice empyréen avait intégré et stabilisé l’énorme expérience qu’il avait accumulée au fil des années de combats acharnés sur les lignes de front. L’Atavisme s’était appuyé sur ses fondations renforcées, lui offrant une récolte d’intuitions qu’il avait rassemblées depuis son premier contact avec les Vestiges, lors de la Chasse du Trigramme oriental. La série de percées qui avait suivi lui avait permis d’atteindre son objectif avec plusieurs mois d’avance.
Il s’y était plus ou moins attendu depuis qu’il avait réussi l’épreuve de Rava, mais il ne savait pas quoi en penser. Certes, il lui restait des choses à améliorer, de sa technique à son âme et à ses Constitutions. À vrai dire, il aurait pu remplir cinq journées entières avec tout ce qui réclamait son attention. Et pourtant, il avait terminé. C’était fini. Il se sentait à sec, comme s’il avait dépensé tout son argent dans une frénésie d’achats délirante.
Sauf qu’au lieu de l’argent durement gagné, c’étaient ses réserves et son élan qui s’étaient épuisés. En poussant ses Daos de la Vie et de la Mort vers l’étape suivante, il avait extirpé jusqu’à la dernière miette de ses intuitions. La voie à suivre était noyée dans un brouillard si épais qu’il ne savait même pas dans quelle direction faire son premier pas.
Il avait progressé trop loin, trop vite. Rava l’avait averti à plusieurs reprises que son programme d’entraînement ne faisait que colmater les brèches et qu’il devrait bientôt ralentir. Zac n’était pas assez idiot pour négliger ses enseignements, et franchir deux étapes mineures de l’Hégémonie en autant d’années était indéniablement trop rapide. Malgré tout, il s’était toujours accroché à l’idée qu’il échappait à la règle, comme dans bien d’autres domaines.
Tant qu’il disposait des ressources et des occasions nécessaires, pourquoi ne pourrait-il pas continuer ? À présent qu’ils avaient atteint les profondeurs du cimetière, il ne devrait manquer ni des unes ni des autres, à condition de ne pas se retrouver mêlés à un conflit avec le Culte du Cœur Noir. Il ne dépendait pas des Cieux pour progresser, mais de ses deux mains et de sa détermination.
Désormais, Zac en était moins sûr. C’était peut-être simplement la fatigue d’avoir survécu à une bataille acharnée, juste après avoir frôlé la mort dans le rideau de tempête, mais il avait vraiment l’impression d’avoir atteint un goulot d’étranglement mental, autant que dans sa cultivation.
Il espérait même que le Projet Centurion serait la clé pour déclencher l’épreuve en avance. Il brûlait d’impatience à l’idée de se lancer, sachant que la situation actuelle ne lui apporterait rien. La perspective de passer des mois dans le Cimetière impérial, à attendre que le compte à rebours atteigne zéro, lui était presque insupportable. Zac doutait que quelques trésors suffisent à ranimer son élan.
Le seul remède, c’était le temps. Le temps de digérer, de se reposer et de retrouver une certaine normalité après des années passées sans jamais s’arrêter ni ralentir. Ses compagnons avaient besoin de la même chose. Et pourtant, ils ne pourraient pas souffler tant qu’ils n’auraient pas affronté l’épreuve et ses conséquences.
Zac secoua la tête et se concentra sur le présent. Inutile de s’inquiéter de ce qui arriverait une fois à destination. Quoi qu’il se passe, il y ferait face, et cette expérience préparerait le terrain pour sa prochaine percée. Pour l’instant, il devait récupérer. Jaol était un peu névrosé, mais il se trompait rarement. S’il pensait qu’ils avaient été repérés, c’était probablement le cas. Zac avala une nouvelle série de puissantes pilules de guérison et de trésors naturels, sans se soucier de leur forte teneur en toxines de pilule : une autre fournée de foudre purifiée était en préparation. Ses croûtes et ses cicatrices séchèrent avant de tomber, révélant une peau lisse en dessous.
