Après avoir déblayé la neige devant l’entrée, Lin Yu poussa la lourde porte métallique habillée de bois et pénétra dans la petite maison.
L’intérieur était aménagé bien différemment de tous les « Refuges » précédents.
Un bureau et une chaise d’atelier, un grand lit une place avec sa literie, une armoire, des étagères murales…
Il y avait même un meuble à vin et une cuisinière avec des casseroles, sur laquelle étaient posées de nombreuses boîtes métalliques.
La plupart des meubles étaient couverts de poussière, mais une chose était évidente…
Quelqu’un avait vraiment vécu ici.
Rien à voir avec ces « Refuges temporaires » qui n’étaient même pas conçus pour qu’on y habite !
Quelle maison digne de ce nom ferait d’un poêle son principal équipement ?
En observant les lieux, Lin Yu put tirer quelques conclusions.
Après tout, le lit était fait au carré et le bureau ainsi que les chaises étaient disposés avec une précision méticuleuse, presque obsessionnelle.
Les livres sur les étagères et les bouteilles dans le meuble à vin étaient même rangés par taille.
De plus, bien que le meuble n’ait pas servi depuis longtemps, sa poignée métallique était relativement récente, tandis que celle de la bibliothèque avait été polie par l’usage.
On pouvait facilement en déduire que boire était un plaisir occasionnel pour cette personne, mais que lire faisait sans doute partie de son rituel du soir.
Et puis…
En s’approchant des étagères, on pouvait distinguer des titres anglais sur les tranches.
Le « Jeu de la Mort » était donc bien lié à la réalité…
Au moins, la langue était la même.
Mais traduits littéralement, ces titres anglais étaient plutôt déroutants :
« Le principe des machines heureuses », « L’Engrenage particulièrement en colère », « La Clé Folle », « Le Pneu Stupide »…
En ouvrant la bibliothèque et en sortant les livres, elle découvrit que de grandes parties en avaient été noircies.
Tous les passages qui semblaient à l’origine contenir des « illustrations » avaient été entièrement masqués à l’encre noire.
Lin Yu ne put que reconstituer le contenu à partir des fragments restants et de la mise en page…
Il s’agissait apparemment de travaux universitaires.
Tous ces livres semblaient relever d’une « discipline » que Lin Yu ne parvenait pas encore à comprendre.
Elle se remit à réfléchir.
« Alors, le propriétaire de cette pièce lisait ces choses tous les soirs ?
— Et… ces bandes noires sont si nettes et si droites qu’il est fort probable que le propriétaire des livres les ait tracées lui-même.
— Mais pourquoi aurait-il fait ça… Était-ce sa manière de détruire ces livres ? »
Lin Yu expira.
Il y avait pourtant des moyens plus efficaces de détruire un livre, comme le brûler.
Elle passa les doigts sur les tranches lisses des pages, songeuse.
Ces livres avaient manifestement été lus souvent, et pourtant aucune page ne manquait et aucun coin n’était plié.
Ce qui indiquait…
Que leur propriétaire aimait non seulement l’ordre, mais devait aussi tenir profondément à ses livres. Un véritable bibliophile dans l’âme.
Dans l’esprit de Lin Yu, le portrait se précisait : celui d’un jeune érudit vivant seul dans ces étendues enneigées.
Quant à savoir pourquoi il s’agissait d’un homme…
L’armoire contenait des manteaux masculins aux couleurs discrètes, mais taillés près du corps, ainsi que des pantalons à la coupe droite et rigide, plus adaptés à de jeunes hommes.
Lin Yu remit ensuite tous les livres à leur place.
Puis elle reporta son attention sur le bureau.
Sur le plateau de bois, les bords portaient des traces de poussière de crayon.
Le propriétaire avait manifestement essuyé la surface, mais il n’était pas facile d’éliminer complètement les résidus de crayon coincés dans les rainures et le grain du bois.
Comme les marques se concentraient sur les bords, Lin Yu en déduisit :
« Cette table servait-elle à faire des plans ? »
Pour simplement écrire, on n’utilisait pas souvent des crayons… et encore moins au point de laisser des traces précisément sur les bords.
Lin Yu tapota légèrement le plateau, vérifiant si ce bureau particulièrement robuste dissimulait un compartiment secret.
