Chapitre 1 210
Invir para le coup d’estoc et enfonça la lance dans le sol. Sa contre-attaque se transforma en faux pas lorsque ses jambes, épuisées, le trahirent. Ses bras le brûlaient, mais il parvint à lever sa lame et à l’enfoncer dans la poitrine de son ennemi. Une lueur de folie brillait dans les yeux du Krovath, qui saisit la garde et tira Invir vers lui.
Le barbare masqué tira un poignard en os de sa ceinture tandis que son sang vital s’écoulait de sa blessure. Invir vit sa mort dans le tranchant aiguisé, mais fut incapable d’opposer la moindre résistance, même symbolique. Le froid céda la place à une sensation de chaleur tandis que le sang coulait le long de sa gorge. Il se mêla à celui du Korvath, et ils tombèrent à terre. Les rugissements de la guerre faisaient rage tout autour d’eux ; des Seigneurs et des Hérauts s’affrontaient dans le ciel.
Comment en était-il arrivé là ? Il avait rejoint la garde de la ville pour son salaire régulier et son statut assez respectable pour faire la cour à Dara. S’il était devenu sergent, il aurait pu s’offrir une maison dans le troisième district en seulement cinquante ans. Tout était en place. Alors pourquoi avait-il ignoré les supplications de Dara quand les recruteurs étaient passés en ville ?
La cupidité. Il avait vu les Seigneurs voler dans le ciel, eux dont la vie se comptait en millénaires. Devenir capitaine ne suffirait pas à accéder aux vérités mystérieuses et aux méthodes profondes nécessaires pour atteindre ce niveau. Il avait sacrifié son bonheur dans l’espoir d’acquérir du pouvoir. À présent, il allait mourir comme un cafard sur le sol, sans même avoir atteint la force de son ancien instructeur, chez lui. La guerre était une maladie de l’esprit !
Les fragments de la vie d’Invir traversèrent l’esprit de Zac en un éclair, puis furent remplacés par d’autres, dans un flot interminable. Cent guerres, mille vies, un million de morts. Certaines vies avaient été héroïques, d’autres ignobles. La Croisade éternelle avait recueilli les souvenirs de tous, des cultivateurs de rang F qui avaient à peine entamé leur chemin de cultivation aux Hégémons du Pic, forts d’éons d’expérience.
Les causes étaient aussi nombreuses que les êtres. Justice, richesse, vengeance. Certaines expériences pouvaient devenir des récits de bravoure et de vaillance, d’autres des mises en garde.
Les souvenirs de guerre et leurs origines s’empilèrent, formant des montagnes qui éclipsaient tout le reste. Chaque cycle tentait d’effacer le chemin de Zac pour le remplacer par le sien. Zac s’accrocha désespérément au noyau de son être. La tâche devenait de plus en plus difficile face à un millénaire de souvenirs, et sa propre vie n’était plus qu’une note de bas de page.
Enfin, il fut libéré. La dernière lueur scintillante du cristal géant s’éteignit, et plus aucun souvenir ne vint s’ajouter à la tempête qui faisait rage dans son esprit. Sans son État du Vide, il lui aurait été impossible de distinguer ses propres souvenirs des influences extérieures. Malgré tout, il avait frôlé de très près le risque de voir sa vie éparpillée parmi celles des anciens cultivateurs.
Une fois son identité préservée, le calme revint, permettant aux montagnes de mille vies de sombrer dans les profondeurs de l’esprit de Zac. Cette encyclopédie d’expériences s’ajouta aux épreuves qu’il avait traversées pour atteindre son niveau actuel et aux connaissances qu’il avait acquises sur le Conflit au cours de sa croisade personnelle.
Un coffret apparut au sol, et son ouverture déclencha une tempête dans la Salle des héros. C’était un Trésor de Dao de qualité suprême, accordé au Dao du Conflit — l’un de ceux qu’il avait achetés à l’Échange limité de rang D intermédiaire. Il contenait tout ce qu’il lui fallait pour former un Dao terrestre du Conflit. Zac voyait le chemin à suivre, et savait qu’un Dao terrestre l’aiderait grandement à surmonter les dangers qui l’attendaient bientôt. Pourtant, il ne bougea pas la main, malgré les supplications de son corps qui l’exhortait à consommer le trésor. Il soupira, vaincu, et referma le coffret, le rangeant avant que ses fluctuations tentatrices ne le fassent changer d’avis.
« Tu as fait le bon choix. »
« J’ai échoué, au bout du compte », dit Zac en levant les yeux vers l’immense cristal, plein de regrets.
Un peu moins d’un an s’était écoulé depuis qu’il avait fait progresser sa Branche de la Hache de guerre, après avoir percé au rang d’Hégémon intermédiaire. Viser un Dao terrestre après si peu de temps pouvait passer pour de la cupidité, mais la guerre était un incubateur pour le Dao du Conflit. Chaque jour, il s’était battu pour sa vie sur le champ de bataille, cherchant les vérités du Conflit à la frontière entre la vie et la mort.
