Chapitre 1 214
L’esprit de Zac était en plein chaos tandis qu’il regardait le poing montagneux. Il contenait une quantité aveuglante de Dao et de conviction, le soumettant à une pression bien plus forte que celle de tous les dispositifs d’entraînement de la Salle des héros. La menace qu’il représentait pour sa Voie était sans commune mesure avec le danger physique immédiat. Zac avait été témoin des destructions causées par un combat entre Monarques divins au Port du Crépuscule, mais cette attaque était nettement plus puissante.
L’assaillant caché était probablement un Autarque du premier ou du deuxième pas. Sa puissance n’était peut-être pas grand-chose comparée à celle de Be’Zi ou du gardien d’Iz, mais elle surpassait de loin celle du général Havarok qui avait tenté d’arrêter la Défense du Dao de l’Asura crépusculaire. Cet Autarque frontalier avait été blessé en forçant le passage jusqu’au port à temps, tandis qu’il s’agissait ici d’une attaque à pleine puissance lancée par quelqu’un dont les fondations étaient bien plus solides.
L’Yphelion, toujours prisonnier à huit kilomètres de là, se trouvait à bout portant pour un Autarque, sans parler de Zac, juste en dessous. Il était certain de mourir si l’ombre du poing venait seulement à le frôler.
À cet instant, Zac ne ressentit que désespoir et regret. Il savait qu’il tentait le destin en échafaudant un plan fondé sur le chaos et l’accumulation de destin, mais c’était trop. Il n’avait même pas encore commencé à mettre le véritable plan à exécution que des variables, toujours plus meurtrières, surgissaient les unes après les autres. Chercher une parade ne servait à rien. Exposé à la Voie de l’Autarque, Zac ne parvenait à s’accrocher à aucune pensée, et le poing filait plus vite que l’éclair.
La pagode s’illumina d’une splendeur dorée et dressa un immense rempart de Karma dharmique pour bloquer l’attaque. Il ne résista pas même une fraction de seconde à ce coup assoiffé de sang. Puis Zac ne vit plus qu’un doigt colossal. Les hymnes se turent, le Karma fut écrasé et le destin s’abattit sur toute la région. Pourtant, Zac ne sentit rien.
Une destruction sans bornes et une puissance déchaînée l’entouraient. Zac ne savait pas s’il se trouvait à l’intérieur du poing ou si celui-ci s’était d’une manière ou d’une autre fendu pour éviter de le blesser. Il avait l’impression d’être tombé dans un bain d’entraînement conçu pour un cardinal templier, sans qu’un seul fil d’énergie ou de Dao ne le touche. Le poing était devenu l’arbitre de la Vie et de la Mort. Tout ce qu’il voulait voir mourir serait détruit, et tout ce qu’il épargnerait vivrait.
L’attaque passa en un éclair. À tout le moins, elle aurait dû provoquer des Déchirures spatiales s’étendant sur des centaines de kilomètres à la ronde. Elle aurait tout aussi bien pu faire s’effondrer l’espace entier, créant une fracture presque permanente, comme celles qu’on trouvait dans le Territoire des Millions de Portes. À l’encontre de toute logique, l’attaque ne laissa pas la moindre marque dans l’espace, ni sur aucun de ses compagnons. Il ne restait pas non plus la moindre trace de la force brutale qu’elle avait contenue.
Il aurait été facile de mettre tout cela sur le compte d’une puissante illusion. Zac savait qu’ils se seraient trompés s’il l’avait fait. Les environs avaient pourtant subi un changement majeur : il ne restait pas la moindre trace du Sangha. Le golem, la pagode et les élémentaires avaient disparu, tout comme le sceau karmique qui couvrait la région. Cela ne signifiait absolument pas qu’ils étaient tirés d’affaire. Le sceau de confinement ne venait pas du Sangha.
Zac était toujours enfermé, soumis à une suppression absolue de son énergie et de son Dao. La restriction n’avait pas réussi à atteindre son côté humain, mais le sceau comportait une composante spatiale. Il s’agissait probablement d’une mesure visant à contrer les trésors d’évasion, et le Sanctuaire de Kanba était devenu une prison par inadvertance.
