Chapitre 6
(Suite du 4e chapitre)
Ange D. : Tu veux dire que…
Nora : Ouais…
Nora se mit à rire en voyant mon visage dépité par mes actes. Y a quoi de drôle dans le meurtre de sa famille ?!
Ange D. : Pourquoi tu rigoles !
Nora : AHAHAHAHAH… ahahah… aaah, désolée, c’est purement nerveux. Je voulais rendre le moment dramatique, mais j’ai pas pu me retenir de rire en voyant ta tronche. En réalité, je te suis plutôt reconnaissante.
Ange D. : Reconnaissante ? C’est n’importe quoi ! Tu es reconnaissante envers une version moins dérangée de Jeffrey Dahmer !
Nora : Tu comprends pas la haine que j’avais envers eux. Tout ce temps, ils m’ont jamais crue et je suis restée impuissante face à leur autorité. Tu peux pas savoir à quel point je te suis reconnaissante.
Nora se mit à pleurer tout en étant toujours au-dessus de moi. Sur le moment, je trouvais ça plutôt excitant, mais maintenant qu’elle pleure, je me dis qu’il vaudrait mieux que j’essaye de la comprendre plutôt que de penser avec ma bite.
Ange D. : Tu veux… en parler ?
Nora s’assit contre un mur et je m’assis juste à côté d’elle. Le vent traversant la fenêtre venait nous refroidir, comme si le moment ne l’était déjà pas assez. Nora prit une grande inspiration et se mit à raconter tout son passé avec ses parents.
(Note de l’auteur : Tout ce qui a été dit dans le chapitre précédent.)
Plus la discussion avançait, plus ça devenait personnel et plus sa voix s’affaiblissait. Je l’écoutais toujours attentivement. Même moi, ça commençait à me faire pleurer, ses histoires, mais je me retins.
Ange D. : Et du coup… quel est ce fameux accident ? Si c’est pas trop indiscret.
Nora : Au point où on en est, je peux bien te le raconter.
Nora m’expliqua qu’au collège, c’était une prodige, puis qu’un jour, quelque chose la fit chuter : un prof. Ce prof lui fit subir des choses atroces que je ne pouvais même pas imaginer. Depuis, elle refuse qu’on la touche, ça lui fait plus que peur.
Ange D. : Je suis désolé pour toi… vraiment désolé… Écoute, je… je te promets que je ferai tout mon possible pour te protéger, je… je te le promets !
Ce fut sur ces belles paroles que la soirée fut interrompue par la même présence qui m’avait terrifié après l’incident du collège. Au moment où j’allais proposer à Nora de la prendre dans les bras, quelque chose me découpa le corps en deux. Mes jambes n’étaient plus rattachées au reste de mon corps. Puis, j’eus à peine le temps de réagir que quelque chose me sortit de la maison et m’emmena dans le ciel.
Ange D. : IL SE PASSE QUOI, BORDEL !?
J’allais tellement vite que je ne pouvais plus bouger les membres qui me restaient. Ma vue était bloquée sur mes tripes qui sortaient de mon corps. Je retournai sur la terre ferme à la suite d’un violent choc à la tête. Je regardai mon ravisseur et vis un humain, tout ce qu’il y a de plus basique. Il était plus grand que moi, au moins un mètre quatre-vingt-cinq. Il était blond aux yeux verts, avait une gueule d’ange et portait une chemise blanche ainsi qu’un pantalon noir avec des chaînes accrochées dessus. Plusieurs couteaux étaient rangés sur toute la longueur de son pantalon.
Ange D. : T’es… t’es qui, bordel ?!
Il me regarda et rigola, puis me dit :
Léon : Je me nomme Léon. Je suis un tueur de déchets venant de la brigade anti-S.E.B.
(Note de l’auteur : Léon se prononce « Léonne ».)
Ange D. : Un tueur de déchets… ?
Léon : Exactement. T’es déjà bien amoché, ta mort devrait être rapide, ne t’inquiète pas.
Il sourit et sortit deux lames. Je ne pouvais pas mourir ici ! Donc, je pris la décision de fuir en marchant sur les mains et en tenant en équilibre.
Léon : Ah ah ! T’es un marrant, toi !
Il me jeta un couteau dans le bras et je tombai juste au bord d’une falaise. Je le regardais arriver jusqu’à moi. Juste en bas de cette falaise se trouvait une rivière, mais j’étais bien trop haut. Si je tombais dans cette eau, ça aurait la même sensation que de tomber sur du béton. Mais je n’avais pas le choix. Je rampai donc jusqu’à tomber de cette falaise. La chute fut longue et je me pris deux ou trois rochers qui m’abîmèrent bien le visage. Puis, je tombai dans l’eau, espérant qu’il parte vite pour que j’essaye de remonter à la surface et de me laisser me régénérer rapidement !
Léon : Aaah, attends, j’arrive, mon pote !
Il sauta aussi et atterrit comme une plume tombant sur l’eau. Il me regarda dans les yeux, toujours avec un grand sourire. Il me prit par le cou et m’emmena au fond de l’eau, puis essaya de me noyer. Ma vision devenait trouble. J’avais beau me débattre, j’étais coincé. Je sentis mon corps rapidement lâcher, mais, en même temps, j’entendis quelqu’un arriver dans l’eau… C’était Nora !
Elle se jeta sur Léon et les deux se mirent à se battre sous l’eau. Moi, en attendant, je repartis à la surface avec difficulté. Une fois remonté, je me régénérai assez vite, mais la douleur était encore présente. Cependant, je ne vis pas Nora remonter. Je repris donc mon courage à deux mains et me jetai dans l’eau pour aller la récupérer.
Une fois arrivé dans l’eau, je la vis poignarder Léon à plusieurs reprises et je vis Léon poignarder Nora dans le bras. Mais, à force de rester sous l’eau, les deux s’évanouirent quasiment en même temps. Je partis donc chercher Nora pour la remonter à la surface, mais, en regardant Léon couler, je me dis que je me sentirais trop coupable de le laisser crever dans les profondeurs de la rivière. Je le pris donc et le remontai à la surface.
À suivre…