Sa compréhension avait traversé plusieurs cycles d’élargissement et d’affinement, progressant bien plus vite que ses Branches du Sceau pâle et du Kalpataru. Mais ce n’était pas suffisant. Former un Dao terrestre était une étape majeure : il fallait créer un Dao qui n’appartenait qu’à soi. Les Fragments de Dao pouvaient se comparer à des en-cas tout prêts fournis par le Système, et les Branches du Dao à des plats préparés en suivant une recette.
Un Dao terrestre était un plat inventé par soi-même, conçu pour correspondre parfaitement à ses goûts, selon sa compréhension des ingrédients, son palais et sa technique culinaire. Voilà le véritable sens de ce nom un peu déroutant. Il n’avait aucun lien avec le Pic terrestre. Le terme « terrestre » dans « Dao terrestre » renvoyait à la distinction entre l’homme et les Cieux.
Un Dao terrestre était un Dao complet, créé par l’homme. C’était le tout premier pas d’un voyage qui s’achèverait lorsqu’on deviendrait un Sceau ou un Trône, quand son Dao personnel réécrirait la réalité. Zac n’en était pas encore là. Il sentait qu’il lui manquait quelque chose pour faire de sa compréhension un plat digne de ce nom.
Le problème, c’était le manque de temps. Quelques années de combat supplémentaires, ou quelques décennies passées à digérer et à affiner ses expériences, auraient suffi. Mais Zac n’avait pas ce luxe, et il ne voulait pas combler les lacunes en s’appuyant sur des trésors. Il avait espéré que la Croisade éternelle lui fournirait la réponse. Comprendre et déconstruire l’expérience des autres pouvait l’aider à mieux saisir sa propre voie.
Et cela avait marché. Sa compréhension du Conflit avait progressé d’un nouveau pas. Malheureusement, arrivé au seuil, il avait compris qu’il n’était pas prêt à cristalliser un Dao terrestre. Les souvenirs qu’il avait récupérés ne lui appartenaient pas encore pleinement, et leurs fragments avaient laissé des blancs, sources d’imperfections.
Emprunter des concepts qu’il ne comprenait pas complètement pour intégrer le Vide à son noyau s’était bien passé. Faire de même avec son Dao ne ferait qu’empoisonner sa voie. Le Dao était la pierre angulaire de la cultivation, et le Conflit se trouvait au centre de son chemin. La moindre faiblesse se répercuterait sur tous les aspects de sa cultivation et fissurerait ses fondations, ce qui serait extrêmement difficile à réparer.
« Ça aurait été bien d’avoir un Dao terrestre avant de partir. »
« Raison de plus pour ne pas l’avoir pris, répondit Rava. Un moment de faiblesse peut entraîner toute une vie de regrets. »
« Tu savais que ce ne serait pas suffisant ? »
« Tu te trompes. C’était suffisant ; il te faut simplement plus de temps. Ce qui me faisait hésiter, c’était ton âge. Tu n’es qu’un enfant qui n’a vécu qu’un instant. Comment peux-tu assimiler aussi facilement des millénaires d’expérience ? Maintenant que tu as survécu sans te perdre, il ne te reste qu’à laisser tout cela s’ancrer en toi. »
« Justement, le temps, c’est ce qui me manque, dit Zac en secouant la tête. Ces souvenirs… ils étaient bien réels, n’est-ce pas ? »
« Ils l’étaient. »
« Pourquoi y avait-il tant de souvenirs sans rapport les uns avec les autres ? La plupart ne concernaient ni le combat ni l’entraînement. Et pourquoi autant de cultivateurs de bas rang ? »
« Ces expériences viennent des âmes qui se désagrègent, celles des soldats tombés au combat. Les souvenirs qui ont survécu sont ceux qui ont eu le plus grand impact, en bien ou en mal. L’amour, la camaraderie, le bonheur. Les échecs, les trahisons, les regrets. Ces souvenirs fondamentaux ont formé leur voie et façonné leur avenir. Le Conflit n’existe pas dans le vide : il y a toujours une cause et une conséquence, même si un étranger ne peut pas les comprendre. »
« L’ordre est allé récolter les âmes des défunts ? »
« Il serait plus juste de dire que nous leur avons présenté un choix, et qu’ils se sont portés volontaires », répondit Rava en regardant le cristal, où des lumières commençaient à s’allumer. « Pour beaucoup, être oubliés est plus terrifiant que la mort. Grâce à la Croisade éternelle, ils ont une chance de vivre à jamais dans les souvenirs des autres. »
Zac grogna et se releva. Ne pas avoir formé de Dao terrestre était décevant. Mais il ne regrettait pas d’avoir dépensé son dernier mérite pour la Croisade éternelle. Rava avait raison : son âge jouait contre lui. Mille ans de souvenirs s’étaient retrouvés d’un coup entassés dans son esprit. La plupart des templiers qui utilisaient la relique avaient déjà quelques milliers d’années, et leur esprit était habitué à gérer une telle profusion de souvenirs.