Seul le Vide restait libre. Le sceau avait supprimé sa lignée draugr, mais il sentait encore un lien avec ses talents et ses nœuds d’Empereur du Vide. Il pouvait utiliser[Force du Vide]pour activer ses compétences ou sortir des trésors de son Anneau spatial. Il pouvait également s’en prendre à la marque avec[Montagne du Vide]et[Zone du Vide]. Mais pour quoi faire ? La restriction était plus puissante que le Sceau de prison d’Orom, et même un aveugle aurait deviné à quelle faction appartenait l’Autarque. Il était venu pour Zac, et ils pouvaient le tuer mille fois avant qu’il ne puisse y faire quoi que ce soit.
« Salutations, vénérables Seigneurs ! » lança Kator en s’inclinant profondément. « Veuillez m’excuser pour cette visite inattendue. »
« Le Sangha a toujours été imprévisible », répondit une voix qui ressemblait à un chœur composé de mille âmes.
L’espace se déforma, et un Izh'Rak Reaver inconnu sortit d’une fissure pas plus large qu’un cheveu, sur la[Cloche de l’Épiclèse]. Son aura écrasante était parfaitement assortie au poing, et ses Ossements de guerre luisaient d’un éclat éthéré qui fit frémir l’âme de Zac. L’hypothèse de Zac — un trésor ou un Os miraculeux le protégeait de la folie de la cloche — fut vite démentie.
La lueur se détacha du Reaver et se transforma en une fractale complexe, faite d’Énergie mentale et de miasme. C’était en réalité un Eidolon dont l’aura n’était guère inférieure à celle du Reaver. Ses fluctuations correspondaient aussi parfaitement à celles du sceau qui emprisonnait Zac.
Depuis qu’il avait vu le poing, Zac savait que la Phalange du Ciel blanc était parvenue à envoyer un Autarque dans le secteur de Zurbor. C’était déjà assez terrifiant en soi, et le fait qu’un Autarque spectral se tienne à ses côtés avait des implications meurtrières.
L’Eidolon était probablement la raison pour laquelle la[Cloche de l’Épiclèse]n’avait pas bougé depuis sa descente. Elle était prisonnière, comme lui. Un film à peine perceptible de spiritualité miasmatique recouvrait chaque centimètre de la cloche, y compris les cinq bandes de réseau. Zac ne l’avait pas remarqué plus tôt à cause du chaos qui avait régné à son apparition.
La cloche trembla à peine. Elle luttait pour se libérer, et Zac l’encouragea intérieurement de toutes ses forces. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il avait besoin de son aide pour créer une ouverture.
Par coïncidence ou par destin, la[Cloche de l’Épiclèse]parvint à se débarrasser de ses entraves. Un son profond, empreint d’une jubilation perverse, résonna dans les ténèbres, et Zac fut soudain immensément reconnaissant que l’Yphelion se trouve à bonne distance.
« Vous devez m’aider ! » pressa l’Eidolon, qui grandissait.
En un instant, l’Eidolon s’étendit sur plus de huit kilomètres et prit l’apparence de la gueule d’un Empereur des bêtes qui se refermait sur la cloche. Il ne libéra aucune aura comme l’avait fait l’attaque du Reaver. On aurait dit qu’il s’était effondré sur la cloche. L’instant suivant, l’Eidolon se cristallisa.
Zac ne savait pas s’il s’agissait d’une compétence ou si le fantôme s’était transformé en améthyste de la taille d’une montagne. Son intérieur était creux, et Zac parvenait à peine à distinguer la cloche prisonnière, réduite à un point. Des Daos spatiaux, d’une puissance au moins égale à ceux d’Orom, affectaient l’espace intérieur.
L’intérieur du cristal n’était pas moins vaste qu’un monde de rang E, et ses parois étaient assez solides pour emprisonner toutes les fluctuations d’énergie. Zac fut vite forcé de détourner le regard. Les motifs complexes qui couvraient la surface du cristal étaient trop difficiles à supporter, et il craignait que ses pensées ne se figent complètement s’il continuait à le fixer.