Pendant ce temps, un liquide semblable à un clair de lune scintillant combla les fissures de son Ouverture de l’âme et les ressouda en laissant des motifs évoquant le kintsugi. Il le devait à un puissant Trésor de restauration de l’âme acheté à l’Échange limité. La guérison était forcée, mais le problème n’était pas si grave, tant qu’il n’en abusait pas. La foudre purifiée en résorberait une partie, et il s’occuperait du reste en pratiquant le[Manuel des neuf réincarnations]. D’ici là, il pourrait utiliser ses Daos sans trop de difficulté.
En voyant les fissures se refermer rapidement, Zac pensa à son compagnon lié et se sentit soudain bien mieux après avoir observé Kator grâce à l’accès administrateur. L’état du Reaver était bien pire que le sien : même la Foudre de Tribulation n’avait pas échappé aux effets de leur lien de solidarité. La cuve de guérison avait explosé, et Kator avait dû en prendre une autre.
Il était toujours assis dans le liquide bouillonnant, presque catatonique. Les dégâts aux ossements de guerre de Kator s’étaient aggravés : de vilaines marques de brûlure s’y étalaient, et les fissures s’étaient propagées presque deux fois plus loin. Ses fluctuations spirituelles étaient elles aussi instables, signe que son âme avait subi des dégâts invisibles. Aucune trace de foudre ni d’aura des Cieux. Comme prévu, le lien avait transféré les dégâts, pas l’attaque physique.
L’âme de Kator n’était pas aussi puissante que celle de Zac, même si les âmes des Izh'Rak Reaver profitaient de leurs méthodes de trempe des os. Le [Lien de solidarité] n’en avait pas tenu compte en lui transmettant plus de la moitié des dégâts. Ce qui était supportable pour Zac représentait un sérieux revers pour Kator. Zac supposait que le Reaver possédait des trésors de guérison de tout premier ordre, mais il n’avait ni la [Pureté du Vide] ni de foudre raffinée pour atténuer les effets secondaires.
Il était fort peu probable que Kator puisse encore s’améliorer à la dernière minute avant l’épreuve dans son état actuel, et c’était exactement ce que Zac espérait. L’obtention de deux Daos terrestres supplémentaires lui avait donné confiance dans l’éventualité d’un affrontement, mais cela ne servirait à rien si Kator perçait de son côté.
Zac continua de surveiller Kator du coin de sa conscience, puis reprit l’observation de son Continent du Dao. Il ne parvenait peut-être pas à discerner la voie à suivre, mais il lui restait des découvertes à faire sur le chemin déjà parcouru.
Les moteurs se mirent en marche quarante minutes plus tard, permettant au Yphelion de reprendre sa route. Galau avait encore assuré, accomplissant à lui seul le travail de tout un équipage en deux fois moins de temps. Zac savait qu’il n’y était parvenu qu’en prenant quelques raccourcis, mais et alors ? Ils pourraient s’inquiéter de remettre le Yphelion en parfait état une fois en sécurité.
Trois autres heures s’écoulèrent avant que son jeton de communication ne vibre. Zac se leva en grognant. Il était loin d’avoir récupéré toute son énergie ou guéri ses blessures, mais le mois écoulé l’avait déjà habitué aux interruptions incessantes. Il prit une longue inspiration pour retrouver son calme, puis sortit de sa cabine.
« Ils sont de retour ? » demanda Zac en constatant que la passerelle était presque vide, la plupart des combattants étant encore en convalescence.
« Rien pour l’instant, répondit Jaol. On avait besoin de ton avis. Nous sommes sur le point de quitter la zone plus calme. Nous avons déjà tracé un itinéraire préliminaire en fonction des trajectoires que tu nous as envoyées. Seulement, si nous entrons et que… »
« Si nous tombons sur un autre ennemi dans ces couloirs étroits, ce ne sera pas aussi simple que de s’occuper d’un trésor », dit Ogras en sortant de l’ombre. « Ça va ? »
« Tout s’est bien passé, merci », répondit Zac d’un signe de tête, avant de se tourner vers Jaol. « Notre vaisseau peut tenir le coup ? »
« Les énergies se densifient. D’ici un ou deux jours, elles dépasseront celles que nous avons affrontées avant le rideau », répondit Jaol.