Il avait presque l’impression que des machines ronronnaient au fond de son esprit, extrayant les idées dissimulées dans ce flot de souvenirs pour les ajouter à ses propres expériences. Il ne franchirait pas le prochain palier avant leur départ, mais il devrait y parvenir avant d’atteindre les Dieux étrangers. Du moins, l’espérait-il, tout comme il priait pour que le [Cœur du Vide] achève son affinage au plus vite.
En plus d’avoir amélioré sa compréhension du Dao du Conflit, il avait grandement renforcé son cœur. La Croisade éternelle faisait partie des dispositifs d’entraînement spéciaux de la Salle des héros, auxquels on ne pouvait accéder qu’après avoir réussi une série d’autres épreuves. Y survivre avait ajouté une dernière phase de trempe, pour parachever son camp d’entraînement.
« Regrettes-tu de ne pas t’être concentré sur tes autres branches ? Tes chances de réussite auraient été bien plus grandes si tu avais choisi l’Autel de la Résurrection. »
« J’ai un autre plan pour elles. Et puis, ça n’aurait pas changé grand-chose, dit Zac. Tardives ou au Pic, elles restent des Branches du Dao, même si je renforce leurs concepts avec des Tresses du Dao et d’autres méthodes. Elles ne peuvent pas combler l’écart qualitatif que représente la possession d’un Dao terrestre. »
« Tu pars ? »
« Pour l’instant », répondit Zac en hochant la tête. « Je te confie mes élites. »
« Je tiendrai ma part de l’accord, dit Rava. À ce propos, j’ai une mission pour toi. »
« C’est lié au pilier ? » Zac fronça les sourcils. « J’ai déjà— »
« Ne t’inquiète pas, Marcheur du Vide. Je ne te demande ni de faire revivre notre ordre ni d’abattre nos ennemis, dit Rava, avec une pointe d’impuissance. Toi et les autres avez prévu de profaner les vestiges de notre empire et de piller nos trésors. »
« Euh… »
« Tous les vestiges liés à l’empire et à ses ordres peuvent être échangés contre de la gloire. Il n’y a pas de limite. »
« Merci. Je verrai ce que je peux faire », dit Zac.
Il n’avait aucune raison de refuser une mission aussi avantageuse pour les deux parties. Rava pourrait récupérer certains des artefacts perdus de son peuple, et Zac aurait l’occasion de regarnir ses réserves de mérites épuisées. Les vestiges laissés par l’Empire Sans-Limites et qui avaient survécu jusqu’à aujourd’hui étaient souvent puissants. Cela ne signifiait pas pour autant qu’ils lui seraient utiles, à lui ou à ses subordonnés.
Plutôt que de laisser des reliques impossibles à identifier et inutilisables prendre la poussière dans le trésor de l’Empire Atwood, ils pourraient les échanger contre des possibilités auprès de Rava. Ces trois semaines lui avaient permis de renforcer considérablement ses fondations tout en gagnant cinq niveaux entiers. Pourtant, lui et les autres n’avaient fait qu’effleurer les possibilités offertes par les temples.
« Et merci pour toute l’aide que tu m’as apportée ces dernières semaines. J’espère revenir dans quelques mois. »
« Sois prudent. L’Histoire se répète et prend de l’ampleur à l’approche du Zénith. »
Zac quitta les Ruines d’Ensolus et retourna dans son domaine. Le camp d’entraînement avait officiellement pris fin quelques heures plus tôt, et les autres porteurs de sceaux étaient déjà rentrés. Trois semaines d’entraînement chez les templiers avaient transformé des années de lutte acharnée en force et en détermination. Il restait tant à faire et tant de potentiel à exploiter. Malheureusement, le temps leur manquait.
Il ne leur restait que trois jours avant le début de la mission, et chacun devait se reposer et se préparer. La toute première étape de leur plan consistait à franchir le Grand Mur de la Résolution, et le Cimetière impérial serait rempli de dangers. Y entrer épuisé, physiquement et mentalement, revenait à se suicider.
Les autres étaient tous rentrés chez eux et dormaient sans doute à poings fermés, après des semaines sans repos. Zac ne faisait pas exception, mais son sommeil fut interrompu trop tôt par une alarme. À contrecœur, il se réveilla et alluma un petit feu dans sa cour.