Zac ne respirait même pas, espérant qu’on oublierait sa présence pendant qu’ils s’occupaient de la cloche hérétique. C’était évidemment inutile. Il sentit une conscience immensément puissante se fixer sur lui, tandis qu’un courant d’énergie brutale s’enfonçait dans son corps. Cette énergie surpassait de loin l’Intention meurtrière du Phare du Centurion. Le Reaver de rang B n’était pas forcément plus puissant que cet ancien Autarque qui avait détruit la forteresse, mais lui était en vie et en pleine forme.
Résister avec le Vide n’aurait pas fait plus d’effet que de tenter de briser un rocher avec un œuf. Zac comprit qu’il aurait épuisé son Énergie du Vide dix fois avant de venir à bout de l’énergie qui l’envahissait. Ce simple filament contenait plus d’énergie que son Noyau cosmique, et des Daos supérieurs aux Daos terrestres le protégeaient. Heureusement, son contrôle était tout aussi précis que celui du poing qui l’avait frappé plus tôt.
Le filament d’énergie acheva un examen sommaire, puis se retira sans causer le moindre dégât. Zac se sentit même un peu mieux qu’avant. Le filament avait discrètement modifié la marque de l’Eidolon, levant le sceau physique. Bien sûr, ce n’était qu’un petit geste de bonne volonté, après qu’il eut confirmé qu’aucune menace ne se trouvait dans le corps de Zac. Son énergie et son Ouverture de l’âme étant verrouillées, Zac n’était toujours guère plus fort qu’un cultivateur de rang F.
« Pas mal. Petit, nous parlerons plus tard. »
Une cage gigantesque faite d’os jaillit du sol et emprisonna le cristal, Zac et même l’Yphelion au loin. Ses barreaux se divisèrent et se rejoignirent, donnant à la cage l’apparence d’une rangée d’arbres plantés serrés les uns contre les autres, dont les branches s’étaient entrelacées. Une épaisse canopée formait un plafond très, très haut. Un silence inquiétant se répandit lorsque le Reaver pénétra dans le cristal pour asséner une série d’attaques à la cloche.
Ce silence intense n’était pas physique. C’était un silence de Dao, semblable à sa[Zone du Vide], bien qu’il repose sur des concepts complètement différents. Toute la cage avait été soustraite aux Cieux, comme une plaine inférieure où le seul Dao disponible était celui du Reaver.
Les espaces entre les barreaux de la cage mesuraient des centaines de mètres de large, assez pour laisser passer l’Yphelion sans peine. Pourtant, son vaisseau de rang D supérieur avait simplement remplacé un sceau par un autre. Zac sentait une marque semblable à travers son lien de contrôle et soupçonnait que les prisonniers eux-mêmes étaient aussi visés. Autrement, le silence ne serait pas resté aussi absolu.
C’était préférable. Les espaces entre les barreaux de la cage n’étaient pas de véritables faiblesses. Il ne voyait ni ne sentait aucune barrière, mais il devait bien y en avoir une pour couper la zone du cosmos. Zac n’espérait pas pouvoir traverser la barrière en utilisant[Montagne du Vide] ; comment l’Yphelion aurait-il pu accomplir cet exploit ?
« Tu t’es bien débrouillé, Draugr. »
Kator s’était approché de lui. Sa posture narquoise indiquait qu’il était venu autant pour se vanter que pour monter la garde. Zac chercha la meilleure façon de gérer leur situation. Il n’était pas totalement à court d’options. Tant qu’il pouvait appeler le Système, il avait une chance d’emprunter sa puissance pour intimider les Autarques. Malheureusement, toutes les ruses du monde ne servaient à rien face à un tel gouffre de puissance, absolument infranchissable.
Échapper à la vigilance de Kator était déjà assez compliqué, mais ce n’était rien face aux Autarques. Il était déjà à leur portée, et ils pouvaient le tuer ou le paralyser d’une pensée avant qu’il ne fusionne avec les vestiges. Il devait créer une ouverture ou une diversion avant d’agir. En attendant, autant recueillir quelques informations.