Zac se tourna vers Galau, qui se gratta le menton. « Les boucliers sont en mauvais état pour l’instant, mais ils seront prêts quand nous atteindrons les zones plus dangereuses. À condition, bien sûr, que nous n’ayons pas à livrer une autre bataille entre-temps. »
« Donc, tempêtes ou cultistes, mais pas les deux ? résuma Zac.
— On peut essayer de trouver un chemin plus calme en longeant le mur de tempête, proposa Jaol.
— Un chemin plus calme aussi loin à l’intérieur ? s’étonna Ogras. Comment pourrait-on avoir autant de chance ? On ne ferait qu’augmenter les chances de tomber sur ceux qui ont reçu le signal. »
« Je suis d’accord, dit Zac. L’avantage du Yphelion, c’est sa vitesse. C’est là-dessus qu’il faudra compter. Ils savent que nous sommes ici, mais ça ne leur servira à rien s’ils ne peuvent pas nous rattraper. Et si nous entrons dans la tempête, nous pourrons semer d’éventuels poursuivants. »
« Compris », dit Mark, et le Yphelion reprit sa route.
Bientôt, ils retrouvèrent le paysage plus familier du Cimetière impérial, où ils naviguèrent dans d’étroits passages relativement calmes, cernés par les tempêtes. Zac resta sur la passerelle, les yeux rivés à l’écran vertigineux, le visage fermé, s’attendant à moitié à voir surgir des dizaines de cultistes du Cœur Noir à chaque tournant.
Les heures se changèrent en jours, et Zac finit par se détendre, persuadé que le signal n’avait jamais réussi à atteindre sa cible. Il n’y avait trace ni de Kan’Tanu ni de leurs maîtres, pas plus que d’autres vaisseaux. Cela dit, le milieu devenait de plus en plus chaotique et les interférences se multipliaient. Certains secteurs étaient si turbulents qu’une armada entière aurait pu se cacher à une heure de là sans que le Yphelion ne détecte quoi que ce soit.
En l’absence de cultistes pour brouiller les pistes, leur quotidien reprit son rythme effréné : de courtes séances d’entraînement entrecoupées de récupérations, tandis qu’ils dégageaient les passages des trésors hostiles et des aberrations. La différence entre les risques et les récompenses au-delà du mur de tempête devint vite évidente. Les trésors étaient plus imposants et renfermaient souvent de véritables ruines et héritages.
Jaol pensait qu’un groupe intact de Royaumes mystiques et de Mondes intérieurs avait émergé du Vide, comme le Phare du Centurion. La région instable les avait déchirés, mais le ressentiment n’avait pas encore eu le temps de souiller ces vestiges. Les Anneaux spatiaux de Zac se remplissaient à vue d’œil de reliques anciennes. Il ramassait tout ce qui n’était pas cloué au sol, même sans la moindre spiritualité ni utilité apparente.
Rava lui avait confié la tâche de rapporter des objets de l’Empire Sans-Limites, et Zac n’avait aucun moyen de savoir ce qu’elle jugerait précieux ou bon à jeter. Il avait quantité d’anneaux en réserve ; inutile de faire le difficile.
Les autres aussi profitaient d’une récolte abondante, notamment de deux fragments de sceau supplémentaires. L’un appartenait à la Cour de l’Anima et permit à Vilari d’achever son sceau. Grâce à cette intuition, elle redessina la version déformée de la[Braise des sept sensations]. La retravailler l’aiderait peut-être à se protéger des dangers persistants, même si Zac doutait que cela suffise contre l’entité.