Vingt minutes plus tard, la flamme frémit. Une braise s’éleva dans les airs, faisant trembler l’espace. La flamme suspendue grandit, dévorant l’espace et la distance jusqu’à former une porte stable. Zac contempla le spectacle sans un mot, ne sachant que dire ; il recula pour éviter la chaleur ardente. Iz ne manquait jamais de l’impressionner : elle avait créé un tunnel direct au lieu d’utiliser un Réseau de téléportation.
« Tu es arrivée », dit Zac avec un sourire tandis que sa moitié Draugr s’avançait pour accueillir Catheya.
« Mon pote ! » Kruta sourit à pleines dents, le visage rouge, et s’élança vers lui. « Ce visage m’a manqué ! »
« Hein ? » lâcha Zac, soudain parfaitement réveillé malgré son épuisement.
Une flamme éclatante jaillit au sommet du crâne de Kruta, qui lança un coup de poing herculéen. Zac leva la main pour parer, surpris de reculer de quelques pas. Plus surprenante encore fut la vague de flammes imprégnées de Conflit qui le balaya. Il n’eut pas le temps de poser des questions sur cette transformation. Une énorme lame couverte de flamme spirituelle s’abattit sur lui. La hache rencontra la lame, et le choc aurait rasé son manoir si les réseaux défensifs ne s’étaient pas activés.
« Dis-le avec des mots ! »
Un froid glacial envahit le domaine, le couvrant de givre et éteignant les dernières flammes. Zac agita la main pour disperser la brume épaisse née du choc entre les éléments opposés. Il adressa un sourire penaud à Catheya, puis examina son assaillant comme il se devait.
Ce qui attirait le plus l’attention, c’était l’Esprit ancestral qui se dressait derrière Kruta. Il était bien plus grand et plus tangible qu’avant, presque comme s’il était fait de chair et de sang. Mais l’esprit avait subi une transformation radicale : il était désormais constitué de flammes d’une violence extrême, plutôt que d’une énergie spirituelle sans affinité.
La transformation physique de Kruta était bien moins flagrante. L’orc massif avait pris une légère teinte rougeâtre, mais pour le reste, il semblait presque identique. Son changement venait des flammes qui brûlaient encore au sommet de son crâne. Elles s’étaient étendues sur son corps, formant une armure semi-opaque qui semblait remplir la même fonction que son réseau spirituel.
« Bienvenue sur Terre, Petite Chandelle. »
« Étoile maléfique ! » lança Kruta, les yeux écarquillés d’indignation.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Zac, un sourire impuissant aux lèvres. Il en connaissait évidemment une partie. Il se souvenait encore du genre d’entraînement qu’Ogras avait subi. Comment l’attention d’un des grands anciens des Tayns aurait-elle pu être moins terrifiante ?
« Toi, quel genre d’ami es-tu ? Tu sais tout ce que j’ai enduré pour venir à ton secours ? Tu sais combien de fois j’ai frôlé la mort à force de faire tester mon destin chaque jour ? Je suis surpris de ne pas déjà connaître les ancêtres par leur prénom. Il y a deux semaines, je croyais être libre. Je voyais enfin la lumière au bout du tunnel. Je sentais l’odeur de l’herbe après des années à ne respirer que la cendre et le sang !Et tu m’abandonnes ? ! Allez, laisse Kruta te donner un bon coup de poing ! »
Zac se gratta le menton sous le regard furibond de son ami orc. « Désolé. Je me suis dit que ça ne te dérangerait pas après que tu sois devenu le disciple d’un de leurs anciens. »
« Aïe, c’était la faute de Petit Ca… de Kruta : il avait été trop gourmand, souffla Kruta. Je savais que récupérer le sceau à l’époque m’attirerait une tribulation. Je ne me doutais pas que je souffrirais autant avant même d’arriver à l’épreuve. »
« Ton aura est bien plus puissante », fit remarquer Zac.
« C’est vrai ! » s’exclama Kruta, son expression tourmentée laissant place à une joie presque enfantine. « Je ne pensais pas surpasser un jour les ancêtres. M’en approcher aurait suffi pour intégrer le conseil tribal, obtenir une jolie tente-monde et assez d’épouses pour tenir Kruta occupé. Et maintenant ? Il n’y a plus de limites ! Et tous ceux qui m’ont contrarié seront de corvée de porcs ! »
« Eh bien, je suis content que tu sois là », dit Zac en souriant, sans vouloir savoir en quoi consistait la corvée de porcs.
« Alors, ta femme m’a expliqué tes plans. Quand est-ce que le squelette arrive ? »
« Dans quelques jours. »
« On peut lui faire confiance ? »
« Pas le moins du monde. »
« Au moins, avec toi dans les parages, je n’ai jamais à craindre de manquer d’action », dit Kruta en promenant un regard curieux autour de lui. « Alors, tu vas s’il te plaît offrir à Kruta quelque chose à boire ? Un truc bien frais et désaltérant ! »