« On dirait que je t’ai encore sous-estimé », soupira Zac.
« Les cultivateurs obsédés par la cultivation sont souvent aussi simplistes que ça. Plus ils méprisent quelqu’un, plus ils le sous-estiment. »
« Je pensais être sur mes gardes, mais je ne m’attendais pas à ce que tu trouves le moyen de faire entrer des gens dans Zurbor grâce à la cloche. Ni à ce que vous soyez assez fous pour faire entrer des Autarques sous le nez du Système. À quoi vous pensez, au juste ? »
« Nous luttons pour la suprématie, comme nous sommes censés le faire », haussa les épaules Kator. « Les Cieux impitoyables ont toujours été impartiaux sur ce point. Ils ferment les yeux si tu en paies le prix ou si tu contournes leurs restrictions par l’ingéniosité. »
« C’est vrai ? »
Zac n’était pas convaincu. Il avait supposé que la pression du destin brièvement ressentie pendant l’attaque était liée à la descente de la cloche ou à la disparition du Sangha. Vu à quel point la région était solidement scellée à présent, une autre explication semblait tout aussi plausible. La cage d’os était bien excessive si elle ne devait servir qu’à retenir Zac et ses subordonnés pendant qu’ils s’occupaient de la[Cloche de l’Épiclèse].
Leur entrée n’était pas aussi autorisée que Kator voulait le faire croire, et le Système serait loin de se montrer aussi conciliant si les Autarques commençaient à jouer de leur puissance. Zac voyait le combat faire rage à l’intérieur des Cristaux spatiaux, mais il ne sentait pas la moindre trace des forces colossales qui s’y déchaînaient. Ils prenaient d’extrêmes précautions.
Ce n’était encore qu’une théorie, mais elle pouvait être la clé pour s’en sortir vivant. Après tout, l’apparition de deux Autarques qui n’étaient pas des Draugr Autarch, après la perte de contact avec Tavza et Laz, ne pouvait rien présager de bon, sans même parler du sceau. Une intrigue se tramait.
« Le Système a beau fermer les yeux, vous mettez la mission en péril. Et vous vous alliez à Eidolon ? Vous enfreignez les conditions établies par l’Acte. »
« Nous n’enfreignons rien du tout, Draugr. L’accord encourage l’envoi de tous les renforts possibles dans les secteurs scellés. Nous vous avons même informés de notre intention d’amener des anciens dans le secteur de Zurbor pour vous aider. L’Acte interdit seulement aux autres branches de l’Empire d’intervenir. Le général Eimal est désolidarisée. Elle se bat pour la Phalange du Ciel blanc depuis plus de trois millions d’années ; sa présence est donc tout à fait dans les règles. »
Zac observa l’Eidolon cristallisé avec surprise. Ce n’était pas sans précédent, mais il était très rare que les Races divines rejoignent d’autres camps. Entre le statut d’étranger et les soupçons d’espionnage, mieux valait généralement rester chez soi, même si l’on subissait la répression d’une faction adverse au sein de sa propre race. En outre, l’Eidolon était sans doute la plus cohésive des Races divines de l’Empire des morts-vivants, une conséquence naturelle de son appartenance à une conscience collective.
Il n’était pas difficile de comprendre ce que signifiait le terme « désolidarisée ». Cette Autarque avait rompu son lien avec sa conscience collective et était partie de son côté, en tant qu’individu. Zac ignorait même que c’était possible, mais il n’avait aucune raison de douter des paroles de Kator sur ce point. Quel que soit leur complot, ils n’étaient pas encore prêts à rompre définitivement avec Primo.