Malgré leurs gains, ils furent contraints d’abandonner la plupart des objets de valeur, car ils traversaient la tempête à toute allure. Ils pénétraient dans les brèches pour disperser le ressentiment accumulé ou les énergies spatiales, pas pour chercher du butin. Ils n’avaient pas le temps de percer les défenses des véritables trésors, qu’il s’agisse d’anciens réseaux ou d’essaims de bêtes et de fantômes.
Sans compter qu’ils étaient tous à bout de forces. Ils n’avaient jamais assez de temps pour récupérer après les cultistes, et les trésors apparaissaient de plus en plus souvent. Zac fit tout son possible pour soutenir ses compagnons grâce à sa force nouvelle, ce qui était plus facile à dire qu’à faire. Ses nouveaux Daos terrestres avaient accru sa force et son endurance, mais pas assez pour tenir ce rythme.
Ce rythme était intenable. Heureusement, ils n’auraient bientôt plus besoin de le maintenir. Le signal de la balise gagnait sans cesse en puissance. Au bout d’une semaine, elle s’activa soudain d’elle-même, tirant Zac de sa méditation. Il n’infusa pas sa volonté : on la lui arracha, et il sentit se former un puissant lien.
Zac eut le souffle coupé lorsque l’outil se transforma en poussière dans ses mains. Il ne se calma qu’en sentant distinctement leur destination, comme un fil du destin. Ils étaient un peu plus loin qu’il ne l’avait espéré, mais il leur restait moins de dix jours de voyage. C’est alors que Jaol le rappela, cette fois pour lui annoncer ce qu’il espérait ne jamais avoir à entendre.
« Ennemi repéré ! »
« Ils nous ont finalement retrouvés ? » demanda Zac après s’être précipité sur la passerelle.
« Disons plutôt que c’est nous qui sommes venus à eux, soupira Jaol en ouvrant plusieurs écrans. Les environs regorgent de présences. »
« Tu peux savoir si c’est Kan’Tanu ou le Culte du Cœur Noir ? »
« Pas encore », répondit le navigateur. Quelques pressions firent apparaître des points sur les cartes. « Je n’ai repéré aucun vaisseau, mais on dirait qu’ils ont installé tout un réseau de satellites ici. »
« Des satellites ? s’exclama Emily. Comment est-ce possible ? Les tempêtes ne les auraient-elles pas mis en pièces ? »
« Je… crois que ce sont des cadavres indigènes contrôlés par des Malédictions du Cœur, expliqua Jaol. Leur signature énergétique est indiscernable du ressentiment. Nos scanners ne les ont détectés qu’après qu’ils se sont mis à émettre des signaux semblables à ceux de la Bête du Vide. »
« La tempête pourrait donc être pleine d’espions ? grimaça Zac. Quand ils se sont mis à émettre, c’était à cause de nous ? »
« Sans aucun doute. Nos méthodes de camouflage ne leur échappent clairement pas. Ils repèrent peut-être l’énergie que nous soulevons en avançant plutôt que le vaisseau lui-même. »
« On devrait les détruire ? suggéra Joanna.
— Non, ils sont profondément enfouis dans les tempêtes et ça ne nous apporterait pas grand-chose », répondit Zac après avoir examiné les écrans. « Nous y perdrions plus que nous n’y gagnerions. »
« On peut bloquer le signal ? demanda Ogras.
— Impossible, répondit Jaol. Même si j’en avais les moyens, un tel brouillage se ferait probablement remarquer tout autant par nos ennemis. En revanche, nos scanners ont une portée bien supérieure à la leur. Si nous trouvons un moyen de les repérer à l’avance, nous pourrons peut-être les contourner. »
« Ça ne nous avancera pas si on nous a déjà repérés, marmonna le démon en jetant un regard vers Kator.
—
Le Reaver était resté silencieux et sombre depuis qu’il avait été blessé, même si ses os avaient déjà guéri. Il secoua la tête. « Tu attends trop de moi, démon. »
« Fais de ton mieux, dit Zac à Jaol.
— Je vais voir si je peux trouver quelque chose, répondit Jaol d’un signe de tête, sans grand optimisme.