À cet instant…
« Boum ! »
La porte s’ouvrit à la volée.
Un beau jeune homme aux traits marqués, coiffé d’un bonnet rouge en maille, se tenait sur le seuil.
En voyant Lin Yu à l’intérieur, il parut un instant surpris, puis se reprit.
« Oh… tu es le “Docteur” que j’ai rencontré tout à l’heure, May ! »
Le nouveau venu n’était autre que le « Détective » Furbollo.
Il se frotta les mains avec enthousiasme en regardant Lin Yu.
« Je ne m’attendais pas à te retrouver ici… Tu as l’œil, toi aussi, May ! »
Furbollo s’émerveilla : « Tu as remarqué qu’il y avait quelque chose d’étrange dans le coin et tu es venu, toi aussi… »
Lin Yu dévisagea Furbollo, puis reprit aussitôt le rôle qu’elle avait joué la veille avec ce « Détective » : celui d’un médecin consciencieux de garde de nuit.
Elle se racla la gorge et répondit : « Dans mon cas, c’est plutôt un hasard… »
Lin Yu lui demanda ensuite :
« Comment as-tu compris qu’il y avait quelque chose d’inhabituel ici ? »
« Aujourd’hui, j’ai suivi ton exemple et je suis allé explorer les environs. C’est là que j’ai remarqué que ces Refuges étaient trop “réguliers”. » Furbollo agita la main. « Ils ont beau sembler placés au hasard, il y a un motif clair. J’ai vérifié trois endroits : près de chaque Refuge abandonné, il y en avait exactement sept autres ! »
« Vu d’en haut… tous les Refuges forment un cercle parfait ! » Ce chapitre a d’abord été mis en ligne sur NovelPing.
« Et d’après mes calculs… cet endroit se trouve au centre du cercle ! »
Lin Yu regarda Furbollo avec surprise.
Elle était impressionnée par son « Raisonnement spatial ».
Lin Yu sortit la Carte.
« Tu as du talent, Détective. »
« Je n’ai remarqué cette anomalie que parce que j’ai obtenu cette Carte auprès d’un PNJ. »
Tout en parlant, Lin Yu lui montra la Carte.
Le Détective y jeta un coup d’œil et agita nonchalamment la main :
« Rien de sorcier, c’est la base. Mais pas mal pour un “Docteur”, d’avoir repéré des motifs sur une carte ! »
Lin Yu acquiesça. « Mais avec la Carte, j’ai remarqué quelque chose qui t’a échappé. Tu vois que tous les Refuges ne forment pas seulement un cercle parfait, mais que celui-ci peut aussi être divisé en douze secteurs de 30 degrés ? »
Lin Yu parla avec sérieux. Furbollo observa la Carte et hocha la tête, surpris.
« C’est vrai ! Voilà une découverte intéressante ! »
Lin Yu expira, puis ajouta : « Même si je suis un “Docteur”, je ne te suis pas inférieure en tant que “Détective”. »
« En fait, les “Docteurs” et les “Détectives” ne sont-ils pas des partenaires naturels ? »
Furbollo rit en entendant cela : « Avec ce raisonnement, puisque les “Docteurs” peuvent soigner tout le monde, ils devraient être des “partenaires naturels” avec tout le monde. »
Lin Yu sourit à sa réponse.
« Je vois… »
Soudain, Lin Yu sortit le [Détecteur de mensonges à une déclaration] et dit : « J’ai cet Objet. Il sert de détecteur de mensonges. »
Sur ces mots, elle le lança à Furbollo.
« Clac ! »
L’objet le heurta avant de tomber au sol.
Furbollo esquiva par réflexe, puis contempla l’appareil d’un air perplexe.
« Hein ? Pourquoi tu as fait ça ? »
« Pour vérifier si tu avais une forme physique. »
Lin Yu tenait déjà un autre Objet à la main.
Furbollo baissa les yeux. Lin Yu pointa alors le [Revolver à coup garanti] sur « Furbollo ».
« Quiconque s’appelle “Furbollo” connaîtrait forcément la référence classique au duo du détective et du médecin… »
« Mais je suis contente que tu aies une forme physique, imposteur. »
« Ou devrais-je dire… »
« “Chate”. »