« Vous n’avez peut-être pas enfreint la lettre de l’accord, mais vous en trahissez clairement l’esprit. Qui sait quel effet l’arrivée d’Autarques aura sur le destin ? Il est impossible que Primo ait approuvé vos actes. Êtes-vous en train de trahir l’Empire ? »
« Trahir ? Nous nous battons pour son avenir. Les cent huit Éternels n’étaient pas disponibles, et le temps pressait. Nous avons simplement choisi la voie qui nous semblait la plus prometteuse », ricana Kator en penchant la tête vers Zac. « Tu n’as pas l’air surpris. Tavza a réussi à t’envoyer un message ? C’est pour ça qu’elle s’est retrouvée dans un état aussi lamentable ? »
« N’est-ce pas toi qui lui as fait ça ? » répliqua Zac, les yeux plissés par la méfiance. Il devenait de plus en plus difficile de comprendre ce que pensait le Reaver. « Je n’avais pas besoin qu’on me prévienne pour assembler les pièces du puzzle. Je ne m’attendais simplement pas à ce que tout déraille aussi tôt. Quelque chose a changé ? »
« Qu’est-ce que j’en sais ? Je ne fais que suivre les ordres. Je n’ai appris cette partie de l’histoire que quelques jours plus tôt. » Kator lui tapota l’épaule. « Tu n’as pas trop à t’inquiéter. Notre accord tient toujours. L’Alliance divine n’a pas l’intention d’interrompre notre quête. Au contraire, nous ferons de notre mieux pour t’aider à atteindre tes objectifs dans le Cimetière impérial. »
« Engraisser le cochon avant de l’envoyer à l’abattoir ? » ricana Zac.
Kator disait peut-être vrai : ils ne le tueraient pas aujourd’hui. Toutefois, la Phalange du Ciel blanc savait aussi que sa récompense pour avoir trouvé les Dieux étrangers serait la dernière pièce du Porte-Flammes. Après cela, son avenir était une grande inconnue. Si une guerre civile avait éclaté, son importance pour l’épreuve pouvait être considérée comme une menace plutôt que comme un atout, surtout s’ils soupçonnaient ce que Primo cherchait dans la Cour creuse.
« C’est toi qui le dis. Mais bon, tout peut arriver. Détends-toi et laisse-nous faire. Les Seigneurs feront sortir l’entité et la jetteront contre la barrière. »
Zac ne répondit rien et prit son mal en patience à contrecœur. Chaque seconde rapprochait son camp de la catastrophe, mais il était encore trop tôt pour agir. L’Eidolon pouvait sans aucun doute sentir chacun de ses gestes par l’intermédiaire de la marque, et les deux Autarques avaient un net avantage. Toutes ses tentatives d’évasion avaient échoué, et la cloche était couverte de fissures et de bosses. Une seule de ses cinq formations était encore intacte après les assauts du Reaver.
Pourtant, la[Cloche de l’Épiclèse]s’était défendue avec une férocité qui dépassait de loin les attentes de Zac, au point qu’il estimait que cette intervention avait peut-être été une bénédiction déguisée. La cloche avait caché sa véritable puissance. Ou peut-être que l’entité osait en libérer davantage grâce à l’environnement scellé. Dans les deux cas, sa puissance inattendue signifiait que son plan initial était peut-être voué à l’échec.
L’occasion approchait à grands pas. Quels que soient les risques, il miserait tout lorsque le dernier sceau de l’entité se briserait et que le chaos atteindrait son paroxysme.
Un grondement profond fit voler en éclats le plan de la dernière chance de Zac. Deux fleurs de lotus étaient apparues à l’endroit où se dressait autrefois la pagode. Translucides, elles n’étaient pas même traversées par une parcelle d’énergie et semblaient appartenir à un rêve ou être un écho du passé. Pourtant, leur existence était absolument incontestable. Cinq fils du destin se déversèrent dans les fleurs. Quatre venaient de l’endroit où les élémentaires étaient tombés et entrèrent dans le lotus de gauche. Un flot plus épais venait du lieu où reposait le golem et entra dans l’autre.
L’illusion devint réalité, le passé rejoignit le présent et les fleurs s’épanouirent. Un guerrier bouddhiste émergea de chaque lotus, presque aussi puissant que le Reaver. Ils joignirent les mains, et un monde vit le jour.
« Namo Buddhaya. »