— Si nous ne faisons pas attention, nous les mènerons droit aux Dieux étrangers, prévint Joanna. Ce n’est peut-être pas un hasard si nous sommes tombés sur ces choses si près de notre destination. »
« Je sais, mais nous n’avons guère d’autre choix que de continuer, répondit Zac. Si ces objets étaient si faciles à récupérer, les Kan’Tanu s’en seraient déjà emparés. »
« Ce serait peut-être mieux ainsi, dit Emily. Rassemblons-les tous et lâchons ensuite les Dieux sur eux. »
« On ne sait jamais », acquiesça Zac.
Malheureusement, les choses ne tournèrent pas comme ils l’espéraient. Des signaux jaillissaient des satellites cachés au fur et à mesure de leur avancée. Six heures plus tard, Jaol détecta le premier vaisseau venu les intercepter. Puis le Yphelion signala qu’un Monarque leur barrait la route, les forçant à traverser une tempête pour rejoindre un autre passage.
Quoi qu’ils fissent, ils n’arrivaient pas à semer leurs poursuivants. Leur situation devenait de plus en plus désespérée.
« Tout le culte se cache ici ou quoi ? cracha Ogras après une journée de poursuite acharnée, en voyant les sept vaisseaux repérés par leur scanner à longue portée. »
« Ils nous encerclent ! s’exclama Joanna. Si nous suivons leur dispositif… »
« Ils nous encercleront et nous élimineront », acquiesça Zac en fixant l’écran d’un regard noir.
Le chemin d’où ils venaient s’était déjà refermé comme une trappe qui claque. Deux itinéraires seulement s’offraient à eux, et des vaisseaux de cultistes bloquaient l’un comme l’autre. Affronter les tempêtes aurait été une option encore pire. Ils avaient détecté plusieurs fluctuations de rang C chez les aberrations. Leurs boucliers auraient peut-être résisté à la tempête, mais pas à un tel niveau de ressentiment.
« Choisissez le flanc le plus faible et foncez droit dessus. Nous allons forcer le passage ! »
« Attendez, j’ai réussi à percer leur écran de protection, dit Jaol, le visage blanc comme neige. Il y a des Monarques cachés dans chaque camp ! »
Zac inspira brusquement. Affronter un véritable Monarque, c’était déjà trop demander en temps normal, alors dans leur état actuel… Ce serait comme fracasser un œuf contre un rocher s’il insistait pour forcer le passage. Mais reculer n’était pas une option non plus. Zac jeta un regard à Galau, qui acquiesça d’un air sombre. Ils n’avaient plus le choix : il ne leur restait qu’à lancer les dés et espérer.
« Accrochez-vous ! » rugit Zac en activant le module de secours dissimulé dans ses manches.
« Draugr, qu’est-ce que tu… »
Kator n’eut pas le temps d’achever sa phrase qu’une vague de Mort se répandit dans toutes les pièces et tous les couloirs du Yphelion. Ils eurent l’impression de plonger dans un lac glacé.
« … fais ? » poursuivit le Reaver, promenant un regard méfiant autour de lui tandis qu’une aura étrangère imprégnait la passerelle. Il se redressa brusquement et libéra son Dao. « Espèce de fou ! Qu’est-ce que tu as fait ? »
« J’ai utilisé une autre méthode pour nous échapper. Et toi, qu’est-ce que tu fais ? » demanda Zac, l’esprit surtout occupé par le flot d’informations qui venait de l’envahir.
« Nous échapper ? Tu nous as condamnés, répondit Kator dans un rire creux, tandis que des fils sombres commençaient à apparaître.
Ils étaient partout : sur les murs, le plafond, les instruments. Même sur les gens autour de lui. Zac observa avec appréhension une ligne se dessiner sur son poignet gauche, et son choc redoubla lorsqu’il comprit qu’il était incapable de s’en débarrasser. Il se tourna aussitôt vers le Reaver, qui semblait être le seul à comprendre ce qui se passait.
« Où sommes-nous ? »
« Si je ne me trompe pas, tu nous as conduits à Kālasūtra. »